Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): L’éruption continue

L’éruption débutée le 15 septembre 2018 se poursuit. Le cône mentionné dans ma note précédente sur le volcan continue son édification. Il est désormais totalement fermé et surmonté par une bouche sommitale d’où s’échappent les projections de lave.
Les observations sur le terrain montrent que l’activité en tunnels de lave est désormais dominante. Les coulées s’échappent au sud du cône par un tunnel principal et ressortent par des résurgences situées à environ 150-200mètres en aval au sud du cône.

Source : OVPF.

Voici de nouvelles photos de l’éruption prises par Christian Holveck le 24 septembre.

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The eruption that started on September 15th, 2018 continues. The cone mentioned in my previous post about the volcano continues its edification. It is now completely closed with only a summit vent with lava ejections.
Field observations show that lava is lainly travelling in tunnels. Lava flows are coming out of the southern part of the cone through a main tunnel and emerge approximately 150-200 metres downslope of the cone.
Source: OVPF.
Here are new photos of the eruption taken by Christian Holveck on September 24th.

Photos: Christian Holveck

Nouvelle vue du sommet du Kilauea (Hawaii) // New view of the Kilauea summit (Hawaii)

Cette vue aérienne du sommet du Kilauea (la photo a été prise le 28 juillet au petit matin et est orientée vers le sud) montre la nouvelle morphologie du cratère de l’Halema’uma’u après les effondrements du plancher de la caldeira sommitale. Plusieurs éléments du paysage sont parfaitement visibles: La Crater Rim Drive (en bas à droite) conduit à l’Hawaiian Volcano Observatory et au Jaggar Museum (à droite, au milieu) ; ils sont perchés sur la lèvre de la caldeira et surplombent l’Halema’uma’u qui ne cesse de s’agrandir. Des fractures dans le sol, parallèles au bord du cratère, sont visibles dans la partie nord de l’Halema’uma’u (côté gauche de l’image). Le South Sulphur Bank se distingue par sa couleur plus claire sur la paroi opposée du cratère.

Vous obtiendrez une photo plus grande en cliquant sur ce lien :
http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2018/07/usgs-july-29f.jpg

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This aerial view of Kilauea’s summit (taken on July 28th in the early morning, looking south) shows the new morphology of Halema’uma’u Crater after the collapses of the summit caldera floor. Several features are clearly visible: Crater Rim Drive (lower right) leads to the USGS Hawaiian Volcano Observatory and NPS Jaggar Museum (right, middle), perched on the caldera rim and overlooking the growing Halema‘uma‘u. Ground cracks, parallel to the crater rim, are visible on the north side of Halema‘uma‘u (left side of image). South Sulphur Bank stands out as the light-coloured area on the opposite crater wall.

You will get a larger image by clicking on this link:

http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2018/07/usgs-july-29f.jpg

Crédit photo: USGS

Quand l’image traduit l’émotion….

Au mois de décembre 2017, le magazine Chasseur d’Images a sorti son n°400, événement tout à fait remarquable au moment où la presse et l’édition connaissent pas mal de difficultés. La rédaction avait décidé de consacrer dans ce numéro un chapitre aux photos qui avaient marqué ses lecteurs photographes. J’avais proposé l’une des miennes montrant un porteur de soufre sur le volcan Kawah Ijen sur l’île de Java en Indonésie. J’ai eu le plaisir de constater qu’elle a été retenue pour publication, même si mon nom a été écorché !

Le cliché remonte aux années 1990, époque où le volcan n’était pas encore assailli par des hordes de touristes. Il a été réalisé avec un film argentique Fuji Velvia 50. C’est une diapositive que j’ai scannée par la suite afin de la sauvegarder et la conserver plus longtemps. Le regard du porteur de soufre a séduit plusieurs organisateurs de concours et j’ai raconté l’histoire de cette photo dans mon livre Volcanecdotes (Ed. Un Autre Regard) aujourd’hui épuisé. Je vous en livre ici un extrait…

     Une fois les mesures [de températures des évents de soufre] terminées et prélevé un échantillon d’eau du lac, je décidai de commencer à gravir seul le sentier qui permet de rejoindre la lèvre du cratère. En procédant de la sorte, je pourrais choisir des endroits adéquats pour fixer sur la pellicule quelques uns des « forçats du soufre ».  C’est ainsi que j’emboîtai le pas à un porteur dont les pieds étaient enrubannés de chiffons en guise de chaussures. Au bout de quelques dizaines de mètres d’ascension, je perçus le souffle rauque de sa respiration. Il n’était point besoin de stéthoscope pour se rendre compte que ses poumons étaient brûlés par les gaz où se mélangent acides chlorhydrique et sulfurique. Lui aussi allait disparaître jeune, comme la plupart de ces ouvriers dont le confortable salaire a pour  contrepartie une mort précoce.

      Je laissai cet homme poursuivre l’ascension qu’il ponctuait de pauses fréquentes afin de reprendre son souffle. Je choisis un premier poste de prises de vue dans l’un des nombreux lacets du sentier. J’avais le cratère et le lac d’acide couleur turquoise en arrière-plan. Avec le bleu du ciel et une bonne lumière, je pus réaliser plusieurs clichés intéressants. Au bout de quelques minutes de prises de vues, je décidai de continuer à grimper et j’optai pour un endroit où la lumière était plus douce et l’arrière-plan plus neutre, avec en prime des volutes de nuages de gaz ; un endroit idéal pour faire des portraits. Je fixai deux ou trois porteurs sur la pellicule, leur tendant ensuite la kretek (cigarette locale) qu’ils m’avaient demandée. Comment des hommes qui travaillent dans un univers aussi nocif peuvent-ils éprouver du plaisir à s’encrasser davantage les poumons avec des cigarettes, aussi parfumées soient-elles ? 

      C’est alors qu’il apparut. Il avançait d’un pas lent, fatigué par la lourde charge qu’il tenait en équilibre sur son épaule. Il fit quelques pas sur le sentier, parallèlement au lac, puis aborda la boucle qui le ferait se diriger vers moi. A ce moment-là, il s’arrêta et me regarda, surpris semble-t-il de trouver quelqu’un à cet endroit, de surcroît un photographe. J’avais préparé l’angle et les paramètres de prise de vue depuis plusieurs secondes et je n’eus qu’à appuyer sur le déclencheur lorsqu’il cessa d’avancer. J’avais choisi un cadrage assez serré qui laisserait apparaître le buste et, cela va de soi, les paniers remplis de soufre.  La seule vue de son regard à travers le viseur m’indiqua que la photo ne serait pas banale. En appuyant sur le déclencheur, j’ai senti la richesse des sentiments qui émanaient de ses yeux : à la fois la fatigue, voire la douleur, engendrée par le travail, et l’obligation d’effectuer ce rude labeur probablement pour nourrir plusieurs bouches à la maison. J’avais l’impression que cet homme avait envie de me faire comprendre qu’il portait toute la misère du monde sur ses épaules. Une communication sans paroles, mais bien réelle… 

 Le porteur de soufre se trouve à la page 93 de la revue…

Images de l’iceberg géant en Antarctique // Images of the giant iceberg in Antarctica

Tout le monde se rappelle qu’en juillet 2017 l’un des plus grands icebergs jamais observés, d’une taille équivalente au département de la Lozère en France, s’est détaché de la plate-forme glaciaire Larsen C dans le nord-ouest de l’Antarctique.
L’événement, qui a eu lieu pendant la nuit de l’hiver antarctique, a été détecté à l’aide d’instruments satellitaires capables de percer l’obscurité. À l’aube du printemps austral, les scientifiques peuvent maintenant voir le nouvel iceberg à la lumière du jour.
La première photo satellite prise de jour a été diffusée par la NASA le 11 septembre, grâce au Spectroradiomètre d’imagerie – ou MODIS – embarqué sur le satellite Terra. Peu de temps après, d’autres satellites de la NASA, y compris le Landsat 8, ont obtenu de nouvelles images publiées par la NASA le 30 septembre.
Les nouvelles images montrent que l’iceberg s’est divisé en morceaux plus petits et révèlent qu’il a commencé à s’éloigner de la plate-forme glaciaire qui l’a vu naître, poussé par les vents du large. Bien que le vêlage des icebergs proprement dit soit un événement essentiellement naturel, il menace néanmoins d’accélérer la fonte de la glace dans la région, provoquée par le réchauffement climatique.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

A l’origine, l’iceberg, connu sous le nom de A-68A, avait une superficie d’environ 5 700 kilomètres carrés. À la fin du mois de juillet, il a perdu plusieurs morceaux en se déplaçant lentement dans la mer. L’un de ces morceaux est maintenant connu sous le nom de A-68B, selon le National Ice Center qui suit les déplacements des gros icebergs car ils représentent un danger pour les navires. (voir la photo ci-dessous)
Les scientifiques expliquent que de nouvelles fractures sont apparues sur la plate-forme Larsen C, ce qui pourrait annoncer de nouveaux vêlages dans les mois à venir. Celui de l’iceberg A-68A menace d’accélérer la fonte de la glace dans la région en affaiblissant la plate-forme et les glaciers derrière elle.

Comme je l’ai déjà mentionné, la fonte et la rupture de la plate-forme glaciaire n’affectent pas directement le niveau global des océans car la glace flottait déjà avant le vêlage. Cependant, lorsque des plates-formes comme Larsen C fondent, elles ne retiennent plus les glaciers terrestres derrière elles. Ils peuvent avancer plus rapidement dans la mer, ce qui contribue à faire monter le niveau des océans.

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Everybody can remember that in July 2017 one of the largest icebergs ever recorded — measuring in at about the size of Lozère in France broke off the Larsen C Ice Shelf in northwest Antarctica.

The event, which took place during the darkness of the Antarctic winter, was detected using satellite instruments that could pierce the darkness to sense the ice below. As the austral spring dawns, scientists are now able to see the new iceberg during the daytime.

The first daytime satellite photo to be released by NASA came on September 11th , via the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer, or MODIS on NASA’s Terra satellite. Soon after, other NASA satellites, including Landsat 8, captured detailed images that NASA published on September 30th.

The new data shows how the massive iceberg has split into smaller pieces and reveals that it has begun to push away from the ice shelf that birthed it, thanks to offshore winds.  While the iceberg calving event itself is likely mostly natural, it nevertheless threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region due in large part to global warming.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

In its original shape, the iceberg was about 5,700 square kilometres in area. In late July, the main iceberg, known as A-68A, lost several chunks of ice as it began to slowly drift out to sea. One of those large chunks is now known as A-68B, according to the National Ice Center, which tracks large icebergs because they pose a danger to ships. (see photo below)

Scientists reveal that new cracks are developing on the Larsen C ice shelf, potentially signalling additional breakup events in the coming months to years.

The calving of the A-68A iceberg threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region by leaving the ice shelf and the glaciers behind it in a weakened state, with new cracks that may develop additional icebergs in the future.

As I put it before, the melting of the ice shelf does not affect global sea levels directly, since the ice was already floating before the calving event. However, when ice shelves like Larsen C melt, they can free up the ice of land-based glaciers behind them to flow faster into the sea, which does raise sea levels.

Image acquise le 16 septembre 2017 par le satellite Landsat 8 (Crédit photo: NASA)