Leçon de piano arctique // Arctic piano lesson

drapeau-francaisAlors que je suis en train de voyager à travers l’Alaska, avec les glaciers qui viennent vêler dans l’océan, voici une vidéo très originale montrant Ludovico Einaudi, compositeur italien de renom, en train de jouer du piano début juin sur une petite plate-forme flottante dans l’océan Arctique, au large des côtes Norvège, au milieu des icebergs vomis par un glacier.
https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi interprète une composition originale intitulée « Élégie pour l’Arctique, » qu’il a écrite pour l’occasion. Sa prestation a été organisée par Greenpeace dans le cadre d’une campagne visant à persuader nos dirigeants de protéger l’Arctique. Les scientifiques préviennent que la glace de l’Arctique fond beaucoup plus vite que prévu, ce qui peut avoir des conséquences graves pour le climat de la planète, la faune et les économies locales. Greenpeace alerte depuis longtemps sur la diminution de la banquise à cause de l’augmentation des températures. Cette région unique, en perdant sa protection de glace, s’expose à une exploitation sans limites, à la surpêche et aux forages pétroliers.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile I am travelling across Alaska, with glaciers calving into the ocean, here is a very original video showing Ludovico Einaudi, the renowned Italian composer, playing the piano early in June, while floating on a small platform in the Arctic Ocean off the coast of Norway, among pieces of a sprawling nearby glacier.

https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi performed an original composition, « Elegy for the Arctic, » that he had written for the occasion. The performance was sponsored by Greenpeace as part of a campaign to persuade world leaders to safeguard the Arctic. Scientists have warned that the Arctic has been thawing much faster than expected. Those changes have potentially serious implications for the world’s climate, for wildlife and for local economies. Greenpeace has long insisted that as the ice cover decreases with rising temperatures, this unique area is losing its frozen shield, leaving it exposed to reckless exploitation, destructive overfishing and oil drilling.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Glaciers : Chronique d’une mort annoncée // Glaciers : The chronicle of a death foretold

drapeau-francaisCe n’est un secret pour personne : Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers fondent à une vitesse vertigineuse à travers le monde. Pendant qu’il en est encore temps, des scientifiques ont commencé à prélever des carottes de glace dans le glacier du col du Dôme, dans le massif du Mont-Blanc. Ces échantillons vont servir à constituer un patrimoine pour les générations scientifiques futures.

Selon Jérôme Chappellaz, glaciologue et directeur de recherche au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement, « d’ici la fin du 21ème siècle, tous les glaciers en dessous de 3 500 mètres d’altitude auront disparu » en raison du réchauffement climatique. Ce projet de prélèvement d’échantillons de glace a été mis sur pied car « la mémoire glacée de la planète est en danger » alors qu’elle recèle « énormément d’informations », notamment sur « l’évolution du climat, la composition de l’atmosphère, l’évolution des gaz à effet de serre ».

Cette collecte de carottes de glace va se poursuivre à travers le monde et sera achevée, selon le glaciologue, d’ici une vingtaine d’années.

Source : France Info.

Je ne peux que confirmer les propos de Jérôme Chappellaz. J’ai eu l’occasion d’exprimer mon inquiétude après avoir visité le Glacier des Bossons et survolé les autres glaciers de nos Alpes. A mon modeste niveau, je tire la sonnette d’alarme de manière répétée. Au cours de mes pérégrinations à travers la planète, j’ai eu l’occasion d’observer les preuves de la catastrophe qui se profile dans les prochaines décennies. Mettant quelque peu les volcans entre parenthèses, je retourne prochainement en Alaska où cette fonte est spectaculaire. J’espère pouvoir rapporter des clichés afin de sensibiliser les visiteurs de mon blog aux problèmes qui nous guettent. Qui dit fonte des glaciers dit problèmes d’alimentation en eau, en électricité et en irrigation des cultures, etc. Sans parler des stations de sport d’hiver qui ne pourront même plus avoir recours à la neige artificielle pour compenser l’absence de neige naturelle…

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drapeau-anglaisIt is no secret: Under the effect of global warming, glaciers are melting at high speed around the world. While there is still time, scientists have started to collect ice cores from the glacier du col du Dôme, in the Mont-Blanc. These ice samples will be used as a testimony for future generations of scientists.
According to Jerome Chappellaz, a glaciologist and research director at the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment, « by the end of the 21st century, all glaciers below 3,500 metres will have disappeared » due to the warming climate. The proposed collection of ice samples was decided because « the ice memory of the planet is in danger » when it contains « a lot of information, » including « climate change, the composition of the atmosphere, changing greenhouse gases.  »
This collection of ice cores will continue around the world and will be completed according to the glaciologist, by twenty years.
Source: France Info.

I can only confirm what Jerome Chappellaz said on the radio. I had the opportunity to express my concern after visiting the Glacier des Bossons and flying over the other glaciers of the Alps. At my modest level, I have repeatedly sounded the alarm. During my journeys across the world, I had the opportunity to observe the evidence of the disaster that will take place in the coming decades. Putting aside volcanoes for a few weeks, I will soon return to Alaska where glacier melting is dramatic. I hope to bring back photos to sensitize visitors to my blog to the problems to come. Glacier melting means water supply and electricity problems, no more crop irrigation, etc. Not to mention the winter sports resorts that will no longer be able to resort to artificial snow to make up for the lack of natural snow …

Bossons 2015 web

Glacier des Bossons (Alpes françaises) : Une espèce en voie de disparition.

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Glacier Worthington (Alaska) : Un recul spectaculaire.

(Photos: C. Grandpey)

Accélération de la fonte de la calotte glaciaire au Groenland // Ice sheet melting is accelerating in Greenland

drapeau-francaisLa calotte glaciaire du Groenland fond à un rythme record, en raison d’une météo inhabituellement chaude et des vagues de chaleur de ce début d’été. Une photo avec des couleurs réelles, prise par le satellite  Earth Observing-1 de la NASA le 15 juin 2016, montre la situation. Le site qui apparaît sur l’image se situe à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk. On peut voir un paysage découpé par les lacs et des rivières de fonte, en total contraste avec le paysage de blancheur photographié au même endroit en 2014.
En 2016, la fonte de la banquise a commencé tôt et a été rapide. Il y a eu trois accélérations de la fonte vers la mi-juin. En conséquence, le rythme de la fonte jusqu’à présent est plus rapide que pendant les trois dernières années, mais plus lent qu’en 2013 qui reste l’année record. Les zones côtières ont été généralement plus chaudes que la moyenne. Par exemple, la température à Nuuk a grimpé jusqu’à 24°C le 9 juin 2016 ; c’est la plus haute température jamais enregistrée en juin à cet endroit. La fonte de la glace que l’on peut voir sur la photo de 2016 a commencé relativement tôt, en avril, mais n’a pas été continue. Elle a fait une pause avant de recommencer en mai pour aboutir au paysage aquatique du mois de juin visible sur l’image.
La fonte de la glace de surface peut, par son ruissellement, contribuer directement à l’élévation du niveau de la mer. L’eau de fonte peut également se frayer un chemin à travers les crevasses et atteindre la base d’un glacier, ce qui accélère temporairement l’écoulement de la glace et contribue indirectement à l’élévation du niveau de la mer. En outre, l’accumulation d’eau de fonte peut « assombrir » la surface de la calotte glaciaire et provoquer encore davantage de fonte. Les périodes de fonte ne suivent pas toutes la même progression. Il n’y avait presque pas d’eau de fonte en surface à la mi-juin 2014 et 2015 ; ces années-là, les volumes d’eau de fonte ont atteint leur maximum à la mi-juillet.
La seconde image montre la même zone (à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk) le 10 juin 2014. Elle a été photographiée depuis le satellite Landsat 8. (La couverture nuageuse trop importante n’avait pas permis de réaliser un cliché en juin 2015). 2014 n’a pas été une année de fonte exceptionnelle. La période a été dans l’ensemble plus froide et plus humide et il se peut même que la photo fasse apparaître quelques chutes de neige récentes.
Il faudra voir comment la fonte à la surface de la banquise va se comporter en 2016. Il se peut que la fonte se poursuive en juillet, ou se stabilise. Jusqu’à présent, elle a été plus importante que la moyenne. Toutefois, les scientifiques doivent observer l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines qui seront cruciales car c’est l’époque où le soleil est au plus haut dans le ciel et où le pic de fonte se produit habituellement.
Source: NASA.

Une étude s’appuyant sur des données satellitaires et publiée récemment dans la revue Geophysical Research Letters  indique que la calotte glaciaire du Groenland a perdu un billion (1012) de tonnes de glace entre les années 2011 et 2014. Une grande partie de la perte provient de seulement cinq glaciers pour lesquels les scientifiques expriment les plus grandes craintes. Les climatologues surveillent attentivement la région car elle est susceptible de contribuer considérablement à l’élévation du niveau de la mer. On pense que la perte de glace du Groenland a déjà contribué jusqu’à 2,5 cm d’élévation du niveau de la mer au cours du dernier siècle et jusqu’à 10 pour cent de l’élévation du niveau de la mer pour l’ensemble de la planète depuis les années 1990.
La nouvelle étude s’attarde sur la perte de glace du Groenland entre 2011 et 2014 en utilisant les mesures du CryoSat-2, un satellite de recherche sur l’environnement lancé par l’Agence Spatiale Européenne en 2010. Elles reposent sur l’altimétrie qui mesure les variations d’altitude de la surface du Groenland au fil du temps en fonction des gains ou des pertes de glace.

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drapeau-anglaisThe Greenland Ice Sheet is melting at a record pace, thanks to some unusually warm weather and early season surges. A natural-colour image captured by NASA’s Earth Observing-1 satellite on June 15th 2016 shows the effects. The site recorded, about 500 km north-northeast of Nuuk, shows a landscape etched with dark blue melt ponds and streams – a sharp contrast to the mostly white conditions recorded in the same place in 2014.

In 2016, the transition started early and fast. The ice sheet saw three extreme spikes in melt by mid-June. As a result, the pace of melting so far is ahead of the past three seasons, but behind the record melt year of 2012. Coastal areas have been generally warmer than average. For instance, temperatures in Nuuk soared to 24°C on June 9th 2016, the highest June temperature ever recorded there. Melting shown in the 2016 NASA photo began relatively early in April but was not sustained. It started up again in May and grew into the watery June scene of the image.

Surface melt can directly contribute to sea level rise via runoff. It can also force its way through crevasses to the base of a glacier, temporarily speeding up ice flow and indirectly contributing to sea level rise. Also, ponding of meltwater can “darken” the ice sheet’s surface and lead to further melting. Not every melt season follows the same progression. Almost no lake water was present in mid-June in 2014 and 2015, then volumes of meltwater peaked each year by mid-July.

The second image shows the same area on June 10th 2014, as observed by the Landsat 8 satellite. (Clouds obscured the view from space in June 2015.) 2014 was not an exceptional melting year. The season was generally colder and wetter, and it’s possible that there is even some recent snowfall visible in the image.

It remains to be seen how surface melt in 2016 will progress. Melting could continue in July or level off. So far, melting has been above average. But scientists still need to see what will happen over the next few weeks, which are crucial as it is when the sun is strongest and the peak of melting usually occurs.

Source: NASA.

A satellite study, recently published in the journal Geophysical Research Letters, indicates that the Greenland ice sheet lost 1 trillion (1012) tons of ice between the years 2011 and 2014. A big portion of the loss came from just five glaciers about which scientists now have more cause to worry than ever. Climate scientists are keeping a close eye on the region because of its potentially huge contributions to future sea-level rise. Ice loss from Greenland may have contributed as much as 2.5 cm of sea-level rise in the last 100 years and up to 10 percent of all the sea-level rise since the 1990s.

The new study takes a detailed look at ice loss in Greenland between 2011 and 2014 using measurements from the CryoSat-2, an environmental research satellite launched by the European Space Agency in 2010. It relied on a type of measurement known as altimetry — which measures how the surface of Greenland’s altitude changed over time in response to ice gains or losses.

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Calotte glaciaire du Groenland le 15 juin 2016

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Calotte glaciaire du Groenland le 10 juin 2014.

(Crédit photo: NASA)

Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

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drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

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Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)