Les sargasses, toujours les sargasses !

Il y a quelques jours, j’expliquais que de vastes bancs de sargasses avaient posé de sérieux problèmes à certains navigateurs du Vendée Globe au moment où ils avançaient à hauteur de l’arc antillais à l’ouest et des îles du Cap Vert à l’est. Ils ont passé des heures à les dégager de l’hydrogénérateur, un appareil permettant de produire de l’électricité sur le bateau. La présence d’aussi vastes nappes de sargasses est largement due au réchauffement des eaux océaniques, autre conséquence du changement climatique.

Sur terre, la presse martiniquaise indique que les sargasses sont en train de faire leur retour, en particulier  le long de la côte atlantique de l’île. Les algues jonchent la baie du Marigot où le maire explique qu’il n’a pas les moyens matériels de les. Les sargasses peuvent devenir très vite nauséabondes et poser des problèmes sanitaires. Une fois échouées, leur décomposition émet de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui peut entraîner des vomissements, des vertiges, voire des malaises, en passant par une irritation des yeux et des voies respiratoires. A cela s’ajoute la destruction des appareils électroménagers provoquée par l’acidité des algues.

Le maire du Marigot déplore le manque d’aide de l’État pour lutter contre l’invasion des sargasses. L’enlèvement de ces algues a forcément un impact sur le budget de la ville qui ne dispose d’aucune aide pour les prélever avec des engins.

Il faut maintenant espérer que les sargasses repartiront comme elles sont venues, mais c’est loin d’être gagné !

Bancs de sargasses le long des côtes martiniquaises (Photo : C. Grandpey)

Eruption du Kilauea (Hawaii): Attention au brouillard volcanique et au dioxyde de soufre // Heath risk with vog and SO2

À Hawaii, les services sanitaires mettent en garde la population sur la mauvaise qualité de l’air et les dangers qui y sont liés, suite à l’éruption du Kilauea. Comme on peut le voir sur les images des webcams, de volumineux panaches de gaz s’échappent du cratère de l’Halema’uma’u où se déroule l’éruption. Les émissions de dioxyde de soufre sont estimées à 35 000 – 40 000 tonnes par jour.

Les responsables des services se santé expliquent que le brouillard volcanique (vog) et les nuages de dioxyde de soufre (SO2) peuvent apparaître de manière aléatoire dans diverses régions de l’État. Les localités sous le vent du sommet telles que Pahala et Ocean View ont connu des niveaux élevés de SO2 pouvant causer des problèmes respiratoire, en particulier chez les personnes fragiles. Il est conseillé aux habitants et aux visiteurs d’Hawaï de prendre conscience de ces conditions environnantes et des réactions qu’elles peuvent induire sur la santé. C’est pourquoi les services sanitaires ont énuméré plusieurs mesures de précaution. En voici quelques-unes:

– Réduire les activités de plein air demandant des efforts respiratoires. Ce conseil est particulièrement important pour les personnes sensibles tels que les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant déjà de troubles respiratoires.

– Rester à l’intérieur et fermer les fenêtres et les portes. Si un climatiseur est utilisé, le régler en mode recyclage de l’air.

– Garder les médicaments à portée de main.

– Ne pas oublier que les protections faciales telles que les masques utilisés pour empêcher la propagation du COVID-19 ne fournissent pas de protection contre le SO2 ou le vog.

– Contacter un médecin dès l’apparition de problèmes de santé.

– Ne pas fumer.

– Boire régulièrement pour éviter la déshydratation.

Les dernières images des webcams et d’un survol en hélicoptère montrent que le lac de lave est bien alimenté et que son niveau s’élève régulièrement.

https://youtu.be/eNXGS1_L8r8

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In Hawaii, the Department of Health is advising the public of potential hazardous, poor air quality, due to the ongoing eruption at Kilauea Volcano. As can be seen on the webcam images, voluminous plumes of gasses are coming out of Halema’uma’u Crater where the eruption is located. SO2 emissions are reaching 35,000 – 40,000 tonnes per day.

Health officials say vog (volcanic fog) conditions and sulphur dioxide (SO2) air levels may increase and fluctuate in various areas of the State. The department explains that areas downwind of the summit such as Pahala and Ocean View have experienced increased levels of SO2 that may cause problems with respiratory health, especially in sensitive individuals.

Hawaii residents and visitors are advised to be prepared and aware of the surrounding conditions, and how they feel or may react to vog in the air. In the event of voggy conditions, the Department of Health enumerated several precautionary measures. Here are a few of them:

– Reduce outdoor activities that cause heavy breathing. This is especially important for sensitive groups such as children, the elderly, and individuals with pre-existing respiratory conditions.

– Stay indoors and close windows and doors. If an air conditioner is used, set it to recirculate.

– Always keep medications readily available.

– Remember that face coverings and masks used to prevent the spread of COVID-19 do not provide protection from SO2 or vog.

– Contact a doctor as soon as possible if any health problems develop.

– Do not smoke.

– Drink plenty of fluids to avoid dehydration.

The latest webcam images and a helicopter overflight show that the lava lake is well fed and its level constantly rising.

https://youtu.be/eNXGS1_L8r8

Le cratère de l’Halema’uma’u et le panache de gaz le 24 décembre 2020

(Webcam HVO)

La Nouvelle Zélande sous la fumée australienne! // New Zealand beneath the Australian smoke!

Les fumées générées par les incendies de végétation en Australie affectent désormais la Nouvelle-Zélande qui se trouve pourtant à plus de 2 000 kilomètres de distance. J’ai indiqué précédemment que la neige et les glaciers des Alpes du Sud sont en train de brunir à cause des particules de cendre qui s’y déposent. La police exhorte maintenant le public à ne pas les appeler. Les gens s’inquiètent du ciel orange au-dessus de leur pays. Les médias sociaux sont inondés de photos montrant le ciel enfumé et teinté d’orange.

Assez étrangement, le Ministère de la Santé a déclaré que la fumée qui est en train d’envahir le pays ne devrait pas avoir d’impact sur l’air ambiant. Cependant, les autorités ont ajouté rapidement qu’il est possible que certaines personnes subissent des effets néfastes même si le niveau de pollution reste relativement faible. Comme d’habitude, les personnes les plus à risque sont les femmes enceintes, les bébés et les enfants, celles qui souffrent d’asthme ou d’autres problèmes respiratoires, les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques.
Source: New Zealand Herald.
Je me souviens avoir traversé la Californie il y a quelques années, lorsque des incendies de forêt ravageaient une partie de l’État. La fumée était partout, avec une couche de cendre sur le sol et sur les voitures. Dans de telles conditions, les gens inhalent forcément les particules de fumée. Les autorités néo-zélandaises doivent l’admettre, même si elles veulent être rassurantes. De même, elle doivent éviter de passer sous silence, comme c’est le cas actuellement, la responsabilité du changement climatique parmi les causes des incendies de forêt en Australie.

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The smokes from the wildfires in Australia are now affecting New Zealand more than 2,000 kilometres away. I indicated previously that the snow and glaciers in the Southern Alps are turning brown because of the ash particles. The police are now urging the public not to call them. People worry about orange skies above the country. Social media has been flooded with pictures of the smoky, orange-tinged skies.

Strangely enough, the Ministry of Health said the smoke currently over the country was not expected to impact the air humans breathe. However, authorities added rapidly that it is possible that some people may still experience ill effects even though the pollution levels remain relatively low. As usual, people who are more at risk include pregnant women, babies and children, those who suffer from asthma or other respiratory conditions, older people or those with chronic illnesses.

Source: New Zealand Herald.

I can remember travelling across California a few years ago when wildfires were ravaging a part of the State. The smoke was everywhere, with a layer of ash on the ground and on the cars. In such conditions, people do inhale the smoke particles. New Zealand authorities have to admit it, even though they want to be reassuring. In the same way, they should not forget to mention the responsibility of climate change among the causes of the wildfires in Australia.

Auckland avant et après l’arrivée de la fumée australienne (Photos : C. Grandpey & Angela Scott)

Du “vog” sur l’île de la Réunion

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais elle a laissé derrière elle une enveloppe de brouillard volcanique que les Hawaiiens ont baptisé « vog », le condensé de « volcanic fog », autrement dit brouillard volcanique. A Hawaii, avant que se termine l’éruption du Kilauea en août 2018, ce brouillard a posé des problèmes aux horticulteurs  car le gaz qu’il véhicule est en grande partie de dioxyde de soufre (SO2). Se mêlant à la pluie, il devient de l’acide sulfurique et donne naissance à des pluies acides qui abîment les récoltes. S’il persiste, le vog peut également devenir un problème pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires.

A la Réunion, le vog n’a pas vraiment d’impact sur la vie de l’île. Les météorologues n’enregistrent rien de significatif. De plus, le phénomène ne devrait persister que quelques dizaines d’heures. Pour le moment, le gaz émanant de l’éruption reste piégé sous un couvercle nuageux qui persiste sur toute la zone sud de l’île. Le vog se dispersera avec le retour de la pluie et du vent qui nettoiera l’atmosphère.

Côté circulation, la réouverture totale de la RN2 s’est effectuée dans les deux sens le 27 octobre dans la soirée. Les gendarmes ont toutefois maintenu une surveillance de la route au niveau de la coulée en raison de la forte affluence.

Source de vog à Hawaii (Photo: C. Grandpey)