Promesse de l’UNESCO au Sommet sur les Océans de Brest : Vers une cartographie à grande échelle des fonds marins

Je ne cesse de le dire et de le répéter sur ce blog : nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans. Il est vrai que, médiatiquement parlant, les images colorées de la planète rouge font davantage rêver que le noir absolu des fosses océaniques. Comme je l’écrivais récemment, le noir est la couleur de la mort et n’intéresse personne.

Il serait pourtant essentiel d’aller voir ce qui se passe au coeur des fosses océaniques car elles correspondent souvent à des zones de subduction, là même où se déclenchent les séismes et les tsunamis les plus dévastateurs. En y installant les instruments de haute technologie dont nous disposons, nous en saurions sans aucun doute beaucoup plus sur les processus qui provoquent ces catastrophes naturelles.

Le Sommet sur les Océans – One Ocean Summit – de Brest aura au moins été l’occasion d’apprendre une bonne nouvelle, en espérant qu’elle se concrétisera rapidement. L’UNESCO a promis qu’au moins 80% des fonds marins seraient cartographiés d’ici 2030, contre 20% aujourd’hui, un chiffre qui me laisse pantois.

Pour relever ce défi, l’agence de l’ONU a précisé qu’elle va mobiliser une flotte de 50 navires spécialement dédiée à la cartographie des fonds marins, intensifier le recours au sonar sur navire autonome et intensifier la transmission par les gouvernements et les entreprises des données cartographiques dont ils disposent.

L’UNESCO reconnaît que les fonds marins recèlent encore de nombreux secrets. Connaître leur profondeur et leurs reliefs est essentiel pour comprendre l’emplacement des failles océaniques, le fonctionnement des courants océaniques et des marées, comme celui du transport des sédiments. Sans oublier les éruptions volcaniques. La dernière éruption sous-marine aux Tonga a montré la nécessité d’aller observer de plus près les volcans qui se cachent sous la surface des océans.

« Ces données contribuent à protéger les populations en anticipant les risques sismiques et les tsunamis, à recenser les sites naturels qu’il convient de sauvegarder, à identifier les ressources halieutiques pour une exploitation durable, à planifier la construction des infrastructures en mer, ou encore à réagir efficacement aux catastrophes à l’image des marées noires, des accidents aériens ou des naufrages. »

Il faut juste espérer qu’il ne s’agit pas de voeux pieux et que nous en saurons bientôt plus sur les fosses océaniques.

Source: Médias français.

La fosse des Mariannes est la fosse océanique la plus profonde connue à ce jour. Elle est située dans la partie nord-ouest de l’océan Pacifique, à l’est des Îles Mariannes, à proximité de l’île de Guam. Le point le plus bas connu se situerait, selon les relevés, à 10 984 ± 25 m (Source: Wikipedia)

Islande : le calme avant la tempête? // Iceland : the calm before the storm?

La sismicité a fortement chuté sur la Péninsule de Reykjanes suite à l’essaim intense enregistré les semaines précédentes. Seuls quelques événements mineurs sont enregistrés ces jours-ci, dépassant rarement la magnitude M 3,0. La sismicité du début décembre s’était accompagnée d’une inflation du sol, probablement causée par une intrusion magmatique. Tout laissait croire qu’une nouvelle éruption était sur le point de démarrer. Quelle est la signification de l’activité sismique remarquablement faible observée actuellement?

Personne ne le sait vraiment. Les scientifiques islandais nous rappellent qu’une période calme semblable avait suivi la sismicité élevée avant l’éruption dans la Geldingadalir en mars 2021. Cependant, ils ajoutent que la puissance libérée ces derniers jours était bien inférieure à celle de mars 2021. S’il devait y avoir une autre éruption, elle se produirait probablement dans un secteur proche de la précédente, mais il se pourrait aussi qu’elle se produise dans une zone où se trouvent des infrastructures et des habitations. Mais ce ne sont là que des supputations. Il faut juste…attendre et voir!

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Seismicity has sharply dropped on the Reykjanes Peninsula following the intense swarm recorded in the previous weeks. Only a few mild events are recorded these days, rarely exceeding M 3.0. The sismicity of early December was accompanied by ground inflation, likely caused by magma intrusion. It looked as if another eruption was about to start again.

What’s the meaning of the remarkably low seismic activity that is currently observed.? Nobody really knows. Icelandic scientists remind us that a similar quiet period had folloed the elevated seismicity that preceded the eruption in Geldingadalir in March 2021. However, they add that the power being released in the past days was far less than what it was in March 2021. If there was to be another eruption it is expected to be in a location very close to the original volcano, but there is a chance that it could take place in an area that is much more concerning to infrastructure and personal property. Whoio knows? Wait and see!

Source: IMO

Fagradalsfjall & Hekla (Islande / Iceland)

L’essaim sismique qui a débuté dans la Péninsule de Reykjanes le 21 décembre 2021 a ralenti ces dernières heures. Cependant, les scientifiques pensent qu’une éruption reste possible, vraisemblablement près de Fagradalsfjall, là où a eu lieu la dernière.
La Protection civile et la Police du sud de l’Islande ont décidé le 27 décembre de préparer des textos qui seront envoyés aux personnes qui pénètrent dans une zone prédéfinie autour de l’Hekla. Le volcan fait partie d’un autre système volcanique, mais la Protection civile indique que les mesures révèlent des signes de pression dans la chambre magmatique sous le volcan depuis la dernière éruption. Le volcan est entré en éruption tous les dix ans entre 1970 et 2000. Les volcanologues islandais disent qu’il est en retard si l’on prend en compte ce rythme éruptif. Cependant, si l’on regarde l’histoire éruptive complète du volcan, on se rend compte que la notion de cycle volcanique n’a pas toujours existé.
Le risque pour les touristes est que les éruptions de l’Hekla se produisent généralement sans prévenir, ce qui signifie que l’évacuation de la zone avant un tel événement est problématique, voire impossible. C’est pourquoi les scientifiques mettent depuis longtemps en garde contre les déplacements inutiles dans la région.
Source : Revue d’Islande.

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The seismic swarm that began in Reykjanes peninsula on December 21st, 2021 has slowed down for the past hours. However, scientists believe that there is still a chance of eruption, presumably near Fagradalsfjall where the last one took place.

The Civil Protection Department and the Police in South Iceland decided on December 27th to activate text messages that will be sent to those who enter a pre-defined area around Mt. Hekla. The volcano is part of another volcanic system, but the Civil Protection Department indicates that measurements show high levels of magmatic pressure in the magma chamber underneath the volcano.The volcano erupted in every decade from 1970 to 2000. Icelandic volcanologists say an unusually long time has passed since the last eruption. However, if one looks at the complete eruptive history of the volcano, one realises that the notion of volcanic cycle has not always existed.

The risk for tourists is that Mt. Hekla’s eruptions usually happen without a warning, which means that evacuating the area before the event is problematic, if not impossible. This is why scientists have warned against unnecessary travel in the area for a long time.

Source: Iceland Review.

Vue de l’Hekla (Crédit photo : Wikipedia)

Ils voient des éruptions partout!

Il suffit que la sismicité trahisse quelques soubresauts de la Terre pour que les réseaux sociaux s’affolent, s’enflamment, et que le mot « éruption » se mette à pulluler. Malheureusement – ou heureusement pour les régions concernées – tout n’est pas aussi simple. Ce n’est pas parce que la Terre ne met à trembler qu’une éruption va se produire. Ce serait trop facile et les différents observatoires l’ont bien compris, même s’ils ne peuvent pas trop s’aventurer dans les pronostics.

Ces derniers jours, un essaim sismique significatif a affecté la Péninsule de Reykjanes en Islande, pile poil où s’est déroulée la dernière éruption qui venait d’être déclarée « officiellement terminée ». Dans le doute, les autorités islandaises ont tout de suite réagi en élevant le niveau d’alerte volcanique à « incertitude » et la couleur de l’alerte aérienne à Orange. On ne sait jamais. Ce qui est rassurant, c’est que les autres paramètres susceptibles d’annoncer une éruption (émissions gazeuses, déformation du sol, hausse de la température, etc) font pour le moment défaut.

Le problème avec la Péninsule de Reykjanes, c’est qu’elle se trouve sur la dorsale médio-atlantique où les événements d’origine tectonique sont nombreux. Il est donc très difficile de dire si le dernier essaim sismique a une origine tectonique ou volcanique. Certains pensent que la sismicité est provoquée par un déplacement latéral du magma dans le sous-sol, phénomène qui avait précédé la sortie de la lave au mois de mars. Les prochains jours et les prochaines semaines nous diront si cette hypothèse est exacte et si une éruption a eu lieu.

Sur l’île éolienne de Vulcano, c’est un peu le branle-bas de combat suite à une intensification des émissions gazeuses – de CO2 en particulier – et une hausse de températures au niveau des fumerolles sur la lèvre et à l’intérieur de la Fossa. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont tout de suite pensé qu’il s’agissait des prémices d’une éruption semblable à celle qui a secoué le volcan à la fin du 19ème siècle. Là encore, c’est aller un peu vite en besogne, car il manque certains paramètres pour faire une telle affirmation. Comme je l’ai écrit précédemment, j’ai connu une situation semblable à Vulcano dans les années 1990 – époque où j’effectuais des observations sur l’île – et il n’y a pas eu d’éruption à cette époque. Se méfier en particulier de la densité des panaches fumerolliens qui ne signifient pas forcément que le volcan traverse une hausse d’activité et qu’il va entrer (et non pas « Rentrer », comme on peut le lire) en éruption. .

Le problème en 2021, ce sont les émissions de CO2 dans le secteur de Volcano Porto. Il a été demandé aux habitants d’aller dormir ailleurs afin qu’ils ne se fassent asphyxier par le gaz pendant leur sommeil. Cela s’appelle le principe de précaution. Reste à savoir pendant combien de temps il pourra être appliqué…

S’agissant du Semeru (Indonésie), le mot « éruption » a été prononcé dès que l’on a appris que des coulées pyroclastiques avaient déferlé sur des villages et tué des dizaines de personnes. Trop tard. La prévision éruptive reste quasiment impossible sur les volcans de la Ceinture de Feu du Pacifique, ce qui explique des bilans humains élevés. Côté prévision, nous ne savons pas faire grand-chose et le principe de précaution est souvent mis en place pour éviter que des personnes se fassent tuer. Mais c’est parfois déjà trop tard.

La prévision à La Palma (Iles Canaries) a été correcte, ce qui a donné le temps aux autorités d’évacuer les populations menacées. Le Cumbre Vieja est bien différent du Semeru. Les coulées de lave – même si elles peuvent avancer rapidement – laissent le temps de déguerpir et au final, il n’y a pas eu de morts directement liées à l’éruption.

Après une période de calme, l’Etna (Sicile) s’est réveillé en décembre 2021 avec une petite activité strombolienne dans le Cratère Sud-Est. Tout de suite, le mot « éruption » a jailli comme un diable de sa boîte sur les réseaux sociaux L’apparition d’une petite coulée de lave au pied d’une paroi de la Valle del Bove a ravivé les souvenirs de l’éruption de 1991-1993 qui avait débuté dans ce secteur de l’Etna, Au final, le volcan s’est calmé, la lave a cessé de s’écouler, et il n’y a pas eu d’éruption…

C’était à La Palma (capture écran webcam)