Mauna Loa (Hawaii): Rien de vraiment nouveau // Nothing really new

drapeau francaisOn peut lire en ce moment sur Internet plusieurs articles à propos du Mauna Loa. Certains d’entre eux se contentent d’indiquer que le volcan « montre des signes d’activité » tandis que d’autres posent carrément la question: « Possibilité d’une éruption du Mauna Loa? »
Si nous nous référons aux rapports mensuels du HVO sur le Mauna Loa, nous nous rendons compte de la situation n’a pas beaucoup changé au cours des derniers mois et il ne semble pas y avoir un risque d’éruption dans le court terme.
Bien sûr, la sismicité continue d’être légèrement élevée dans plusieurs secteurs du volcan, en particulier sur l’Upper Southwest Rift Zone et dans la caldeira Moku’aweoweo, mais cette sismicité n’a pas évolué au cours des derniers mois. Elle se situe légèrement au-dessus de la normale avec une vingtaine de secousses au cours du mois de janvier. Le HVO insiste bien sur le fait que ces événements sont très faibles comparés aux séquences sismiques qui ont précédé les éruptions en 1975 et 1984.
En ce qui concerne la déformation, les données GPS suggèrent que le gonflement du Mauna Loa continue, après une certaine accalmie en décembre, mais il reste très faible. Il faut garder à l’esprit qu’une réalimentation du réservoir magmatique à faible profondeur, logiquement accompagnée d’un gonflement du Mauna Loa, a commencé juste après l’éruption de 1984. Ce gonflement s’est ensuite  transformé en dégonflement pendant presque une décennie. Le volcan a recommencé à gonfler en 2002, après un brève essaim sismique longue période (LP). Un essaim LP plus intense a été enregistré fin 2004. Il a été suivi d’une augmentation spectaculaire du gonflement qui a ralenti en 2006, cessé tout à fait fin 2009, et repris lentement fin 2010.
Aucune anomalie n’a été observée dans les gaz (SO2, CO2) et les températures de la caldeira Moku’aweoweo où la température fumerollienne reste stable entre 77 et 78 ° C.

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drapeau anglaisSeveral articles can be currently read on the Internet about Mauna Loa. Some of them are only indicating that the volcano is “showing signs of activity” while others are asking the question “Possibility of Mauna Loa erupting?”

If we refer to HVO’s monthly reports about Mauna Loa, we realise the situation has not much changed during the past months and there does not seem to be the immediate risk of an eruption.

Sure, seismicity continues to be slightly elevated in several parts of the volcano, especially on the Upper Southwest Rift Zone and in the Moku’aweoweo Caldera, but the rates are similar to those seen in previous months. They are above background with approximately 20 earthquakes occurring in January. HVO insists that all these earthquakes have been very small relative to earthquake sequences observed before eruptions in 1975 and 1984.
As far as deformation is concerned, GPS data suggest that inflation continues after a lull in December, but the rates are very low. It should be kept in mind that the re-inflation of Mauna Loa’s shallow magma storage reservoirs started immediately after the1984 eruption. It then turned to deflation for almost a decade. Inflation started again in 2002, after a brief swarm of deep long-period (LP) earthquakes. A more intense swarm of LP events occurred in late 2004. It was followed by a dramatic increase in inflation. Inflation then slowed again in 2006, ceased altogether in late 2009, and resumed slowly in late 2010.

No anomaly has been observed in the gas (SO2, CO2) emissions and temperatures of Moku’aweoweo Caldera. Fumarole temperature continues to stabilize between 77 and 78°C.

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Vue de la caldeira Moku’aweoweo  (Photo:  C.  Grandpey

Quelques frémissements sur le Mauna Loa, mais pas d’éruption en vue pour le moment // Some trembling on Mauna Loa, but no eruption in the short term

drapeau francaisBien qu’il n’y ait aucun signe d’éruption imminente, le HVO a observé une hausse de l’activité sismique sur les flancs et le sommet du Mauna Loa au cours des 13 derniers mois.
Quatre essaims ont été enregistrés depuis mars 2013. Chaque événement a débuté par des secousses au nord-ouest du sommet (Moku’āweoweo Crater), entre 4 et 15 km de profondeur ; ces secousses ont été suivies d’autres à faible profondeur au sommet, quelques jours à un mois plus tard. Elles avaient toutes des magnitudes inférieures à M2.2, sauf pour un événement de M3.5 le 9 mai 2014.
Les essaims récents ne se sont pas accompagnés d’une déformation de la surface du sol, facteur qui signifierait l’intrusion d’importantes quantités de magma à faible profondeur sous le Mauna Loa.
Il faut remarquer que le réseau de surveillance sismique du Mauna Loa a été considérablement amélioré depuis 1984. Les instruments sont maintenant en mesure de détecter et de localiser les très petits séismes, ce qui n’était pas le cas avec le matériel des années 1980. Il est probable que beaucoup de petites secousses observées actuellement n’auraient pas été détectées avant l’éruption de 1984.
Bien que la magnitude et le nombre de séismes observés au cours des 13 derniers mois aient été nettement plus faibles que dans les trois années qui ont précédé l’éruption de 1984, ils se sont produits dans les mêmes secteurs du volcan (voir cartes ci-dessous). L’essaim sismique de septembre-octobre 2013 a eu lieu sur le flanc nord-ouest, au même endroit que l’un des essaims qui se sont produits avant l’éruption de 1984. Le 9 mai 2014, un événement de M 3.5 s’est produit dans la même région de la Southwest Rift Zone que plusieurs événements d’une magnitude égale ou supérieure à M 3 avant l’éruption de 1984.
Un autre paramètre indique qu’une éruption est peu probable à court terme sur le Mauna Loa: Aucun changement significatif n’a été observé dans les émissions de SO2 et de CO2, ainsi que dans la température des fumerolles qui s’échappent du cratère Mokuaweoweo. En mai, ces températures atteignaient une moyenne de 75 à 76 ° C, supérieure toutefois aux 71,7 ° C relevés il y a plusieurs mois.

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drapeau anglaisWhile there are no signs of impending eruption, HVO has recorded an increased level of seismic activity on the flanks and summit of Mauna Loa over the past 13 months.

Four distinct earthquake swarms have occurred since March 2013. Each event began with earthquakes northwest of the summit (Moku‘āweoweo Crater) at 4 to 15 km deep, followed by shallow earthquakes at the summit from several days to one month later. These earthquakes have all been less than M2.2, except for an  M3.5 event on May 9th, 2014.

The recent swarms have not been associated with the deformation of the ground surface that would mean an intrusion of significant amounts of magma into shallow levels beneath Mauna Loa.

The seismic network that monitors Mauna Loa has been significantly improved since 1984. It is now better able to detect and locate smaller earthquakes than the previous equipment. It is likely that many of the small earthquakes that we currently observe would not have been detected by HVO’s seismic monitoring prior to the 1984 eruption.

Though the size and number of earthquakes observed over the past 13 months has been significantly smaller than those observed in the three years prior to the 1984 eruption, they have been occurring in the same general areas of the volcano (see maps below).

The swarm in September-October 2013 occurred on the northwest flank, the same location as one of the swarms that occurred prior to the 1984 eruption. The May 9, 2014, M 3.5 earthquake occurred in the same area of the upper Southwest Rift Zone as many M 3 or greater earthquakes prior to the 1984 eruption.

Another parameter indicates that an eruption is unlikely to occur in the short term on Mauna Loa: No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors in May. Daily average fumarole temperature during the month declined from 76 to 75° C, still not back down though to the 71.7°C average of several months ago.

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Source:  USGS / HVO.

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Moku’āweoweo Crater, un jour de février 1996, sous la neige…  (Photo:  C. Grandpey)

Le CO2 au plus haut! // CO2 at its highest!

drapeau francaisPetite parenthèse parmi toutes les nouvelles volcaniques : Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, et probablement pour la première fois depuis au moins 800 000 ans, le niveau moyen de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère terrestre a dépassé 400 parties par million (ppm) pendant un mois entier.
En effet, les scientifiques de la Scripps Institution of Oceanography de San Diego ont indiqué que la valeur moyenne de CO2 pour le mois d’avril atteignait 401,33 ppm. Chaque journée d’avril a montré une valeur supérieure à 400 ppm .
La référence pour ces mesures est la « courbe de Keeling ». Les premières d’entre elles ont été effectuées à la fin des années 1950 par Charles David Keeling sur le Mauna Loa à Hawaii. Quand il a commencé ses mesures, la quantité de dioxyde de carbone était de 316 ppm.
Il convient de garder à l’esprit que le CO2 est également produit par les plantes. Le niveau de CO2 atteint de ce fait un pic au printemps lorsque les plantes commencent à vivre, puis diminue lorsque elles meurent à l’automne. Le niveau demeurera probablement supérieur à 400 ppm pendant tout le mois de mai avant de tomber en dessous de ce chiffre à la fin de l’été.
Le niveau de CO2 devrait se maintenir définitivement au-dessus de 400 ppm, 12 mois sur 12, dans les prochaines années.
Selon la Scripps Institution qui mesure le niveau de CO2 avec plusieurs autres organismes, y compris la NOAA, au cours des 800 000 dernières années, le niveau de CO2 n’a jamais dépassé 300 ppm. Les traces des niveaux antérieurs de CO2 se cachent dans des échantillons d’air de cette époque lointaine conservés sous forme de bulles dans les carottes de glace de l’Antarctique.

Voici une vidéo montrant l’évolution du CO2 à travers les âges:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UatUDnFmNTY

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drapeau anglaisA short parenthesis among all the volcanic news : For the first time in human history and likely for the first time in at least 800,000 years, the average level of carbon dioxide (CO2) in Earth’s atmosphere topped 400 parts per million for an entire month.

Indeed, scientists at the Scripps Institution of Oceanography in San Diego reported that April’s average CO2 value was 401.33 parts per million (ppm). Each day in April had a reading above 400 ppm.

The reference for the measurements is the « Keeling curve, » with measurements that were initiated in the late 1950s by Charles David Keeling on Mauna Loa in Hawaii. When he first began his measurements, the amount of carbon dioxide was 316 ppm.

One should keep in mind that C02 also is produced by plants. CO2 levels peak in the spring when plants come alive, then drop when the plants die in the autumn. The level will likely stay above 400 ppm throughout May before dropping below that figure later this summer.

We should stay above 400 ppm for good, year-round, within the next few years.

For the past 800,000 years, CO2 levels never exceeded 300 ppm, according to the Scripps Institution, which measures CO2 levels along with several other agencies, including NOAA. Records of past levels of CO2 are found in samples of old air preserved as bubbles in the Antarctic ice cores.

Here is a video showing the evolution of CO2 through the ages:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UatUDnFmNTY

Du Mauna Loa à la planète Mars // From Mauna Loa to Mars

drapeau francaisUne nouvelle odyssée de l’espace a commencé le 28 Mars dans la soirée à Hawaii quand les six membres d’une nouvelle mission de simulation d’exploration spatiale (Hawaii Space Exploration and Analog Simulation – HI-SEAS) sont entrés dans un habitat isolé pour la première nuit d’un « voyage » de quatre mois.
Sous un ciel étoilé du Mauna Loa, le commandant de la mission a verrouillé la porte de l’habitat derrière l’équipage, coupant ainsi tout contact physique avec le monde extérieur pour une durée de 120 jours.
Toutefois, si le monde extérieur est devenu inaccessible, le monde intérieur sera étroitement surveillé. Grâce à des caméras, des systèmes de contrôle électronique, aux  journaux de bord tenus par les membres de l’équipe scientifique et d’autres données, des chercheurs de l’Université d’Hawaii à Manoa garderont en permanence un œil sur cette mission. Ils étudieront en particulier la cohésion du groupe ainsi qu’un large éventail de facteurs cognitifs, sociaux et affectifs. Ils seront attentifs à la façon dont le groupe évolue techniquement et socialement, comment les tâches sont effectuées au sein du groupe avec le temps et dans quelle mesure elles affectent les performances.
Tout cela fait partie d’une recherche financée par la NASA pour comprendre comment les équipes d’astronautes se comporteront en situation d’isolement durant les expéditions de longue durée, comme celles pour atteindre la planète Mars.
Pour un vaisseau spatial inhabité, il faut compter entre 150 à 300 jours pour voyager entre la Terre et la planète rouge. Les scientifiques estiment qu’un voyage habité vers Mars durera environ trois ans, aller et retour. La NASA pense que certains facteurs émotionnels et psychologiques joueront un rôle important pendant ces très longs trajets.
En Juin 2013, la NASA a accordé 1,2 million de dollars à l’Université d’Hawaii à Manoa pour financer au cours des trois prochaines années trois missions spatiales semblables à celle en cours sur le Mauna Loa.
Les membres de l’équipe HI- SEAS vivront dans un dôme de 40 mètres de diamètre alimenté par l’énergie solaire. Le rez-de-chaussée de l’habitat dispose d’une cuisine, d’une salle à manger, d’une salle de bains avec douche, d’un laboratoire, d’un espace de culture physique et d’une pièce commune. Un loft à l’étage offre six chambres minuscules et une salle de bain avec toilette et lavabo.
Un soin particulier a été pris pour assurer l’intégrité de l’environnement de simulation spatiale. Par exemple, les membres de l’équipe subiront un retard de communication de 20 minutes chaque fois qu’ils entreront en contact avec l’équipe au sol, comme cela se produira quand les astronautes devront communiquer avec la Terre depuis la planète Mars.
De même, les membres de l’équipage devront revêtir de faux scaphandres chaque fois qu’ils sortiront de l’habitat. Ces «excursions» copieront celles qui ont déjà eu lieu loin de la Terre, comme les missions Apollo vers la Lune.

Source : Hawaii 24/7.

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drapeau anglaisA new space odyssey began on March 28th in the evening as the six members of the new Hawaii Space Exploration and Analog Simulation (HI-SEAS) mission entered their remote habitat on the first night of a four-month-long journey.

Under the starry night sky on Mauna Loa, the mission commander closed the simulated air lock behind the crew, cutting off all physical contact with the outside world for the next 120 days.

But while the outside world is locked away, the inside world will be closely monitored.

Using surveillance cameras, electronic surveys, crew member diaries and other sources, researchers from the University of Hawaii at Manoa will be keeping an eye on the crew.

Researchers are tracking group cohesion and a wide range of cognitive, social and emotional factors. They are particularly interested in how technical, social, and task roles within the group evolve over time and how they affect performance.

It’s all part of NASA-funded research to understand how teams of astronauts will perform during isolated, long-duration space exploration missions, such as those that will be required for human travel to Mars.

It takes an unmanned spacecraft between 150 to 300 days to travel between Earth and the Red Planet. Scientists estimate that a manned journey to Mars will take around three years to complete round-trip.

NASA believes that different emotional and psychological factors might be more important for longer duration trips.

In June 2013, NASA awarded UH Manoa $1.2 million to support three space analog missions over the next three years.

The HI-SEAS crew members will be living in a solar-powered dome that is 40 metres in diameter. The first floor of the habitat has a kitchen, dining area, bathroom with shower, a lab, and exercise and common spaces. A second floor loft features six tiny bedrooms and a half bath.

Special care has been taken to ensure the integrity of the space analog environment.

For example, crew members experience a 20-minute communications delay whenever they make contact with the ground crew, just as astronauts would when Earth and Mars are at their farthest apart.

Likewise, crew members will suit up in mockup spacesuits whenever they step outside of the habitat. These “excursions” will be modeled after extraterrestrial surface explorations such as those conducted during the Apollo missions to the Moon.

Source : Hawaii 24/7.

HISEAS-Panels

Le dôme, lieu de vie de l’équipe scientifique HI-SEAS sur le Mauna Loa, avec le Mauna Kea en toile de fond.