Hausse des océans : un constat de plus en plus alarmant // Rising oceans : an increasingly alarming situation

Ce qui se passe actuellement en Californie – feux de forêt, évacuations à grande échelle – devrait nous alerter sur l’urgence de la crise climatique. Cependant, les incendies en Californie ne sont qu’un aspect des conséquences du réchauffement planétaire.
Une étude publiée fin octobre 2019 dans Nature Communications s’attarde sur le hausse des océans et corrige des erreurs de données dans les calculs concernant le nombre de personnes menacées. Les résultats sont terrifiants.
Selon les dernières analyses, trois fois plus de personnes risquent d’être confrontées à la montée des eaux. À l’heure actuelle, 150 millions de personnes vivent sur des terres qui seront recouvertes par la mer d’ici 2050. Il s’agit du scénario le plus optimiste dans lequel le réchauffement climatique est maintenu à 2 degrés Celsius, ce qui semble tout à fait improbable dans un proche avenir. Dans un scénario plus pessimiste, le nombre de personnes en difficulté s’élève à 300 millions d’ici 2050. Cela équivaut à peu près à la population des Etats-Unis !
L’étude révèle qu’environ 70% des personnes actuellement à risque vivent dans huit pays asiatiques: Chine, Bangladesh, Inde, Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Philippines et Japon. Dès 2050, la majeure partie du sud du Vietnam, soit 20 millions de personnes, pourrait disparaître sous les eaux. En Thaïlande, 10% de la population vit sur des terres qui seront inondées, contre 1% à présent. De grandes parties de Bangkok et de Mumbai, deux centres de la finance en Asie, où vivent des dizaines de millions de personnes, risquent d’être inondées au cours des prochaines décennies.
Cette révision des chiffres concernant le risque d’élévation du niveau de la mer est due à une évolution des variables utilisées. Jusqu’à maintenant, le calcul s’effectuait en grande partie en fonction de deux variables: 1) la rapidité d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre; 2) la réaction de la banquise au réchauffement climatique, en particulier en Antarctique occidental.
Le problème est qu’une variable a été négligée: l’élévation réelle des terres le long de la côte, ainsi que le nombre de personnes qui y vivent. En effet, ce qu’il faut prendre en compte, ce n’est pas seulement la hauteur de l’eau, mais aussi la hauteur de la terre où l’eau monte. Un mètre d’élévation du niveau de la mer dans le sud de la Floride, qui est une région basse, plate et densément peuplée, aura un impact bien plus grand qu’une élévation identique le long de la côte haute, rocheuse et peu peuplée de l’Oregon ou du Maine.
Aux États-Unis, en Europe et en Australie, les erreurs de mesure de l’élévation côtière ont été corrigées au moyen du LIDAR (télédétection par laser), qui est très précis. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de données LIDAR disponibles pour l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, d’où la difficulté pour les scientifiques de calculer avec précision les risques d’élévation du niveau de la mer dans ces régions.

Deux informaticiens du Climate Central ont trouvé un moyen d’utiliser l’intelligence artificielle pour imiter le LIDAR. Lorsqu’ils ont re-analysé les données fournies précédemment par la navette spatiale à l’aide de leur modèle basé sur l’intelligence artificielle (et connu sous le nom de CoastalDEM), les résultats ont été étonnants, et pas dans le bon sens.
Par exemple, l’analyse précédente du risque d’inondation avec les données de la navette spatiale a révélé que 95 millions de personnes vivraient en dessous de le ligne moyenne de marée en 2100. Avec la nouvelle analyse, avec le scénario le plus optimiste des émissions de gaz à effet de serre et avec des calottes glaciaires relativement stables, 190 millions de personnes vivraient sous le niveau des eaux.
L’étude n’apporte pas que des mauvaises nouvelles. Les deux informaticiens ont constaté que 110 millions de personnes vivent déjà dans des zones potentiellement recouvertes par la mer, avec la protection de digues. Cela laisse un peu d’espoir quant à la capacité d’adaptation de ces populations, même si ces digues ne seront probablement pas suffisantes pour contrer l’accélération de l’élévation du niveau de la mer dans les années à venir.
L’élévation du niveau de la mer a déjà eu des conséquences spectaculaires. Le meilleur exemple est celui de l’Indonésie, où Jakarta, la capitale, va être transférée sur les hauteurs de Bornéo.
Comme la plupart des approches climatiques basées sur des données, l’étude oublie l’élément humain. Elle ne parle pas des nouvelles défenses, telles que les remparts ou les digues, qui pourraient être construites pour se protéger contre la montée des eaux. L’étude ne dit pas non plus comment les gens pourraient s’adapter d’une autre manière, avec des canaux comme à Venise, ou des structures flottantes. Elle ne prend pas non plus en compte les facteurs politiques et économiques, tels que la rapidité avec laquelle la valeur des biens immobiliers chutera au fur et à mesure qu’augmentera le risque d’inondation, avec un impact sur les recettes fiscales et les gouvernements locaux. Plus important encore, on ignore combien de millions de personnes seront déplacées et où elles iront…
Source: Nature Communications, médias américains.

L’étude publiée dans Nature communications révèle qu’une grande partie du littoral atlantique est concernée. On le sait déjà, mais l’État français n’a pas encore mis les moyens pour y faire face.

L’exemple le plus frappant de la montée de l’Océan Atlantique se trouve à Soulac-sur-Mer (Gironde) où un immeuble de quatre étages – Le Signal – a été  construit sur le front de mer et s’est trouvé menacé par l’avancée des eaux. Il y a six ans, il a fallu évacuer les 78 appartements, sans indemnisation sérieuse pour les propriétaires. Le Conseil d’État a rappelé que l’érosion des dunes ne donne pas droit au fond de prévention des risques naturels. Les propriétaires ont dû batailler pendant plus de quatre ans pour espérer bientôt obtenir un dédommagement.

Un peu plus au sud, à Lacanau, des enrochements ont été installés pour protéger la côte sableuse contre les assauts de l’océan. Ces protections de fortune pourront-elles résister longtemps aux vagues au moment des tempêtes lors de hautes marées ? Pas si sûr…

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What’s happening in California right now — wildfires, mass evacuations — should alert everyone about the urgency of the climate crisis. However, the flames in California are just one aspect of the consequences of global warming.

A study published in late October 2019 in Nature Communications corrects what was essentially a data error in previous calculations about how many people are at risk from rising seas. The results are frightening.

According to the new analysis, roughly three times as many people are at risk from being inundated by rising seas than previously reported. 150 million people are now living on land that will be below high tide by 2050. And this is a hopeful scenario, where warming is held to 2 degrees Celsius, which looks quite unlikely in the near future. In a more pessimistic scenario, the numbers double to 300 million people flooded out by 2050. That is roughly equivalent to the entire population of the United States going underwater in the next three decades !

The study finds that about 70 percent of the people currently at risk are in eight Asian countries: China, Bangladesh, India, Vietnam, Indonesia, Thailand, the Philippines, and Japan. As early as 2050, most of Southern Vietnam could disappear at high tide, putting 20 million people underwater. In Thailand, 10 percent of the population lives on land that will be flooded, compared to one percent now. Large parts of Bangkok and Mumbai, both financial centres in Asia and home to tens of millions of people, are at risk of being inundated in coming decades.

This major revision in our understanding of the risk of sea level rise is due to an evolution in the variables used until now to calculate the risk of sea level rise. Up to now, the calculation largely depended on two variables: 1) how fast carbon emissions will continue to rise ; 2) how sensitive the ice sheets are to that warming, especially West Antarctica.

The problem is that one variable was largely overlooked: the actual elevation of land along the coast, as well as how many people live there. Indeed, what matters is not just how high the water rises, but how high the land is where the water rises. One metre of sea level rise in South Florida, which is low and flat and densely populated, will have a much greater impact than one metre of sea level rise along the high, rocky, sparsely-inhabited coast of Oregon or Maine.

In the U.S., Europe, and Australia, problems with coastal elevation measurements were corrected with LIDAR (Light Detection and Ranging) which is very precise. But there was no publicly available LIDAR data for Asia, Africa, and the Middle East, making it difficult for scientists to accurately calculate risks of sea level rise in those regions.

Two computer scientists at Climate Central figured out a way to use artificial intelligence to mimic the work of LIDAR. When they re-analyzed the previous space shuttle data with the new AI model (known as CoastalDEM), the results were astonishing, and not in a good way.

For example, the previous analysis of flood risk using the space shuttle data found that 95 million people will be living below mean high water line in 2100. In the new analysis, even with a low emissions scenario and fairly stable ice sheets, 190 million people will be living below the water line.

The study is not all bad news. On the upside, the two computer scientists found that 110 million people already live in areas below high tide, mostly behind seawalls and other barriers, which gives me some hope about people’s ability to adapt, although those barriers and sea walls are unlikely to be sufficient as sea level rise accelerates in the coming years.

Sea level rise already had dramatic consequences. The best example tody is Indonesia where Jakarta, the capital, will be moved to higher ground in Borneo

Like most data-driven climate science, the study leaves out the human element. It does not consider what kind of new defenses might be built to protect against rising seas – walls, barriers, dikes. Or how people might adapt in other ways, with Venice-like canals or floating structures. Nor does it consider political and economic factors, such as how fast property values will fall as the risk of flooding rises and how that will impact tax revenues and local governments. Or, most importantly, how many millions of people will be displaced, and where they will go…

Source: Nature Communications, U.S. News media.

The study published in Nature Communications reveals that a large part of the Atlantic coastline is concerned. We already know that, but in France the State has not yet found the means to deal with it.
The most striking example of the rise of the Atlantic Ocean is located in Soulac-sur-Mer (Gironde) where a four-storey building – Le Signal – was built on the seafront and was threatened by the advancing waters. Six years ago, it was necessary to evacuate the 78 apartments, without serious compensation for the owners. The Council of State reminds that the erosion of the dunes does not give right to the fund of prevention of the natural risks. The owners had to fight for more than four years to hope soon to get the money.
A little further south, in Lacanau, rip raps were installed to protect the sandy coast from the powert of the ocean. Will these protections be able to withstand huge waves during high tide storms ? Not so sure…

Vue de l’immeuble « Le Signal » à Soulac-sur-Mer (Photo: C. Grandpey)

Enrochements à Lacanau (Photo: C. Grandpey)

La ligne de rochers n’a pas suffi pour endiguer les assauts de la mer (Photo: C. Grandpey)

Les Alpes fondent et les stations de ski sont inquiètes // The Alps are melting and ski resorts are worried

Les médias français en parlent peu pour ne pas effrayer les touristes, mais le changement climatique affecte profondément les stations de ski des Alpes. Un article publié dans le quotidien britannique The Telegraph nous explique que ces stations doivent dépenser des millions d’euros pour renforcer les supports de téléphériques et remontées mécaniques, ainsi que d’autres structures qui ont tendance à s’affaisser du fait du changement climatique qui entraîne la fonte du permafrost.
Par exemple, la ville de Chamonix a dépensé cette année1,6 million d’euros pour renforcer des supports de téléphériques. Les Deux Alpes et Val-Thorens ont également dû renforcer des structures menacées d’effondrement car elles sont construites sur du permafrost de roche qui se réduit à un rythme de plus en plus rapide.
L’industrie du ski en France suscite de plus en plus d’inquiétudes et les stations de ski confrontées au recul des glaciers et à la diminution de la couverture neigeuse luttent pour préserver leur fragile environnement des effets de la pollution.
Le changement climatique a fait fondre le permafrost ces dernières années, de sorte qu’il ne peut plus servir de ciment naturel à la roche. Les supports de téléphériques et les fondations des refuges de montagne ont commencé à bouger et les structures au-dessus du sol ont commencé à s’affaisser et à se fissurer.
Chamonix a été contrainte de consolider les supports la télécabine de Bochard aux Grands Montets en consolidant les ancrages par injection d’un produit de scellement. Le but était de compenser le dégel et de mettre en place des fondations plus solides. Les supports ont par ailleurs été équipés de détecteurs pour avertir tout affaissement ou mouvement de ces structures.
D’autres stations ont également été touchées depuis 2010. Les Deux Alpes a observé un affaissement sous un terminal de téléphérique et la station en haute altitude de Val-Thorens a été contrainte de consolider un pylône de remontée mécanique.Une étude récente portant sur 947 structures construites sur du permafrost a révélé que 45 remontées mécaniques, six refuges et un tunnel présentaient un risque élevé de déstabilisation.
Selon de nombreux scientifiques, l’avenir de l’industrie du ski est préoccupant. Ils expliquent que si on enregistre une augmentation moyenne de la température de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, cela se traduira par une augmentation de 8 degrés dans les Alpes, en raison de l’effet de réchauffement de la fonte des glaciers.
Chamonix fait maintenant pression sur les autorités pour limiter le nombre de véhicules autorisés à circuler dans la vallée de Chamonix afin de réduire la pollution.
Source: The Telegraph.

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Little is said about it by the French news media not to frighten the tourists, but climate change is deeply affecting ski resorts in the Alps. An article published in the British Telegraph informs us that these resorts are being forced to spend millions in order to reinforce cable car supports and other structures being weakened by subsidence as climate change causes ice to melt.

For instance, Chamonix has spent 1.6 million euros shoring up cable car supports this year. Les Deux Alpes and Val-Thorens have also had to reinforce structures in danger of collapse because they are built on rock permafrost which is shrinking at an increasingly rapid rate.

Concern is growing for the future of France’s lucrative ski industry and resorts facing shrinking glaciers and diminishing snow cover are struggling to preserve the fragile Alpine environment from the consequences of pollution.

Climate change has caused permafrost to thaw in recent years so that it can no longer serve as a natural cement. Cable car supports and foundations of mountain shelters have started moving and structures above the ground have begun to weaken and crack.

Chamonix has been forced to shore up its Bochard cable car supports by consolidating the ground to compensate for thawing and rebuilding stronger foundations. The supports have been fitted with detectors to warn of subsidence or movement.

Other resorts have also been affected since 2010. Les Deux Alpes had subsidence under a cable car terminal and Val-Thorens had to consolidate a ski lift pylon. A recent survey of 947 resort structures built on permafrost found that 45 ski lifts, six shelters and one tunnel were at high risk of destabilisation.

Accordong to many experts, the future of the ski industry is worrying.  They explain that if we experience an average temperature rise of 4 degrees Celsius by the end of the century, that will mean an 8-degree rise in the Alps, because of the warming effect of melting glaciers.

Chamonix is now lobbying the authorities to restrict the number of vehicles allowed into the Chamonix Valley in an effort to cut pollution.

Source: The Telegraph.

A cause de la pollution, la neige du Mont Blanc est moins blanche qu’avant! (Photo: C. Grandpey)

Groenland : Les Etats-Unis font le forcing ! // Greenland : The United States is pushing hard !

En août 2019, le président Trump s’était montré intéressé par l’achat du Groenland. Ce n’était certainement pas à cause de la beauté des étendues glacées de ce territoire, mais bien pour avoir accès aux richesses susceptibles d’être mises à jour par la fonte des glaces. Il est facile de comprendre pourquoi Trump veut que les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat! Plus la glace fondra rapidement sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, plus il sera facile d’avoir accès aux ressources minérales qui se cachaient jusqu’à présent sous la glace. Cependant, la tentative du président américain d’acheter le Groenland s’est soldée par un échec. Les responsables politiques du Groenland et du Danemark ont insisté sur le fait que le pays n’était pas à vendre.
Cependant, les États-Unis gardent toujours un oeil sur le Groenland. Une délégation américaine, avec à sa tête le conseiller du Département d’État, s’est rendue dans la capitale Nuuk fin octobre pour s’entretenir avec des ministres du gouvernement groenlandais. Selon les analystes politiques danois, cette visite avait pour objectif d’accroître l’influence des États-Unis au Groenland.
Certains pensent que l’administration Trump est déterminée à gagner les cœurs et les esprits des 56 000 Groenlandais, le but étant de les convaincre de couper le cordon ombilical avec le Danemark et de devenir le 51ème État des États-Unis.
Les Américains ont décidé d’accroître leur présence au Groenland et de communiquer directement avec les habitants. Cela permettra court-circuiter le Danemark et d’accroître progressivement l’influence étasunienne sur la grande île. Cela porterait inévitablement atteinte à la souveraineté du Danemark.
Les membres de la délégation américaine ont exprimé leur intérêt pour une coopération de plus en plus importante avec le Groenland dans les domaines du commerce, de la construction d’infrastructures, de l’investissement, de l’éducation et de la recherche. Il est également évident que les États-Unis voudraient développer l’industrie minière et le tourisme, sujet qui a été à l’origine des récents désaccords entre le Groenland et le Danemark.
De nombreux observateurs estiment que les États-Unis pourraient aider le Groenland à obtenir son indépendance et persuader les autorités groenlandaises de tenir un référendum sur la séparation du Danemark Un journaliste local n’exclut pas la possibilité de voir une majorité politique se dessiner au Groenland d’ici cinq à dix ans pour que le Groenland rejoigne les Etats-Unis et se séparer de la tutelle danoise.

Source: Iceland Monitor.

Personnellement, je suis prêt à parier que si les Républicains restent au pouvoir, le Groenland deviendra le 51ème Etat des Etats Unies au cours de la décennie à venir. Business is business ! Un bel exemple de colonialisme que la France et la Grande Bretagne n’auront pas trop intérêt à critiquer !

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In August 2019, President Trump said he was interested in buying Greenland. This was certainly not because of the beauty of the territory’s icy expanses, but rather to have access to the wealth likely to be uncovered by the melting of the ice. It is easy to understand why Trump wants the U.S. to pull out of the Paris Climate Agreement! The faster the ice melts under the assaults of global warming, the easier it will be to have access to the minerals that used to hide beneath the ice. However, The U.S. President attempt to buy Greenland proved a failure. The government of Greenland and Danish politicians stressed that the country was not for sale.

However, the United States has not lost interest in Greenland. A US delegation, headed by the counselor of the US Department of State, was in the capital Nuuk in late October, talking to Greenlandic government ministers, a move which Danish political analysts see as likely meant to increase US influence in Greenland.

Some have suggested that US President Donald Trump’s administration is determined to win the hearts and minds of the Greenlandic people, who count 56,000, with the aim of convincing them to cut ties with Denmark and potentially become instead the 51st State of the United States.

Americans now want to increase their presence in Greenland and communicate directly with its people, thereby eschewing Denmark, with the aim of gradually increasing their influence on this large island. This would inevitably undermine the sovereignty of Denmark.

The members of the U.S. delegation expressed interest in increased cooperation with Greenland in trade, the building of infrastructure, investment, education and research. It is also obvious that the U.S. would like to develop mining and tourism, an ambition which caused the recent disagreements between Greenland and Denmark.

Many observers believe the US could help Greenland earn independence from Denmark and might work to persuade Greenland to hold a referendum on separation from Denmark A local journalist does not rule out the possibility of there being political majority in Greenland five to ten years from now for becoming part of the US instead of Denmark.

Source : Iceland Monitor.

Source: Geological Survey of Denmark and Greenland

 

Photos: C. Grandpey

Le permafrost est un puissant émetteur de carbone // Permafrost is a powerful carbon emitter

Quand je lis le titre d’un article publié sur le site web de la revue GEO, je me dis qu’il reste beaucoup à faire pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique.

L’article est intitulé : « A cause du changement climatique, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de carbone. » Je suis désolé, mais l’utilisation du conditionnel est une grave erreur. Cela fait longtemps que j’attire l’attention sur les émissions de gaz à effet de serre (gaz carbonique et méthane) par le sol de la toundra, que ce soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska.

L’auteur de l’article prend des précautions bien inutiles. Il écrit qu’« une nouvelle étude suggère qu’à cause de la hausse de températures, le sol gelé de l’Arctique serait devenu un émetteur de dioxyde de carbone. En hiver, il libèrerait désormais plus de gaz que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été. » Pas de doute possible, GEO est très en retard sur la réalité !

En lisant l’article, j’ai l’impression de lire un condensé des notes diffusées de puis des mois sur mon blog à propos de la fonte du permafrost, ou pergélisol. On nous rappelle que le sol arctique gelé en permanence constitue 24% des terres émergées de l’hémisphère nord et recouvre plus de 20 millions de kilomètres carrés. Depuis des dizaines de milliers d’années, les régions arctiques capturent le gaz carbonique pour le piéger en profondeur. D’après une étude parue en 2015, le pergélisol recèle quelque 1.700 milliards de tonnes de CO2, soit deux fois plus que la quantité présente dans l’atmosphère. A cause du changement climatique et de l’augmentation des températures, le pergélisol est maintenant devenu un émetteur de carbone. Il libère plus de CO2 en hiver que les plantes de la région ne peuvent en absorber durant l’été.

Jusqu’à ces dernières années, on pensait que la libération de carbone s’interrompait en hiver parce que les sols restaient gelés et que les bactéries n’étaient pas actives, mais des études récentes ont prouvé le contraire.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, les scientifiques ont placé des capteurs de dioxyde de carbone au niveau de plus de 100 sites répartis à travers l’Arctique. D’octobre à avril, ces dispositifs ont collecté plus de 1.000 mesures qui ont permis d’évaluer les émissions de CO2 au niveau du pergélisol et d’établir des modèles. Les chercheurs ont constaté que la libération de CO2 varie selon le type de végétation mais est deux fois plus importante qu’évaluée par de précédentes études.

Pour calculer l’évolution du phénomène au fil des décennies, les scientifiques ont étendu les prédictions de leur modèle en considérant les conditions plus chaudes établies pour 2100 par différents scénarios du GIEC. Dans un scénario modéré où des efforts seraient mis en place, les émissions du pergélisol pourraient augmenter de 17%. En revanche, si aucun effort n’est mené, le phénomène pourrait croître de 41%.

L’article de GEO fait toutefois remarquer que cette étude n’est pas la première à dénoncer les conséquences de la fonte du pergélisol pour le climat. Les sols gelés de l’Arctique sont déjà qualifiés par certains de « bombe à retardement climatique », en raison de la quantité de méthane (CH4) qu’ils recèlent et peuvent libérer. Les cratères creusés dans la toundra sibérienne par les explosions de méthane sont la preuve de la puissance explosive de ce gaz dont le potentiel de réchauffement est environ 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour terminer, l’article oublie de mentionner les conséquences que la fonte du permafrost pourrait avoir pour la santé. En fondant, le sol gelé risque de libérer des bactéries restées prisonnières pendant des décennies, voire des siècles. L’épidémie d’anthrax qui a touché des éleveurs de rennes en Sibérie il y a quelque mois n’est peut-être pas étrangère à ce phénomène.

Source : GEO.

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When I read the title of an article published on the website of the GEO magazine, I tell myself that much remains to be done to raise awareness of the effects of global warming.
The article is entitled: “Because of climate change, frozen ground in the Arctic may have become a carbon emitter.” I’m sorry, but using “may” is a big mistake. It has been a long time since I brought attention to greenhouse gas (carbon dioxide and methane) emissions from tundra soils, whether in Siberia, Canada or Alaska.
The author of the article takes useless precautions. He writes that « a new study suggests that because of rising temperatures, the frozen ground of the Arctic may have become a carbon dioxide emitter. In winter, it is likely to release more gas than plants in the region can absorb during the summer. No doubt, GEO is way behind reality!
While reading the article, I have the impression to read a summary of the posts released for months on my blog about the melting of permafrost. We are reminded that the permanently frozen Arctic soil constitutes 24% of the northern hemisphere’s land surface and covers more than 20 million square kilometres. For tens of thousands of years, Arctic regions have captured carbon dioxide to trap it at depth. According to a study published in 2015, permafrost contains some 1,700 billion tonnes of CO2, twice as much as the amount in the atmosphere. Due to climate change and increasing temperatures, permafrost has now become a carbon emitter. It releases more CO2 in winter than plants in the region can absorb during the summer.
Until recently, it was thought that carbon release stopped in the winter because soils remained frozen and bacteria were not active, but recent studies have shown the opposite.
As I mentioned in a previous posts, scientists have placed carbon dioxide sensors at more than 100 sites across the Arctic. From October to April, these devices collected more than 1,000 measurements that made it possible to evaluate CO2 emissions at the level of permafrost and to establish models. The researchers found that CO2 release varies by vegetation type, but is twice as large as assessed by previous studies.
To calculate the evolution of the phenomenon over decades, scientists have extended the predictions of their model by considering the warmer conditions set for 2100 by different IPCC scenarios. In a moderate scenario where efforts would be put in place, permafrost emissions could increase by 17%. On the other hand, if no effort is made, the phenomenon could grow by 41%.
However, the GEO article notes that this study is not the first to denounce the consequences of melting permafrost for the climate. The frozen soils of the Arctic are already qualified by some of the « climate time bomb » because of the amount of methane (CH4) they contain and can release. The craters dug in the Siberian tundra by methane explosions are proof of the explosive power of this gas whose potential for warming is about 30 times higher than that of carbon dioxide.
Finally, the article fails to mention the consequences that the melting of permafrost could have for health. By melting, frozen soil may release bacteria that have been trapped for decades or even centuries. The anthrax epidemic that affected reindeer herders in Siberia a few months ago may be linked to this phenomenon.
Source: GEO.

Photo: C. Grandpey

Source: The Siberian Times