La fonte des glaciers menace le Pérou // Peru under the threat of its melting glaciers

drapeau francaisA cause du réchauffement climatique, la glace fond, modifiant les paysages et faisant apparaître bien des problèmes. Les célèbres neiges du Kilimandjaro ont perdu plus de 80 pour cent de leur surface depuis 1912. Dans certaines régions de l’Himalaya indien, les glaciers reculent si vite que les chercheurs pensent que la plupart des glaciers du centre et de l’est de la chaîne himalayenne pourraient avoir quasiment disparu en 2035. La banquise arctique s’est amincie de manière significative au cours du demi-siècle écoulé et son étendue a diminué d’environ 10 pour cent au cours des 30 dernières années. Les mesures à l’altimètre laser effectuées par la NASA montrent un rétrécissement des bordures de la calotte glaciaire du Groenland. Au printemps, la débâcle des rivières de l’hémisphère Nord se produit en moyenne neuf jours plus tôt qu’il y a 150 ans, et à l’automne l’embâcle intervient environ dix jours plus tard. Nous avons eu récemment un exemple de cela avec l’évacuation de la glace sur le Yukon et la Nenana en Alaska où la fonte du pergélisol a fait s’affaisser le sol de plus de 4 mètres dans certaines parties de l’Etat. De l’Arctique au Pérou, d’immenses champs de glace et de vastes étendues de glace de mer disparaissent à grande vitesse.
Selon les glaciologues, les plus hauts glaciers du monde, dans les Andes péruviennes, pourraient disparaître d’ici 40 ans. Le phénomène est susceptible d’entraîner des pénuries d’eau et des inondations catastrophiques qui menaceront les villes de ces montagnes.
Plus de 2500 glaciers ornent les sommets des Andes péruviennes. Environ 660 d’entre eux se trouvent dans la Cordillera Blanca. Les scientifiques font remarquer que le recul des glaciers menace le mode de vie de 2 millions de personnes vivant dans les vallées et dans les villes côtières qui dépendent de l’eau des glaciers. Au cours des 40 dernières années, les glaciers péruviens ont reculé d’au moins 34 pour cent.
Le changement climatique a fait apparaître un double problème: la pénurie d’eau et la menace des glaciers. En effet, l’avancée des glaciers déclenche des avalanches qui terminent leur course dans les lacs en aval, propulsant des vagues d’eau, de débris et de sédiments dans toute la vallée. Avec le changement climatique, avalanches et inondations glaciaires sont devenues plus fréquentes. La Laguna Pallqaqucha, un lac glaciaire (voir photos ci-dessous), atteint actuellement 34 fois son volume normal. Si la moraine qui le retient se rompt, 18 millions de mètres cubes d’eau et de débris inonderont  Huaraz, la capitale provinciale, et sa population de 120 000 habitants. On a recensé 10 à 14 lacs aussi dangereux dans toute la région. Il serait urgent d’y installer des systèmes d’alerte.
En dépit du fait que Huaraz a été inondée par le même lac en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.
La capitale Lima et sa population de 10 millions d’habitants dépendent de la fonte des glaciers andins pour  leur alimentation en eau. Lima est l’une des capitales les plus sèches au monde, avec seulement neuf millimètres de pluie par an. Plus de 1,5 millions d’habitants ne sont pas reliés à un système d’eau potable et certains quartiers ne reçoivent qu’une heure d’eau chaque jour.  La baisse de l’approvisionnement en eau en provenance des montagnes conjuguée à une augmentation de la population ont fait naître de graves préoccupations pour l’alimentation en eau à Lima dans les années à  venir.
Afin de trouver une solution au problème de l’eau, le gouvernement péruvien a proposé la construction d’une série de barrages sur la rivière Maranon, la principale source de l’Amazone, dans le cadre d’un grand projet hydroélectrique. Il a également suggéré de détourner l’eau vers Lima via un tunnel sous les Andes. Mais à cause de l’importance du Maranon pour le bassin de l’Amazone, le projet a suscité de vives critiques de la part des groupes environnementaux.
Sources: ABC News et journaux péruviens.

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drapeau-anglaisBecause of global warming, the ice is melting, changing landscapes and causing problems. The famed snows of Kilimanjaro have melted more than 80 percent since 1912. Glaciers in some parts of the Indian Himalayas are retreating so fast that researchers believe that most central and eastern Himalayan glaciers could virtually disappear by 2035. Arctic sea ice has thinned significantly over the past half century, and its extent has declined by about 10 percent in the past 30 years. NASA’s repeated laser altimeter readings show the edges of Greenland’s ice sheet shrinking. Spring freshwater ice breakup in the Northern Hemisphere now occurs nine days earlier than it did 150 years ago, and autumn freeze-up ten days later. We recently had an example of this with the record breakup of the Yukon and Nenana rivers in Alaska. Thawing permafrost has caused the ground to subside more than 4 metres in parts of Alaska. From the Arctic to Peru, massive ice fields and sea ice are fast disappearing.

According to glaciologists, the world’s highest glaciers, in the Peruvian Andes, might disappear within 40 years. In the process, the phenomenon is likely to deliver water shortages and catastrophic floods to towns in these mountains.

More than 2,500 glaciers slice through the mountain peaks of Peru. Around 660 of them lie in the Cordillera Blanca. Scientists warn the glacial retreat threatens the livelihoods of 2 million people living in the valleys below and in the desert coastal cities that rely on the glaciers’ water. In the last 40 years the glaciers have retreated at least 34 per cent.

Actually, climate change brings two types of problems: water shortages and hanging glaciers. Indeed, these glaciers slide and produce avalanches into the lakes below and push out the water, carrying debris, sediment and everything down the valley. With climate change, glacial avalanches and floods have become more frequent. Laguna Pallqaqucha, a glacial lake (see photos below), is currently 34 times its normal volume. If it bursts, 18 million cubic metres of water and debris will flood the provincial capital Huaraz and its population of 120,000. There are 10 to 14 similar dangerous lakes across the region. Early warning systems are urgently needed.

Despite the city being flooded by the same lake in 1941 and an avalanche destroying the nearby town of Yungay in 1970 with 23,000 casualties, monitoring systems have not been installed to alert the region’s towns of pending disaster.

Peru’s capital Lima and its population of 10 million people rely on the Andean glacial melt for the city’s water. Lima is one of the driest capitals in the world, receiving just nine millimetres of rainfall a year. More than 1.5 million people in the city are not connected to water and some districts receive only an hour’s supply each day. Less water supply coming from the mountains, plus an increasing population, give quite severe concern about water in Lima in the future.

As a solution to the potential water crisis, the Peruvian government has proposed a series of dams on the Maranon River, the main source of the Amazon, as part of a large hydropower scheme and also the diversion of water to Lima via a tunnel under the Andes.

But because of the Maranon’s importance to the Amazon, the project has drawn strong criticism from environmental groups.

Sources : ABC News and Peruvian newspapers.

Palcacocha_1939

La Laguna Pallqaqucha en 1939.

Palcacocha_2002

La Laguna Pallqaqucha en 2002

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Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Le Groenland continue à fondre // Greenland keeps melting

drapeau-francaisLes années se suivent et se ressemblent et la fonte de la glace continue à s’accélérer dans l’Arctique. Les scientifiques de l’Institut Météorologique Danois en charge de la surveillance de la calotte glaciaire du Groenland viennent d’indiquer qu’elle connaît un niveau de fonte record pour cette époque de l’année. Bien que nous soyons seulement en avril, près de 12 pour cent de la surface totale de la couche de glace est recouverte d’une couche d’eau de fonte d’une épaisseur d’au moins un millimètre, ce qui est considérable.
Cette situation fait resurgir le souvenir de 2012, année où la fonte de la glace avait envoyé quelque 562 milliards de tonnes d’eau douce dans l’océan, assez pour élever le niveau de la mer de plus d’un millimètre sur la planète au cours de cette seule année. La saison de fonte de 2012 avait également affecté des zones montagneuses jusqu’à deux mille mètres au-dessus du Groenland
Ces dernières années, le Groenland a perdu une telle masse que, venant s’ajouter aux changements dans l’Antarctique et à la quantité d’eau stockée sur les continents de la planète, le phénomène semble avoir eu un effet subtil mais mesurable sur la rotation de la Terre !

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la zone de fonte au Groenland, avec en couleur les 4 dernières années. On remarquera l’anomalie de 2012. (Source: National Snow and Ice Data Center)

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Les chercheurs attribuent la fonte précoce de 2016 aux conditions météorologiques, et plus précisément, à une masse d’air chaud qui, aux latitudes moyennes, s’est bloquée au-dessus de la calotte de glace. C’est ce qui s’est probablement déjà produit en 2012 ; à l’époque, le seul rayonnement solaire n’avait pas suffi à causer l’essentiel de la fonte.

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La masse d’air chaud au-dessus du Groenland (Source: Credit: Earth.NullSchool.net)

Toutefois, même avec une saison de fonte très précoce en 2016, il est important de souligner que la perte de masse totale de glace reste relativement faible au Groenland. Ce genre d’événement en début de saison a un effet négligeable sur la perte globale, en raison du regel de l’eau, mais il pourrait avoir un impact très important plus tard dans la saison de fonte.

Contrairement à la grande calotte glaciaire de l’Antarctique, celle du Groenland fond à la fois à sa surface et aussi au niveau des glaciers qui évacuent leur masse de glace dans des fjords profonds, où ils terminent leur course dans l’océan en produisant parfois de très volumineux icebergs.

Groenland glacier

(Photo: C. Grandpey)

La fonte de surface peut interagir avec ce processus car l’eau ainsi produite s’écoule dans les rivières avant de plonger profondément dans des moulins qui la conduisent sous la couche de glace en  accélérant souvent son écoulement. Voici une belle vidéo illustrant ce phénomène: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I
La fonte de la glace en avril ne concerne pas en soi une grande partie de la calotte glaciaire du Groenland, mais elle soulève des questions sur la situation à venir lorsque se produiront les pics de fonte pendant l’été.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisUnfortunately, all years are alike and ice melting is accelerating in the Arctic. Scientists of the Danish Meteorological Institute monitoring the vast Greenland ice sheet have just announced that it is experiencing a record-breaking level of melt for so early in the season. Although it’s only April, nearly 12 percent of the ice sheet’s surface is covered with a layer of meltwater of a depth of at least a millimetre.

The news raised memories of the record melt season in 2012, when the ice sheet as a whole lost 562 billion tons of freshwater mass to the ocean, enough to raise sea levels the world over by more than a millimetre in that year alone. The 2012 melt season experienced melting even at mountainous heights over two kilometres into the sky atop Greenland

In recent years Greenland has been losing so much mass that, along with changes in Antarctica and the amount of water stored on the globe’s continents, it appears to be having a subtle but measurable effect on the rotation of the Earth itself (see graph above).

Researchers attribute the surprising early melt this year to weather conditions, and more specifically, a warm air mass getting stuck over the ice sheet. This is similar to what appears to have happened in 2012 when it was not just direct solar radiation that caused the bulk of the melting.

However, even with an early season melt event like in 2016, it is important to emphasize that the total mass loss is likely to be low in Greenland. This sort of event, early in the season, has a negligible effect on the mass loss, because of the water refreeze. However, it could be very important for later in the melt season.

Unlike the great ice sheet of Antarctica, the Greenland ice sheet is melting both on its surface and also at outlet glaciers that drain the ice sheet’s mass through deep fjords, where these glaciers extend out into the ocean and often terminate in dynamic calving fronts, sometimes giving up huge icebergs. Surface melt can interact with this process, because water atop the ice sheet flows in surface rivers and then plunges deep into moulins that lead it below the ice sheet, where it can lubricate and speed up its flow. Here is a nice video to illustrate this phenomenon: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I

The April melt in itself is still not a huge part of the ice sheet but it raises questions about what will happen when summer peaks.

Source: Alaska Dispatch News.

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Moulin dans la calotte glaciaire du Groenland (Crédit photo: Wikipedia)

La glace de mer continue à fondre // The sea ice keeps melting

drapeau-francaisMois après mois, année après année, tous les rapports scientifiques confirment que la situation de la glace de mer dans l’Arctique est en train de devenir une préoccupation majeure. Selon le National Snow and Ice Data Center, la banquise arctique, dont la surface au cours de l’hiver dernier était la plus faible jamais enregistrée, est aussi la plus jeune et la moins épaisse depuis le début des observations satellitaires à la fin des années 1970. A la mi-mars, 70% de la glace s’était formée au cours de l’année écoulée et seulement 30% s’était formée sur un laps de temps de plusieurs années. C’est l’inverse du milieu des années 1980, époque où la majeure partie de la glace était âgée d’au moins 2 ans.
La glace la plus ancienne – autrement dit la glace qui est restée intacte pendant au moins cinq ans – représente seulement 3% de la glace de mer dans son ensemble. De nos jours, la glace la plus ancienne fond généralement au bout de trois ou quatre ans, ou bien elle s’échappe par le détroit de Fram, entre le Groenland et l’archipel du Svalbard.
Les conditions actuelles font suite à un hiver très inhabituel dans l’Arctique, caractérisé par une chaleur persistante dans l’atmosphère qui a contribué à limiter la croissance de la glace. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un événement météorologique tout à fait exceptionnel a été observé fin décembre, lorsque de l’air chaud est remonté de l’Atlantique tropical vers l’Arctique et a brièvement fait s’élever les températures à proximité du pôle nord où elles ont presque atteint le point de dégel. Cela a fait se réduire d’une trentaine de centimètres l’épaisseur de la glace dans les mers de Kara et de Barents. Un phénomène similaire a été observé au nord du Groenland et au large de la Sibérie.
La glace de mer n’est pas à seule à connaître des records de faiblesse ces derniers temps. Selon les archives du National Snow et Ice Data Center, la couverture neigeuse dans l’hémisphère nord en mars a été la deuxième plus basse des 50 dernières années. Les chercheurs ont remarqué qu’il existait une corrélation entre la faible couverture de neige et la faible étendue de glace de mer au cours du mois de septembre.
Source: Alaska Dispatch News: www.adn.com

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drapeau-anglaisMonth after month, year after year, all scientific reports do confirm that the situation of the sea ice in the Arctic is becoming a major concern. According to the National Snow and Ice Data Center, Arctic sea ice, which already hit a record low for winter extent this year, is also younger and thinner now than at almost any time since the satellite record was begun in the late 1970s. As of mid-March, 70 percent of the ice was formed within the past year and only 30 percent was multiyear ice. That is a reversal of the proportions that existed in the mid-1980s, when most ice was at least 2 years old.

The oldest ice – namely the ice that has remained intact for at least five years – accounts for only 3 percent of the total ice. The oldest ice is now generally melting out after three or four years or being pushed out of the Fram Strait between Greenland and Svalbard.

The current conditions follow a highly unusual winter in the Arctic, characterized by persistent warmth in the atmosphere that helped to limit ice growth. As I put it in a previous post, an unusual weather event happened in late December, when warm air shot up from the tropical Atlantic to the Arctic and briefly took temperatures near the North Pole almost to the point of thaw. This caused ice in the Kara and Barents seas to thin by about 30 centimetres. Similar thinning also happened north of Greenland and off Siberia.

Ice extent isn’t the only statistic to recently be recorded at especially low levels. Northern Hemisphere snow cover in March was the second-lowest in a 50-year record kept by the National Snow and Ice Data Center. It has been noticed that there was a correlation between low snow cover and low September sea ice

Source: Alaska Dispatch News: www.adn.com

Sea ice

La glace de mer occupe une surface plus réduite; elle est aussi plus jeune et moins épaisse

(Source : National Snow and Ice Data Center)

Glaciers d’Alaska: Chronique d’une mort annoncée // Alaska’s glaciers: The story of an inevitable death

drapeau francaisCe n’est un secret pour personne. J’ai rédigé une série d’articles à ce sujet et j’essaye de faire passer le message à l’occasion de mes conférences : Glaciers et banquise sont en train de fondre à une vitesse incroyable et j’ai les pires craintes pour les générations à venir.

Selon les calculs effectués par des scientifiques de l’Université de l’Alaska à Fairbanks et publiés la semaine dernière dans le Journal of Glaciology, la moitié de l’immense champ de glace qui recouvre les montagnes dans le sud-est de l’Alaska et en Colombie-Britannique aura perdu plus de la moitié de sa surface d’ici la fin du 21ème siècle et n’existera plus avant la fin du siècle suivant. Par exemple, le Juneau Ice Field, d’une superficie de 3885 kilomètres carrés, cinquième plus grand champ de glace de l’hémisphère occidental, va perdre une masse de glace importante au cours du 21ème siècle, avant de perdre le reste pendant le 22ème siècle.
Ces calculs supposent que les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale continuent à augmenter jusqu’en 2060, puis se mettent à diminuer lorsque de nouvelles sources d’énergie remplaceront les combustibles fossiles. Ce scénario, baptisé Representative Concentration Pathway 6.0, ou RCP 6.0, est actuellement l’hypothèse la plus réaliste pour l’avenir. Il se pourrait même qu’elle soit optimiste.
Un scénario plus pessimiste, le RCP 8.5, considère que les émissions de carbone continueront à leur rythme actuel sans aucun changement de politique pour les réduire.
Si le scénario RCP 6.0 se confirme au cours des prochaines décennies, d’ici 2099 le champ de glace de l’Alaska aura perdu 58 à 68% de son volume par rapport à 2010, et 57 à 63% de sa superficie par rapport à cette même année. Les chercheurs ajoutent que si aucune modification climatique n’intervient par la suite, « le champ de glace aura disparu en 2200. Les montagnes seront là, mais pas la glace. »
Si ces prévisions se confirment, ce sera la fin d’un champ de glace autrefois considéré comme impénétrable, à tel point qu’un homme politique alaskien en 1982 a émis l’idée de faire disparaître les glaciers avec des armes nucléaires pour faire place à une route et d’autres développements économiques tels que la prospection de l’or!
Si le Juneau Ice Field semble être moins affecté par la fonte, l’étude montre que le glacier de Yakutat, plus petit et à plus basse altitude, est susceptible de disparaître beaucoup plus tôt, probablement d’ici la fin de ce siècle.
Les chercheurs de l’Université de Fairbanks pensent qu’un revirement climatique pourrait sauver le Juneau Ice Field, mais que sa taille serait de toute façon fortement réduite. Si le réchauffement climatique pouvait être freiné et si l’on avait un retour à la situation telle qu’elle était entre 1971 et 2010, le Juneau Ice Field se stabiliserait à 86% de son volume actuel.
Les recherches récentes prennent en compte une étude publiée en 2013 dans la revue Earth System Science Data qui a utilisé des décennies de mesures sur deux glaciers pour montrer les changements intervenus au cours du demi-siècle écoulé. S’agissant du Taku Glacier, la masse de glace a augmenté et le glacier s’est épaissi entre 1946 et 1985, mais cette tendance s’est inversée entre 1986 et 2011, avec une perte de masse à un rythme deux fois plus rapide que la croissance des décennies précédentes. En ce qui concerne le Lemon Creek Glacier, les mesures depuis 1953 montrent une perte de masse et un amincissement d’une trentaine de mètres sur un laps de temps de 55 ans.
Source: Alaska Dispatch News.
J’ai eu l’occasion de montrer le recul des glaciers de l’Alaska lors d’une exposition en novembre dernier au Festival Photo de Montier-en-Der, dans le nord-est de la France. Plusieurs voyages en Alaska au cours de la dernière décennie m’ont permis de voir à quelle vitesse les glaciers fondent. Par exemple, il suffit de regarder les photos satellites du Columbia Glacier mises en ligne pas la NASA (http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84630) pour avoir une idée de la catastrophe. Je vais retourner en Alaska en août et septembre, avec des visites à plusieurs glaciers, dont le Juneau Ice Field. Je compte prendre des photos pour confirmer que les glaciers vont disparaître si aucune mesure efficace n’est prise pour réduire la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

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Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes et la tendance au réchauffement ne semble pas près de arrêter. Le 31 mars 2016, une température record de 21,6 ° C a été enregistrée à l’aéroport de Klawock dans le sud-est de l’Alaska. Du jamais vu à cette époque de l’année ! D’autres villes ont, elles aussi, établi des records. La météo de l’Alaska a récemment été marquée par des événements exceptionnels. En décembre, une tempête a fait grimper les températures au pôle Nord de 20 degrés Celsius au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Les deux derniers hivers ont été anormalement chauds, et ces températures particulièrement élevées devraient se prolonger au moins jusqu’en mai 2016. Conséquence logique, le premier incendie de forêt a été observé dans la partie centrale de l’Alaska. Il s’est propagé en grande partie à cause du manque de neige dans la région, ce qui inquiète pour les mois à venir qui seront probablement marqués par une accélération du dégel du pergélisol… et de la fonte des glaciers!

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drapeau anglaisIt’s no secret. I have written a series of articles about it and I try to spread the message during my lectures: Glaciers and the sea ice are melting at an incredible speed and I have the worst fears for the future generations.

According to calculations by experts at the University of Alaska Fairbanks published last week in the Journal of Glaciology, the massive ice field that caps the mountains in south-eastern Alaska and neighbouring British Columbia will be more than half gone by the end of the century and vanish entirely by the end of next century. For instance, the 3,885-square-kilometre Juneau Ice Field, the fifth-largest ice field in the Western Hemisphere, will lose substantial amounts of mass during the 21st century and then lose the rest of it in the 22nd century.

The calculations assume that global greenhouse gas emissions will continue rising until 2060, then declining as new energy sources replace fossil fuels. That emission scenario, called Representative Concentration Pathway 6.0, or RCP 6.0, is a realistic assumption for the future. It might even be considered optimistic.

A more pessimistic scenario, called RCP 8.5, considers carbon emissions continuing at their current rate with no policy changes to reduce them.

If the RCP 6.0 scenario plays out over the coming decades, the ice field by 2099 will have lost 58 percent to 68 percent of its 2010 ice volume and 57 percent to 63 percent of its 2010 area. If the climate holds steady after that, “the ice field is eliminated by 2200,” the study says. “The mountains would be there, but no ice.”

If that happens, it will be the end of an ice field once considered so impenetrable that an iconic Alaska politician in 1982 emitted the idea of obliterating the glaciers with nuclear weapons to make way for a road and other economic development such as gold prospection!

While the Juneau Ice Field seems to be less affected by the melting, research shows that the smaller and lower Yakutat Ice Field is likely to disappear much sooner, probably by the end of this century.

The University of Fairbanks researchers believe a climate turnaround could save the Juneau Ice Field, albeit in smaller form. If future warming were averted enough to keep the climate as it was from 1971 to 2010, the ice field would stabilize at 86 percent of its present-day volume.

Recent research includes a study published in 2013 in the journal Earth System Science Data, which used decades of measurements from two glaciers to show the changes at the entire ice field over the past half-century. At Taku Glacier, mass actually grew and the ice thickened from 1946 to 1985, but that trend reversed from 1986 to 2011, when mass loss started at a rate twice that of the previous decades’ growth. At Lemon Creek Glacier, measurements since 1953 show mass loss and a thinning of about 30 metres over 55 years.

Source: Alaska Dispatch News.

I showed the decline of Alaskan glaciers during an exhibition last November at the Photo Festival of Montier-en-Der, in north-eastern France. Several trips to Alaska during the last decade allowed me to see how fast the glaciers are melting. For instance, you just need to see NASA’s satellite photos of the Columbia Glacier ((http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84630) to get an idea of the disaster. I will be in Alaska in next August and September, with visits to several glaciers, among which the Juneau Ice Field. I expect to take photos to confirm that glaciers are going to disappear if no measures are taken to reduce the amount of greenhouse gases in the atmosphere.

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The latest news is not good and the warming tendency does not seem ready to stop. On March 31st 2016, a record 21.6°C was recorded at Klawock Airport in Southeast Alaska, which had never been seen on any record. Other towns across Southeast Alaska saw record-daily-high temperatures. Alaska’s weather recently has been chock full of notable events. In December, a storm brought temperatures at the North Pole to 20 degrees Celsius higher than the normal point for that time of year. The last two winters have been unseasonably warm, and unusually high temperatures are set to last all the way through May 2016.As a consequence, the first wildfire was observed in Central Alaska. It spread partly because of a lack of snow in the area, sparking concerns about the rest of the upcoming fire season, with a likely acceleration of the thawing of the permafrost… and the melting of the glaciers!

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Photos: C. Grandpey