Stromboli (Sicile / Italie)

   En consultant les webcams du Stromboli, je viens de me rendre compte qu’une belle coulée de lave est en train de descendre le long de la Sciara del Fuoco, phénomène confirmé par la caméra thermique.

 

   While having a look at the Stromboli webcams, I could see the a nice lava flow was travelling down the Sciara del Fuoco! This is confirmed by the thermal camera.

Stromboli-coulee

Puyehue (Chili)

   Souvenez-vous: Entre juin 2011 et avril 2012, le Puyehue était en éruption. Il émettait une volumineuse coulée de lave recouvrant une surface de 16 km2 sur une épaisseur moyenne de 30 mètres. La lave est de l’obsidienne, un matériau brillant et tranchant, dont les propriétés vitreuses uniques sont dues à sa structure désordonnée : les atomes sont répartis de manière irrégulière, comme pour un liquide. Alors que les matériaux cristallins comme la glace, les diamants ou le granit ont leurs atomes disposés selon des motifs répétitifs, l’obsidienne et les autres types de verre présentent une disposition irrégulière car les atomes ont été figés sur place pendant le processus de solidification du matériau.
Une équipe de géologues qui a visité le Puyehue en janvier 2013 a découvert que la lave continuait d’avancer alors que l’éruption est terminée. Contrairement aux roches cristallines, la structure de l’obsidienne n’est pas complètement rigide ; elle peut continuer à s’écouler, même à l’état solide. Plus la température est élevée, plus la déformation du verre sera rapide, en particulier près de son point de fusion. L’un des scientifiques a décrit le bruit produit par la coulée d’obsidienne en train d’avancer comme une succession de bruits de fractures, comme dans un bol géant de rice crispies. L’intérieur de la coulée de lave, encore très chaud et isolé par une enveloppe de roche solidifiée, permet à la coulée de continuer à avancer très doucement sur la pente du volcan.

L’image satellite ci-dessous montre la coulée d’obsidienne du Puyehue le 13 janvier 2013. Le gris foncé de la lave se détache sur la cendre gris clair qui l’entoure.

 

   Just remember: From June 2011 until April 2012, Puyehue volcano erupted a massive lava flow that covered roughly 16 square kilometres with a thickness of 30 metres. The lava is obsidian – sharp-edged and lustrous – whose unique glassy properties result from a disordered structure: the atoms are irregular, like a liquid. Whereas crystalline materials like ice, diamonds, or granite have atoms arranged in repeating patterns, obsidian and other types of glass retain an irregular pattern because the atoms are frozen in place as the material solidifies.
A team of geologists visiting Puyehue in January 2013 discovered that the lava was still in motion even though the eruption had stopped. Unlike a crystalline rock, obsidian is not completely rigid: it can flow, even when solid. The higher the temperature, the faster a glass will deform, especially near its melting point. One of the scientists described the sound of the advancing obsidian lava as a succession of fracturing sounds, as if a giant bowl of rice crispies. The hot interior of the lava flow, insulated by a shell of solidified rock, allowed it to continue to ooze downhill.

The natural-colour satellite image shows Puyehue’s obsidian flow on January 13th , 2013. The dark grey lava stands out against the light grey ash that covers surrounding areas.

Puyehue-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

   A noter qu’il existe des coulées d’obsidienne spectaculaires en d’autres endroits du monde, comme la Big Obsidian Flow dans le Newberry National Volcanic Monument (Oregon / Etats Unis).

   There are other obsidian flows elsewhere in the world. One of the most dramatic is the Big Obsidian Flow in the Newberry National Volcanic Monument (Oregon / United States).

Big-Obsidian-Flow

The Big Obsidian Flow  (Photo:  C. Grandpey)

Kilauea Iki (Hawaii / Etats Unis)

   Au cours du mois de Janvier, le HVO a rappelé les principaux événements observés depuis la création de l’Observatoire en 1912. Il y a quelque temps, un article était consacré à l’éruption du Mauna Loa en 1984. Cette semaine, c’est l’éruption du Kilauea Iki (le petit Kilauea) en 1959 qui est sous les projecteurs
L’éruption a débuté le 14 novembre 1959 vers 20 heures par l’ouverture d’une fracture dans la paroi sud du cratère. En moins de 24 heures, l’éruption s’est concentrée sur une bouche unique avec une fontaine déversa sa lave dans le cratère jusqu’au 21 novembre. Après une pause de quelques jours, l’éruption reprit de plus belle avec 16 épisodes de fontaines de lave séparés par des courtes pauses. L’une de ces fontaines est la plus spectaculaire jamais observée sur le Kilauea, avec une hauteur estimée à 580 mètres ! L’éruption a pris fin le 20 décembre de la même année.
Cette éruption du Kilauea Iki est importante pour le HVO car l’Observatoire venait d’installer de nouveaux instruments de mesure de la sismicité et de la déformation du volcan qui ont donc pu être testés au cours de cet événement. C’est ainsi que les nouveaux sismos ont détecté des secousses à 55 km sous le sommet du Kilauea à partir d’août 1959. C’était la première fois que les scientifiques obtenaient des indications sur la profondeur de la source magmatique du volcan. Quelques semaines plus tard, les nouveaux tiltmètres détectaient un gonflement de l’édifice, signe d’une ascension magmatique.
La lave envahit rapidement le cratère du Kilauea Iki dans les jours qui suivirent le début de l’éruption. Une fois celle-ci terminée, les volcanologues purent continuer à étudier la lave encore fluide qui se dissimulait sous la croûte solidifiée. De nombreux prélèvements furent effectués entre 1960 et 1988. La lave a fini de se solidifier complètement vers le milieu des années 1990. A noter qu’aujourd’hui encore, de petits panaches de vapeur s’échappent du plancher du Kilauea Iki.
En janvier 1960, quelques semaines après que le Kilauea Iki se soit calmé, une éruption d’une durée d’un mois affecta le district de Puna et détruisit la petite ville de Kapoho. Beaucoup de scientifiques considèrent les éruptions du Kilauea Iki et de Kapoho comme un seul et même événement car le volcan continuait à gonfler après la fin de l’éruption du premier nommé. Cette hypothèse est confirmée par les analyses de la lave, identiques sur les deux sites. Cette similitude prouve que le sommet du Kilauea et l’East Rift Zone sont reliés par un conduit continu permettant au magma de parcourir en quelques semaines la soixantaine de kilomètres qui sépare le sommet de la pointe orientale de la Grande Ile.
C’est grâce à toutes ces observations et déductions que les scientifiques du HVO ont pu modéliser l’alimentation en magma du Kilauea, son stockage et son transport sous le volcan. Cette modélisation est encore largement acceptée de nos jours.

 

   During the month of January, the HVO reminded people of the major events that have occurred since the creation of the Observatory in 1912. Some time ago, an article was devoted to the eruption of Mauna Loa in 1984. This week, it is the eruption of Kilauea Iki (Little Kilauea) in 1959 which is under the spotlight
The eruption began  on 14 November 1959  at  about 20:00 with the opening of a fracture in the south wall of the crater. In less than 24 hours, the eruption concentrated on a single vent with a fountain pouring its lava in the crater until 21 November. After a break of a few days, the eruption started again with 16 episodes of lava fountains separated by short breaks. One of these fountains was the most spectacular ever seen on Kilauea, with an estimated height of 580 meters! The eruption ended on 20 December of the same year.
This eruption of Kilauea Iki was important for the HVO as the Observatory had just installed new instruments for measuring seismicity and deformation of the volcano which could be tested during this event. Thus, the new sismos detected earthquakes at 55 km beneath the summit of Kilauea from August 1959. It was the first time scientists obtained information on the depth of the magma source of the volcano. A few weeks later, the new tiltmeters detected swelling of the building, a sign of magma ascent.
The lava rapidly invaded the Kilauea Iki Crater in the days following the onset of the eruption. Once it was over, volcanologists could continue to explore the still fluid lava that was concealed beneath the solidified crust. Many samples were collected between 1960 and 1988. Lava solidified completely in the mid 1990s. Even today, small plumes of steam are escaping from the Kilauea Iki floor.
In January 1960, a few weeks after the Kilauea Iki eruption calmed down, a month-long eruption affected the Puna district and destroyed the town of Kapoho. Many scientists consider the eruptions of Kilauea Iki and Kapoho as a single event as the volcano continued to swell after the eruption of the former. This hypothesis was confirmed by the analyses of the lava which was the same on both sites. This similarity shows that the summit of Kilauea  and the East Rift Zone are connected by a continuous conduit allowing the magma to travel in a few weeks  along the sixty kilometers between the summit and the eastern tip of the Big Island.
Thanks to these observations and deductions, HVO scientists were able to model the Kilauea magma supply, storage and transport under the volcano. This model is still widely accepted today.

 

Kilauea-Iki-01

Le Kilauea Iki aujourd’hui  (Photo: C. Grandpey)

Alimentation-Kilauea

L’alimentation magmatique du Kilauea et de l’East Rift Zone   (Avec l’aimable autorisation du HVO)

Reventador (Equateur)

   L’activité du Reventador reste intense. Le nouveau dôme sommital continue à croître et à générer des explosions tandis que des coulées de lave sont observées sur la partie supérieure de l’édifice volcanique.
La sismicité reste élevée avec une moyenne de 20 événements par jour liés à des mouvements de fluides à l’intérieur du volcans, et 29 événements liés à des phénomènes explosifs.
Depuis le mois de novembre 2002, le Reventador a fait alterner les périodes de forte et de faible activité. Une hausse de l’activité sismique et éruptive a été observée le 21 janvier 2013, ainsi qu’une incandescence dans le cratère et sur les flancs du volcan entre le 21 et le 23 de ce même mois.
Au cours d’un survol effectué le 29 janvier, les scientifiques de l’IGEPN ont pu constater que l’incandescence provenait d’une nouvelle coulée de lave sur le versant SE. Cette coulée, qui avait une largeur d’environ 350 mètres et une longueur d’1,1 km, continuait à avancer. D’autres coulées, plus petites, étaient apparues sur les flancs N et S du volcan.
Comparé à sa morphologie de novembre 2012, le dôme a considérablement grossi. Il dépasse la lèvre E du cratère d’au moins 100 mètres.
Depuis novembre 2002, le volcans a produit une vingtaine de coulées de lave, essentiellement dans les secteurs N, S et SE. Ces coulées n’ont pas dépassé l’enceinte de la caldeira, qui est inhabitée.
Source : Instituto Geofisico.

 

   The activity of Reventador remains intense. The new summit lava dome continues to grow and produce explosions and feed active lava flows on the upper flank.
Seismic activity remains elevated, with a daily average of 20 earthquakes related to fluid movement inside the volcano, and a daily average of 29 explosions.
Since November 2002, Reventador’s activity has been characterized by periods of high and low activity levels. A marked increase of seismic and eruptive activity occurred on January 21st. Incandescence in the crater and on the flanks of the volcano was reported during the nights between January 21st and 23rd.
During an overflight performed on January 29th, it was found that the reported incandescence came from a new lava flow on the SE flank, which had a width of about 350 metres and a length of approximately 1.1 km and continued to advance. There were also smaller lava flows, less than 200 metres long, on the N and S sides.
Compared to the situation in past November, the lava dome in the summit crater has significantly increased its size. Its present height exceeds the eastern summit by at least 100 metres.
Since November 2002, the volcano has produced over 20 lava flows, mainly on the north, south and southeast flanks. They have remained inside the caldera.
Source : Instituto Geofisico.

Reventador-coulee

Image thermique de la coulée sur le versant SE du Reventador

(Avec l’aimable autorisation de l’IGEPN)