Eruption du Kilauea (Hawaii) : La Protection Civile et l’USGS informent la population // Civil Defense and USGS keep the public informed

La Protection Civile et l’USGS tiennent régulièrement la population informée de la situation sur le Kilauea. La dernière réunion était à Volcano; la prochaine a lieu aujourd’hui à Pahoa afin de préparer le public à de possibles événements majeurs. On y abordera les différents scénarios à propos d’un possible événement explosif dans le cratère de l’Halemaumau.
La réunion est prévue quelques jours après qu’une bombe volcanique ait atteint un bateau d’excursion pour touristes, près du point d’entrée de la lave dans l’océan. L’accident a blessé 23 personnes. Selon le dernier décompte, au moins 706 maisons et structures ont été détruites par l’éruption et 32 ​​kilomètres carrés ont été recouverts par la lave.
Dans le même temps, l’USGS indique que la Fracture n° 8 continue d’envoyer inlassablement de la lave en grande quantité dans le chenal qui l’achemine vers le nord-est.

À ce jour, il y a eu 52 «explosions d’effondrement» dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ces événements sont provoqués par l’affaissement du plancher de l’Halemaumau suite à l’évacuation du magma vers la Lower East Rift Zone. L’énergie ainsi libérée équivaut à des séismes de M 5.4.
Depuis le début du mois de mai, le plancher du cratère de l’Halemaumau a chuté de plus de 450 mètres, et le diamètre de la lèvre est le double de celui avant l’éruption. À l’heure actuelle, les effondrements ne concernent qu’une petite partie du plancher de la caldeira. Beaucoup de gens se demandent si on pourrait assister à un événement catastrophique de grande envergure. L’USGS pense que la probabilité est faible, mais une telle éventualité ne saurait être écartée.
Au niveau de l’entrée dans l’océan, toutes les conditions sont réunies pour que se produisent des explosions en raison du grand volume de lave qui arrive dans le Pacifique et le fait que le rivage est peu profond à Ahalanui. Chaque fois que la lave à une température de 1100 degrés rencontre de l’eau de mer froide, il en résulte une explosion avec émission de vapeur et projections de fragments de lave solidifiés ou à moitié solidifiés, avec des bombes de taille parfois respectable. En outre, le volume actuel de lave émis par la Fracture n° 8 est beaucoup plus important – de l’ordre de 50 à 100 mètres cubes par seconde – que celui que l’on observait sur la coulée 61g en 2016. A l’époque, le volume de lave émis ne dépassait pas trois à quatre mètres cubes par seconde. En outre, le relief au niveau de la côte à Kamukona était très escarpé. La lave dévalait une pente abrupte et était rapidement emportée vers les profondeurs de l’océan.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le front de coulée sud se trouve actuellement à seulement 700 mètres de la rampe pour bateaux à Isaac Hale Park. La lave continue à sortir en plusieurs endroits du front d’écoulement qui présente une largeur de 6 kilomètres.
Source: Protection Civile, USGS.

Voici une animation montrant la caldeira de l’Halema’uma’u le 13 juillet 2018:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2447.mp4

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Hawaii Civil Defense and USGS regularly keep the population informed about the situation of the Kilauea eruption. The last meeting was at Volcano; the next one is held today at Pahoa to keep everyone informed and prepared to possible major events. The various scenarios stemming from a possible explosive event at Halemaumau Crater will be presented to the public.

The meeting is scheduled just days after a lava bomb crashed into a tour boat, injuring 23, near the lava’s ocean entry point . According to the latest count, at least 706 homes and structures have been destroyed by the eruption and 32 square kilometres have been covered with lava.

Meanwhile, USGS reports that fissure 8 continues to erupt lava into the perched channel leading northeast from the event, with no end in sight going into the 11th week.

To date there have been 52 “collapse explosions,” which are events in which the floor of Halemaumau Crater collapses after magma beneath it empties into the lower East Rift Zone, resulting in an energy that goes into the ground, equalling to M 5.4 earthquakes.

Since early May the floor of Halemaumau Crater has dropped more than 450 metres, and the rim’s diameter is double its original size. Right now the collapse events involve just a small part of the caldera floor. Many people are wondering whether it could involve more of the floor and become a catastrophic event. USGS says that while the probability is low, the possibility is not zero.

At the lava flow’s ocean entry, conditions are ripe for explosions due to the large volume combined with more shallow topography at Ahalanui. Whenever 1,100-degree lava meets cool seawater, a steam explosion results, blasting fragments of solidified or semisolidified lava fragments, some of which are larger than a breadbox, up into the air. Besides, the current volume of lava flowing out of fissure 8 is much higher, at about 50 to 100 cubic metres per second, compared with the “61g flow” of 2016, where lava from Pu’u O’o pumped out about three to four cubic metres per second. In addition, the Kamukona lava ocean entry’s offshore topography was very steep. The lava entering the ocean at Kamukona hit a steep slope and was quickly carried down to deeper parts of the ocean.

As I put it in a previous post, the southern margin of the flow is currentlyjust 700 metres from the boat ramp at Isaac Hale Park. The lava continues to ooze out at several points along the 6-kilometre-wide flow front into the ocean.

Source: Civil Defense, USGS.

Here is a video showing the Halema’uma’u caldera on July 13th, 2018:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2447.mp4

Sur l’East Rift Zone, le Pu’uo’o demeure une coquille vide. L’éruption qui avait débuté le 3 janvier 1983 s’est terminée le 2 mai 2018 (Crédit photo : USGS / HVO).

L’éruption du Kilauea (suite) // The Kilauea eruption (continued)

L’éruption continue dans la Lower East Rift Zone, sans changements significatifs. Les fontaines qui jaillissent de la Fracture n° 8 continuent d’alimenter la coulée de lave qui se dirige en chenal vers l’océan avec de petits débordements de courte durée. Ces derniers s’étendent rarement au-delà du champ de lave existant. Le cône de projection de la Fracture 8 atteint maintenant 55 mètres de hauteur à son point le plus haut, et les fontaines ne dépassent que rarement ce point.
Sur la côte, des coulées s’échappent du champ de lave en plusieurs endroits dans le secteur des Kapoho Beach Lots. La lave pénètre dans la mer sur une vaste zone, principalement dans la partie nord de cette zone. Le chenal de lave s’est recouvert d’une croûte sur environ 800 mètres à l’intérieur des terres; la lave se déplace sous cette croûte avant d’entrer dans la mer.
Le sommet du Kilauea est toujours secoué par des explosions accompagnées d’effondrements. L’énergie dégagée par les événements est généralement équivalente à des séismes de M 5.3. L’affaissement de la lèvre et des parois de l’Halema’uma’u continue en relation avec la déflation de la zone sommitale.

Source: HVO.

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The eruption in the Lower East Rift Zone continues with no significant changes. Fountains from Fissure 8 continue to supply lava to the open channel with intermittent small, short-lived overflows. These overflows rarely extend beyond the existing flow field. The spatter cone is now about 55 metres tall at its highest point, and fountains only occasionally rise above that point.

At the coast, the northern margin of the flow field is still oozing fresh lava at several points in the area of Kapoho Beach Lots. Lava is entering the sea over a broad area primarily on the northern side of the entry area. The lava channel has crusted over about 800 metres inland of the ocean entry; lava is moving beneath the crust before entering the sea.
The summit of Kilauea is still shaken by collapse explosions. The energy released by the events is generally equivalent to M 5.3 earthquakes. Inward slumping of the rim and walls of Halema’uma’u continues in response to ongoing deflation at the summit.

Source: HVO.

Crédit photo: USGS / HVO

 

Lacanau (Gironde) sous la menace de l’Océan Atlantique

Il y a quelques jours, je me trouvais à Lacanau, superbe station balnéaire du littoral aquitain, bien connue des surfeurs. Le problème, c’est que la ville est sous la menace des vagues qui, au cours des tempêtes et des grandes marées viennent saper le littoral et le font reculer dangereusement. Lacanau est l’exemple parfait de la conséquence de la hausse des océans sous l’effet du réchauffement climatique. Beaucoup de scientifiques affirment que la ville est en sursis et recommandent sa relocalisation, au moins partielle, vers l’intérieur des terres.

Quand on se promène sur la magnifique plage de la station et que l’on regarde vers l’intérieur des terres, on comprend vite l’ampleur du problème (voir photos ci-dessous). Les enrochements installés le long de la promenade de bord de mer ne sont qu’une solution provisoire et il est fort à parier que les structures construites juste au-dessus ne tiendront pas le coup pendant des décennies.

En réalité, Lacanau n’est qu’un exemple car c’est tout le littoral aquitain qui est menacé par la montée des eaux. Les dunes érigées artificiellement s’érodent petit à petit, inexorablement grignotées par les vagues et ravinée par les tempêtes. Les médias montrent régulièrement l’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer qui est un symbole de cette lutte perdue d’avance de la terre contre la mer. Edifié  en 1967 à 200 mètres du trait de côte, autrement dit la limite que les eaux pouvaient atteindre, l’immeuble a été évacué en 2014. Aujourd’hui, il n’est plus qu’à 9 mètres de la mer. Malheureusement, ce n’est pas le seul endroit. A une dizaine de kilomètres de Soulac, il existe des falaises où les racines des arbres ont lâché prise et les arbres sont tombés dans la mer.

Pour faire face à l’érosion à Lacanau, les pouvoirs publics ont engagé une réflexion sur la relocalisation de 1200  logements et commerces vers l’intérieur des terres. Certaines études ont déjà apporté un commencement de réponse peu optimiste aux questions que se posent les autorités locales et les propriétaires des habitations menacées. Selon un rapport de l’Observatoire de la Côte aquitaine (OCA) réalisé en décembre 2016, l’océan avancerait sur le continent de 2,5 mètres par an en Gironde, et de 1,70 mètre dans les Landes […] En cas de grosse tempête, le recul serait de l’ordre de 20 mètres d’un seul coup ».

Un peu plus au sud, dans le secteur d’Hossegor (Landes), le propriétaire d’un hôtel s’inquiète de voir la mer envahir la terrasse devant son hôtel pendant les tempêtes et les marées de fort coefficient. Il m’a montré un blockhaus qui est arrivé dans la mer alors qu’il y a quelques années il se trouvait encore sur la terre ferme. Ce blockhaus appartient à une longue série ayant subi le même sort sur la côte atlantique.

Selon le rapport de l’OCA, « à l’horizon 2025, la superficie du littoral exposé à l’aléa d’érosion sur la côte sableuse s’élève à 10,9 km², soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km² de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football. »

Combien de temps tiendra la digue longue d’un kilomètre qui protège encore Lacanau? C’est la question que se posent les habitants de la ville et d’autres communes du littoral français.

Source : France 3, BFMTV et presse locale.

Photos: C. Grandpey

 

Eruption du Kilauea (Hawaii): Situation stable

23 heures (heure française): L’éruption se poursuit sans changements majeurs. Les fontaines de lave de la Fracture n° 8 atteignent encore une hauteur d’une soixantaine de mètres à l’intérieur du cône qui s’est formé et qui présente maintenant une hauteur d’environ 48 mètres à son point culminant. La lave de Fracture n° 8 continue de suivre un chenal bien établi qui la conduit à l’océan à Kapoho, avec de rares débordements de part et d’autre du chenal. L’entrée dans l’océan reste assez large avec une entrée principale et plusieurs entrées secondaires.
A 03h19 (heure locale) le 14 juin, une nouvelle petite explosion s’est produite au sommet du Kilauea, avec un panache qui a atteint 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cet événement et de nombreuses autres secousses moins fortes ont été ressentis à Volcano et auront sans aucun doute affaibli encore davantage les structures à l’intérieur du Parc National. L’affaissement de la lèvre et des parois de l’Halema`uma`u continue en relation avec la déflation continue du sommet.
Source: HVO.

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11 p.m. (French time): The eruption continues with no major changes. Fissure 8 lava fountains are reaching heights of 60 metres from within the growing cone which is now about 48 metres at its highest point. Lava from Fissure 8 continues to flow through the well-established channel to the ocean at Kapoho, with rare, small overflows of the channel levees. The ocean entry remains fairly broad with one main entry and several minor ones.
At 3:19 a.m. (local time) on June 14th, another small explosion occurred at Kilauea’s summit, producing a plume which rose to 1,800 metres above sea level. This event and many of its precursory earthquakes were felt widely in the Volcano area and will no doubt weaken even more the structures within the National Park.. Inward slumping of the rim and walls of Halema`uma`u continues in response to ongoing subsidence at the summit.
Source: HVO.

Source: USGS