Dans son dernier bulletin émis aujourd’hui 22 décembre 2016, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) indique que « depuis quelques jours nous enregistrons un léger changement dans l’activité du Piton de la Fournaise. » On observe une reprise de l’inflation au niveau de la zone sommitale à des taux comparables à ceux enregistrés avant les éruptions de 2015 et après les éruptions de 2016. La sismicité sommitale (2-3 événements par jour) s’accompagne de quelques séismes profonds. On relève des concentrations élevées de CO2 dans le sol au niveau du gîte du volcan. Ces différents paramètres montrent que des apports profonds de magma sont toujours présents et que la phase de « Vigilance » reste justifiée.
Néanmoins, l’OVPF conclut son rapport par ces mots : « Comme cela a été observé plusieurs fois cette année, de telles phases de reprise d’inflation et de sismicité peuvent s’arrêter très vite et ne pas aboutir à une éruption à moyen terme. »
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In its latest report issued today, December 22nd, 2016, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (OVPF) indicates that « for a few days a slight change has been recorded in the activity of Piton de la Fournaise. There is a new phase of inflation in the summit area at rates comparable to those seen before the eruptions of 2015 and after the eruptions in 2016. Summit seismicity (2-3 events per day) is accompanied by a few deep earthquakes. There are above normal concentrations of CO2 in the soil at the volcano’s refuge. These different parameters show that in-depth magma ascents are still present and that the alert level should be kept at Watch.
Nevertheless, OVPF concludes its report with the following words: « As has been observed several times this year, such phases of inflation and seismicity may stop very quickly and not lead to a medium-term eruption. »
Depuis de nombreuses années, les scientifiques américains de la Scripps Institution of Oceanography (Université de Californie à San Diego) étudient l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 400 km au large de la côte de l’Oregon, sur la dorsale Juan de Fuca (voir mes notes des 11 et 23 août 2011, 17 août 2013 et 4 août 2014). Ce volcan présente une structure complexe et ses origines sont encore mal comprises.
Dans une note rédigée le 3 mai 2015, j’expliquais qu’à partir du jeudi 23 avril 2015, les capteurs récemment mis en place dans le secteur de l’Axial avaient enregistré 8000 petits séismes sur une période de 24 heures. La caldeira, qui avait gonflé sous la poussée d’une montée de magma, s’était ensuite effondrée rapidement. Les scientifiques se sont demandés si une éruption avait effectivement eu lieu, avec écoulement de la lave sur le plancher océanique.
Une étude effectuée par des chercheurs de l’Université de Washington et publiée la semaine dernière dans la revue Science montre comment l’Axial Seamount s’est comporté au cours de son éruption du printemps 2015. L’étude apporte de nouveaux éléments sur le comportement des volcans situés en zone d’accrétion, là où deux plaques océaniques se séparent. L’étude fournit également les premières analyses des relevés sismiques, des mouvements des fonds marins et des roches émises lors de l’éruption d’avril 2015 au large de la côte de l’Oregon.
L’étude s’appuie sur des données recueillies par le Cabled Array, un observatoire financé par la National Science Foundation, qui dispose d’une connexion électrique et informatique sur le plancher océanique. Achevé quelques mois avant l’éruption, le Cabled Array fournit de nouveaux outils pour comprendre le volcanisme de notre planète
Le sommet de l’Axial Seamount se trouve à environ 1 360 mètres sous la surface de l’océan. Sa situation sous-marine présente certains avantages. En effet, la croûte océanique n’a, en moyenne, que 6 km d’épaisseur, soit environ cinq fois moins que la croûte continentale qui se trouve sous les volcans terrestres. De plus, la chambre magmatique est moins profonde et la roche dure de la croûte océanique génère des images sismiques plus nettes.
L’observatoire Cabled Array est un véritable progrès pour étudier les volcans sous-marins. L’analyse des signaux avant et pendant l’éruption d’avril 2015 a montré un nombre croissant de petits séismes, avec parfois plusieurs milliers d’événements par jour. Les données sismiques ont également montré une profonde influence des marées, avec six fois plus de séismes pendant les marées basses que pendant les marées hautes au moment où le volcan allait entrer en éruption. Une fois que la lave est sortie, elle a commencé à suivre le dyke nouvellement formé à l’intérieur de la caldeira qui mesure 3 km de large sur 8 km de long. Les deux éruptions précédentes avaient envoyé la lave vers le sud du cratère rectangulaire du volcan alors que la dernière éruption l’a envoyée vers le nord. L’analyse sismique montre qu’avant l’éruption, la lave avançait le long de fractures annulaires à l’extérieur de la caldeira. Un nouveau dyke s’est alors formé, tout d’abord en empruntant une fracture sous le versant est de la caldeira. La lave s’est ensuite déplacée vers l’ouest et a suivi une ligne au nord de la caldeira, jusqu’à environ 15 km au nord du volcan, en produisant des milliers de petites explosions en cours de route. L’activité s’est poursuivie tout au long du mois de mai, puis la lave a cessé de couler et les signaux sismiques ont disparu. Un mois plus tard, on n’enregistrait plus qu’une vingtaine de séismes par jour.
L’Axial Seamount n’a pas montré de nouvelle activité sismique, bien qu’il soit probablement entré dans une nouvelle phase pré-éruptive. Les éruptions se produisent généralement tous les dix ans. L’observatoire Cabled Array sur l’Axial Seamount est conçu pour fonctionner pendant au moins 25 ans.
Source: The Seattle Times.
Voici une petite vidéo montrant l’installation d’un sismomètre sur l’Axial Seamount:
For quite a long time, US scientists at Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego and their colleagues have been studying Axial Seamount, an undersea volcano located about 400 km off the Oregon coast, at the Juan de Fuca Ridge (see my notes of August 11th and 23rd 2011, August 17th 2013 and August 4th 2014). The seamount is geologically complex, and its origins are still poorly understood.
In a note released on May 3rd 2015, I explained that, beginning Thursday, April 23rd 2015, the sensors recently set up in the seamount area had recorded 8,000 small earthquakes in a 24-hour period. The volcano’s caldera, which had been swelling rapidly from an influx of magma, had collapsed like a deflated balloon. Scientists were debating whether to describe what transpired as an eruption, which means lava flowed onto the seafloor.
A University of Washington study published last week in Science shows how the volcano behaved during its spring 2015 eruption, revealing new clues about the behaviour of volcanoes where two ocean plates are moving apart. The new network allowed to see in incredible detail where the faults are, and which were active during the eruption The new study provides the first formal analyses of the seismic vibrations, seafloor movements and rock created during the April 2015 eruption off the Oregon coast.
The study is based on data collected by the Cabled Array, a National Science Foundation-funded observatory that brings electrical power and internet to the seafloor. Completed just months before the eruption, it provides new tools to understand Earth’s volcanism.
Axial Seamount rises above the seafloor with its summit about 1,360 metres below the ocean’s surface. Axial’s submarine location has some advantages. Typical ocean crust is just 6 km thick, roughly five times thinner than the crust that lies below land-based volcanoes. The magma chamber is not buried as deeply, and the hard rock of ocean crust generates crisper seismic images.
The Cabled Array observatory is a real progress to study submarine volcanoes. Analysis of vibrations leading up to and during the April 2015 eruption showed an increasing number of small earthquakes, up to thousands a day, in the previous months. The vibrations also showed strong tidal triggering, with six times as many earthquakes during low tides as high tides while the volcano approached its eruption. Once lava emerged, movement began along a newly formed dike inside the 3-km-wide by 8-km-long caldera. The two previous eruptions had sent lava south of the volcano’s rectangular crater. The last eruption produced lava to the north. The seismic analysis shows that before the eruption, the movement was on the outward-dipping ring fault. Then a new dike formed, initially following a fault below the eastern wall of the caldera. It then moved to the west and followed a line north of the caldera to about 15 km north of the volcano, with thousands of small explosions on the way. The activity continued throughout May, then lava stopped flowing and the seismic vibrations shut off. Within a month afterward the earthquakes dropped to just 20 per day.
Axial Seamount has not yet started to produce more earthquakes as it gradually rebuilds toward another eruption, which typically happen every decade or so. The observatory centered on Axial Volcano is designed to operate for at least 25 years.
Source : The Seattle Times.
Here is a short video showing a seismometer being installed on Axial Seamount:
Système de surveillance de l’Axial Seamount (Source: University of Washington)
En moins d’une semaine à la fin du mois de novembre, quatre essaims sismiques incorporant plus de 120 événements ont été enregistrés sur le Mont St Helens. Bien que trop faible pour être ressentie par la population, cette sismicité révèle que le volcan se recharge probablement. Cependant, cette faible sismicité, ainsi que les autres épisodes sismiques observés depuis 2008, n’indiquent pas quand se produira la prochaine éruption.
Les derniers séismes ont été localisés entre 1,5 et 3 km sous la surface et la plupart avaient une magnitude de M 0,3 ou moins; Le plus significatif atteignait M 0.5.
Lors de l’ascension et du stockage du magma dans le système d’alimentation du volcan, les scientifiques pensent qu’il y a libération de gaz et de fluides qui se déplacent dans des fractures en y exerçant une pression et en les lubrifiant, ce qui provoque de petits séismes. Bien qu’on ne le voie pas, le volcan est probablement en train de gonfler discrètement. Les scientifiques de l’USGS n’ont pas détecté d’émissions de gaz anormales ou une augmentation de l’inflation du volcan depuis la dernière crise sismique.
Des épisodes sismiques similaires se sont produits pendant les périodes de recharge de la chambre magmatique entre 1986 et l’éruption de 2004; De petits essaims ont à nouveau été enregistrés peu de temps après l’éruption qui s’est terminée en 2008 et ils ont continué périodiquement par la suite. Plus récemment, des essaims sismiques ont été détectés entre mars et mai 2016.
Les scientifiques ne savent pas exactement comment est agencé le système d’alimentation du Mont St Helens, mais les différentes séquences sismiques donnent une image un peu plus claire de ce qui se passe sous la surface. En mesurant les variations de vitesse des ondes sismiques au cours de leur propagation à travers la terre, les chercheurs obtiennent une meilleure compréhension de la densité des roches et de l’emplacement des chambres magmatiques.
Source: The Seattle Times.
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In less than a week, four swarms of more than 120 earthquakes shook Mount St. Helens in late November. Although they were too small to be felt by the population, scientists say they reveal the volcano is likely recharging. However, this slight seismicity, and the other seismic episodes since 2008, do not indicate when the next eruption will be.
The last earthquakes occurred between 1.5 and 3 kilometres below the surface and most registered at M 0.3 or less; the largest was an M 0.5 event.
As magma comes into the volcano’s system and is stored, scientists think that it releases gases and fluids that travel up into cracks, pressurizing and lubricating them, and causing small quakes. Although it cannot be seen, the volcano is probably inflating subtly. USGS scientists have not detected any anomalous gases or increases in ground inflation since the earthquake swarm.
Similar seismic episodes occurred during recharge periods between 1986 and the 2004 eruption; the small earthquake clusters resumed shortly after the eruption ended in 2008 and have continued periodically. Most recently, swarm earthquakes were detected between March and May 2016.
Scientists don’t exactly know how the volcano’s plumbing is laid out, but the little earthquake clusters give them a slightly clearer picture of what is happening beneath the surface. By measuring how the speed of the seismic waves change as they move through the earth, researchers can better understand rock densities and where magma chambers are.
Dans un bulletin diffusé la 1er décembre 2016, l’OVPF indique que la situation est globalement très calme sur le Piton de la Fournaise.
L’activité volcano-tectonique est restée à un niveau bas au cours du mois de novembre, avec seulement 3 séismes volcano-tectoniques superficiels sous les cratères sommitaux et3 séismes profonds sous le flanc Est du volcan.
S’agissant de la déformation de l’édifice, l’arrêt de l’inflation de la zone sommitale observé en octobre s’est poursuivi en novembre. On a même enregistré une légère déflation sur certaines stations. L’inflation déjà enregistrée par les stations plus lointaines (sous l’influence de sources de pression plus profondes) continue à des taux très faibles.
Les émissions gazeuses sont faibles A noter depuis le 11 novembre, la détection d’une faible concentration de SO2, bien couplée à du CO2. Les rapports CO2/SO2 restent néanmoins relativement faibles.
Source : OVPF.
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In a report released on December 1st, 2016, OVPF indicates that the overall situation is very quiet on the Piton de la Fournaise.
Volcano-tectonic activity remained at a low level during the month of November, with only three shallow volcano-tectonic earthquakes under the summit craters and three deep earthquakes under the eastern flank of the volcano.
As for the deformation of the edifice, the end of the inflation of the summit area observed in October continued in November. There has even been a slight deflation at some stations. The inflation recorded by more distant stations (under the influence of deeper pressure sources) continues at very low rates.
Gaseous emissions are low. Since November 11th, a low concentration of SO2, well coupled with CO2, has been detected. However, CO2 / SO2 ratios remain relatively low.
Source: OVPF.