Péninsule de Reykjanes (Islande) : Persistance de la sismicité // Seismicity still strong on the Reykjanes Peninsula

La sismicité reste soutenue sur la Péninsule de Reykjanes, même si on a observé un certain déclin le 25 décembre. Il est vrai que les essaims se produisent par vague et que cette pause relative n’est peut-être que provisoire. Il est à noter qu’au cours des dernières 24 heures, c’est surtout le secteur de Krysuvik qui a été impacté par les secousses. Comme précédemment, les hypocentres se trouvent à 4 – 5 km de profondeur, ce qui serait (il faut utiliser le conditionnel) en relation avec une intrusion magmatique dans la région. Reste à savoir si le magma réussira à percer la surface. Ayant assisté à l’avortement d’une éruption dans la région du Krafla, je reste extrêmement prudent dans mes prévisions…

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Seismicity remains strong over the Reykjanes Peninsula, although some decline was observed on December 25th. Swarms do occur in waves and this relative pause may only be temporary. It should be noted that over the past 24 hours, the Krysuvik area has been affected by the tremors. As before, the hypocenters are located at depths of 4 – 5 km, which would be (the conditional must be used) in relation to a magmatic intrusion in the region. It remains to be seen whether magma will succeed in piercing the surface. As I have lived the abortion of an eruption in the Krafla area, I am very cautious in my predictions…

Source : IMO

La sismicité reste intense en Islande // Seismicity remains intense in Iceland

L’activité sismique reste intense sur la Péninsule de Reykjanes, avec un événement de M 4,2 à 4,2 km de profondeur enregistré en début de matinée ce 25 décembre 2021. D’autres séismes de M 3,1 et M 3, 4 ont été enregistrées quelques heures auparavant.
L’essaim sismique actuel rappelle celui qui a annoncé la dernière éruption. Il se produit, lui aussi ,dans la région du Fagradalsfjall. Reste à savoir si l’intrusion magmatique qui semble expliquer la sismicité actuelle débouchera sur une éruption. A noter que les séismes ne se concentrent pas tous sur la péninsule ; certains événements sont également répartis autour de la zone. Il faut donc attendre la suite des événements. La prévision éruptive montre à nouveau ses limites.

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Seismic activity remains intense on the Reykjanes Peninsula, with an M 4.2 event at 4.2 km depth recorded in the early morning on December 25th, 2021. Other earthquakes of M 3.1 and M 3, 4 were recorded a few hours earlier.
The current seismic swarm is reminiscent of the one that announced the last eruption. It also occurs in the Fagradalsfjall area. It remains to be seen whether the magmatic intrusion which seems to be the cause of the current seismicity will lead to an eruption. Not all earthquakes are concentrated on the peninsula; some events are also spread around the area. We can only wait and see what happens next. Eruptive prediction is once again showing its limits.

Source: IMO

Ils voient des éruptions partout!

Il suffit que la sismicité trahisse quelques soubresauts de la Terre pour que les réseaux sociaux s’affolent, s’enflamment, et que le mot « éruption » se mette à pulluler. Malheureusement – ou heureusement pour les régions concernées – tout n’est pas aussi simple. Ce n’est pas parce que la Terre ne met à trembler qu’une éruption va se produire. Ce serait trop facile et les différents observatoires l’ont bien compris, même s’ils ne peuvent pas trop s’aventurer dans les pronostics.

Ces derniers jours, un essaim sismique significatif a affecté la Péninsule de Reykjanes en Islande, pile poil où s’est déroulée la dernière éruption qui venait d’être déclarée « officiellement terminée ». Dans le doute, les autorités islandaises ont tout de suite réagi en élevant le niveau d’alerte volcanique à « incertitude » et la couleur de l’alerte aérienne à Orange. On ne sait jamais. Ce qui est rassurant, c’est que les autres paramètres susceptibles d’annoncer une éruption (émissions gazeuses, déformation du sol, hausse de la température, etc) font pour le moment défaut.

Le problème avec la Péninsule de Reykjanes, c’est qu’elle se trouve sur la dorsale médio-atlantique où les événements d’origine tectonique sont nombreux. Il est donc très difficile de dire si le dernier essaim sismique a une origine tectonique ou volcanique. Certains pensent que la sismicité est provoquée par un déplacement latéral du magma dans le sous-sol, phénomène qui avait précédé la sortie de la lave au mois de mars. Les prochains jours et les prochaines semaines nous diront si cette hypothèse est exacte et si une éruption a eu lieu.

Sur l’île éolienne de Vulcano, c’est un peu le branle-bas de combat suite à une intensification des émissions gazeuses – de CO2 en particulier – et une hausse de températures au niveau des fumerolles sur la lèvre et à l’intérieur de la Fossa. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont tout de suite pensé qu’il s’agissait des prémices d’une éruption semblable à celle qui a secoué le volcan à la fin du 19ème siècle. Là encore, c’est aller un peu vite en besogne, car il manque certains paramètres pour faire une telle affirmation. Comme je l’ai écrit précédemment, j’ai connu une situation semblable à Vulcano dans les années 1990 – époque où j’effectuais des observations sur l’île – et il n’y a pas eu d’éruption à cette époque. Se méfier en particulier de la densité des panaches fumerolliens qui ne signifient pas forcément que le volcan traverse une hausse d’activité et qu’il va entrer (et non pas « Rentrer », comme on peut le lire) en éruption. .

Le problème en 2021, ce sont les émissions de CO2 dans le secteur de Volcano Porto. Il a été demandé aux habitants d’aller dormir ailleurs afin qu’ils ne se fassent asphyxier par le gaz pendant leur sommeil. Cela s’appelle le principe de précaution. Reste à savoir pendant combien de temps il pourra être appliqué…

S’agissant du Semeru (Indonésie), le mot « éruption » a été prononcé dès que l’on a appris que des coulées pyroclastiques avaient déferlé sur des villages et tué des dizaines de personnes. Trop tard. La prévision éruptive reste quasiment impossible sur les volcans de la Ceinture de Feu du Pacifique, ce qui explique des bilans humains élevés. Côté prévision, nous ne savons pas faire grand-chose et le principe de précaution est souvent mis en place pour éviter que des personnes se fassent tuer. Mais c’est parfois déjà trop tard.

La prévision à La Palma (Iles Canaries) a été correcte, ce qui a donné le temps aux autorités d’évacuer les populations menacées. Le Cumbre Vieja est bien différent du Semeru. Les coulées de lave – même si elles peuvent avancer rapidement – laissent le temps de déguerpir et au final, il n’y a pas eu de morts directement liées à l’éruption.

Après une période de calme, l’Etna (Sicile) s’est réveillé en décembre 2021 avec une petite activité strombolienne dans le Cratère Sud-Est. Tout de suite, le mot « éruption » a jailli comme un diable de sa boîte sur les réseaux sociaux L’apparition d’une petite coulée de lave au pied d’une paroi de la Valle del Bove a ravivé les souvenirs de l’éruption de 1991-1993 qui avait débuté dans ce secteur de l’Etna, Au final, le volcan s’est calmé, la lave a cessé de s’écouler, et il n’y a pas eu d’éruption…

C’était à La Palma (capture écran webcam)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : nouvelle hausse de la sismicité // New increase in seismicity

Ça devient comique! Quelques jours après que les scientifiques islandais aient décrété que l’éruption du Fagradalsfjall était terminée, voilà que l’on assiste à un net regain de la sismicité dans la région! Est-ce à dire que le Père Noël va apporter une nouvelle éruption dans sa hotte? L’hypothèse ne peut être écartée et les autorités ont à nouveau activé la phase d’incertitude.
L’activité sismique actuelle, avec des événements de magnitude M 4,0 et plus, pourrait signifier que du magma s’accumule et se rapproche de la surface sur la Péninsule de Reykjanes. Les volcanologues locaux expliquent que cette activité sismique ressemble aux séismes enregistrés un mois avant l’éruption du Fagradalsfjall. La plupart se situent à des profondeurs d’environ six kilomètres, avec des épicentres dans la Geldingadalir..
Les scientifiques attendent les résultats de diverses mesures, comme les données GPS et satellitaires, pour voir si des déformations ont lieu et s’il y a des signes de mouvement du magma.

La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
En Islande aussi, la prévision volcanique reste à un niveau très bas.
Source : médias d’information islandais.

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It’s getting funny! A few days after Icelandic scientists decided that the Fagradalsfjall eruption was over, there is a marked increase in seismicity in the region! Does this mean that Santa Claus is going to bring a new eruption in his hood? The hypothesis should not be rouled out and the authorities have again activated the uncertainty phase..

The current seismic activity, with events of M4.0 and over, might mean that magma is accumulating and moving closer to the surface in the Reykjanes Peninsula. Local volcanologists explain that this seismic activity resembles the earthquakes a month prior to the Fagradalsfjall eruption, Most of them are at depths, of about six kilometers, with epicentres in the Geldingadalir.
Scientists are waiting for the results of various measurements, including GPS data and satellite data, to see whether deformation is taking place and whether there are signs of magma movement.

The aviation colour code has been raisd to Orange.

In Iceland too, volcanic prediction remains at a low level.

Source: Icelandic news media.

Source : Met Office islandais