Hawaii: Les cheveux de Pélé // Hawaii: Pele’s hair

drapeau-francaisLe HVO a récemment publié un article intitulé «Vagues dorées de…cheveux de Pélé? », en se référant à la zone située à l’ouest du cratère de l’Halema’uma’u, dans le désert de Ka’u. Cette partie du Kilauea est jonchée de cheveux de Pélé depuis l’ouverture de la bouche active en 2008. Une photo prise en avril 2013 montrait déjà des accumulations d’environ un mètre de large en bordure de l’ancien  parking d’accès à l’Halema’uma’u, aujourd’hui fermé au public pour des raisons évidentes de sécurité.

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Crédit photo: USGS / HVO.

Les cheveux de Pélé sont constitués de longues fibres de verre volcanique qui se forment lorsque des bulles de gaz éclatent à la surface du lac de lave. Des lambeaux de bulle formés de lave très fluide sont propulsés dans les airs  avant se d’étirer en longs filaments dorés qui sont emportés par les alizés et se déposent, refroidis, à la surface du sol jusque dans le désert Ka’u. Quand le vent vient du sud, les cheveux de Pélé peuvent facilement atteindre la terrasse du Jaggar Museum où ils recouvrent les branches des ohi’as comme le feraient des guirlandes de Noël.
Des tignasses de cheveux de Pélé peuvent rester sur place pendant des années, voire des décennies mais, en général, une fois l’éruption terminée, le vent les emporte et les fait disparaître. Les photos présentées dans le dernier article montrent la zone du Parc des Volcans qui est fermée depuis 2008 en raison des émissions de SO2 et d’autres risques volcaniques.

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Crédit photo: USGS / HVO.

Les scientifiques du HVO recueillent régulièrement les cheveux et les larmes de Pélé sur le bord du lac de lave, ainsi que d’autres échantillons de lave récente à proximité du Pu’uO’o. À première vue, tous les échantillons de lave ont l’aspect d’une masse noire de verre solide. Toutefois, quand ils sont grossis ne serait-ce que cinq fois au binoculaire, ils révèlent des cristaux de minéraux qui se sont formés dans le magma lors de son stockage et son ascension sous le volcan. Les chercheurs identifient et caractérisent les formes et les tailles de ces minéraux et ils les analysent chimiquement Toutes ces informations sont utilisées pour connaître la température et la pression auxquelles est soumis le magma au cours de son ascension dans le volcan.
En tant que photographe, je recommande aux personnes qui auraient l’occasion de visiter des zones couvertes de cheveux de Pélé d’être extrêmement prudentes avec leur matériel photo. Même si on ne les voit pas, les particules de cheveux de Pélé sont soulevées du sol par les alizés qui soufflent en permanence. En conséquence, ces morceaux de verre volcanique en suspension dans l’air vont inévitablement entrer dans les boîtiers, avec un effet désastreux facile à imaginer, en particulier sur les objectifs. Je conseille fortement de changer d’objectif avant d’entrer dans une telle zone ou de le faire très, très prudemment. Je me souviens d’avoir rencontré ce genre de problème en 1998 lors d’une visite (autorisée et qui a failli mal se terminer*) au cratère du Pu’uO’o dont les abords étaient parsemés de cheveux de Pélé.

* Voir le chapitre 9 (« Dans l’enfer du Pu’uO’o ») du livre D’un volcan à l’autre écrit par Guy de St Cyr.

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Paillettes d’or sur laves cordées (Photo: C. Grandpey)

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Gros plan sur les cheveux de Pélé (Photo: C. Grandpey)

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drapeau-anglaisHVO has recently released an article entitled « Amber waves of … Pele’s hair? », referring to the downwind side of Halema’uma’u Crater which has been strewn with Pele’s hair since the opening of the active vent in 2008. A photo taken in April 2013 already showed accumulations about a metre on the windward sides of the curbs in the Halema’uma’u parking lot which is closed to the public (see photo above).

Pele’s hair consists of long glass fibers that form when gas bubbles burst in the lava lake. Pieces of the fluid bubble skin are propelled violently into the air, drawing out into long, hair-like strands that cool to a golden-colored glass. Since the lake is bubbling almost constantly, large volumes of Pele’s hair are made daily. The resulting hair blows downwind from Halema‘uma‘u, across the caldera, and into the Ka‘u Desert. When a south wind blows, Pele’s hair can easily reach the Jaggar Museum Overlook area where it drapes ‘ohi‘a like tinsel on a Christmas tree.

Drifts of Pele’s hair can survive for years and even decades, but, once the eruption ends, wind will strip the hair from most surfaces. The photos included in the recent article show an area of the national park that has been closed since 2008 because of elevated SO2 emissions and other ongoing volcanic hazards (see photo above).

HVO scientists collect Pele’s hair and tears on the rim of the active lava lake and also hair, tears, and other fresh samples of lava in or near Pu’uO’o. At first glance, all lava samples appear to be a black mass of solid glass. With as little as five-times magnification, however, it’s possible to see mineral crystals that have formed within the magma during its storage and transport under the volcano. Researchers identify and characterize the shapes and sizes of these minerals, and they chemically analyze them.  All of this information is used to infer the temperature and pressure under which magma has been transported and stored within the volcano.

As a photographer, I invite people who might visit areas covered with Pele’s hair to be extremely cautious with their photo equipment. Even if you don’t see them, particles of Pele’s hair are lifted from the ground by the permanently blowing trade winds. As a consequence, these bits of volcanic glass will inevitably get into you cameras and have a disastrous abrasive effect, especially on the lenses. I strongly recommend to change lenses before entering such an area or do it very, very carefully. I remember encountering this sort of problem in 1998 when visiting Pu’uO’o crater whose rim was strewn with Pele’s hair (see photos above).

 

Des éruptions récentes sur Vénus // Recent eruptions on Venus

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude, l’activité volcanique sur Vénus a eu lieu dans le passé géologique récent, et il se pourrait même qu’elle continue encore de nos jours.
Le volcan Idunn Mons, dans l’hémisphère sud-ouest de la planète, culmine à 2500 mètres au-dessus des plaines environnantes. En 2010, les observations effectuées par la sonde Venus Express de l’Agence Spatiale Européenne avaient révélé que Idunn Mons était un « point chaud », ce qui laissait penser que la lave avait coulé récemment, et que la zone était encore chaude.
Aujourd’hui, les dernières recherches révèlent que les observations du point chaud sur Idunn Mons vont de pair avec plusieurs coulées de lave le long du flanc E du volcan. Les chercheurs pensent que les volcans de Vénus étaient actifs dans un passé relativement récent, et le sont peut-être encore aujourd’hui.
En 2010, Venus Express avait identifié le point chaud sur Idunn Mons en utilisant le spectro-imageur VIRTIS. La majeure partie de la surface de Vénus semblait froide dans son rendu par VIRTIS, ce qui prouvait qu’elle n’avait pas changé depuis des millions d’années. En revanche, les chercheurs qui avaient étudié le point chaud pour la première fois estimaient que la région pouvait être âgée de moins de 2,5 millions d’années. Malheureusement, l’épaisse couche nuageuse qui recouvre Vénus n’avait pas permis à la sonde Venus Express d’obtenir davantage de détails du volcan et des coulées de lave.
La dernière analyse des coulées de lave sur Idunn Mons utilise des données radar collectées au début des années 1990 par la sonde Magellan de la NASA. Les scientifiques ont construit un nouveau modèle numérique afin de simuler des coulées de lave sur le sommet de la montagne et sur le flanc E, et ils ont comparé ce modèle avec les données de la sonde Magellan. Selon le nouveau modèle, ces coulées de lave sont à elles seules responsables du point chaud. C’est la première fois que sont cartographiées des coulées de lave émises par une structure volcanique censée avoir été active récemment, ou être encore active, sur un corps terrestre autre que la Terre.
Source: Space.com.
http://www.space.com/

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drapeau-anglaisAccording to a new study, volcanic activity on Venus took place in the recent geological past, and may still be happening on the planet today.

The Idunn Mons volcano in the southwestern hemisphere of Venus rises 2.5 kilometres above the surrounding plains. In 2010, observations by the European Space Agency’s Venus Express probe revealed that Idunn Mons is a « hotspot », which could mean that lava flowed at the spot recently, and that the area is still warm.

Now, the new research suggests that the hotspot observations at Idunn Mons are consistent with multiple cooled lava flows along the volcano’s eastern flank. The researchers think that Venus’ volcanoes were active in the relatively recent past, and may still be active today.

Venus Express initially identified the hotspot on Idunn Mons in 2010 using the Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer (VIRTIS) instrument. Most of Venus’ surface appears cool when viewed with VIRTIS, and this is a sign that those regions haven’t changed in millions of years. By contrast, the researchers who initially studied the hotspot estimated that the region could be less than 2.5 million years old. Unfortunately, the thick clouds that cover Venus prevented the Venus Express probe from getting a more detailed look at the volcano and the lava flows.

The new analysis of lava flows on Idunn Mons uses radar data collected in the early 1990s by NASA’s Magellan probe. The scientists built a new numerical model to simulate lava flows on the top of the mountain and the eastern flanks, and compared that model with the Magellan data. According to the new model, the flank lava flows are the ones responsible for this hotspot. This is the first time lava flows from a volcanic structure which is believed to be recently or still active on a terrestrial body other than Earth have been mapped.

Source: Space.com.

 http://www.space.com/

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Carte géologique du flanc E de Idunn Mons, avec un ensemble de cinq coulées de lave identifiées à l’aide des simulations numériques et des données radar de la sonde Magellan (Source: NASA)

 

Nouvelles du Kilauea (Hawaii / Etats Unis) // News of Kilauea volcano (Hawaii / United States)

drapeau-francaisL’éruption du Kilauea continue au sommet et sur l’East Rift Zone.

Les inclinomètres au sommet ont enregistré une nouvelle tendance au gonflement de l’édifice volcanique, mais depuis quelques heures on observe une tendance à la déflation. Avec le gonflement du volcan, le niveau du lac de lave est monté jusqu’à une dizaine de mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater. Cependant, comme la déflation a commencé, la lave devrait redescendre.

Aucun changement significatif n’apparaît dans le Pu’uO’o sur les images de la webcam. On continue d’observer une incandescence persistante au niveau des ouvertures habituelles dans le cratère.

La coulée de lave 61g continue d’entrer dans l’océan sur le site de Kamokuna. L’entrée la plus à l’est était active vendredi tandis que celle à l’ouest était inactive. Des sorties de lave ont lieu sur la plaine côtière à environ 2 km en amont du site d’entrée de la lave dans l’océan. Au cours d’une sortie sur le terrain vendredi, les scientifiques du HVO ont indiqué que la lave avançait très lentement et que cette activité de surface était en passe de cesser.
Les photos publiées par le HVO montrent qu’il est dangereux de s’aventurer sur la coulée de lave active sur la plaine côtière. La croûte est parfois très mince et peut céder sous le poids d’un homme. Une chute dans la lave qui avance rapidement à l’intérieur d’un tunnel ne serait pas vraiment une expérience agréable !
Un autre danger réside dans le delta formé par l’accumulation de la lave au pied de la falaise côtière. S’aventurer sur ce delta serait stupide. Une photo du HVO montre des fractures parallèles à la falaise. Le delta mesure environ 350-400 mètres de large et il s’étend sur environ 150 mètres à partir de la falaise. Il est évident qu’il est instable et peut s’effondrer à tout moment.

Source: HVO.

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drapeau-anglaisKilauea Volcano continues to erupt at its summit and on its East Rift Zone.

Summit tiltmeters continued to record the inflationary tilt that began on Thursday, although the rate of tilt is getting lower. The lava lake surface has continued to rise and currently stands at roughly 10 metres below the rim of the Overlook Vent due to a new inflation episode. However, as deflation has started, lava should go down within the vent.

No significant changes are visible at Pu’uO’o on webcam images, with persistent glow continuing at long-term sources within the crater.

The 61g lava flow continues to supply lava to the ocean at Kamokuna. The easternmost of the coastal entries was active Friday and the western one, inactive. Active breakouts occurred on the coastal plain about 2 km inland from ocean entry during the past week. Friday’s HVO field crew, however, reported that the breakouts were very sluggish and that this inland activity appeared to be dying out.

Photos released by HVO show the dangers of walking on the active lava flow on the coastal plain. The crust is sometimes very thin and might collapse under the weight of visitors. Falling into the swiftly moving lava stream in the tube would not be a pleasant experience!.

Another danger lies with the lava formed by the accumulation of lava at the bottom of the cliff. Venturing on this delta would be stupid. An HVO photo of the eastern delta shows the cracks parallel to the sea cliff. The delta is about 350-400 metres wide and it extends about 150 metres out from the cliff. It is obvious that it is unstable, and prone to collapse.

Source: HVO.

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La voûte des tunnels de lave sur la plaine côtière est parfois très mince. Danger!

(Photo: USGS / HVO)

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Fractures dans le delta de lave: Danger!  (Photo: USGS / HVO).

Kilauea (Hawaii) : La situation et un rappel des risques // The situation and a reminder of the risks

drapeau-francaisL’éruption du Kilauea continue. Suite à un épisode de déflation (une nouvelle phase d’inflation vient de commencer), le niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u a baissé et se trouve actuellement à une vingtaine de mètres au-dessous du plancher du cratère. Il convient de noter que cette chute du niveau de lave a provoqué – comme souvent dans cette situation – plusieurs effondrements des parois du cratère. Ces effondrements peuvent déclencher des explosions et expédier des matériaux à très haute température loin autour de la lèvre du cratère principal.
La lave entre toujours dans l’océan près de Kamokuna. Le HVO rappelle au public les dangers associés à l’entrée de lave.
D’une part, le nouveau delta de lave est extrêmement instable. Des effondrements peuvent se produire sans prévenir, faisant parfois disparaître dans la mer des dizaines d’hectares de delta. Lorsque cela se produit, des explosions peuvent projeter des matériaux sur des centaines de mètres, à la fois vers l’intérieur des terres et vers le large, tout en envoyant d’énormes vagues d’eau chaude sur le littoral.
Les tunnels de lave superficiels représentent un autre danger, surtout à l’intérieur des terres, à proximité de l’entrée de la lave dans l’océan.. En effet, la voûte de ces tunnels peut être structurellement faible par endroits. Il est donc très risqué de marcher à ces endroits, d’autant que les tunnels sont sources d’émissions de SO2.
Un autre danger réside dans le panache en provenance de l’endroit où la lave rencontre l’océan. Cette brume de lave (« laze » – lava haze – en anglais) provient du contact entre la lave et l’eau de mer. Ce nuage de couleur blanche est nocif car il est composé d’un mélange de vapeur d’eau de mer acide, d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre volcanique. Les visiteurs doivent éviter ce panache, même en bordure, car il peut provoquer des irritations de la peau et des yeux, ainsi que des problèmes respiratoires. Lorsque soufflent les alizés – normalement pendant environ 80 pour cent de l’année – le panache se dirige, entre la nuit et le petit matin, vers la mer et est donc inoffensif. En revanche, à partir du milieu de la matinée jusqu’à la fin d’après-midi, les alizés qui balayent le flanc sud du Kilauea rabattent le panache vers le rivage, ce qui entraîne une mauvaise qualité de l’air pour les visiteurs du Parc National venus assister au spectacle du mariage de la lave et de l’eau.
Si vous êtes à Hawaii ou avez l’intention d’y aller, prenez soin de vous !

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drapeau-anglaisThe eruption continues at Kilauea volcano. Due to a deflation episode (another inflation phase has just started), the level of the lava lake within Halema’uma’u Crater has dropped to about 20 metres below the crater floor. It should be noted that the dropping lava level triggered several collapses of solidified lava that had adhered to the crater walls. Such collapses may trigger explosions and send hot material around the main crater rim.

Lava is still flowing into the ocean near Kamokuna. HVO reminds the public of the dangers associated with the lava entry.

For one thing, the new lava delta is extremely unstable. Delta collapses occur without warning, sometimes sending tens of hectares of the delta plunging into the sea. When this happens, it can trigger explosions that hurl rocks hundreds of meters, both inland and seaward, and send huge waves of scalding water onto the coastline.

Another danger is the near-surface lava tubes directly inland of the coastal entry, which transport lava to the ocean. The ground surface above them can be structurally weak in spots, which makes it dangerous to walk over them and causes the tubes to leak noxious SO2 gas.

Another danger lies with the ocean entry plume that drifts downwind of where lava meets the sea. This “laze” (short for lava haze) plume, a byproduct of the lava-ocean interaction, is formed as hot lava boils seawater to dryness. The process leads to a series of chemical reactions that result in the formation of a billowing white cloud composed of an irritating mixture of condensed, acidic seawater steam, hydrochloric acid gas, and tiny shards of volcanic glass. Visitors should avoid this plume, as even the wispy edges of it can cause skin and eye irritation and breathing difficulties. During prevailing trade wind conditions –normally greater than about 80 percent of the year – air flow from nighttime through early morning carries this noxious ocean entry plume off shore and out to sea. By contrast, from mid-morning through late afternoon, trade winds that flow on Kilauea’s south flank carries the plume onshore and along the coast, resulting in poor air quality for National Park visitors hoping to catch the ocean entry lava show.

Take care!

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Photo: C. Grandpey