Iceberg A68a, une menace pour la faune de Géorgie du Sud // A68a, a threat to South Georgia fauna

Dans une note publiée le 27 juillet 2017, j’expliquais que, suite au réchauffement climatique en Antarctique Occidental, une fracture géante s’était ouverte dans la plateforme Larsen C, laissant partir à la dérive un iceberg de la taille de la Lozère. J’ajoutais que ce n’était pas la fin de l’histoire et le début d’une série d’événements plus importants et plus dangereux. Nous en avons la confirmation aujourd’hui.

Connu sous le nom d’A68a, l’iceberg qui s’est détaché de Larsen C se dirige maintenant vers le territoire britannique d’outre-mer de Géorgie du Sud. Il présente à peu près la même taille que cette île de l’Atlantique Sud, et les scientifiques craignent qu’il vienne s’échouer au large d’un refuge faunique. Si c’est le cas, la situation deviendra une grave menace pour les manchots et les phoques qui vivent dans ce secteur. Les couloirs d’alimentation de ces animaux pourraient être bloqués, ce qui les empêcherait de nourrir correctement leurs petits. De plus, toutes les créatures vivant sur le fond marin seraient écrasées là où A68a viendrait jeter l’ancre. Les dégâts ainsi causés seraient très longs à se réparer.

La Géorgie du Sud est une sorte de cimetière pour les plus gros icebergs de l’Antarctique. Ces géants tabulaires dérivent au gré des puissants courants de la région jusqu’à ce que leur base accroche les fonds marins, leur permettant de s’immobiliser.

A68a – qui ressemble à une main avec un doigt tendu – se trouve maintenant à quelques centaines de kilomètres au sud-ouest de la Géorgie du Sud. D’une taille semblable à celle du comté anglais du Somerset (4 200 km2), l’iceberg pèse des centaines de milliards de tonnes. Sa relative minceur (sa partie immergée fait 200 mètres ou moins) signifie qu’il a le potentiel de dériver jusqu’à la côte de la Géorgie du Sud avant de s’immobiliser. Cela aurait des conséquences désastreuses pour la faune, en particulier pour les manchots et les phoques pendant une période cruciale pour eux, celle de l’élevage des bébés et des poussins. Au cours de cette période, la distance réelle qu’ils doivent parcourir pour trouver de la nourriture est d’une importance vitale. S’ils doivent faire un grand détour pour éviter l’iceberg, cela signifie qu’ils ne retourneront pas suffisamment tôt auprès de leurs petits pour éviter qu’ils meurent de faim. Lorsque l’imposant iceberg A38 s’est échoué en Géorgie du Sud en 2004, d’innombrables poussins de manchots et bébés phoques ont été retrouvés morts sur les plages.

Les impacts de l’échouement des icebergs sont multiples, mais ils ne sont pas tous négatifs. Par exemple, les icebergs apportent avec eux d’énormes quantités de poussière qui fertilisent le plancton océanique, et cet avantage se répercute ensuite dans la chaîne alimentaire.

Bien que les images satellite montrent que l’A68a se dirige droit vers la Géorgie du Sud, il pourrait ne pas s’y échouer. Les courants pourraient lui faire accomplir une boucle autour de l’extrémité sud de la Géorgie du Sud, avant de le faire se diriger le long de la bordure du plateau continental et remonter vers le nord-ouest. Les scientifiques disent qu’il est très difficile de dire précisément ce qui va se passer. Les images satellites permettront d’étudier le comportement de l’iceberg. S’il pivote autour de la Géorgie du Sud et se dirige vers le nord, il commencera probablement à se désagréger au contact des eaux océaniques plus chaudes. L’action des vagues en particulier devrait le mettre à mal. Ce serait une bonne nouvelle pour les phoques et les manchots.

Source : Yahoo News.

—————————————–

In a post released on July 27th, 2017, I explained that – as a result of global warming in West Antarctica – a giant crack had opened across the Larsen C ice shelf, letting go an iceberg the size of Lozère. I added that it was not the end of the story and the beginning of a more important, more dangerous series of events. We are getting the confirmation today.

Known as A68a, the iceberg is now bearing down on the British Overseas Territory (BOT) of South Georgia. The Antarctic ice giant has roughly the same size as the South Atlantic island, and there is a strong possibility it could now ground and anchor itself offshore of the wildlife haven. If that happens, it will pose a grave threat to local penguins and seals. The animals’ normal foraging routes could be blocked, preventing them from feeding their young properly. Moreover, all creatures living on the seafloor would be crushed where A68a touched down, a disturbance that would take a very long time to reverse.

The British Overseas Territory is a sort of graveyard for Antarctica’s greatest icebergs. These tabular giants get drawn up from the White Continent on strong currents, only for their keels to then catch in the shallows of the continental shelf that surrounds the remote island.

A68a – which has the look of a hand with a pointing finger (see image below) is now just a few hundred kilometres to the southwest of the BOT. Roughly the size of the English county of Somerset (4,200 km2), the iceberg weighs hundreds of billions of tonnes. But its relative thinness (a submerged depth of perhaps 200m or less) means it has the potential to drift right up to South Georgia’s coast before anchoring. This would have massive implications for where land-based predators might be able to forage. The situation would be vital for penguins and seals during the period that is really crucial to them – during pup- and chick-rearing ; the actual distance they have to travel to find food really matters. If they have to do a big detour, it means they are not going to get back to their young in time to prevent them starving to death in the interim. When the colossus A38 grounded at South Georgia in 2004, countless dead penguin chicks and seal pups were found on local beaches

The potential impacts of iceberg grounding are multi-faceted, and not all negative. For example, icebergs bring with them enormous quantities of dust that will fertilise the ocean plankton around them, and this benefit will then cascade up the food chain.

Although satellite imagery suggests A68a is on a direct path for South Georgia, it might yet escape capture. The currents should take it on what looks like a strange loop around the south end of South Georgia, before then spinning it along the edge of the continental shelf and back off to the northwest. Scientists say it is very difficult to say precisely what will happen. Satellite images will allow to study the iceberg’s behaviour. If it does spin around South Georgia and heads on northwards, it should start breaking up. It will very quickly get into warmer waters, and wave action especially will start killing it off. This would be good news for the penguins.

Source : Yahoo News.

Histoire de la fracturation de la plateforme glaciaire Larsen C

 

Vue satellite de l’iceberg A68a et la Géorgie du Sud à droite

( Source: Copernicus)

Manchots et réchauffement climatique // Antarctica’s penguins and global warming

En mars 2018, faisant référence à une étude publiée dans la revue Nature Climate Change, j’écrivais que le réchauffement de la planète et la surpêche pourraient provoquer en Antarctique la quasi extinction des populations de manchots royaux d’ici la fin du siècle. L’étude expliquait que 70% des manchots royaux – soit 1,1 million de couples – pourraient disparaître ou être contraints de trouver de nouveaux sites de reproduction.

Un an plus tard, en avril 2019, on apprenait que la deuxième plus grande colonie de manchots empereurs avait presque disparu. La colonie de Halley, dans la mer de Weddell, était jusqu’à récemment la deuxième plus importante colonie de manchots empereurs au monde, avec jusqu’à 25 000 couples. Une étude publiée le 25 avril 2019 révélait que la quasi-totalité des poussins nés dans cette colonie étaient morts en raison de la fonte de leur habitat ces trois dernières années.

A côté de ces tristes nouvelles, d’autres font naître un certain optimisme. Un article mis en ligne sur le site Futura Sciences nous apprend que le réchauffement climatique pourrait avoir des retombées positives. Des chercheurs expliquent dans la revue Science Advances qu’en accélérant d’année en année la fonte des glaces en Antarctique, le réchauffement de la planète facilite la vie des manchots Adélie (Pygoscelis adeliae)  .

Les scientifiques ont marqué électroniquement 175 individus durant quatre saisons. Au moment de la disparition de la glace, les manchots se sont déplacés en nageant plutôt qu’en marchant, ce qui est moins énergivore pour eux et leur permet de raccourcir leurs durées de voyage. Il s’ensuit une chaîne de causes à effet : cette nouvelle situation leur permet aussi d’agrandir la zone dans laquelle ils s’alimentent et donc d’ingurgiter davantage de krill. Les adultes mieux nourris ont un plus grand succès de reproduction, et les oisillons ont une meilleure croissance…

—————————————-

In March 2018, referring to a study published in the journal Nature Climate Change, I wrote that global warming and overfishing could push the region’s king penguin populations to the brink of extinction by the end of the century. The study explained that 70% of king penguins – or 1.1 million pairs – could disappear or be forced to find new breeding sites.

A year later, in April 2019, we learned that the second largest emperor penguin colony had almost disappeared. Halley’s colony in the Weddell Sea was, until recently, the second largest emperor penguin colony in the world, with up to 25,000 pairs. A study published on April 25th, 2019 revealed that almost all of the chicks born in this colony had died due to the melting of their habitat in the last three years.

Besides this sad news, others arouse a certain optimism. An article posted on the Futura Sciences website tells us that global warming could have positive repercussions. Researchers explain in the journal Science Advances that by accelerating from year to year the melting of the ice in Antarctica, global warming is making the life of Adelie penguins (Pygoscelis adeliae) easier.
Scientists electronically tagged 175 individuals over four seasons. When the ice disappeared, the penguins moved by swimming rather than walking, which is less energy-consuming for them and allows them to shorten their journey times. There is a chain of cause and effect: this new situation also allows them to enlarge the area in which they eat and therefore to ingest more krill. Better-nourished adults have greater reproductive success, and chicks have better growth …

Manchots d’Adélie (Crédit photo : Wikipedia)

Le recul des glaciers de Heard Island // The retreat of glaciers on Heard Island

Heard Island est une île montagneuse de 368 kilomètres carrés qui fait partie du Territoire australien des îles Heard et McDonald. Elle se trouve à environ 4 100 km au sud-ouest de Perth et à 3 845 km au sud-ouest du Cap Leeuwin en Australie. 41 glaciers recouvrent les montagnes et 80% de l’île sont occupés par la glace. Heard Island est dominée par Mawson Peak, un complexe volcanique de 2 745 mètres d’altitude qui fait partie du massif du Big Ben. Une image satellite datant de juillet 2000 fournie par l’Université d’Hawaï montrait une coulée de lave active de 2 km de long partant du sommet de Big Ben.
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les glaciers de l’île. D’une manière générale, nous savons que la fonte des glaciers façonne de nouveaux paysages et crée parfois de nouvelles opportunités pour la faune. C’est ce qui se passe à Heard Island où les glaciers Winston, Brown et Stephenson ont tous reculé considérablement depuis 1947, année où les premières cartes fiables ont localisé leurs fronts avec exactitude.
Le recul des glacier Stephenson et Winston (voir la carte ci-dessous) a été documenté de 2001 à 2018, ainsi que l’agrandissement de la lagune qui en a résulté.
Le recul du glacier Stephenson a commencé en 1971, date à laquelle son front s’est éloigné d’un kilomètre de la côte sud et de plusieurs centaines de mètres du côté nord.
En 1980, ce recul a entraîné la formation du lagon Stephenson.
En 2001, le glacier Stephenson avait deux branches distinctes se terminant dans deux lagons distincts, le Doppler au sud et le Stephenson à l’est. Il y avait de nombreux icebergs dans le lagon Doppler mais aucun dans le lagon Stephenson, preuve que le recul était en cours. Le glacier Winston terminait sa course là où le lagon s’élargissait.
En 2008, les deux lagons devant le glacier Stephenson étaient reliées dans la partie est par un étroit chenal ; ils étaient remplies d’icebergs suite à l’effondrement de la partie terminale du glacier.
En 2010, le glacier Stephenson n’atteignait plus le lagon Stephenson et, comme le glacier Winston en 2001, il se terminait dans le point étroit où le glacier entrait dans le lagon principal.
En 2018, le glacier Stephenson n’entrait plus dans le lagon principal. Le bras nord du glacier avait connu un recul de 1,8 km entre 2001 et 2018 et le bras sud s’était retiré de 3,5 km. Le lagon était dépourvu de glace pour la première fois depuis plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires. La période de recul rapide due au vêlage d’icebergs dans le lagon était terminée et le glacier reculait maintenant plus lentement.
Le glacier Winston a reculé de 600 mètres entre 2001 et 2018. L’agrandissement global du lagon a été limité car le glacier s’est retiré dans une crique d’une largeur de 500 mètres.
La population de manchots royaux a fortement augmenté entre les années 1940 et le 21ème siècle, tandis que les effectifs de gorfous sauteurs, de manchots papous et de gorfous macaronis ont diminué au cours de la même période.
L’expansion des lagons Stephenson et Winston a été importante pour la faune, les manchots royaux et des cormorans ont également été observés. Le recul de ces glaciers sur Heard island suit un schéma de recul identique à celui d’autres glaciers situés sur des îles de la région antarctique: la Calotte glaciaire Cook à Grande Terre, l’île principale de l’archipel des Kerguelen ; les glaciers Hindle et Neumayer en Géorgie du Sud.
Source: AGU 100.

——————————————————–

Heard Island is a 368-square-kilometre bleak and mountainous island which belongs to the Australian Territory of Heard Island and McDonald Islands. It is located approximately 4,100 km southwest of Perth and 3,845 km southwest of Cape Leeuwin, Australia. Its mountains are covered by 41 glaciers and the island is 80% covered with ice. It is dominated by Mawson Peak, a 2,745-metre-high complex volcano which forms part of the Big Ben massif. A July 2000 satellite image provided by the University of Hawaii showed an active 2-kilometre-long lava flow travelling from the summit of Big Ben.

What interest us here is the glaciers of the island. More generally, we know that the melting of glaciers shapes new landscapes and sometimes creates new opportunitiess for the wildlife. This is what is happening on Heard Island where the Winston, Brown and Stephenson Glacier have all retreated substantially since 1947, a year when the first good maps of their terminus are available.

The retreat of the Stephenson Glacier and the Winston Glacier (see map below) has been studied from 2001 to 2018, together with the consequent lagoon expansion.

The retreat of the Stephenson Glacier began by 1971 when it retreated 1 km from the south coast and several hundred meters on its northern side.

This retreat by 1980 caused the formation of Stephenson Lagoon.

In 2001, the Stephenson Glacier had two separate branches terminating in two separate lagoons, Doppler to the south and Stephenson to the east. There were numerous icebergs in Doppler lagoon but none in Stephenson Lagoon, indicating the retreat was underway. Winston Glacier terminated where the lagoon widened.

In 2008, the two lagoons in front of the Stephenson Glacier were joined with a narrow eastern channel; the lagoons were filled with icebergs as a terminus collapse was underway.

By 2010, the Stephenson Glacier had retreated from the main Stephenson Lagoon, and like the Winston Glacier in 2001 terminated at narrow point where the glacier entered the main lagoon.

By 2018, the Stephenson Glacier had retreated from the main lagoon, the northern arm of the glacier experienced a 1.8 km retreat from 2001 to 2018 and the southern arm a 3.5 km retreat.  The lagoon was free of ice for the first time in several centuries if not several millennia. The period of rapid retreat due to calving of icebergs into the lagoon was over and the retreat rate would now be slower.

The Winston Glacier retreated 600 metres from 2001-2018.  The overall lagoon expansion has been limited as the glacier retreated up an inlet that is 500 metres wide.

The population of king penguins increased sharply from the 1940s into the 21st century, while rockhopper, gentoo and macaroni penguin numbers declined over the same period.

The expansion of both the Stephenson Lagoon and the Winston Lagoon has been important for wildlife, king penguins, and cormorants have also been observed.  The retreat of these glaciers follows the pattern of glacier retreat at other glaciers on islands in the circum-Antarctic region: Cook Ice Cap on Kerguelen Island,  Hindle Glacier and Neumayer Glacier in South Georgia

Source: AGU 100.

Vue de Heard Island et de ses glaciers (Source : Australian Antarctic Division)

Images fournies par le satellite Landsat et montrant le recul des glaciers Stephenson et Winston au cours des dernières années.

Le volcan et les manchots // The volcano and the penguins

Selon une nouvelle étude réalisée par le British Antarctic Survey et publiée dans Nature Communications, l’une des plus grandes colonies de manchots papous sur l’Ile Ardley, près de la Péninsule Antarctique, a été décimée à plusieurs reprises par des éruptions volcaniques au cours des 7000 dernières années. Les chercheurs ont étudié le guano déposé autrefois par les manchots et ont constaté que la colonie avait plusieurs fois frôlé l’extinction à cause des retombées de cendre d’un volcan sur l’Ile de la Déception située à environ 120 km au sud-ouest d’Ardley.
L’Ile Ardley héberge actuellement une colonie d’environ 5000 couples de manchots papous. Grâce à l’analyse chimique du guano extrait des carottes de sédiments provenant d’un lac de l’île, les chercheurs ont découvert l’histoire de la colonie. Les conditions climatiques sur l’Ile Ardley ont généralement été favorables aux manchots au cours des 7000 dernières années et l’équipe scientifique s’attendait à ce que la colonie affiche des fluctuations mineures suite au changement climatique et aux variations de la glace de mer qui l’accompagnent. Au final, ils ont constaté que le volcan sur l’Ile de la Déception a eu un impact beaucoup plus important que prévu.
Lorsque les chercheurs ont commencé à examiner les carottes de sédiments, ils ont été frappés par la forte odeur du guano dans certaines strates et ils ont pu voir parfaitement les couches de cendre volcanique en provenance de l’Ile de la Déception. En procédant à l’analyse chimique des sédiments, ils ont pu estimer le nombre de manchots sur l’Ile Ardley tout au long de la période et voir dans quelle mesure les oiseaux ont été affectés par les éruptions. Au moins trois fois au cours des 7000 dernières années, la population de manchots a été d’un ordre de grandeur semblable à aujourd’hui, mais elle a presque totalement disparu après chacune des trois grandes éruptions volcaniques. Il a fallu, en moyenne, entre 400 et 800 ans pour que la colonie se reconstitue durablement.
L’étude révèle l’impact sévère que les éruptions volcaniques peuvent avoir sur les manchots et à quel point il est difficile pour une colonie de se reconstituer complètement. Une éruption peut enfouir les poussins sous de la cendre ; alors que les adultes peuvent nager, les poussins sont trop jeunes pour survivre dans les eaux très froides. Les sites de nidification peuvent également être recouverts par la cendre et rester inhabités pendant plusieurs siècles.
Les techniques mises en pratique dans cette étude permettront aux scientifiques de modéliser les changements intervenus dans le passé dans la taille des colonies et prévoir comment d’autres colonies de manchots pourraient être affectées ailleurs, comme les manchots à jugulaire sur l’île de Zavodovski, menacés par les éruptions du volcan Mt Curry en 2016.
Jusqu’à présent, les changements intervenus dans les populations de manchots de la Péninsule Antarctique avaient été attribués à la variabilité climatique et aux fluctuations de la glace de mer, mais l’impact potentiellement dévastateur sur le long terme de l’activité volcanique n’avait jamais été pris en compte.
Source: British Antarctic Survey.

————————————

According to a new study by the British Antarctic Survey published in Nature Communications, one of the largest colonies of gentoo penguins on Ardley Island, near the Antarctic Peninsula, was decimated by volcanic eruptions several times during the last 7,000 years. The researchers studied ancient penguin guano and found the colony came close to extinction several times due to ash fall from Deception Island volcano, situated roughly 120km to the southwest of Ardley.

Ardley Island is currently home to a population of around 5,000 pairs of gentoo penguins. Using new chemical analyses of penguin guano extracted in sediment cores from a lake on the island, the researchers could discover the history of the penguin colony. Climate conditions around Ardley Island have been generally favourable for penguins over the last 7,000 years and the team had expected the local population to show minor fluctuations in response to changes in climate or sea ice. The surprising result was that the nearby Deception Island volcano had a far greater impact than originally anticipated.

When the researchers first examined the sediment cores, they were struck by the intense smell of the guano in some layers and they could also clearly see the volcanic ash layers from nearby Deception Island. By measuring the sediment chemistry, they were able to estimate the population numbers throughout the period and see how penguins were affected by the eruptions. On at least three occasions during the past 7,000 years, the penguin population was similar in magnitude to today, but was almost completely wiped out locally after each of three large volcanic eruptions. It took, on average, between 400 and 800 years for it to re-establish itself sustainably.

The study reveals the severe impact volcanic eruptions can have on penguins, and just how difficult it can be for a colony to fully recover. An eruption can bury penguin chicks in toxic ash, and while the adults can swim away, the chicks may be too young to survive in the freezing waters. The nesting sites can also be buried, and may remain uninhabitable for hundreds of years.

The techniques developed in this study will help scientists to reconstruct past changes in colony size and potentially predict how other penguin populations may be affected elsewhere, like the chinstrap penguins on Zavodovski Island, which were disturbed by eruptions from the Mt Curry volcano in 2016.

Changes in penguin populations on the Antarctic Peninsula have been linked to climate variability and sea-ice changes, but the potentially devastating long-term impact of volcanic activity has not previously been considered.

Source: British Antarctic Survey.

Source: British Antarctic Survey

Manchot papou (Crédit photo: Wikipedia)

Manchot à jugulaire (Crédit photo: Wikipedia)