Découverte exceptionnelle à Pompéi (Italie) // Exceptional discovery at Pompeii (Italy)

Au cours des dernières années, les archéologues ont fait des découvertes très intéressantes à Pompéi. J’ai déjà mentionné certaines d’entre elles sur ce blog. Ils ont récemment découvert un somptueux ensemble de bains privé, le plus grand jamais découvert sur le site, avec des salles chaudes, tièdes et froides, ornées de très belles œuvres d’art, ainsi qu’un immense bassin de plongée. Ce complexe de type spa se trouve au cœur d’une grande résidence découverte au cours des deux dernières années lors d’une importante campagne de fouilles.

Vestiaire de l’ensemble de bains

L’analyse de deux squelettes découverts dans la maison montre également l’horreur à laquelle ont été confrontés les habitants de Pompéi lors de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Les corps appartenaient à une femme qui serrait dans ses mains des bijoux et des pièces de monnaie, et à un homme plus jeune. Ils s’étaient barricadés dans une petite pièce, mais ont été tués par une coulée pyroclastique qui a déferlé sur la ville.
Un tiers de Pompéi est toujours enfoui sous les matériaux volcaniques, mais les dernières fouilles offrent de nouvelles perspectives sur la vie romaine. Un bloc entier de la ville antique a maintenant été mis au jour, révélant une blanchisserie et une boulangerie, ainsi que la grande maison et son ensemble de bains. On pense que ces bains appartenaient tous à un citoyen riche, peut-être un homme politique influent de Pompéi. La découverte des bains est la confirmation de son statut d’élite.
D’autres pièces ont été découvertes dans cette maison extraordinaire. Une immense salle de banquet aux murs d’un noir de jais et aux œuvres d’art époustouflantes illustrant des scènes classiques a été découverte en 2024. Une pièce plus petite et plus intime, peinte en bleu pâle, où les habitants de la maison allaient prier les dieux a également été mise au jour.

À côté de ce bel espace, dans une pièce exiguë et sobrement décorée, les archéologues ont découvert les restes de deux Pompéiens qui n’ont pas réussi à échapper à l’éruption. Le squelette d’une femme a été retrouvé sur un lit, en position fœtale. Le corps d’un homme se trouvait dans le coin de cette petite pièce. La coulée pyroclastique en provenance du Vésuve a parcouru la rue juste à l’extérieur de cette pièce et a provoqué l’effondrement d’un mur qui a probablement écrasé l’homme et causé sa mort. L’analyse du squelette de l’homme montre que malgré son jeune âge, ses os présentaient des signes d’usure. Il était probablement de statut inférieur, peut-être même esclave. La femme était plus âgée, mais ses os et ses dents étaient en bon état. Elle appartenait donc à un statut supérieur.

Photos : Parco Archeologico di Pompeii

 Selon un archéologue de Pompéi, le complexe de bains privés est « une découverte extraordinaire », qui met également en lumière un côté plus sombre de la vie romaine. Juste derrière la salle chaude se trouve une chaufferie. Un tuyau amenait l’eau depuis la rue et le reste était chauffé dans une chaudière en plomb destinée à la salle chaude. Avec le foyer sous la chaudière, la chaleur dans cette pièce devait être insupportable pour les esclaves qui devaient faire fonctionner tout le système. Cela montre le contraste entre la vie des esclaves et celle des riches, la différence entre la vie somptueuse dans les bains et l’atmosphère dans la salle des fourneaux où les esclaves alimentaient le feu toute la journée.
Comme l’a dit le directeur des fouilles, « chaque jour à Pompéi est une surprise ».
Source : BBC News via Yahoo News.

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Over the past years, very interesting discoveries have been made by archaeologists at Pompeii. I have already mentioned some of them on this blog. They have recently discovered a sumptuous private bathhouse, the largest ever found on the site, complete with hot, warm and cold rooms, very beautiful artwork, and a huge plunge pool. The spa-like complex sits at the heart of a grand residence uncovered over the last two years during a major excavation.

Analysis of two skeletons discovered in the house also shows the horror faced by Pompeii’s inhabitants when Mount Vesuvius erupted in AD79. The bodies belonged to a woman who was clutching jewellery and coins, and a younger man. They had barricaded themselves into a small room, but were killed as a pyroclastic flow rushed through the town.

A third of Pompeii still lies hidden beneath volcanic debris from the disaster, but the new excavation provides new insights into ancient Roman life. An entire block of the ancient town has now been uncovered, revealing a laundry and bakery, as well as the large private house. It’s thought these were all owned by one wealthy individual, possibly an influential Pompeii politician.The discovery of the bathhouse is further confirmation of his elite status.

The bathhouse is the latest find to emerge from this extraordinary house. A huge banqueting room with jet black walls and breathtaking artwork of classical scenes was found in 2024. A smaller, more intimate room, painted in pale blue, where residents of the house would go and pray to the gods was also unearthed.

Next door to this beautiful space, in a cramped room with barely any decoration, archaeologists discovered the remains of two Pompeiians who failed to escape from the eruption.The skeleton of a woman was found lying on top of a bed, curled up in a foetal position. The body of a man was in the corner of this small room. The pyroclastic flow from Vesuvius came along the street just outside this room, and caused a wall to collapse, and probably crushed the man to death. Analysis of the male skeleton showed that despite his young age, his bones had signs of wear and tear, suggesting he was of lower status, possibly even a slave. The woman was older, but her bones and teeth were in good condition.

According to an archaeologist at Pompeii, the private bathhouse complex is « a once-in-a-century discovery », which also sheds more light on a darker side of Roman life. Just behind the hot room is a boiler room. A pipe brought water in from the street and the rest was heated in a lead boiler destined for the hot room. With a furnace sitting beneath, the conditions in this room were probably unbearably hot for the slaves who had to keep the whole system going. This shows the stark contrast between the lives of the slaves and the very, very rich : the difference between the sumptuous life of the bathhouse, compared to the furnace room, where the slaves would be feeding the fire toiling all day.

As the director of the excavation said, « every day in Pompeii is a surprise. »

Source : BBC News via Yahoo News.

Champs Phlégréens (Campanie / Italie) : rien d’alarmant en ce moment // Phlegraean Fields (Campania / Italy) : nothing alarming at the moment

En Italie, la Campanie est une destination touristique très populaire, en particulier au printemps, saison où il ne fait pas trop chaud et où on peut gravir tranquillement les pentes du Vésuve et déambuler agréablement dans les rues de Pompéi. Si les visiteurs potentiels ne semblent pas préoccupés par les colères du Vésuve, ils hésitent à se rendre à Pouzzoles car les médias ont indiqué que la région des Champs Phlégréens – où se trouve cette localité -pourrait un jour exploser comme une cocotte-minute incapable de résister à la pression du magma qui frémit dans les profondeurs.

La presse s’est largement fait écho d’un essaim sismique qui a secoué les Champs Phlégréens le 26 septembre 2023, avec certaines secousses de magnitude jusqu’à M 4,2. Un nouvel essaim sismique a été enregistré dans la zone des Campi Flegrei le 18 mai 2024. avec 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8. En octobre 2023, le gouvernement italien a décidé de rassurer la population et de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité dans les villes et villages de cette région, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.
En 2023, les scientifiques ont attribué la hausse de l’activité sismique au bradyséisme. Ce phénomène bien connu se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Des preuves de l’activité bradysismique sont visibles sur le temple de Sérapis à Pouzzoles. Les coquillages incrustés sur les colonnes montrent que dans le passé la mer recouvrait le site.

Photo: C. Grandpey

Le site web de la Protection Civile à Pouzzoles fournit une foule d’explications sur le volcanisme dans la région et sur la conduite à tenir en cas d’éruption ou de séisme. Des plans d’évacuation sont présentés, mais il y aura forcément un fossé entre la théorie et la pratique en cas d’éruption. La population n’a jamais été entraînée à évacuer la région avec ses bourgades aux ruelles étroites et sa population pas toujours disciplinée…

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Les derniers rapports scientifiques de l’INGV montrent que la situation volcanique dans les Champs Phlégréens est stable et qu’elle ne présente rien d’inquiétant. Les touristes peuvent donc visiter la Campanie sans avoir peur que le ciel leur tombe sur la tête. À noter que la visite de la Solfatara reste interdite depuis l’accident qui a coûté la vie à un jeune garçon et ses parents en septembre 2017, faute d’avoir respecté les protections installées sur le site.

Le dernier rapport de l’INGV diffusé début décembre 2024 indique que 42 séismes de magnitude maximale M2,2±0,3 ont été localisés, ce qui correspond à la tendance habituelle.
S’agissant de la déformation du sol, depuis début août 2024 la valeur moyenne de la vitesse de soulèvement dans la zone de déformation maximale est d’environ 10 ± 3 mm par mois à la station RITE de Rione Terra. Le soulèvement du sol est d’environ 17,5 cm depuis janvier 2024. La région de Pouzzoles est donc soumise actuellement à une phase bradysismique ascendante.
L’INGV n’observe pas de variations significatives dans les paramètres géochimiques. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C. Les émissions de CO2 ne montrent aucun changement significatif par rapport aux périodes précédentes
Dans la conclusion de son rapport, l’INGV indique qu’il ne faut pas s’attendre à une évolution significative de la situation dans le court terme. Pour le long terme, c’est une autre histoire ; nous ne savons pas prévoir les éruptions et encore moins les séismes.

Déformation Pouzzoles

Graphiques montrant la déformation du sol dans les Champs Phlégréens (Source : INGV)

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Dernière minute : Un nouvel essaim sismique, d’une durée d’environ 11 heures, a commencé dans les Champs Phlégréens à 04h33 UTC le 6 décembre 2024. L’INGV a signalé une série préliminaire de 26 événements, la plupart d’une magnitude inférieure à 1,0. Le plus significatif avait une magnitude de M3,4. De légères secousses ont été signalées par au moins 72 habitants.
Comme je l’ai déjà écrit, de tels événements sont courants dans les Champs Phlégréens en raison de la structure géologique et du volcanisme de la région, qui est étroitement surveillée. Donc, rien de vraiment alarmant.

Sismicité dans les Champs Phlégréens entre janvier et décembre 2024 (Source: INGV)

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In Italy, Campania is a very popular tourist destination, especially in spring, when it is not too hot and you can calmly climb the slopes of Vesuvius and stroll pleasantly through the streets of Pompeii. If potential visitors do not seem concerned about a possible eruption of Vesuvius, they hesitate to go to Pozzuoli because the media have indicated that the Phlegraean Fields region, where this town is located, could one day explode like a pressure cooker unable to withstand the pressure of the magma simmering in the depths.
The press has widely echoed a seismic swarm that shook the Phlegraean Fields on September 26th, 2023, with some tremors of magnitude up to M 4.2. A new seismic swarm was recorded in the Campi Flegrei area on 18 May 2024. with 16 events with a magnitude of up to M 2.8. In October 2023, the Italian government decided to reassure the population and take a series of new measures to ensure safety in the towns and villages of this region, including assessments of the solidity of buildings.
In 2023, scientists attributed the increase in seismic activity to bradyseism. This phenomenon is characterized by a cyclical rise or fall of the Earth’s surface due to the filling or emptying of magma chambers beneath the region. Evidence of bradyseismic activity can be seen on the Temple of Serapis in Pozzuoli. The shells embedded on the columns show that in the past the sea covered the site.

The website of the Civil Protection in Pozzuoli provides a wealth of explanations on volcanism in the region and on what to do in the event of an eruption or earthquake. Evacuation plans are presented, but there will inevitably be a gap between theory and practice in the event of an eruption. The population has never been trained to evacuate the region with its small towns with narrow streets and its not always disciplined population…
https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

The latest scientific reports from the INGV show that the volcanic situation in the Phlegraean Fields is stable and does not present any cause for concern. Tourists can therefore visit Campania without fear of the sky falling on their heads. It should be noted that visits to the Solfatara have remained prohibited since the accident that cost the lives of a young boy and his parents in September 2017, due to failure to respect the protections installed on the site.
The latest INGV report released in early December 2024 indicates that 42 earthquakes with a maximum magnitude of M2.2±0.3 have been located, which corresponds to the usual trend.
Regarding ground deformation, since the beginning of August 2024 the average value of the uplift speed in the maximum deformation zone has been approximately 10 ± 3 mm per month at the RITE station in Rione Terra. The ground uplift has been about 17.5 cm since January 2024. The Pozzuoli region is therefore currently subject to an ascending bradyseismic phase.
The INGV does not observe any significant variations in the geochemical parameters. The temperature sensor installed near the Pisciarelli fumarole shows an average value of about 97 °C. CO2 emissions do not show any significant change compared to previous periods
In the conclusion of its report, the INGV states that no significant change in the situation is to be expected in the short term. For the long term, it is a different story; we are not yet able to predict eruptions and even less the earthquakes.

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Last minute: A new seismic swarm, lasting about 11 hours, began in Campi Flegrei at 04:33 UTC on December 6th, 2024. INGV reported a preliminary number of 26 earthquakes, with most of them under M1.0 and the strongest registered as M3.4. Light shaking was reported by at least 72 residents.

As I put it before,such events are common in the Campi Flegrei because of the geology and volcanism in the area which is closely monitored. Nothing really alarming.

L’ADN rétablit des vérités sur Pompéi (Italie) // DNA restores truths about Pompeii (Italy)

Lorsque le Vésuve est entré en éruption en 79 après J.-C., la plupart des habitants de Pompéi ont péri. Les cendres et la pierre ponce ont recouvert la cité romaine et ses habitants, préservant des scènes de la vie quotidienne comme dans une capsule temporelle.
Les premières fouilles ont commencé en 1748, mais ce n’est qu’en 1863 que l’archéologue Giuseppe Fiorelli a mis au point une méthode permettant de réaliser des moulages en plâtre de certaines des victimes de Pompéi. Les tissus mous des corps enfermés dans la cendre s’étaient décomposés au fil du temps ; alors Fiorelli a versé du plâtre liquide dans certains contours laissés par les corps et a ainsi pu préserver les formes de 104 personnes.

Moulages dans le Jardin des Fugitifs (Photo : C. Grandpey)

L’imagination a ensuite fait son œuvre et on a essayé de comprendre ce que faisaient les habitants en fonction du positionnement de certains corps, par exemple un adulte portant un bracelet qui tenait un enfant ; on a supposé qu’il s’agissait de la mère de l’enfant. De même, on a pensé qu’il s’agissait de sœurs lors de la découverte d’un groupe de corps.
Aujourd’hui, grâce à des techniques modernes, des chercheurs des universités d’Harvard (États-Unis) et Florence ‘Italie) ont pu récupérer des fragments d’os dans le plâtre et en ont séquencé l’ADN. C’est ainsi qu’ils ont découvert qu’aucune de ces hypothèses n’était vraie. Les résultats des travaux, publiés début novembre dans la revue Current Biology, remettent en question les hypothèses admises jusqu’à présent sur le genre et la famille.
En 2015, le Parc archéologique de Pompéi a commencé à travailler sur 86 des 104 moulages réalisés à l’origine par Fiorelli. Des radiographies et des tomodensitogrammes ont montré qu’aucun des moulages ne contenait de squelette complet, mais que subsistaient des fragments d’os dans bon nombre d’entre eux.
Le Parc archéologique a invité les auteurs de l’étude publiée dans Current Biology à rechercher les fragments d’os et les dents encore accessibles dans les moulages. Les scientifiques du Parc et les auteurs de l’étude travaillent aujourd’hui sur un projet plus vaste visant à mieux comprendre la diversité génétique présente à Pompéi pendant l’Empire romain.
Certains os qui avaient été mélangés directement au plâtre des moulages sont extrêmement fragiles. Toutefois, l’équipe scientifique a pu extraire et analyser l’ADN de plusieurs fragments retrouvés dans différents sites, notamment la Maison du Bracelet d’Or, la Maison du Cryptoportique et la Villa des Mystères.

La Maison du Bracelet d’Or, une structure en terrasse décorée de fresques colorées, doit son nom à un adulte portant un bracelet, avec un enfant à califourchon sur ses genoux. À côté d’eux se trouvait un autre adulte, présumé être le père de l’enfant. Tous trois ont été retrouvés au pied d’un escalier qui menait à un jardin, tandis qu’un deuxième enfant a été découvert à quelques mètres de là, peut-être séparé des autres alors qu’ils tentaient de s’échapper vers le jardin.
On pense que les deux adultes et l’un des enfants ont été tués lorsque l’escalier s’est effondré alors qu’ils tentaient de fuir, vraisemblablement vers le port voisin.
Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que la personne portant le bracelet était la mère de l’enfant, mais l’analyse génétique a révélé qu’il s’agissait d’un homme adulte et d’un enfant sans lien de parenté. L’homme adulte avait probablement les cheveux noirs et la peau foncée.

Crédit photo : Parc archéologique

La Maison du Cryptoportique doit son nom au passage souterrain de la maison, dont les ouvertures couraient sur trois côtés du jardin de la propriété. Les murs de la maison étaient décorés de scènes inspirées de « L’Iliade » d’Homère. Bien que neuf personnes aient été retrouvées dans le jardin devant la maison, des moulages n’ont pu être réalisés que pour quatre d’entre elles. Deux corps semblaient s’embrasser, ce qui avait conduit les archéologues à émettre l’hypothèse qu’il s’agissait de deux sœurs, d’une mère et de sa fille, ou d’amantes.
La dernière analyse montre qu’un individu avait entre 14 et 19 ans au moment du décès, tandis que l’autre était un jeune adulte. Bien qu’il n’ait pas été possible de définir le sexe de l’un d’eux, l’autre a été génétiquement classé comme étant de sexe masculin.

 

Crédit photo : Parc archéologique

La Villa des Mystères doit son nom à une série de fresques datant du premier siècle avant J.-C. Elles représentent un rituel dédié à Bacchus, le dieu du vin, de la fertilité et de l’extase religieuse. La villa comprenait son propre pressoir à vin, ce qui était fréquent chez les familles riches de l’époque.
Plusieurs personnes ont été retrouvées dans la maison, et il est évident qu’elles sont mortes à différents moments de l’éruption. Les corps de deux adultes, probablement des femmes, et d’un enfant ont été découverts là où ils sont tombés au rez-de-chaussée de la maison, tandis que six autres restes ont été trouvés dans des dépôts de cendres superposés dans la même maison, ce qui laisse supposer qu’ils ont survécu à la première vague de l’éruption, avant de mourir plus tard.
Une personne a été retrouvée seule dans une pièce avec un fouet et cinq pièces de bronze. Elle portait une bague en fer où était gravée une figurine féminine. À proximité se trouvait un homme mince et mesurant environ 1,85 mètre.D’après les traces de ses vêtements, on a la confirmation qu’il était probablement le gardien de la villa avec un grand sens du devoir. En effet, il est resté à son poste jusqu’à la fin.

 

Photo : C. Grandpey

Les données génétiques recueillies ont aussi révélé que Pompéi était une ville cosmopolite peuplée de personnes d’origines diverses. Beaucoup d’entre elles, comme les 14 individus analysés dans l’étude, descendaient de migrants arrivés récemment de l’est de la Méditerranée, ce qui reflète des schémas plus larges de mobilité et d’échanges culturels dans l’Empire romain.
À l’époque, l’Empire romain s’étendait de la Grande-Bretagne à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et Pompéi était située à côté de l’un des ports les plus fréquentés du monde antique, où les navires arrivaient régulièrement d’Alexandrie en Égypte. En outre, cette partie du sud de l’Italie avait une histoire de connexions internationales encore plus longue. En effet, les premières colonies grecques dans la baie de Naples remontent à plus de 800 ans avant l’éruption du Vésuve. Il est donc logique que l’origine et l’apparence de la population reflètent cette histoire cosmopolite.
Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.

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When Mount Vesuvius erupted in AD 79, it killed most of the city’s population. Ash and pumice covered Pompeii and its residents, preserving scenes of the victims of the city’s destruction like a time capsule.

Excavations first began to unearth the forgotten city in 1748, but it wasn’t until 1863 that archaeologist Giuseppe Fiorelli developed a method to make plaster casts of some of the Pompeii victims. The soft tissue of the bodies encased in ash had decomposed over time, so Fiorelli poured liquid chalk into some of the outlines left behind by the bodies to preserve the shapes of 104 people.

Narratives formed based on the positioning of some of the remains, including those of an adult wearing a bracelet who was holding a child and thought to be the child’s mother. Similarly, a group of bodies found together were suspected of being sisters.

Today, using modern techniques to restore some of the casts, researchers from the universities of Harvard (USA) and Florence (Italy) retrieved bone fragments from within the plaster and sequenced DNA from them, discovering that none of those assumptions were true. The discoveries, published early November in the journal Current Biology, challenge traditional gender and familial assumptions.

In 2015, the Archaeological Park of Pompeii began efforts to restore 86 of the 104 casts originally made by Fiorelli. X-rays and CT scans showed that while none of the casts contained complete skeletons, bone fragments were within many of them.

The Archaeological Park of Pompeii invited the study team to research the bone fragments and teeth that were accessible due to earlier damage to the casts. Together, park scientists and the study authors are working on a larger project to better understand the genetic diversity present in Pompeii during the Roman Empire.

Some bones were mixed directly in with plaster used in the casts and incredibly fragile, but the team was able to extract and analyze DNA from multiple fragments. The remains studied had been found at different sites including the House of the Golden Bracelet, the House of the Cryptoporticus and the Villa of the Mysteries.

The House of the Golden Bracelet, a terraced structure decorated with colorful frescoes, was named for an adult found wearing the item and with a child astride on their hip. Next to them was another adult, presumed to be the child’s father. All three were found at the foot of a staircase that led out to a garden, while a second child was discovered a few meters away, possibly separated from the rest as they tried to escape to the garden.

It is believed the two adults and one of the children were killed when the staircase collapsed as they tried to flee, presumably to the nearby port.

Traditionally, researchers assumed the bracelet-wearing person to be the child’s mother. But the genetic analysis revealed the pair to be an unrelated adult male and child. The adult male likely had black hair and dark skin.

The House of the Cryptoporticus was named for the home’s underground passageway with openings that ran along three sides of the property’s garden. The home’s walls were decorated with scenes inspired by Homer’s “The Iliad.” While nine people were found in the garden in front of the home, casts could only be made for four of them. Two bodies appeared to be embracing, leading archaeologists to hypothesize that they were two sisters, a mother and daughter, or lovers.

The new analysis showed that one individual was 14 to 19 years old at the time of death, while the other was a young adult. While sex estimation wasn’t possible for one of them, the other was genetically classified as a male.

The Villa of the Mysteries gets its name from a series of frescoes, dating back to the first century BC, that depict a ritual dedicated to Bacchus, the god of wine, fertility and religious ecstasy. The villa included its own winepress, common for wealthy families at the time.

Multiple people were found in the house, and it was clear they died during different points of the eruption. The bodies of two adults, thought to be women, and a child were discovered where they fell on the home’s lower floor, while six more sets of remains ended up in overlaying ash deposits in the same home, suggesting they survived the first wave of the eruption, only to die later.

One person was found alone in a room with a whip and five bronze coins and wore an engraved iron ring bearing a female figurine. The man was thin and about 1.85 meters tall, and based on the traces of his clothes, he was likely the villa’s custodian who remained at his post until the end.

The genetic data collected during the research revealed that Pompeii was a cosmopolitan city full of people with diverse backgrounds. Many descended from recent immigrants to Pompeii from the eastern Mediterranean, which reflects broader patterns of mobility and cultural exchange in the Roman Empire.

At the time, the Roman Empire extended from Britain to North Africa and the Middle East, while Pompeii was located next to one of the ancient world’s busiest ports, where ships regularly arrived from Alexandria in Egypt. Besides, this part of southern Italy had an even longer history of international connections. Indeed, the first Greek settlements in the Bay of Naples go back more than 800 years before the eruption of Mount Vesuvius. So it makes sense that the background and appearance of the population would have reflected this cosmopolitan history.

Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.

Pompéi, ses nouveaux secrets

La chaîne de télévision ARTE diffusait le 28 septembre 2024 un très bon documentaire intitulé « Pompéi, ses nouveaux secrets ». Dans trois épisodes d’une cinquantaine de minutes, on voit l’avancée des fouilles dans l’Insula X du Parc archéologique. Les interventions des archéologues, anthropologues et autres spécialistes de la vie romaine sont particulièrement intéressantes. Vous pourrez visionner ce documentaire en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-025611/pompei-ses-nouveaux-secrets/

Une séquence est consacrée, entre autres, à la mise au jour d’une fresque susceptible de représenter une pizza napolitaine et à laquelle j’avais consacré une note le 29 juin 2023 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/06/29/mangeait-on-la-pizza-a-pompei-did-people-eat-pizza-in-pompeii/

Crédit photo: Parc archéologique