Eruption du Kilauea (Hawaii); Beaucoup de lave et de SO2 // A lot of lava and sulphur dioxide

7h00 (heure française): L’activité se poursuit en plusieurs points le long des fractures éruptives. Les fontaines de la fracture n° 22 alimentent une coulée de lave qui atteint la côte juste au nord de MacKenzie State Park. Le point d’entrée de la lave s’est déplacé vers l’ouest. Les fractures 5, 6 et 19 continuent à émettre des projections de lave qui alimentent une coulée vers le sud qui n’avance plus et une autre vers le nord le long de Pohoiki Road. De faibles projections sont observées sur la fracture n° 17. Dans le même temps temps, de nouvelles fontaines de lave sont apparues le 22 mai dans l’après-midi le long de la ligne de fractures entre Kaupili Street et Mohala Street, près de la fracture n° 23.
Les émissions de gaz volcaniques ont triplé. Les concentrations de SO2 sont élevées dans toute la zone située sous le vent en aval des bouches éruptives. Des masques  seront distribués à Pahala, Volcano,  Na’alehu, au Hawaiian Ocean View Community Center et à Keaau. Ces masques de référence N95 peuvent protéger contre l’inhalation de cendre volcanique, mais ne protègent pas contre les gaz et les vapeurs acides.
On enregistre d’importantes quantités de SO2 – jusqu’à 15 000 tonnes par jour – le long de la Lower East Rift Zone. Les scientifiques du HVO affirment que l’éruption sommitale et le cratère du Pu’u O’o n’ont jamais produit de telles quantités de SO2. Les émissions de SO2 du Pu’u O’o atteignaient en moyenne 200 à 300 tonnes par jour mais le cratère est toyalement inactif en ce moment. Les émissions de SO2 au sommet du Kilauea atteignent en moyenne entre 3 000 et 6 000 tonnes par jour.
Les autorités mettent en garde le public contre les explosions de méthane près des zones de végétation.
Source: USGS / HVO.

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19 heures (heure française): Dans sa dernière mise à jour du 23 mai, le HVO indique que l’éruption se poursuit dans la subdivision des Leilani Estates et celle des Lanipuna Gardens. L’activité éruptive la plus intense dans la Lower East Rift Zone a migré vers la partie centrale du système de fractures. Les plus actives le 22 mai étaient les n° 22,19, 6, 5 et 23. La fracture n° 17, à l’extrémité nord-est du système de fractures ne montre plus qu’une activité réduite. La fracture n° 6 alimente une coulée vers le sud, à peu près parallèle à la coulée émise par la fracture n° 22. Les fontaines de lave des fractures 5 et 23 alimentent des coulées dans la partie est des Leilani Estates. Il est aussi à noter que du méthane s’est enflammé dans plusieurs fractures sur les routes. Les émissions de gaz restent élevées. Voir toutes les coulées sur la carte USGS ci-dessous
L’alimentation magmatique reste soutenue dans la Lower East Rift Zone. La sismicité reste présente mais les événements sismiques ne se sont pas déplacés vers l’aval de la zone de rift au cours des derniers jours, et seuls quelques petits séismes ont été enregistrés dans la zone de rift.

La lave continue d’entrer dans l’océan avec des explosions.  L’accumulation de lave en amont de l’entrée dans l’océan a formé un petit lac de lave surélevé dont la surface se trouve à 11 mètres au-dessus du sol.
De petites émissions de cendre se produisent fréquemment au niveau de l’Overlook Crater au sommet du Kilauea. Des retombées de cendre ne peuvent être exclues dans les zones sous le vent.

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7:00 a.m. (French time): Activity continues at multiple sites along the eruptive fissures. The fountains from fissure 22 feed a single lava channel that reaches the coast just north of MacKenzie State Park. The actual point of entry has been shifting to the west. Spattering continues from fissures 5, 6, and 19 that fed a lava flow to the south that is now stalled and a smaller flow to the north along and south of Pohoiki Road. Weak spattering continues at fissure 17. Meanwhile, a new area of fountaining started on May 22nd in the afternoon along the fissure line between Kaupili and Mohala Streets near fissure 23.

Volcanic gas emissions have tripled. SO2 concentrations are at high levels throughout the area downwind of the vents. Ash masks will be distributed in Pahala, Volcano, Na’alehu, Hawaiian Ocean View Community Center, and Keaau. N95 masks can protect from breathing volcanic ash, but do not protect against gases and vapours.

Significant levels of SO2 — as high as 15,000 tons a day — are being produced along the lower East Rift Zone. HVO scientists say that even the summit eruption and Pu’u O’o never produced such high quantities of SO2. Previous levels of SO2 in the Pu’u O’o Crater measured about 200 to 300 tons a day. There are no SO2 emissions currently coming from the crater. Kilauea’s summit emissions average 3,000 to 6,000 tons a day.

Officials are warning the public about methane explosions near areas of vegetation.

Source : USGS / HVO.

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7 p.m. (French time): In its latest update (May 23rd in the evening), HVO indicates that the eruption continues in the subdivisions of the Leilani Estates and Lanipuna Gardens. The most active eruptive activity in the Lower East Rift Zone shifted to the middle portion of the system of fissures.

The most active fissures were 22,19, 6, 5, and 23. Fissure 17, at the northeastern end of the fissure system is only weakly active now. Fissure 6 is feeding a flow to the south, roughly parallel to the western flow from fissure 22. Fountaining of fissures 5 and 23 fed flows in the eastern part of Leilani Estates. Methane is also seen burning in road cracks. Gas emissions are still very high. See all the lava flows on the USGS map below
Magma continues to be supplied to the Lower East Rift Zone. Elevated earthquake activity continues, but earthquake locations have not moved farther downrift in the past couple of days, and there were only a few earthquakes located today in the rift zone.

The ocean entry remains active and is producing occasional explosions. A perched lava pond reaches 11 metres above the ground level
Small ash emissions from the Overlook crater are occurring frequently. Ashfall may happen in downwind locations.

Vue générale du site éruptif et de l’entrée en mer (Crédit photo: USGS / HVO)

Vous obtiendrez une image plus grande de la carte en cliquant sur ce lien :

http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2018/05/USGS-Map-May-22.jpg

Vers une crise sanitaire dans le District de Puna ? // Toward a health crisis in the Puna District?

En raison des gaz volcaniques – SO2 et H2S, entre autres – qui ont envahi le District de Puna, de nombreuses personnes souffrent de problèmes respiratoires et d’autres maladies chroniques. Comme je l’ai écrit précédemment, le problème respiratoire le plus récent est la «laze» – ou brume de lave – qui se forme quand la lave très chaude se mélange à l’eau de mer froide pour produire un panache de vapeur où cohabitent de l’acide chlorhydrique et des particules de verre.
Pire encore, les habitants de Puna étaient déjà exposés aux maladies respiratoires avant l’éruption actuelle et ils ont tendance à avoir moins de ressources pour faire face à leurs maladies. Selon les services sanitaires, le taux de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est plus élevé chez les adultes de 45 ans et plus dans le District de Puna ; une personne sur 10 vit avec la maladie, contre environ 6% dans les autres îles. Environ 20% des adultes et 25% des enfants sont asthmatiques, contre 17,5% et 16,8% respectivement dans l’ensemble de l’État.
Avec les maladies respiratoires, le District de Puna a le deuxième taux de pauvreté le plus élevé de l’État d’Hawaï et ces deux facteurs sont souvent étroitement liés. Il y a plus de pauvreté dans les districts de Puna et Kau qu’ailleurs dans l’Etat sauf à Waianae. Un médecin a déclaré: « Si vous considérez des personnes déjà désavantagées parce qu’elles sont confrontées à des taux anormalement élevés d’asthme, de maladies cardiaques et de maladies pulmonaires à cause de disparités économiques et ethniques, et que vous y ajoutez  une éruption volcanique, vous êtes sûr d’avoir une crise  »
L’urgence volcanique aggrave les problèmes de santé au sein de la population vulnérable de Puna, en particulier les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies respiratoires préexistantes. Ces personnes sont deux fois plus susceptibles de développer une maladie respiratoire aiguë lorsqu’elles sont exposées à des niveaux élevés de SO2.
Maintenant que les gens ont été évacués de leurs maisons, on va assister à une crise de santé comportementale. Le problème est rendu plus aigu par une pénurie de médecins et de spécialistes en soins primaires. Il n’y a que trois médecins à temps plein pour toute la zone. Il n’y aurait pas assez de médecins pour prendre soin de la population dans des circonstances normales, et les circonstances actuelles sont loin d’être normales. La Croix-Rouge américaine a effectué plus de 1 100 interventions médicales et de santé mentale auprès des personnes qui sont venues lui rendre visite. Un porte-parole de l’organisation a déclaré: « Nous n’avons pas les services médicaux dont nous avons besoin et la santé d’un grand nombre de personnes est mise en danger. C’est très stressant, mais nous essayons de faire face. J’ai peur que ces gens souffrent et le pire est à venir. »
Source: Honolulu Star Advertiser.

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Because of the volcanic gases – SO2 and H2S, among others – that have invaded Lower Puna, many people are suffering from respiratory illness and other chronic diseases. As I put it before, the most recent respiratory concern is “laze” — or lava haze — when hot lava mixes with cold seawater to produce a plume of steam laced with hydrochloric acid and glass particles. Making matters worse, Puna residents had a higher incidence of respiratory illnesses before the recent eruption and tend to have fewer resources to deal with their illnesses.

According to the Health Department, the rate of chronic obstructive pulmonary disease (COPD) is higher in Puna’s adult population 45 years and older, with 1 in 10 living with the condition, compared with about 6 percent across the islands. About 20 percent of adults and 25 percent of children have been diagnosed with asthma, versus the statewide average of 17.5 percent and 16.8 percent, respectively.

Together with the respiratory illnesses, the District of Puna has the second-highest poverty rate in the State of Hawaii and these two factors are often closely connected. There is more poverty in the Puna and Kau districts than anywhere else in the state except for Waianae Said one doctor: “If you take people already at a disadvantage because they have higher rates of asthma, heart disease and lung disease because of economic and ethnic disparities and on top of it you hit them with a volcanic eruption, now you’re talking about a crisis.”

The volcanic emergency is worsening the health of Puna’s vulnerable population, particularly seniors, children and those with pre-existing respiratory illnesses. They are twice as likely to develop acute respiratory disease when exposed to high levels of SO2.

Now that people are displaced from their homes, there will be a behavioural health crisis. The problem is made more difficult by a severe shortage of primary-care doctors and specialists. There are only three full-time doctors to cover the entire area. There would not be enough doctors to take care of the population under normal circumstances, and circumstances are far from normal. The American Red Cross has had more than 1,100 medical and mental health service visits with clients. A spokesman of the organisation said: “We don’t get the medical support that we need. So many people’s health is in jeopardy. It’s very stressful, but we’re all trying to get through it. I’m afraid that they are suffering the worst is yet to come.”

Source : Honolulu Star Advertiser.

Les gaz volcaniques représentent un réel danger pour la population du District de Puna (Crédit photo: USGS)

L’immobilier à Lower Puna (Hawaii) // Real estate at Lower Puna (Hawaii)

La plupart des familles qui ont été évacuées des Leilani Estates sont impatientes de retourner vivre dans leurs maisons, à condition qu’elles ne soient pas détruites par de nouvelles coulées de lave. Ce comportement peut sembler étrange car peu de gens seraient enclins à retourner vivre dans une région qui est menacée en permanence par une éruption.
La raison pour laquelle ces familles espèrent retrouver leurs domiciles, même si elles vivent à proximité d’un champ de lave encore chaud, est très simple et facile à comprendre ; c’est une raison strictement économique.
La presse hawaïenne donne l’exemple d’une famille qui paie un loyer de 650 dollars par mois pour une maison avec trois chambres et une salle de  bain. Le couple de locataires explique que « c’est seulement en mettant leurs ressources en commun qu’ils peuvent rester dans cette maison ».
Une autre famille vit à Lower Puna depuis près de deux ans et paye un loyer de 500 dollars par mois pour une maison de deux chambres avec une grande cour et beaucoup d’arbres fruitiers. La même maison à Hilo coûterait au moins trois fois autant. Ces locataires ont essayé d’acheter la maison et ont essayé d’obtenir un prêt, mais la banque leur a fait remarquer que la maison était située dans la Zone de Lave 1 et qu’elle ne pouvait donc pas leur accorder le prêt.

Source : Presse hawaienne.

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 Most of the families who evacuated from the Leilani Estates are impatient to go back and live in their houses provided they are not destroyed by new lava flows. This behaviour might seem strange, because few people would be inclined to return to live in such an area which is under the permanent threat of an eruption.

The reason why these families hope: to move back to their houses, even if they may be living in the shadow of a freshly baked lava field, is very simple: economics.

The Hawaiian press gives the example of a family who pays $650 a month for three bedrooms and one bath. They say that “it’s only by pooling their resources that they’re able to stay at the house.”

Another family has lived in Lower Puna for almost two years, paying $500 a month for a two-bedroom, one-bath house with a big yard and lots of fruit trees. The same type of house in Hilo would cost at least three times that much. They tried to the buy the place, and went to try to get a loan for it but the bank told them the house was located in Lava Zone 1, so it could not grant them a loan.

Source: Hawaiian newspapers.

Voici deux photos montrant un quartier des Leilani Estates avant et après l’éruption:

Here are two photos of a neighbourhood in the Leilani Estates before and after the eruption:

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii) : Les effets de l’éruption sur le tourisme // The effects of the eruption on tourism

Avec l’apparition de nouvelles fractures éruptives qui menacent d’isoler le secteur de Lower Puna du reste de la Grande Ile d’Hawaii, les responsables de la Protection Civile ont décrété le 12 mai 2018 que toutes les locations de vacances de la région devaient cesser leurs activités. Les touristes ont été contraints de trouver d’autres logements, ce qui ne fait qu’augmenter les pertes subies par l’industrie touristique à cause de l’éruption du Kilauea. La zone concernée s’étend de Kapoho à Kalapana et inclut les subdivisions de Leilani et Black Sands.
La décision de la Protection Civile est intervenue le jour où deux nouvelles fractures se sont ouvertes à l’est des Leilani Estates. Les autorités ont déclaré que la décision était nécessaire afin que les opérations d’urgence puissent se concentrer sur les seuls habitants de la région. Les géologues du HVO affirment que de nouvelles émissions de lave sont probables, que ce soit par l’ouverture de nouvelles fractures ou par la réactivation de fractures existantes. Environ 2000 personnes à Lower Puna pourraient se trouver isolées si les routes étaient endommagées ou coupées par des fractures et des coulées de lave.
Le tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii est affecté par l’éruption du Kilauea. 2018 avait commencé en fanfare avec la perspective de franchir la barre des 2 millions de visiteurs à la fin de l’année, mais deux semaines après le début de la dernière éruption, on se rend compte que les annulations ont déjà occasionné plus de 1,5 million de dollars de pertes directes aux gestionnaires de locations et on prévoit 3 millions de dollars de pertes pour les semaines à venir. Les hôtels signalent qu’ils tournent à 50% de leur capacité de réservation. Au train où vont les choses, c’est toute la saison estivale qui risque d’être profondément affectée. Les navires de croisières ont annulé des escales à Hilo et Kona, ce qui n’arrange pas la situation.
Dans les régions reculées comme le District de Puna, les locations de vacances constituent une source de revenus non négligeable pour les habitants et représentent un plus pour l’économie de la région. En seulement deux semaines, les entreprises touristiques de l’Est de la Grande Ile sont passées de la meilleure année à la fermeture et à la mise à pied de 10 à 20 personnes. Si la récente déclaration fédérale de catastrophe naturelle – qui concerne l’ensemble de la Grande Ile – donne de l’espoir à aux habitants et aux entreprises les plus durement touchés, elle risque aussi de provoquer des annulations dans des zones de l’île qui ne sont pas concernées par l’éruption. La fermeture du Parc National des Volcans n’est pas faite pour arranger les choses.
Source: Journaux hawaïens.

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With new lava outbreaks threatening to cut off Lower Puna residents from the rest of the island, Civil Defense officials on May 12th, 2018 ordered all vacation rentals in the area to cease operations, forcing visitors to find alternate accommodations and adding to tourism industry losses from the Kilauea eruption. The concerned area stretches from Kapoho to Kalapana, and includes Leilani and the Black Sands subdivisions.

The order came the same day two fissures opened up east of Leilani Estates. Civil Defense officials said the move was necessary so emergency operations can focus on residents who live in the area. HVO geologists say additional lava outbreaks are likely, either from new fissures or reactivation of existing vents. About 2,000 people in Lower Puna could become isolated if roads are damaged by lava outbreaks.

Tourism in Hawaii Big Island is being affected by the Kilauea eruption. The island began the year anticipating it would break the 2 million-visitor benchmark by year’s end, but two weeks into the eruptions, visitor cancellations have cost accommodation providers more than $1.5 million in direct losses and $3 million in future bookings. The hotels are reporting that they are 50 percent off their booking pace. If this keeps up, it could be a whole lost summer. Cruise ships have cancelled their calls at Hilo and Kona, which can only worsen the situation.

In remote areas like Puna, vacation rentals often play a larger role in the lodging mix and the region’s economic health. In just a two-week period, east side businesses have gone from having their best year ever to closing and laying off 10 to 20 people. While the recent state and federal disaster declarations offer hope to some of the hardest-hit residents and businesses, they open unaffected areas of Hawaii island to cancellation risk. The closure of the Hawaiian Volcanoes National Park is not a good thing for tourism either.

Source : Hawaiian newspapers.

La vidange du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u et la fermeture du Parc National des Volcans sont des coups durs portés au tourisme sur la Grande Ile d’Hawaii (Photo: C. Grandpey)