Eruption du Taal (Philippines) [Dernières nouvelles // Latest news]

Dans ses mises à jour du 14 janvier 2020, le PHIVOLCS indique que l’éruption du Taal continue, avec une activité phréato-magmatique qui se concentre au niveau du cratère principal (Main Crater) . Cette éruption a généré des fontaines de lave de 500 mètres de hauteur, avec des panaches gris foncé chargés de vapeur atteignant une hauteur d’environ 2 kilomètres. Des éclairs ont été observés à la base des panaches. Comme je l’ai écrit auparavant, de nouvelles bouches se sont ouvertes sur le flanc nord du cône. D’importantes retombées de cendre ont affecté plusieurs localités.
212 séismes d’origine volcanique étaient enregistrés dans la région de Taal à 14 heures le 14 janvier 2020. Une telle activité sismique intense est probablement due à une intrusion magmatique sous l’édifice volcanique ; elle peut déboucher sur une intensification de l’activité éruptive actuelle. C’est la raison pour laquelle le niveau d’alerte est maintenu à 4.
Il convient de noter que les victimes de l’éruption du Pinatubo en 1991 envoient de l’aide (en particulier de la nourriture) aux personnes qui ont été évacuées quand l’éruption du Taal a commencé.
Source: PHIVOLCS et journaux locaux.

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22 heures (heure française) : Le PHILVOCS indique que de nouvelles fissures ont été observées autour du Taal. L’une d’elles traverse la route qui relie Agoncillo à Laurel, dans la province de Batangas. L’activité sismique reste intense et pourrait être le signe d’une éruption explosive imminente,
L’Institut explique que la fracturation de la caldeira signifie que le sommet du volcan a été dépressurisé et que le volume de magma continue d’augmenter. Ce phénomène pourrait lui aussi annoncer une éruption explosive imminente
40 752 personnes ont été pour le moment affectées par l’éruption ; 38 203d’entre elles vivent dans des abris temporaires dans 198 centres d’hébergement. Il y a eu plusieurs coupures de courant dans 7 localités le 12 janvier et de nombreuses écoles restent fermées. Les dégâts causés à l’agriculture sont estimés à 1,45 million de dollars US dans les provinces de Batangas et Cavite.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 et pourrait être relevé si l’éruption s’intensifiait.
Source: PHIVOLCS et Manila Bulletin.

 

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In its updates of January 14th, 2020, PHIVOLCS indicates that Taal Volcano’s activity is characterized by continuous eruption of the Main Crater due to magmatic and hydrovolcanic activity. This ongoing eruption has generated 500-meter tall lava fountains topped by dark grey steam-laden plumes reaching a height of about 2 kilometres. Flashes of lightning were observed at the base of the plumes. As I put it before, new vents opened up on the northern flank of the cone. Heavy ashfall has effected several municipalities.

212 volcanic earthquakes had been recorded in the Taal region at 2:00 am on January 14th, 2020. Such intense seismic activity probably signifies continuous magmatic intrusion beneath the volcanic edifice, which may lead to further eruptive activity. This is the reason why the alert level is kept at 4.

It should be noted that the victims of the 1991 Pinatubo eruption are sending aid (especially food) to the evacuees of the Taal eruption.

Source: PHIVOLCS and local newspapers.

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22:00 (French time): PHILVOCS indicates that new fissures have been observed around Taal volcano. A fissure was also observed across the road connecting Agoncillo to Laurel, in Batangas province.  Seismic activity is still intense and might be the sign of an imminent explosive eruption,

The Institute explains that fissuring on the caldera region means that the top of the volcano has been depressurized and the high volume of magma continues to rise. This is another indication of an imminent explosive eruption

A total of 40 752 people have been affected by the eruption, of which 38 203 are staying in temporary shelters in 198 evacuation centres.   There were several power interruptions in 7 municipalities on January 12th and many schools remain closed. Agricultural damage is estimated at 1.45 million USD in the provinces of Batangas and Cavite.

The alert level is kept at 4 and might be elevated should the eruption intensify.

Source: PHIVOLCS and Manila Bulletin.

Image satellite du panache éruptif du Taal (Source: NASA)

Des volcans jeunes sur Vénus? // Young volcanoes on Venus ?

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi nous sommes si impatients de trouver des volcans potentiellement actifs sur d’autres planètes alors que nous en savons si peu sur ceux qui existent sur Terre. Nous savons à peine prévoir les éruptions et pas du tout les séismes et nous nous acharnons à étudier le comportement des volcans sur des planètes sur lesquelles nous ne mettrons probablement jamais les pieds!
En lisant le site web space.com, nous apprenons qu’il se pourrait bien que Vénus héberge des volcans potentiellement actifs car des éruptions ont peut-être eu lieu il y a quelques années. C’est la conclusion d’une étude récente publiée dans la revue Science Advances.
Certains signes montrent que Vénus pourrait posséder des volcans actifs. Les scientifiques ont en effet détecté des traces de gaz sulfureux dans son atmosphère. De plus, en analysant en 2010 les données fournies par la sonde Venus Express de l’ESA, ils ont découvert que certaines coulées de lave sur Vénus sont âgées de moins de 2,5 millions d’années, et peut-être même moins de 250 000 ans. Ils ont trouvé des émissions inhabituellement élevées de lumière visible dans le proche infrarouge sur un certain nombre de sites sur Vénus. En théorie, on devrait détecter des émissions plus faibles de cette lumière sur les surfaces les plus anciennes suite à leur longue exposition à l’atmosphère chaude et caustique de Vénus. Les chercheurs ont donc conclu que ces zones d’émissions plus élevées de lumière visible dans le proche infrarouge étaient liées à des coulées de lave récentes. Cependant, leur âge exact reste incertain. En effet, nous ne savons pas à quelle vitesse les roches volcaniques s’altèrent au contact de l’atmosphère très agressive de Vénus et comment ces modifications interagissent avec les émissions de lumière visible dans le proche infrarouge.
Pour voir si les coulées de lave sur Vénus sont récentes, les scientifiques ont fait des expériences avec des cristaux d’olivine. Ils ont chauffé l’olivine dans les conditions d’atmosphère terrestre à l’intérieur d’un four à 900°C maximum pendant un mois. Ils ont découvert que l’olivine se recouvre en quelques jours d’une couche composée essentiellement d’hématite d’un noir rougeâtre rendant certaines caractéristiques de l’olivine plus difficiles à détecter.
Étant donné que le Venus Express de l’ESA – qui a tourné autour de Vénus de 2006 à 2014 – a été capable de détecter des signes réels d’olivine, les dernières expériences laissent supposer que cette olivine provenait d’éruptions volcaniques récentes, sinon, les réactions chimiques avec l’atmosphère de Vénus l’auraient obscurcie.
Les scientifiques poursuivront leurs recherches avec d’autres minéraux volcaniques , mais cette fois dans des conditions semblables à l’atmosphère de Vénus qui est riche en soufre et dioxyde de carbone.
Source: Space.com.

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 I fail to understand why we are so eager to find possibly active volcanoes on other planets while we know so little about volcanoes on Earth. We are not able to predict eruptions or earthquakes and we insist on studying the behaviour of volcanoes on planets we will probably never set foot on!

Reading the website space.com, we learn that Venus may still harbour active volcanoes, with eruptions taking place as recently as a few years ago. This is the conclusion of a new study published in the journal Science Advances.

There are indeed indications that Venus might harbour active volcanoes. Scientists have detected traces of sulphurous gases in its atmosphere. In addition,  researchers analyzing data from ESA’s Venus Express probe in 2010 discovered that some of the lava flows on Venus are less than 2.5 million years old, and possibly even less than 250,000 years old. They found unusually high emissions of visible to near-infrared light from a number of sites on Venus. Surface regions that are old are expected to have lower emissions of such light after long exposure to weathering from Venus’ hot, caustic atmosphere, so these patches of higher emissions were linked to recent lava flows. However, their exact ages remain uncertain. This is because we do not know how quickly volcanic rocks alter in response to Venus’ harsh atmosphere and how such changes influence emissions of visible to near-infrared light.

To see if lava flows on Venus are recent, scientists experimented with crystals of olivine. They heated olivine along with regular Earth air in a furnace up to 900 degrees Celsius for up to a month. They found olivine became coated within days mostly with the reddish-black mineral hematite, which in turn made certain features of olivine more difficult to detect.

Since ESA’s Venus Express – which orbited Venus from 2006 to 2014 – apparently could detect signs of olivine even from orbit, these new findings suggested that such olivine came from volcanic eruptions recently; otherwise, chemical reactions with Venus’ atmosphere would have obscured it.

The scientists will continue their research with other volcanic minerals baked in air more similar to Venus’ atmosphere which is laden with carbon dioxide and sulphur.

Source: Space.com.

Eruption sur Io, la lune de Jupiter (Source: NASA)


Stromboli (Sicile)

L’activité du Stromboli (Sicile) était encore assez intense dans les derniers jours de décembre. Elle se caractérisait par la poursuite de l’activité explosive, principalement à partir de trois bouches dans la zone cratérique nord et au moins trois bouches dans la zone cratérique centre-sud. Le 27 décembre, la lave a commencé à s’échapper d’une bouche  de la zone centre-sud et a parcouru quelques centaines de mètres dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Des explosions d’intensité variable se produisaient à raison de 3 à 17 événements par heure dans la zone nord, avec des projections de lapilli et de bombes jusqu’à 80-150 mètres de hauteur. Des explosions d’intensité moyenne à forte dans la zone centre-sud se produisaient à un rythme de 6 à 12 événements par heure et éjectaient des matériaux parfois à plus de 150 mètres de hauteur.
Source: INGV, relayé par GVN.

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Activity of Stromboli (Sicily) was still quite intense in the last days of December. It was characterized by ongoing explosive activity mainly from three vents in the north crater area  and at least three vents in the south central crater area. On December 27th, lava began effusing from a vent in the south-central area and travelled a few hundred meters in the upper part of the Sciara del Fuoco. Variable-intensity explosions occurred at a rate of 3-17 events per hour in the north crater area and ejected lapilli and bombs up to 80 – 150 metres above the vents. Medium- to- high-intensity explosions from the south-central area occurred at a rate of 6-12 events per hour and ejected material sometimes higher than 150 metres above the vents.

Source : INGV, relayed by GVN.

Photo: C. Grandpey

Hilo (Hawaii) sous la menace du Mauna Loa // Hilo (Hawaii) under the threat of Mauna Loa

 A Hawaii, la plus célèbre éruption du Mauna Loa ces dernières années est celle de 1984, avec des coulées de lave que l’on pouvait observer depuis Hilo. En tout, au cours des deux derniers siècles, six éruptions ont généré des coulées de lave qui se sont dirigées vers Hilo. Elles ont eu lieu en 1852, 1855-56, 1880-1881, 1935-1936, 1942 et 1984. Sur ces six événements, un seul a envoyé des coulées de lave qui sont arrivées à moins de 10 kilomètres de Hilo. La coulée la plus menaçante a été observée en 1880-1881; la lave a alors progressé jusqu’à 1,7 km de la ville avant d’arrêter sa progression.

Voici l’histoire de l’éruption de 1880-1881. Trois coulées de lave ont été émises par le Mauna Loa en novembre 1880. Les deux premières ont progressé très rapidement au nord et au sud de la zone de rift nord-est, à une vitesse moyenne de 6 km par jour avant de s’arrêter quelques semaines plus tard. La troisième coulée, émise par une bouche située un peu plus en aval, avança directement vers Hilo, mais beaucoup plus lentement, à raison d’une centaine de mètres par jour.
Cette dernière coulée avançait lentement, mais en permanence, sans s’arrêter, de sorte qu’elle s’est rapprochée dangereusement de Hilo, obligeant les représentants du gouvernement à prendre des mesures pour tenter de sauver la ville. Au début du mois de juillet 1881, une journée de prière a été décidée pour arrêter la lave. En vain. La rivière incandescente a continué à avancer, mais les prières ont continué.
À la fin du mois de juillet, la lave avançait toujours vers Hilo et, probablement pour la première fois dans l’histoire hawaïenne, le détournement de la coulée a été envisagé. Un plan d’action a été mis au point. Il comprenait l’édification de digues pour détourner la coulée, la construction d’abris pour les personnes évacuées, et le dynamitage du tunnel de lave qui alimentait la coulée de lave. Ce faisant, on aurait coupé l’alimentation de la coulée. Le plan a été envoyé à Honolulu pour approbation.
Au début du mois d’août 1881, la princesse Ruth Luka Ke’elikolani, une descendante des Kamehameha, s’approcha de la coulée de lave. Elle fit une offrande de brandy et d’écharpes et entonna une mélopée qui demandait à Pelé d’arrêter la lave et de rentrer chez elle. L’histoire raconte que la coulée a cessé d’avancer. À peu près au même moment, les équipements envoyés par le gouvernement pour détourner la coulée de lave sont arrivés à Hilo… mais la coulée s’était arrêtée ! Un seul bâtiment à l’extérieur de Hilo a été détruit par la lave et la ville proprement dite a été épargnée.
Une leçon a été tirée de l’éruption de 1880-1881 : Les autorités ont compris comment les coulées de lave étaient alimentées et étaient persuadées de pouvoir contrôler leur progression en utilisant de la dynamite pour percer le tunnel d’alimentation et tarir la coulée.. Un missionnaire de Hilo avait observé les tunnels de lave et leur fonctionnement en 1843 en étudiant le comportement d’une coulée émise par le Mauna Loa cette année-là.
Source: USGS / HVO.

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In Hawaii, the most famous eruption of Mauna Loa in recent years is the one that occurred in 1984, with lava flows that could be seen from Hilo. In all, six eruption in the last two centuries dent lava flows that advanced toward Hilo. These eruptions took place in 1852, 1855-56, 1880-81, 1935-36, 1942 and 1984. Of the six events, only one sent lava flows that arrived less than 10 kilometres from Hilo Bay. The most threatening flow was in 1880-81; it advanced 1.7 kilometres from the shores of Hilo Bay and then stalled.

Here is the story of the 1880-1881 eruption. Three lava flows erupted from Mauna Loa in November 1880. The first two flows were fast-moving, and rapidly advanced both north and south from the Northeast Rift Zone at average speeds of 6 kilometres per day before stalling a few weeks later. The third flow, which erupted from a slightly lower vent, advanced directly toward Hilo, although at a much slower average rate of 100 metres per day.

The Hilo flow was slow but relentless, and got close to Hilo, forcing government officials to take action to try to save the town. A day of prayer was declared in early July 1881 to stop the flow, but it kept advancing and praying continued.

At the end of July, lava was still advancing toward Hilo and probably for the first time in Hawaiian history, lava flow diversion was discussed. A plan of action, including building barriers to divert the flow, building shelters for those displaced by the flow, and placing dynamite somewhere along the lava tube to drain the flow’s supply of lava, was devised and sent back to Honolulu.

In early August, the attendants of Princess Ruth Luka Ke’elikolani, a descendant of the Kamehameha line of chief, was in Hilo and approached the flow. She offered brandy and scarves and chanted, asking Pele to stop the flow and go home. By all reports the flow stopped. About that same time, government supplies for building barriers and shelters and draining the lava flow arrived, but the flow had stopped. Only one homestead outside of Hilo had been destroyed. The town of Hilo was spared.

In retrospect, not only did officials understand how lava flows were supplied with lava from the vent, they felt confident that they could manipulate the flow’s advance by using dynamite to breach the supply conduit and stall the flow. A Hilo missionary had discovered these lava conduits and how they worked in 1843 while observing a Mauna Loa lava flow erupted that year.

Source : USGS / HVO.

Carte montrant les zones de rift du Mauna Loa, avec la Northeast Rift Zone d’où s’échappe la lave qui menaca Hilo (Source: USGS)