La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

En raison du réchauffement climatique, les quelque 220 000 glaciers recensés dans le monde fondent à un rythme toujours plus rapide, que ce soit dans l’Himalaya, dans les Alpes ou en Alaska. Une étude publiée dans la revue Nature en avril 2021 nous rappelle que la fonte des glaciers contribuera à plus d’un cinquième de l’élévation du niveau de la mer au cours de ce siècle.
L’Islande est l’une des régions où le recul glaciaire est le plus spectaculaire. Cependant, l’histoire des glaciers islandais n’est pas faite que de périodes de recul.

Lorsque les premiers colons sont arrivés en Islande, les glaciers étaient beaucoup plus petits qu’aujourd’hui. On peut retracer leur croissance au cours du Petit Age glaciaire (vers 1450-1900) et leur ancienne morphologie en observant les moraines, à partir de données provenant de sédiments lacustres, mais aussi de descriptions dans les écrits du passé.
Les glaciers ont ensuite progressé, notamment aux 17ème et 18ème siècles.
Ils ont reculé légèrement au cours des premières décennies du 19ème siècle, avant de reculer légèrement puis d’avancer de nouveau. Ils ont atteint leur taille maximale vers 1890.
Après 1890, la plupart des glaciers ont commencé à battre en retraite. Ils ont reculé rapidement dans les années 1930 et 1940 et ont continué, mais plus lentement, jusqu’aux années 1960 qui ont marqué le début d’un ralentissement provisoire.
Dans les années 1970 et 1980, certains glaciers ont avancé ou sont restés stationnaires. Les glaciers émissaires* entre Skaftafell et Höfn ont reculé de 1 à 8 km, selon leur situation géographique, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’en 2017. Au total, ils ont perdu une superficie de 340 km2, et 140 km³ ou 20 % de leur volume. La perte de glace correspond à une élévation de 0,3 mm du niveau mondial de la mer. [ On appelle ‘glacier émissaire’ – outlet glacier en anglais – une langue d’ablation issue d’un inlandsis ou d’une calotte glaciaire.]

 

Skaftafell en juillet 2021

Dans une note 24 juillet 2021, j’expliquais que Solheimajökull, l’un des glaciers émissaires du Myrdalsjökull, reculait à un rythme incroyable. Il a perdu plusieurs centaines de mètres au cours des deux dernières décennies.

Myrdalsjökull en juillet 2021


Une étude publiée en mai 2021 a révélé que les glaciers islandais dans leur ensemble ont perdu environ 750 kilomètres carrés, soit sept pour cent de leur surface, depuis le début du millénaire en raison du réchauffement climatique. Ces mêmes glaciers, qui couvrent plus de 10 % de la masse continentale du pays, ont diminué en 2019 et couvrent actuellement moins de 10 400 kilomètres carrés. Depuis 1890, la superficie couverte par les glaciers islandais a diminué de près de 2 200 kilomètres carrés, soit 18 %. Il est important de noter que près d’un tiers de ce déclin s’est produit depuis 2000.

En effet, depuis 2000, les glaciers émissaires d’Islande ont reculé particulièrement vite, et leur perte de masse par unité de surface est parmi les plus élevées au monde. Ils ont perdu 15 à 50 % de leur volume de glace au cours de cette période. Selon les glaciologues, les glaciers continueront de fondre et de reculer et pourraient perdre la moitié de leur volume d’ici 2100. Après 200 ans, seules de petites calottes glaciaires subsisteront sur les plus hautes montagnes.
En 2014, les glaciologues ont dépouillé l’Okjokull de son statut de glacier après avoir constaté qu’il était constitué de glace inerte et qu’il n’avançait plus comme le font normalement les glaciers. Une plaque commémorative en lettres d’or écrite en islandais et en anglais a été inaugurée le 18 août. 2019 sur le site du glacier.


Les glaciologues ont découvert que la vitesse de fonte des glaciers islandais s’est fortement accélérée au cours de la période 2000-2019. Entre 2000 et 2004, les glaciers ont perdu 227 milliards de tonnes de glace par an. Mais entre 2015-2019, ils ont perdu en moyenne 298 milliards de tonnes chaque année.

De la même façon, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans une dizaine d’années. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. En le parcourant, on se rend vite compte d’une année sur l’autre que le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine de Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est et cet amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans.

Les statistiques révèlent que le glacier Breiðamerkurjökull perd actuellement 600 mètres par an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était autrefois à l’intérieur de la grotte est maintenant en dehors. Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était à 100 mètres à l’intérieur de la cavité se trouve maintenant à l’extérieur, à 500 mètres devant le glacier.

Lors de ma dernière visite au Vatnajökull en juillet 2021, j’ai pu me rendre compte que le glacier fondait très vite. Son front est beaucoup plus mince qu’en 2001 lorsque je l’ai observé pour la dernière fois et il vêle maintenant moins d’icebergs.

Source : Vatnajökull / Melting glaciers.

Vous verrez ci-dessous quelques photos prises en juillet 2021. Mes enfants et petits-enfants vous diront ce qui se passera dans les 50 prochaines années

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Because of global warming, all of the world’s 220,000 glaciers are melting at an ever increasing pace, whether in the Himalayas, in the Alps or in Alaska. A study published in the journal Nature in April 2021 reminds us that glacial melting will contribute to more than a fifth of global sea level rise this century.

Iceland is one of the regions where glacial retreat is the most dramatic. However, the history of Icelandic glaciers does not only consist in periods of retreat.

When the first settlers came to Iceland, the glaciers were much smaller than today. Their advance during the Little Ice Age (1450–1900 or so) and former size can be traced from their glacial moraines, or from data from lake sediments, and descriptions in written historical accounts.

The glaciers later advanced, especially during the 17th and 18th centuries.

In the first decades of the 19th century, they retreated slightly and then re-advanced. Around 1890 nearly all of them had reached their maximum size in historical times.

After 1890, most glaciers began to retreat. They receded fast in the 1930s and 1940s, and continued retreating, albeit more slowly, until the 1960s, after which the rate of retreat slowed further.

In the 1970s and 1980s some of the glaciers re-advanced or remained stationary. The outlet glaciers from Skaftafell to Höfn have retreated 1–8 km, depending on location, since the end of the 19th century until 2017. Altogether, they have lost an area of 340 km2, and 140 km³ or 20% of their volume. The ice loss corresponds to a 0.3 mm rise in global sea level.

In a post released on July 24th, 2021, I explained that Solheimajökull, one of the branches of Myrdalsjökull was melting at an incredible pace. It has retreated by several hundred metres in the past two decades.

A study published in May 2021 revealed that Iceland’s glaciers have together lost around 750 square kilometres, or seven percent of their surface, since the turn of the millennium due to global warming. Icelandic glaciers, which cover more than 10 percent of the country’s land mass, shrank in 2019 to 10,400 square kilometres. Since 1890, the land covered by glaciers has decreased by almost 2,200 square kilometres, or 18 percent. What is important to notice is that almost a third of this decline has occurred since 2000.

Indeed, since 2000, Iceland’s outlet glaciers have retreated exceptionally fast, and their mass loss per unit area is among the highest recorded in the world. Individual outlet glaciers have lost 15–50% of their ice volume during this period. According to glaciologists, the glaciers will continue to melt and retreat and could lose half of their volume by 2100. After 200 years, only small ice caps will remain on the highest mountains.

In 2014, glaciologists stripped the Okjokull glacier of its status as a glacier after determining that it was made up of dead ice and was no longer moving as glaciers do.A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English was inaugurated on August 18th, 2019 on the site of the glacier.

Glaciologists have found that the rate of glacier melt accelerated sharply durong the period 2000-2019. Between 2000 and 2004, glaciers lost 227 billion tonnes of ice per year. But between 2015-2019, they lost an average of 298 billion tonnes each year.

In the same way, the very popularJökulsarlon will probably not look the same in 10 years. To realize this, one just needs to observe the Esjufjallarönd, a moraine that runs along the Breiðamerkurjökull glacier and separates it from the Norðlingalægðarjökull, another glacial branch which ends up in the waters of the Jökulsarlon by giving birth to a crowd of small icebergs. It is easy to see that year after year that the Breiðamerkurjökull is rapidly receding under the effect of global warming. As the Norðlingalægðarjökull dumps its icebergs into the lagoon, the ice level decreases and the nearby glacier tends to move towards the depression that has been created. As a result, the Esjufjallarönd Moraine is moving steadily eastward and this debris pile is likely to reach Jökulsarlon within 3 to 5 years.

Statistics show that the Breiðamerkurjökull glacier is currently losing 600 metres per year. In one of the caves inside the glacier, the ice has receded so much that the waterfall that was once inside the cave is now outside. In another cave nearby, a large boulder that was 100 metress inside the cavity is now outside, 500 metres in front of the glacier.

During my last visit to Iceland’s Vatnajökull in July 2021, I could realise that the glacier was melting very fast. Its front is much thinner than in 2001 when I observed it for the last time and it is now calving fewer icebergs.

You’ll see below some photos taken in July 2021. My children and grandchildren will tell you what happens in the next 50 years

Source: Vatnajökull / Melting glaciers.


Carte montrant le recul du glacier Breiðamerkurjökull et l’agrandissement du lac glaciaire du Jökulsárlón. (Source: Glaciological Group of the Institute of Earth Sciences of University of Iceland)

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Photos : C. Grandpey

Fonte des glaciers et nouveaux lacs glaciaires // Glacier melting and new glacial lakes

Ce n’est pas un scoop : sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers fondent dans les Alpes, qu’elles soient françaises, suisses, autrichiennes ou italiennes. Une conséquence de cette fonte rapide est l’apparition de très nombreux lacs. En moins de deux siècles, plus de 1 000 d’entre eux sont apparus dans les anciennes régions glaciaires des Alpes suisses. Depuis la fin du petit âge glaciaire vers 1850, ce sont près de 1 200 nouveaux lacs qui ont fait leur apparition dans les montagnes de ce pays.

Ces chiffres sont issus d’un nouvel inventaire exhaustif réalisé par l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag), l’université de Zurich et l’Office fédéral de l’environnement.  La formation de ces lacs glaciaires est loin d’être inconnue. Lorsque les glaciers se retirent, ils laissent derrière eus des dépressions et des barrages naturels, des bassins qui, en se remplissant d’eau de fonte, forment de nouveaux lacs. Selon les glaciologues, ce nouvel inventaire constitue un excellent point de départ pour observer et analyser l’influence du changement climatique sur les lacs glaciaires.

Comme dans le reste des Alpes, les glaciers en Suisse fondent très vite. En 2020, ils ont perdu 2 % de leur volume, Les chercheurs expliquent que même si les promesses de l’Accord de Paris (COP 21) sont tenues, deux tiers des glaciers alpins disparaîtront. 

La rapidité de formation des nouveaux lacs est lune conséquence évidente du réchauffement climatique. Entre 2006 et 2016, en moyenne, 18 nouveaux lacs se sont formés chaque année et la zone aquatique a augmenté annuellement de plus de 400 mètres carrés. En 2016, le plus grand lac mesurait 40 hectares, même si l’essentiel des plans d’eau étaient inférieurs à 1 hectare. Cet inventaire complet des lacs glaciaires a pu être réalisé grâce à des données accumulées depuis le milieu du 19ème siècle.

Au-delà de l’étude des effets du changement climatique, l’inventaire est utile pour la sécurité civile. Pour chacun des 1 200 lacs, les scientifiques ont enregistré la localisation, l’altitude, les dimensions du lac aux divers instants donnés. Ils ont aussi déterminé le type et le matériau du barrage ainsi que le ruissellement, et documenté le développement du lac.  Il faut s’assurer que les barrages qui retiennent ces lacs sont suffisamment robustes et qu’il n’y aura pas de déversements soudains susceptibles de menacer les habitations en aval.

La formation de ces nouveaux lacs aura au moins un aspect positif . Selon les chercheurs, «les phénomènes naturels constituent de spectaculaires attractions touristiques et l’extension artificielle des lacs offre de nouvelles opportunités à l’énergie hydraulique.» 

Lorsqu’ils se rendent auprès de ces lacs glaciaires, les touristes ont-ils conscience que leur beauté est aussi un signe très inquiétant du réchauffement climatique ? Pas si sûr !

Source : Presse franco-suisse.

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This is not a scoop: under the effect of global warming, glaciers are melting in the Alps, whether they are French, Swiss, Austrian or Italian. A consequence of this rapid melting is the appearance of very many lakes. In less than two centuries, more than 1,000 of them appeared in the ancient glacial regions of the Swiss Alps. Since the end of the Little Ice Age around 1850, nearly 1,200 new lakes have appeared in the mountains of this country.
These figures come from a new comprehensive inventory carried out by the Swiss Federal Institute for Water Science and Technology (Eawag), the University of Zurich and the Federal Office for the Environment. The formation of these glacial lakes is far from unknown. When the glaciers retreat, they leave behind natural depressions and dams, basins which, filling with meltwater, form new lakes. According to glaciologists, this new inventory is an excellent starting point for observing and analyzing the influence of climate change on glacial lakes.
As in the rest of the Alps, glaciers in Switzerland are melting very quickly. In 2020, they lost 2% of their volume, The researchers explain that even if the promises of the Paris Agreement (COP 21) are kept, two thirds of alpine glaciers will disappear.
The rapid formation of new lakes is an obvious consequence of global warming. Between 2006 and 2016, on average, 18 new lakes formed each year and the aquatic area increased annually by more than 400 square meters. In 2016, the largest lake measured 40 hectares, although most of the water bodies were less than 1 hectare.This complete inventory of glacial lakes was made possible thanks to data accumulated since the middle of the 19th century.
Beyond studying the effects of climate change, the inventory is useful for civil security. For each of the 1,200 lakes, scientists recorded the location, altitude, and dimensions of the lake at various times. They also determined the type and material of the dam as well as the runoff, and documented the development of the lake. It is necessary to ensure that the dams that hold these lakes are sufficiently robust and that there will not be sudden spills that could threaten populated areas in the valleys.
The formation of these new lakes will have at least one positive aspect. According to the researchers, « natural phenomena are spectacular tourist attractions and the artificial expansion of lakes offers new opportunities for hydropower. »
When they visit these glacial lakes, do tourists realize that their beauty is also a very worrying sign of global warming? Not so sure !
Source: Franco-Swiss press.

Les glaciers d’Aletsch et du Rhône comptent parmi ceux qui fondent le plus vite en Suisse (Photos : C. Grandpey)

La fonte inquiétante des glaciers islandais // The disturbing melting of Icelandic glaciers

En Islande, plus de la moitié des calottes glaciaires et des glaciers se trouvent à proximité ou directement au-dessus des volcans. Le Mýrdalsjökull, la quatrième calotte glaciaire d’Islande par sa superficie, en est un bon exemple car elle recouvre le Katla qui entre généralement en éruption environ deux fois par siècle. La dernière colère du volcan a eu lieu en 1918.

Le Katla est calme depuis un certain temps. On a enregistré des épisodes d’activité sismique, mais pas d’éruptions dignes de ce nom. Cependant, de petites crues glaciaires – jokulhlaup en islandais – sont observées de temps à autre, ce qui indique que des montées en chaleur peuvent se produire sous la calotte glaciaire.

Malgré la période de calme actuelle de Katla, la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull a subi des changements au cours des dernières années. L’Operational Land Imager du satellite Landsat 8 a acquis une image le 20 septembre 2014.

 

Source : NASA

Une autre image avait été acquise par le satellite Landsat 5 le 16 septembre 1986. On peut parfaitement voir les changements subis par le glacier.

 

Les changements sont encore plus frappants lorsqu’on visite le glacier. J’étais en Islande en juillet 2001. Une route en terre battue menait directement au Solheimajökull, une branche sud-ouest de Mýrdalsjökull. La route s’arrêtait juste devant le glacier. La rivière de fonte coulait juste devant la glace et une forte odeur de soufre imprégnait le site.

J’ai de nouveau visité le Solheimajökull en juillet 2021 et je n’en croyais pas mes yeux. Une nouvelle route asphaltée a été construite et j’ai dû marcher une quinzaine de minutes avant d’atteindre le point de vue sur le glacier qui recule de 50 mètres par an. En conséquence, le parking doit être déplacé presque chaque année.

La vue sur le glacier est très intéressante. On peut voir les strates sombres de cendres qui ont été déposées par des éruptions du passé. Quelques-uns de ces strates proviennent probablement de l’Hekla, un autre volcan explosif au nord de la ville de Hella. Au milieu de la calotte glaciaire, la couche noire peut probablement être attribuée à des épisodes volcaniques plus récents.

 

Aujourd’hui, seuls quelques morceaux de glace occupent le couloir laissé par le Solheimajökull. La montagne au centre de la photo est celle que l’on peut voir sur la deuxième photo de 2001. En 20 ans, le glacier a reculé de plusieurs centaines de mètres.  

Photos : C. Grandpey

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More than half of Iceland’s numerous ice caps and glaciers sit near or directly over volcanoes. Mýrdalsjökull—Iceland’s fourth largest ice cap— is a good example as it covers the Katla volcano which usually erupts about twice per century, with the last confirmed eruption in 1918.

Katla has been quiet for some time. There have been episodes of seismic activity, but still no big eruptions. However, occasional small glacial outburst floods – jokulhlaups in Icelandic – have been observed, an indication that small events may be occurring below the ice cap.

Despite Katla’s current quiet period, the Mýrdalsjökull ice cap has undergone changes over the past years. The Operational Land Imager on the Landsat 8 satellite acquired an image on September 20th, 2014. (see image above)

Another image had been acquired by the Landsat 5 satellite on September 16th, 1986. One can perfectly see the changes undergone by the glacier. (see image above)

The changes are still more striking when one visits the glacier. I was in Iceland in 2001. A gravel road led directly to Solheimajökull, a southwest branch of Mýrdalsjökull. The road stopped right in front of the glacier, with the melt river flowing right in front of the ice and a strong smell of sulphur on the site. (see photo above)

I visited Solheimajökull again in July 2021 and I could not believe my eyes. A new road had been built and I had to walk about 15 minutes to reach the viewing point on the glacier which has been retreating as much as 50 metres per year. As a consequence, the parking lot has to be moved almost annually. (see photo above)

The view of the glacier is very interesting. One can see brown bands of ash that were deposited by past eruptions. A few of the bands are likely from Hekla, another explosive volcano to the north of the city of Hella. Across the middle of the ice cap, the dark surface can likely be attributed to more recent volcanic episodes. (see photos above).

Today, a few pieces of ice can be seen in the passage left by the melting glacier. The mountain at the centre of the last photo is the one that can be seen in the second photo of 2001. The glacier has retreated by several hundred metres.

Le réchauffement de l’Arctique et de l’Antarctique // Warming of the Arctic and the Antarctic

Dans une note publiée le 11 octobre 2020, j’expliquais que la « dernière zone de glace » de l’Arctique était menacée par le réchauffement climatique. On désigne par cette expression une partie de l’Arctique où la glace est si épaisse qu’elle est censée résister au réchauffement climatique pendant des décennies.

Au cours de l’été 2020, les scientifiques ont été très surpris de pouvoir naviguer dans une eau libre de glace dans cette zone. Selon eux, cette région au nord du Groenland et du Canada pourrait devenir le dernier refuge pour des animaux comme les ours polaires qui dépendent de la glace.

La principale cause de la fonte soudaine de cette glace est à attribuer aux vents extraordinairement forts qui réussi à faire sortir la glace de la région et l’ont envoyée le long de la côte du Groenland. Un tel événement s’était déjà produit, mais avec des épisodes de moindre importance et peu fréquents. En 2020, la situation était bien différente.

Les chercheurs ont utilisé des simulations informatiques et 40 ans de données pour aboutir à la conclusion qu’« il y avait un signal significatif de changement climatique ».

Une autre partie de « la dernière zone de glace », au large de l’île d’Ellesmere au Canada, a montré des eaux libres après la fonte en juillet 2020 d’une partie de la plateforme glaciaire de Milne. Les scientifiques poursuivent actuellement leurs recherches pour déterminer s’il existe un lien avec le réchauffement climatique.

Source : Associated Press.

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De l’autre côté du globe, un nouveau record de température de 18,3°C pour le continent antarctique a été confirmé par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Cette température a été relevée le 6 février 2020 à la station argentine d’Esperanza.

Une température de 20,75 °C qui avait été enregistrée sur l’île Seymour n’a pas été acceptée par l’Organisation.

Les températures sur le continent antarctique ont augmenté ces dernières années, en particulier le long de la Péninsule, la langue de terre qui s’étire vers le nord en direction de l’Amérique du Sud. Au cours des 50 dernières années, la Péninsule s’est réchauffée de près de trois degrés.

L’une des causes de la hausse des températures est le renforcement des vents d’ouest qui soufflent désormais sur le continent. Ce puissant flux d’air entraîne des conditions de réchauffement sur la partie est, sous le vent, de la chaîne de montagne qui parcourt la Péninsule.

Le continent antarctique s’étend sur une superficie de 14 millions de kilomètres carrés et est recouvert de 26,5 millions de kilomètres cubes de glace. La température annuelle moyenne varie d’environ -10°C sur la côte à -60°C dans les parties les plus élevées de l’intérieur. La température la plus froide jamais enregistrée dans l’Antarctique a été de -89,2 °C à la station russe Vostok le 21 juillet 1983.

Source : La BBC.

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In a post released on October 11th, 2020, I explained that the Last Ice Area in the Arctic was threatened by global warming. The “Last Ice Area” includes a part of the Arctic where the ice is so thick that it is supposed to withstand global warming for decades.

In the summer 2020, scientists were shocked when there was suddenly enough open water for a ship to pass through. They believe the area, which lies north of Greenland and Canada, could become the last refuge for animals like polar bears that depend on ice.

The main cause for the sudden ice loss was the extraordinary strong winds that pushed the ice out the region and down the coast of Greenland. That had already happened in smaller, infrequent episodes, but the situation in 2020 was different. The researchers used computer simulations and 40 years of Arctic sea data to calculate that “there was a significant climate change signal. »

Another part of the Last Ice Area, off Canada’s Ellesmere Island, had open waters after the July 2020 collapse of part of the Milne ice shelf, but scientists are still studying it to determine if there is a climate change connection.

Source : Associated Press.

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On the other side of the globe, a new record high temperature of 18.3°C for the Antarctic continent has been confirmed by the World Meteorological Organization (WMO). It occurred on February 6th, 2020 at Argentina’s Esperanza research station. A higher temperature of 20.75°C on Seymour Island has not been accepted by the Organisation.

Temperatures on the normally frigid Antarctic continent have been rising, especially along its peninsula, the great tongue of terrain that stretches north in the direction of South America. Over the last 50 years, the peninsula warmed almost three degrees.

One of the drivers of the rise in temperatures is the strengthened westerlies that now blow around the continent. This powerful airflow produces warming conditions on the eastern, leeward side of the peninsula’s mountainous spine.

The Antarctic continent spans an area of 14 million square kilometres, and is covered by 26.5 million cubic kilometres of ice. Its weather stations are sparse but average annual temperature are seen to range from about −10°C at the coast to -60°C in the highest parts of the interior. The coldest temperature ever recorded in the Antarctic stands at -89.2C at the Russian Vostok station on July 21st, 1983.

Source : The BBC.

Source : La BBC