Kilauea (Hawaii) : La situation et un rappel des risques // The situation and a reminder of the risks

drapeau-francaisL’éruption du Kilauea continue. Suite à un épisode de déflation (une nouvelle phase d’inflation vient de commencer), le niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u a baissé et se trouve actuellement à une vingtaine de mètres au-dessous du plancher du cratère. Il convient de noter que cette chute du niveau de lave a provoqué – comme souvent dans cette situation – plusieurs effondrements des parois du cratère. Ces effondrements peuvent déclencher des explosions et expédier des matériaux à très haute température loin autour de la lèvre du cratère principal.
La lave entre toujours dans l’océan près de Kamokuna. Le HVO rappelle au public les dangers associés à l’entrée de lave.
D’une part, le nouveau delta de lave est extrêmement instable. Des effondrements peuvent se produire sans prévenir, faisant parfois disparaître dans la mer des dizaines d’hectares de delta. Lorsque cela se produit, des explosions peuvent projeter des matériaux sur des centaines de mètres, à la fois vers l’intérieur des terres et vers le large, tout en envoyant d’énormes vagues d’eau chaude sur le littoral.
Les tunnels de lave superficiels représentent un autre danger, surtout à l’intérieur des terres, à proximité de l’entrée de la lave dans l’océan.. En effet, la voûte de ces tunnels peut être structurellement faible par endroits. Il est donc très risqué de marcher à ces endroits, d’autant que les tunnels sont sources d’émissions de SO2.
Un autre danger réside dans le panache en provenance de l’endroit où la lave rencontre l’océan. Cette brume de lave (« laze » – lava haze – en anglais) provient du contact entre la lave et l’eau de mer. Ce nuage de couleur blanche est nocif car il est composé d’un mélange de vapeur d’eau de mer acide, d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre volcanique. Les visiteurs doivent éviter ce panache, même en bordure, car il peut provoquer des irritations de la peau et des yeux, ainsi que des problèmes respiratoires. Lorsque soufflent les alizés – normalement pendant environ 80 pour cent de l’année – le panache se dirige, entre la nuit et le petit matin, vers la mer et est donc inoffensif. En revanche, à partir du milieu de la matinée jusqu’à la fin d’après-midi, les alizés qui balayent le flanc sud du Kilauea rabattent le panache vers le rivage, ce qui entraîne une mauvaise qualité de l’air pour les visiteurs du Parc National venus assister au spectacle du mariage de la lave et de l’eau.
Si vous êtes à Hawaii ou avez l’intention d’y aller, prenez soin de vous !

—————————————

drapeau-anglaisThe eruption continues at Kilauea volcano. Due to a deflation episode (another inflation phase has just started), the level of the lava lake within Halema’uma’u Crater has dropped to about 20 metres below the crater floor. It should be noted that the dropping lava level triggered several collapses of solidified lava that had adhered to the crater walls. Such collapses may trigger explosions and send hot material around the main crater rim.

Lava is still flowing into the ocean near Kamokuna. HVO reminds the public of the dangers associated with the lava entry.

For one thing, the new lava delta is extremely unstable. Delta collapses occur without warning, sometimes sending tens of hectares of the delta plunging into the sea. When this happens, it can trigger explosions that hurl rocks hundreds of meters, both inland and seaward, and send huge waves of scalding water onto the coastline.

Another danger is the near-surface lava tubes directly inland of the coastal entry, which transport lava to the ocean. The ground surface above them can be structurally weak in spots, which makes it dangerous to walk over them and causes the tubes to leak noxious SO2 gas.

Another danger lies with the ocean entry plume that drifts downwind of where lava meets the sea. This “laze” (short for lava haze) plume, a byproduct of the lava-ocean interaction, is formed as hot lava boils seawater to dryness. The process leads to a series of chemical reactions that result in the formation of a billowing white cloud composed of an irritating mixture of condensed, acidic seawater steam, hydrochloric acid gas, and tiny shards of volcanic glass. Visitors should avoid this plume, as even the wispy edges of it can cause skin and eye irritation and breathing difficulties. During prevailing trade wind conditions –normally greater than about 80 percent of the year – air flow from nighttime through early morning carries this noxious ocean entry plume off shore and out to sea. By contrast, from mid-morning through late afternoon, trade winds that flow on Kilauea’s south flank carries the plume onshore and along the coast, resulting in poor air quality for National Park visitors hoping to catch the ocean entry lava show.

Take care!

panache-hawaii

Photo: C. Grandpey

Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) et du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisÀ Hawaii, l’éruption continue au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone. Les inclinomètres au sommet enregistrent un nouvel épisode d’inflation de l’édifice volcanique et le niveau du lac de lave réagit à ce gonflement du volcan. Sa surface se trouve à environ 11 mètres au-dessous du plancher de l’Halema’uma’u et il ne serait pas surprenant qu’un débordement soit observé dans les heures ou les jours à venir.
Le HVO indique qu’il n’y a pas eu de changements significatifs dans le secteur du Pu’uO’o au cours des derniers jours. La sismicité et la déformation sont assez stables.
La coulée de lave 61g continue d’entrer dans l’océan près de Kamokuna, avec deux entrées principales qui forment des deltas. Des sorties de lave continuent à être observées sur la plaine côtière à environ 2 km en amont de l’entrée de la coulée dans l’océan.
Source: HVO.

hawaii-14-septembreLe lac de lave est parfaitement visible depuis le Jaggar Museum.

Pendant ce temps, l’éruption se poursuit d’une manière stable au Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. A en juger par les images des webcams, des fontaines de lave jaillissent toujours de la fracture éruptive ; elles alimentent des coulées qui se dirigent vers les Grandes Pentes. L’Observatoire indique que la lave jaillit jusqu’à 20-30 mètres de hauteur. Deux cônes sont en cours d’édification le long de la fissure éruptive.

piton-14-sept

——————————————————-

drapeau-anglaisIn Hawaii, Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from its East Rift Zone. Summit tiltmeters are recording a new episode of inflationary tilt, and the level of the summit lava lake is rising accordingly slightly. Its surface is about 11 metres below the floor of Halema’uma’u and it would not come as a surprise if an overflow took place in the coming hours or days.
HVO indicates that there have been no noteworthy geological changes at Pu’uO’o over the past days. Seismicity and deformation are quite stable.

The 61g lava flow, continues to supply lava to the ocean near Kamokuna, with two main entry areas, both forming lava deltas.. Breakouts remain active on the coastal plain about 2 km inland from ocean entry.

Source: HVO.

Meantime, the eruption is going on in a stable way at the Piton de la Fournaise on Reunion Island. Judging from the webcam images, lava fountains are still rising from the eruptive fissure and feeding lava flows that travel towards the Grandes Pentes. The Observatory indicates that lava shoots up to 20-30 metres high. Two cones are being built along the eruptive fissure.

 

Le volcanisme à la surface de Io, lune de Jupiter // Volcanisme on Io, Jupiter’s moon

drapeau-francaisEn février 2001, une éruption s’est produite sur le volcan Surt sur Io, la lune de Jupiter, et a développé une énergie estimée à 78 000 gigawatts. En comparaison, l’éruption de l’Etna en 1991-1994 a été estimée à 12 gigawatts. Au plus fort de l’éruption, observée par le télescope WM Keck II sur le Mauna Kea à Hawaï, cette puissance a presque égalé la celle combinée de tous les volcans actifs de Io.
L’éruption de Surt semble avoir couvert une superficie de 1900 kilomètres carrés, plus grande que toute la ville de Londres. L’énergie enregistrée indique qu’il s’agissait d’une violente éruption, avec des très hautes températures. Les éruptions qui produisent ce type de signature thermique présentent des fontaines de lave de plusieurs kilomètres de hauteur, avec de vastes coulées de lave à la surface.
Le volcanisme de Io a été observé pendant les huit dernières années par la sonde Galileo et maintenant, avec l’avènement de nouveaux systèmes optiques, il est contrôlé par les astronomes en poste dans les observatoires Keck et Gemini à Hawaii.
A cause d’une résonance orbitale avec deux de ses lunes voisines, Europe et Ganymède, Io est soumise à une pression permanente. Le frottement qui en résulte chauffe l’intérieur de la lune suffisamment pour créer un océan de magma à seulement 50 kilomètres sous sa surface. Il est probable que cette asthénosphère partiellement fondue fournit la source de lave basaltique qui alimente les éruptions de centaines de volcans à la surface de Io.
L’activité volcanique de Io a été suivie au cours des 35 dernières années par des observatoires terrestres, le télescope spatial Hubble, et plusieurs sondes qui ont visité Jupiter au fil des ans. Malheureusement, le dernier véhicule spatial à avoir visité le système de Jupiter était la sonde New Horizons il y a sept ans ; le prochain sera le Jupiter Icy Moon Explorer (JUICE) lancé par l’Agence Spatiale Européenne, qui n’arrivera pas à destination avant 2030.
Beaucoup des volcans de Io sont permanents, ce qui signifie qu’ils maintiennent des niveaux et des styles d’activité relativement constants pendant des années, voire des décennies. Parmi eux figurent Pele, un lac de lave dont la croûte mince est régulièrement brassée par les gaz, et Prométhée, un champ de lave qui chauffe le dioxyde de soufre à l’état de glace qui se trouve en dessous pour produire un panache de gaz et de poussière de 100 kilomètres de hauteur.
et en forme de parapluie.
Beaucoup de lacs et champs de lave d’Io (certains atteignent 300 kilomètres de longueur) sont permanents, mais ils peuvent montrer des fluctuations significatives d’activité. A côté de cela, certains volcans peuvent rester au repos pendant des années avant de connaître des éruptions soudaines et brutales. Ces éruptions peuvent démarrer à partir de fractures dans la croûte de Io et générer des fontaines de lave jaillissant jusqu’à un kilomètre dans l’espace avant de retomber sur le sol et produire de gigantesques coulées de lave. Des observations récentes ont révélé trois éruptions de ce type dans un intervalle de deux semaines en août 2013 à Rarog Patera, Heno Patera, et un volcan sans nom situé à 350 kilomètres à l’ouest de Isum Patera.
Source: The Daily Galaxy.

————————————

drapeau-anglaisIn February 2001 an eruption from the Surt volcano on Io, Jupiter’s moon, occurred with an estimated output of 78,000 Gigawatts. By comparison, the 1991-94 eruption of Mt Etna in Sicily was estimated at 12 Gigawatts. During its peak, observed by the WM Keck II Telescope on Hawaii Mauna Kea, its output almost matched the eruptive power of all of Io’s active volcanoes combined.

The Surt eruption appears to cover an area of 1,900 square kilometres, which is larger than the entire city of London. The observed energy indicates the presence of a vigorous, high-temperature volcanic eruption. The kind of eruption to produce this thermal signature has incandescent fire fountains of molten lava which are kilometres high, accompanied by extensive lava flows on the surface.

Io’s volcanism has been monitored for the last eight years by the Galileo spacecraft and now, with the advent of adaptive optics systems, by Earth-bound astronomers such as those at the Keck and Gemini Observatories.

Thanks to an orbital resonance with two of its neighboring moons, Europa and Ganymede, Io is continuously squeezed. The resulting friction heats Io’s interior enough to create a mushy magma ocean only 50 kilometres beneath its surface. It is likely that this partially molten asthenosphere provides the source for basaltic silicate lava that erupts at hundreds of volcanoes across Io’s surface.

This volcanic activity has been monitored over the last 35 years by ground-based observatories, the Hubble Space Telescope, and several spacecraft that have visited Jupiter over the years. Unfortunately, the most recent spacecraft to visit the Jupiter system was New Horizons seven years ago and the next spacecraft to visit the system, the European Space Agency’s Jupiter Icy Moon Explorer (JUICE), will not arrive until 2030.

Many of Io’s volcanoes are persistent, meaning they maintain relatively consistent levels and styles of activity for years or even decades. Examples include Pele, a lava lake whose thin crust is regularly broken up by churning from below, and Prometheus, a lava flow field that heats up the sulfur dioxide frost below it to produce an umbrella-shaped plume of gas and dust 100 kilometres tall.

Many of Io’s lava lakes and lava flow fields (some reaching 300 kilometres in length) are persistent, but can show significant fluctuations in activity. However, some volcanoes are much less regular in their volcanic activity, remaining quiescent for years before experiencing “outburst” eruptions. These outbursts can begin suddenly, starting at fissures in Io’s crust, and generate fire fountains that can jet lava up to a kilometre into space before falling back to the ground to produce extensive lava flows. Recent observations revealed three outburst eruptions over the course of two weeks in August 2013 at Rarog Patera, Heno Patera, and an unnamed volcano 350 kilometres west of Isum Patera (201308C).

Source: The Daily Galaxy.

Io

Eruption à la surface de Io le 25 avril 2006, vue par la sonde Galileo de la NASA. Le panache a une hauteur d’environ 140 km. (Crédit photo: NASA)

Activité éruptive intense sur le Fuego (Guatemala) // Intense eruptive activity on Fuego volcano (Guatemala)

drapeau-francaisL’activité est de nouveau intense sur le Fuego avec plusieurs épisodes éruptifs au cours des derniers jours.
Le 28 juillet, une forte activité explosive a été observée, avec transition vers une activité strombolienne et le début du 12ème épisode éruptif en 2016. Les explosions ont généré des panaches de cendre qui sont montés à 1 km et ont provoqué des ondes de choc détectées autour du volcan. Une coulée pyroclastique est descendue dans la ravine Las Lajas et des retombées de cendre ont été observées à Sangre de Cristo (8 km à l’OSO) et San Pedro Yepocapa (8 km au N).
Entre le 28 et le 29 juillet, la lave a jailli jusqu’à 500 m au-dessus du cratère et des coulées de lave ont parcouru 3 km dans les ravines Santa Teresa et Las Lajas. Des écoulements pyroclastiques ont continué d’être observés. Les panaches de cendre sont montés jusqu’à 1,7 km au-dessus du sommet du Fuego.
L’activité a diminué dans l’après-midi du 29 juillet, avec des panaches de cendre qui atteignaient encore une hauteur de 800 mètres.

Le 30 juillet, 3-5 explosions étaient détectées chaque heure, avec des panaches de cendre de 550-850 mètres de hauteur.

Des matériaux incandescents jaillissaient encore à 150 mètres au-dessus du cratère. Les coulées de lave sont restées incandescence jusqu’à 1,8 km de longueur dans les ravines mentionnées ci-dessus. Des retombées de cendre ont été observées dans plusieurs localités.
L’épisode d’activité intense a pris fin à 1h30 le 30 juillet.
Source: INSIVUMEH.

———————————-

drapeau-anglaisActivity at Fuego is intense again with several eruptive episodes in the past days.

On July 28th, intense explosive activity was observed, shifting to strombolian activity and the beginning of the 12th eruptive episode at Fuego in 2016. Explosions produced ash plumes that rose 1 km and caused shock waves detected in nearby areas. Pyroclastic flow descended the Las Lajas drainage, and ashfall was reported in Sangre de Cristo (8 km WSW) and San Pedro Yepocapa (8 km N).

Between July 28th and 29th, lava was ejected 500 m above the crater and lava flows travelled 3 km down the Santa Teresa and Las Lajas drainages. Pyroclastic flows continued to be observed. Ash plumes rose 1.7 km above the summit of Fuego.

Activity declined in the afternoon of July 29th with ash plumes rising 800 metres.

On July 30th, there were 3-5 explosions detected per hour, generating ash plumes that rose 550-850 metres. Incandescent material was ejected as high as 150 metres above the crater. Lava flows remained incandescent as far as 1.8 km in the drainages. Ashfall was observed in several municipalities.

The episode of intense activity ended at 01:30 on July 30th.

Source: INSIVUMEH.