Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la RN2 à nouveau coupée par la lave ! // Lava crosses the RN2 highway again !

1er avril 2026 – 16 heures, heure métropole – 18 heures, heure locale) : Dans un bulletin diffusé dans l’après-midi du 1er avril 2026 (heure locale), l’OVPF indique que l’activité éruptive se poursuit au Piton de la Fournaise et que le bras de coulée le plus au sud reste actif.

Une résurgence a donné naissance à un bras secondaire qui menace désormais la RN2, au sud de la coupure actuelle. En conséquence, la zone d’exclusion et le périmètre de sécurité sont étendus et les barrière de protection ont été reculées du côté de Saint Philippe. .

Crédit photo: OVPF

Cette nouvelle coulée pourrait traverser la RN2 à très court terme. Attention ! Les personnes ayant franchi les barrières de sécurité s’exposent à un risque immédiat d’encerclement, notamment dans la zone forestière située entre les deux bras de lave.

Par ailleurs, une vigilance fortes pluies et orages est en cours. Les conditions météorologiques dégradées compliquent fortement la surveillance par moyens aériens. Le préfet de La Réunion en appelle à la plus grande responsabilité. L’accès est strictement limité jusqu’à la zone d’exclusion. Toute sortie de ce périmètre expose directement à un danger grave, voire mortel !

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1er avril 2026 – 20 heures, heure métropole – 22 heures, heure locale : C’est à 21h25 (heure locale) que la RN2 a de nouveau été coupée par la lave, environ 300m plus au sud du précédent point de coupure.

Crédit photo: Gendarmerie

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Le 2 avril 2026 au matin, l’OVPF écrit : « De nouveaux petits bras de coulée atteignent la RN2, et d’autres sont à moins de 10 mètres de la route. »

Source: OVPF

Selon les dernières analyses, la lave émise actuellement proviendrait de l’ancienne réserve de magma. Comme je le supposais au début de la deuxième phase de cette éruptio, il s’agirait donc bien de l’évacuation d’un magma résiduel dans la chambre magmatique superficielle.

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April 1, 2026, 4 p.m. Paris time – 6 p.m. local time : In a bulletin issued on the afternoon of April 1, 2026 (local time), the OVPF indicated that eruptive activity continued at Piton de la Fournaise and that the southernmost lava flow remained active.

A resurgence has released a secondary flow that now threatens the RN2 highway, south of the current closure. Consequently, the exclusion zone and safety perimeter have been extended, and the protective barriers have been moved back towards Saint-Philippe.
This new lava flow could cross the RN2 very soon. Warning! Anyone who has crossed the safety barriers is at immediate risk of being surrounded, particularly in the forested area located between the two lava flows.
Furthermore, a heavy rain and thunderstorm warning is in effect. The poor weather conditions are severely hindering aerial surveillance. The Préfet of Réunion calls for the utmost responsibility. Access is strictly limited to the exclusion zone. Leaving this perimeter would expose visitors directly to serious, even fatal, danger!

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April 1st, 2026 – 8 p.m. Paris time – 10 p.m. local time : At 9:25 p.m. (local time), the RN2 highway was again cut off by lava, about 300m further south of the previous point of cut-off.

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On the morning of April 2, 2026, the OVPF wrote: « New small lava flows are reaching the RN2, and others are less than 10 meters from the road. »

The lava temperature on the RN2 is 1171°C, still very hot after traveling in tunnels. According to the latest analyses, the lava currently being emitted originates from the old magma reservoir. As I suspected at the beginning of the second phase of this eruption, it seems to be residual magma from the shallow magma chamber.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Nouvelles restrictions autour du site éruptif

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’entrée de la lave dans la mer génère des risques pouvant être mortels et dont les visiteurs prennent rarement conscience. À la Réunion, le comportement du public est de plus en plus pointé du doigt. Le sauvetage récent de dix personnes égarées dans le secteur de Sainte-Rose illustre ce décalage entre la réalité du terrain et l’impréparation des visiteurs.

Face à la multiplication des comportements à risque, la préfecture a décidé de renforcer les mesures de contrôle.

En particulier, le stationnement sera strictement limité au côté montagne de la chaussée et sévèrement contrôlé par les forces de l’ordre.

Pour canaliser la foule, des points d’information sont installés aux entrées du Grand Brûlé. L’objectif est de rappeler aux spectateurs les secteurs autorisés et ceux qui sont interdits, ainsi que les dangers que l’Observatoire ne cesse de rappeler. .

Selon le site Réunion la 1ère, la menace d’une évacuation forcée plane désormais sur le site. Les autorités préviennent qu’en cas de changement météo brusque ou d’aggravation des risques volcaniques, le système FR-Alert sera utilisé. Ce dispositif permet d’envoyer une notification prioritaire sur tous les téléphones portables présents dans la zone pour ordonner un départ immédiat.

Source: Réunion la 1ère.

Certains vont bien sûr dire que ces mesures sont une atteinte à la liberté, mais elles sont avant tout destinées à protéger le public. Si rien n’est fait, i y aura un ou plusieurs morts un de ces jours. Mais de toute façon, ce sera la faute du Préfet qui n’aura pas fait le nécessaire!

La plateforme de lave, un endroit particulièrement dangereux (Crédit photo: OVPF)

Éruption du Piton de la Fournaise : informations pratiques

L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) continue. Voir les dernières informations dans ma note précédente.

D’un point de vue pratique, il est utile d’indiquer aux visiteurs potentiels de l’éruption qu’elle n’est pas visible depuis le pas de Bellecombe où l’accès à l’Enclos est formellement interdit. Elle est actuellement visible depuis le Piton de Bert, et nécessite environ une heure de marche aller et autant pour le retour.

Afin de permettre un accès du public à la zone dans les meilleures conditions de sécurité, et éviter la situation chaotique du mois de janvier, le préfet a décidé de la mise en place d’un dispositif de gestion de la circulation et du stationnement encadré, par la gendarmerie nationale en lien avec la commune du Tampon.

À ce titre, le stationnement sur la route forestière n°5 du Volcan sera toléré sur un seul côté sous le contrôle des forces de l’ordre, afin de permettre le maintien d’un axe d’évacuation des véhicules et le passage des véhicules de secours.

Le préfet appelle les visiteurs à respecter la signalisation, les consignes des forces de l’ordre et à ne pas stationner en dehors des zones tolérées.

Source : Préfecture de la Réunion.

Image webcam de l’éruption

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Ce soir (20 heures, heure locale), les images de la webcam du Piton de Bert montre que l’éruption continue et que la fissure 4 est encore bien active.

On peut voir plusieurs photos et vidéos de l’éruption sur le site web de Réunion la 1ère.

https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/photos-et-videos-piton-de-la-fournaise-l-eruption-du-volcan-se-poursuit-principalement-sur-une-fissure-active-1671486.html

 

 

Projet de prospection géothermique sur la Montagne Pelée (Martinique)

À la Martinique, un projet de prospection géothermique sur la Montagne Pelée, volcan actif et classé par l’UNESCO, ravive les tensions entre partisans de la transition énergétique et défenseurs de l’environnement.

La géothermie est présentée par les autorités gouvernementales comme une piste d’avenir pour réduire la dépendance énergétique de la Martinique et accélérer la transition vers des énergies renouvelables. Dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la Martinique, la géothermie est identifiée comme une ressource stratégique depuis plusieurs années. Pour le préfet, cette orientation s’inscrit dans la continuité d’une politique de décarbonation. Le représentant de l’État précise toutefois que le projet n’en est qu’à la phase d’étude, avec des permis de recherche, pour savoir s’il y a du potentiel.

Sur son compte Facebook, l’ASSAUPAMAR (ASsociation pour la SAUvegarde du PAtrimoine MARtiniquais) conteste fermement la manière dont la procédure est conduite et alerte sur une demande de permis exclusif de recherches géothermiques déposée par la société CARIGEN SAS, créée en mars 2024 à Ducos. Selon l’association, un avis officiel a été publié au Journal officiel le 29 juin 2024. Il signale la demande de CARIGEN pour un permis couvrant 147 km² sur cinq ans. Selon l’ASSAUPAMAR, cette demande intervient avant même la finalisation du nouveau PPE 2024-2033, dont la révision est toujours en cours, et avant l’avis environnemental obligatoire de la MRAe (Mission régionale d’autorité environnementale). Selon l’association martiniquaise, il s’agirait de « créer le fait accompli avant le débat public. »

La commune du Morne-Rouge s’est dite favorable de principe à la géothermie tout en posant plusieurs conditions : respect du Plan Local d’Urbanisme (PLU), préservation des zones naturelles et agricoles, compatibilité avec le site UNESCO, et protection des nappes phréatiques.

De son côté, le député de Martinique se montre beaucoup moins favorable au projet de prospection géothermique. Il critique la réponse du préfet, qu’il juge « purement technico-administrative » et contraire au principe de précaution. Tout en affirmant son soutien aux objectifs de décarbonation, le député dénonce des projets dictés par des intérêts économiques extérieurs, au détriment de l’environnement local. Il a saisi le gouvernement par une question écrite pour demander la suspension immédiate de toute activité de prospection géothermique sur et autour de la Montagne Pelée, et la nomination d’un collège d’experts indépendants pour évaluer les impacts réels de ces opérations.

Alors que la procédure de permis suit son cours administratif, la méfiance demeure forte parmi les défenseurs de l’environnement, qui réclament davantage de transparence et une véritable concertation.

Source : Martinique la 1ère.

Photos: C. Grandpey