La coulée de lave à Hawaii: Une foire volcanique ! // The lava flow in Hawaii: A volcanic mess !

drapeau-francaisLe Parc National des Volcans d’Hawaï indique que la coulée 61g attire des milliers de touristes ; certains ignorent les mises en garde des rangers et risquent leur vie en s’approchant trop près de la lave. De nombreuses photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des gens en train de traverser la coulée en courant, d’y lancer des objets ou d’y enfoncer des bâtons.
Un homme en pantoufles a été vu en train de traverser la coulée avec un enfant de 2 ans dans les bras. Il a déclaré qu’il n’avait pas réalisé qu’il se dirigeait directement vers la coulée active. Ce sont des personnes à proximité qui lui ont fait signe de s’en éloigner. L’homme a également déclaré que, comme il n’y avait pas de corde de sécurité du côté opposé où la lave a traversé la route, il pensait que la partie active se  trouvait sur le côté Kona. [J’ai été confronté à une situation similaire lorsque je donnais un coup de main aux guides de l’Etna en 1998. J’avais demandé (en fait ‘ordonné’) à un jeune couple avec un bébé de quelques mois de s’éloigner des coulées de lave et des gaz nocifs dans le secteur. La confrontation a pris fin avec des insultes, mais le couple est finalement parti].
Le Parc National déplace les rangers autour de la coulée 61g en fonction de l’évolution de la situation et fait de la prévention. Les rangers passent aussi beaucoup de temps à déplacer quotidiennement les balises et les cordes de sécurité autour de la coulée en fonction de l’évolution de cette dernière. Malgré cela, il y a eu jusqu’à huit interventions des services médicaux d’urgence (EMS) par jour sur la zone active, selon les statistiques fournies par les services du Parc. Les rangers essayent de faire en sorte que les visiteurs soient en sécurité. Ils s’assurent qu’ils disposent d’un équipement approprié.

On peut atteindre la coulée 61g en empruntant la route de secours ou en traversant le champ de lave, mais aucun sentier n’a été tracé. Il faut marcher une quinzaine de kilomètres aller-retour en suivant la route qui est assez plate pour permettre d’utiliser un vélo avec une glacière maintenue sur le porte-bagages par des tendeurs.
Comme je l’ai écrit auparavant, les rangers conseillent d’emporter 3 ou 4 litres d’eau par personne et par jour. Ils recommandent également de prendre une lampe de poche ; en effet, les gens évaluent souvent mal le temps et la distance de marche et sont contraints de rentrer à pied dans l’obscurité. Les blessures observées par les rangers sont en grande partie liée à la chaleur, avec des insolations et autres coups de chaleur. Jusqu’à présent, les gardes ont verbalisé une seule personne, en l’occurrence un guide touristique qui n’était pas en règle. Ils ont également délivré un certain nombre d’avertissements, dont 40 le 29 juillet, journée où  1028 visiteurs ont été dénombrés. Ce même jour, ils ont secouru deux touristes imprudents. La plus forte fréquentation de juillet a été enregistrée le 30 avec 1220 personnes.
Un problème auquel sont confrontés les rangers est le jet d’objets divers – des balises de marquage de la zone, par exemple – dans la coulée de lave. Selon la croyance hawaïenne, la lave est le corps de la déesse Pele. Y jeter des objets est considéré comme une insulte et tout à fait illégal au vu de la loi hawaiienne..

Les rangers veillent à ce qu’aucun drone ne survole la zone. La loi américaine interdit d’utiliser un drone à l’intérieur d’un parc national et des contrevenants ont été arrêtés, comme récemment sur la terrasse du Jaggar Museum (voir ma note du 16 février 2016).

Le principal danger est lié à l’entrée de la lave dans l’océan. Comme l’a indiqué le HVO, la coulée a donné naissance à un « delta de lave » qui repose sur du sable et des matériaux laissés par les coulées précédentes. L’ensemble est instable et peut s’effondrer dans l’océan à tout moment. Dans ces circonstances, il y a un contact explosif entre la lave et l’eau de mer. Dans le passé, de telles exposions ont projeté des blocs d’un mètre de diamètre jusqu’à 300 mètres sur le rivage. L’un des effondrements du delta, en 1993, a entraîné la mort d’un photographe qui a été emporté par la mer, ainsi que la blessure de plusieurs personnes trop proches de la zone. Il y a risque de brûlures quand l’eau très chaude est projetée sur le rivage. A noter que les vapeurs acides ont tué deux personnes en 2000.
Source: West Hawaii Today.

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drapeau-anglaisThe Hawaii Volcanoes National Park indicates that the 61g lava flow draws thousands of people, some of whom ignore the warnings and risk life and limb by getting too close to the lava. Numerous photos and videos have been posted on social media showing people running across the flow, throwing objects or poking sticks into it.

A man in slippers was seen carrying a 2-year-old toddler while walking across the flow. He said he had not seen that his path was about to take him directly into molten section until bystanders waved him to walk away. The man also said that because there was no rope where the lava crossed the road on the far side, he thought the active part was on the Kona side.  [I was confronted with a similar situation while working with the Mt Etna guides in 1998. I asked (actually ordered) a young couple with a very young baby to stay away from the active lava flows and the noxious gases in the area. The confrontation ended with insults but they finally went away].

The National Park has relocated the rangers around the active area and done its best to warn the public, but there have been as many as eight Emergency Medical Service (EMS) calls a day from the area, according to the statistics provided by the park service. The rangers have also been very busy making sure visitors will be safe. They try to talk to them before they hike to the lava flow to make sure they have appropriate equipment. They also spend a great deal of time moving signs around and building rope lines, only to have to move them all over again the next day.

One route to the lava is the emergency road, the other alternative is finding a path across the lava field, which has no trails. In all, the walk is about 15 km round trip, if the hiker follows the road which is level enough to enable people to ride bikes with coolers held on with bungie cords all the way to the flow.

As I put it before, the rangers recommend 3-4 litres of water a person per day. They also recommend taking a flashlight, as people often miscalculate how long the trip will take and find themselves walking back in the dark. Injuries have largely been related to the heat along the route, including heatstroke. So far rangers have issued one citation and that was for an illegal tour guide. They have also made a number of verbal warnings, including 40 on July 29th, with a crowd of 1,028 people. That same day they performed two visitor assists. It was the second busiest day of the month, as July 30th had 1,220 people.

An issue has been people throwing items into the flow. Under Native Hawaiian belief, lava is the body of the goddess Pele. Manipulating it or throwing materials into it is considered insulting. Some of those items include the signs marking out the unsafe area.

One ongoing concern is the use of drones. It is illegal to use a drone while inside a national park and people have been arrested, like recently on the terrace of the Jaggar Museumlm (see my note of 16 February 2016).

A massive danger comes from how the lava forms as it enters the ocean. As described the Hawaii Volcano Observatory, the flow creates a “lava delta.” But that rests upon sand and lava shards formed from the previous flow, which is unstable and prone to falling off. When it does so, it exposes hot rocks, molten lava and surface lava to seawater. The influx of seawater can then lead to a steam explosion. Historical explosions have thrown rocks one metre in size upwards of 300 metres inland. One of these collapses in 1993 led to a photographer being swept out to sea and the injury of multiple people too close to the area. Hot water can wash ashore and burn people, while the acidic steam killed two people in 2000.

Source: West Hawaii Today.

Coulee 61g

Touristes le long de la coulée 61g (Crédit phoro: USGS / HVO)

Conseils du Parc des Volcans d’Hawaii pour aller voir la coulée de lave // Hawaii National Park tips to go and see the lava flow

drapeau-francaisSi les zones autour des cratères de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o sont interdites d’accès (voir ma note précédente), la coulée de lave 61g avance actuellement à l’intérieur du Parc National des Volcans d’Hawaï qui propose des itinéraires et des conseils pour aller assister au spectacle.

Les autorités du Parc indiquent que les visiteurs peuvent aller à pied et à vélo le long de la route de secours pour aller voir la lave descendre le long du Pūlama Pali avant de se répandre sur la plaine côtière et entrer dans l’océan.
Depuis l’ouest, à l’intérieur du Parc des Volcans, le point le plus facile d’accès se trouve à l’extrémité de la Chain of the Craters Road. Il est conseillé aux visiteurs de faire une halte à la Ranger Station, de parler avec les gardes du parc, écouter leurs conseils, et regarder une vidéo de 4 minutes sur la sécurité. Une lunette d’observation est mise à la disposition du public pour observer l’éruption à distance. Le parc est ouvert 24 heures sur 24.
Depuis la Ranger Station, il faut s’attendre à un parcours assez pénible de 16 à 19 km aller-retour jusqu’à la coulée. Les randonneurs pourront emprunter la route de secours en terre battue sur environ 6 km, puis il leur faudra tourner à l’intérieur des terres au niveau d’une balise lumineuse qui marque le point le plus proche de la coulée active, actuellement à environ 800 mètres de la route. L’avancée sur le champ de lave se fait sur un terrain difficile, avec de profondes fractures et d’anciennes coulées de lave très coupante.

De l’autre côté de la route de secours, à l’est, les rangers ont installé une balise lumineuse à 7,6 km de son point de départ à Kalapana, et à une cinquantaine de mètres à l’intérieur des terres. Cette balise sert de point de départ aux randonneurs.
Le point d’observation aménagé à Kalapana, près de la limite E du parc, offre également un point de vue intéressant de l’éruption. Il est ouvert tous les jours de 15 heures à 21 heures.

Recommandations: Il est fortement conseillé aux randonneurs d’être bien préparés avant d’entamer le parcours vers la coulée de lave et de l’effectuer de jour. Il n’y a pas de sentier ou de trace balisée vers la coulée de lave dont la morphologie peut se modifier jour après jour. Il est facile de se perdre dans l’obscurité (NB : C’est pour cela que je conseille fortement de s’équiper d’un GPS). Il est conseillé à chaque randonneur d’emporter quatre litres d’eau, de porter de bonnes chaussures de randonnée, des gants et un pantalon (les shorts sont à éviter !). Ne pas oublier des lunettes de soleil, la crème solaire et un couvre-chef. Chaque personne a besoin d’une frontale (ou, à la rigueur, une bonne lampe de poche) avec piles de rechange.
Les cyclistes peuvent également emprunter la route de secours, à condition d’être habitués à circuler sur une route de gravier. Il leur est conseillé de rouler uniquement de jour. Les véhicules motorisés sont interdits.
Il est demandé aux visiteurs de respecter les propriétés privées (voir carte ci-dessous) et la culture hawaïenne. De nombreux Hawaïens autochtones sont persuadés que la lave est le kinolau, c’est-à-dire l’incarnation physique de la déesse Pélé. Piquer la lave avec des bâtons et d’autres objets est donc irrespectueux, mais aussi illégal. La loi fédérale interdit de « posséder, détruire, blesser, mutiler, enlever, creuser ou perturber » des ressources naturelles et culturelles (36 CFR § 2.1).
Les animaux domestiques et les drones sont également interdits sur le champ de lave à l’intérieur du Parc National.
Les gaz volcaniques représentent un autre danger, en particulier pour les personnes atteintes de problèmes cardiaques ou respiratoires, les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes enceintes. Si l’air les irrite, les incommode, ou rend leur respiration difficile, les visiteurs doivent quitter la zone.

Source : Parc National des Volcans D’Hawaii.

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drapeau-anglaisIf the areas around Halema’uma’u and Pu’uO’o craters are prohibited (see my previous note), the 61g lava flow is currently within Hawaii Volcanoes National Park which is offering route and tip information for viewing the Kilauea’s latest lava flows.

The Park’s report says that visitors may hike and bicycle along the gravel emergency access route to view and access lava as it flows down the Pūlama Pali and spreads out onto the coastal lava plain toward the ocean.

From Hawai‘i Volcanoes National Park, the easiest vantage point to view eruptive activity is from a distance at the end of Chain of Craters Road. Visitors are encouraged to stop at the Coastal Ranger Station to talk with park rangers, view eruption and hiking tip exhibits, and watch a four-minute lava safety video. A public spotting scope is available to view the eruption from a distance. The park is open 24 hours a day.

From the Ranger Station, it’s a difficult 16- to 19-kilometre roundtrip hike. Hikers can walk along the gravel emergency access route for about 6 km, and then turn inland at a light beacon which marks the closest point to the active flow front, currently about 800 metres from the route. The flow field is a rough hike, with deep earth cracks, uneven terrain, and razor-sharp lava from older flows.

Rangers placed another light beacon 7.6 km down the emergency access route, about 50 metres inland from the road, as a suggested starting point for hikers from the Kalapana side.

The county Kalapana Lava Viewing Area near the park’s eastern boundary also offers a vantage point of the current eruption, and is open daily from 3 to 9 p.m.

Recommendations: Hikers are urged to be prepared and to head out in daylight. There is no trail or marked route to the lava, which continues to flow and change daily. It is easy to become disoriented after dark. Each person needs about a gallon of water, sturdy closed-toe hiking shoes or boots, gloves to protect the hands, and long pants to protect against lava rock abrasions. Wear sunblock, sunglasses and a hat. Each person needs a flashlight and/or headlight with extra batteries.

Experienced bicyclists can also use the emergency access route, but the loose gravel makes it a challenging ride for inexperienced riders. Cyclists are urged to ride during daylight hours only. Motorized vehicles are prohibited.

Hikers are reminded to respect private land (see map below) and Hawaiian culture. Many native Hawaiians believe that lava is the kinolau, or physical embodiment, of volcano goddess Pele. Poking lava with sticks and other objects is disrespectful. It’s also illegal. Federal law prohibits “possessing, destroying, injuring, defacing, removing, digging or disturbing” natural and cultural resources (36 CFR § 2.1).

Pets and drones are also prohibited on the flow field in the national park.

Volcanic gas is another hazard, particularly to people with heart or respiratory problems, and infants, young children and pregnant women. If air irritates, smells bad or makes breathing difficult, visitors should leave the area.

Source : Hawaii Volcanoes National Park.

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Vue de la route de secours, l’extrémité de la Chain of the Craters Road à l’ouest et le point d’observation de Kalapana à l’ouest. Début juillet, la coulée 61g n’avait pas encore traversé la route en terre battue. (Source: USGS)

Coulee 61g

Vue de la coulée 61g et de son évolution (en rouge vif) entre le 2 et le 12 août 2016. (Source: USGS / HVO)

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Exemple de coulée éphémère (Photo: C. Grandpey)

 

Hawaii: Les dangers du Kilauea // Hawaii: The dangers of Kilauea Volcano

drapeau-francaisActuellement, les principaux dangers se concentrent sur trois sites du Kilauea:

1) Le cratère de l’Halema’uma’u: Le HVO indique que le lac de lave reste actif et que sa surface se trouve à environ 35 mètres sous la lèvre du cratère. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’explosion de samedi dernier, provoquée par un éboulement, a expédié un volume impressionnant de matériaux très loin sur le rebord sud-est de l’Halema’uma’u. Le tapis de projections recouvre une bande de 80 mètres de long et 50 mètres de large autour de l’ancienne terrasse d’observation, une zone qui a été fermée au public en 2008 quand la bouche active s’est ouverte, en raison des risques évidents. Par endroits, la couche de téphra présente une épaisseur de 20 centimètres. Si des personnes avaient été présentes à cet endroit au moment de l’explosion, il est pratiquement certain qu’il y aurait eu des morts et des blessés. De plus, les alizés ont influencé la trajectoire des retombées. En effet, alors que la plupart des matériaux sont retombés juste à l’est du cratère, des éjecta gros comme des galets ont également arrosé l’ancien parking, à environ 500 mètres au sud-ouest. Comme je l’ai signalé auparavant, un coffret en plastique abritant des batteries et des composants électroniques pour un gravimètre, à environ 35 mètres du bord du cratère, a carrément fondu sous la chaleur de la lave.
De nouvelles explosions et chutes de pierres restent possibles et peuvent survenir à tout moment, sans prévenir. Le HVO reconnaît que leur prévision reste impossible. À ce jour, les scientifiques n’ont jamais détecté de signaux annonçant de telles explosions. L’ampleur de l’événement dépend probablement du lieu et de la taille de l’éboulement, du niveau du lac de lave au moment de l’éboulement, de la vitesse du vent, et d’autres facteurs dynamiques.
On a observé que la plupart des éboulements de parois internes du cratère ont lieu au moment où le niveau du lac de lave est en train de s’élever, ce qui porte à haute température de grandes zones de la roche encaissante, avec l’apparition de fractures à cause de la dilatation de la roche. Toutefois, certains éboulements, comme celui du 6 août, peuvent se produire au cours d’un épisode de baisse du niveau du lac, peut-être parce que l’effet étayage du lac n’existe plus, ce qui favorise la fragilité de la paroi.
L’accès à toute la zone autour du cratère de l’Halema’uma’u est interdit. Le seul point d’observation autorisé est la terrasse du Musée Jaggar. Cette carte montre (en rouge) les routes et sentiers interdits au sommet du Kilauea

Kilauea trails

Source: USGS / HVO.

2) Le cratère du Pu’uO’o: L’accès à ce site est interdit lui aussi, en raison des dangers: gaz nocifs, risques d’effondrements et d’explosions. Par ailleurs, le terrain est à la fois difficile et dangereux. Il y a un fort risque de chute et de blessure grave. Les volcanologues du HVO visitent le cratère de temps à autre. Ils sont acheminés par hélicoptère et restent en général sur le bord nord du cratère juste le temps de contrôler les instruments de surveillance et autres webcams qui ont été installés à cet endroit.
La meilleure solution pour observer le Pu’uO’o est d’acheter un vol en hélicoptère dans l’une des agences situées dans l’enceinte de l’aéroport de Hilo. Malgré les mises en garde, ceux qui voudraient s’aventurer sur le Pu’uO’o doivent savoir que les pilotes d’hélicoptères privés signalent aux rangers la présence de personnes dans la zone interdite.

PuuOO 8 juillet

Crédit photo: USGS / HVO.

3) La coulée de lave 61g continue d’être active et d’entrer dans l’Océan Pacifique en plusieurs endroits près de Kamokuna. Des bouches continuent à s’ouvrir sur la coulée, que ce soit sur la plaine côtière ou sur le pali. La lave a commencé à édifier un delta le long du rivage.
Il est recommandé la plus grande prudence aux personnes qui viennent admirer l’entrée de la lave dans l’océan. Le HVO rappelle qu’il y a des risques autres que le simple fait de marcher sur la surface inégale et instable qui précède la falaise. Le site génère de nouveaux dangers avec l’interaction explosive entre la lave et l’eau. En outre, la nouvelle banquette construite par la lave est instable et peut s’effondrer sous l’action de sape des vagues. Un petit effondrement de ce delta a d’ailleurs eu lieu mardi dernier pendant l’après-midi. Enfin, le douloureux mariage de la lave et de l’eau produit un panache acide chargé de particules volcaniques fines qui peuvent irriter la peau, les yeux et les poumons.

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Explosion littorale (Photo: C. Grandpey)

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 drapeau-anglaisCurrently, the main dangers on Kilauea volcano are concentrated in three main areas:

1) Halema’uma’u Crater: HVO indicates that the lava lake remains active with its surface about 35 metres below the crater rim. As I put it in a previous post, last Saturday night’s explosion, triggered by a rockfall, sent a voluminous and dangerous shower of hot spatter and rock debris onto the southeast rim of Halema’uma’u Crater. This explosion produced a continuous carpet of volcanic material covering a broad swath 80 metres long and 50 metres wide around the former public overlook, an area that has been closed to public access since 2008 due to ongoing hazards. In places, this tephra layer was up to 20 cm thick. Almost certainly, anyone who had been near the crater rim in this area would have been killed or severely injured. Trade winds influenced the trajectory of the fallout. So, while most of the tephra fell just east of the vent, pebble-sized debris also pelted the old parking lot, about 500 metres to the southwest. As I put it before, spatter that landed on a plastic case housing batteries and electrical components for a gravity monitoring instrument about 35 metre from the crater rim melted the case and ignited a fire that incinerated its contents.

Additional explosions from further rockfalls remain possible and can occur at any time with no warning. These rockfalls and the resulting lava lake interactions are impossible to forecast. To date, HVO scientists have seen no evidence of precursory signals before an explosion, and the magnitude of the event likely depends on the location and size of the rockfall, the lava lake level at the time of the rockfall, wind velocity, and other dynamic factors.

Most rockfalls from the vent wall have occurred during rising lava lake levels, when large areas of the wall rock are heated and develop internal cracks due to expansion. But some rockfalls, like the August 6th event, occur after the lake level drops, possibly when the buttressing effect of the lake is lost, facilitating wall failure.

Access to the whole area around Halema’uma’u Crater is prohibited. The only authorised observation point is the terrace of the Jaggar Museum. The map (see above) shows (in red) the unauthorised access roads and trails on Kilauea volcano

2) Pu’uO’o Crater: Access to this site is prohibited too, due to the dangers: noxious gases, risk of collapses and explosions. Besides, the terrain is both difficult and dangerous. The risk of falling and getting severely injured is very high. Volcanologists at HVO visit the crater from time to time. They are dropped from a helicopter and stay on the crater rim just the necessary time to control and monitor the instruments that have been set up on the crater rim.

The best solution to observe Pu’uO’o is to buy a helicopter flight in one of the agencies located at Hilo Airport. Despite the warnings, those who want to venture on Pu’uO’o should know that private helicopter pilots signal to the rangers the presence of people in the forbidden area.

3) The 61g lava flow continues to be active and to enter the Pacific Ocean at multiple places near Kamokuna. Scattered breakouts continue predominantly on the seaward portion of the coastal plain and on the pali. Lava has started to build a delta along the shore.

As a strong caution to visitors viewing the new ocean entry; HVO warns that there are additional significant hazards besides walking on uneven surfaces and around unstable, extremely steep sea cliffs. Venturing too close to the ocean entry exposes to flying debris created by the explosive interaction between lava and water. Also, the new land created is unstable because it is built on unconsolidated lava fragments and sand. This loose material can easily be eroded away by surf causing the new land to become unsupported and slide into the sea. A small delta collapse occurred last Tuesday afternoon. Finally, the interaction of lava with the ocean creates an acidic plume laden with fine volcanic particles that can irritate the skin, eyes, and lungs.

On ne touche pas aux vieilles coulées de lave ! // Don’t meddle with ancient lava flows !

drapeau-francaisIl y a eu récemment beaucoup d’effervescence et d’émotion en Australie quand un agriculteur de la Harman’s Valley, dans le sud-ouest de l’Etat de Victoria, a labouré et enfoui dans le sol toute une partie d’une ancienne coulée de lave pour y créer des pâturages. La coulée de lave en question, d’une longueur de 27 kilomètres, a été émise lors d’une éruption du Mont Napier il y a 36000 ans.
Au cours des dernières semaines, les visiteurs qui se sont arrêtés à la plate-forme d’observation sur la route qui relie Port Fairy à Hamilton, au nord du village de Byaduk,  pour admirer ce que les scientifiques considèrent comme une merveille géologique, se sont retrouvés face à une étendue de terre fraîchement retournée !
La modification apportée au paysage a soulevé des cris d’indignation de la part des géologues, tandis que Aboriginal Victoria, une agence conseil auprès du gouvernement de l’Etat de Victoria, a décrété l’arrêt du travail sur la coulée. L’événement a également déclenché les protestions du propriétaire du terrain qui a affirmé n’avoir rien fait de mal. Selon lui, l’ancien propriétaire de la parcelle avait déjà écrasé la plus grande partie de la roche volcanique il y a 10 ans et il ne se sent donc pas responsable des dégâts causés à la coulée de lave.
Selon un professeur honoraire de l’Université Deakin – qui a plusieurs campus dans l’Etat de Victoria – le concassage de la coulée prive l’Etat d’« une partie importante de son patrimoine qui avait un intérêt touristique, pédagogique et scientifique irremplaçable ».
La coulée de lave de la Harman’s Valley descend du Mount Napier State Park, au sud d’Hamilton, mais la partie qui a été labourée n’est pas protégée. Elle se trouve à plusieurs kilomètres des grottes de Byaduk, de réputation internationale. Elle fait toutefois partie de cette coulée qui présente des phénomènes rares tels que des tunnels de lave et les affleurements connus sous le nom de « tumuli ». La coulée est, en théorie, soumise à la législation du patrimoine autochtone.

D’anciens chercheurs de l’Université Deakin ont rejoint des scientifiques de Melbourne et de la Société Géologique d’Australie pour qu’une législation soit mise en place afin de protéger les sites géologiquement importants dans l’Etat de Victoria dont le pouvoir législatif pour protéger les formations géologiques sur des terres privées est moins important que dans les autres États australiens.

Source. Herald Sun.

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drapeau-anglaisThere was recently a lot of emotion in the Australian Harman’s Valley, in south-west Victoria, when a local farmer used heavy equipment to roll a section of an ancient lava flow back into the earth to create pasture land. The 27-kilometre-long lava flow was emitted when nearby Mount Napier erupted 36,000 years ago.

In recent weeks, visitors who stopped at a viewing platform on the Port Fairy-Hamilton road just north of Byaduk village to marvel at what scientists considered a geological wonder have been confronted by freshly bared earth extending up the valley.

The alteration to the landscape has produced cries of outrage from geologists, drawn a « stop work » order from Aboriginal Victoria – a key agency that provides advice to the Victorian Government – and brought a protestation from the landowner that he did nothing wrong. In his opinion, the previous owner crushed most of the volcanic rock 10 years ago and did not feel responsible for the damage caused to the lava flow. .

According to an honorary professor from Deakin University which has several campuses in Victoria, the rock crushing has deprived this State of « an important part of its heritage that had irreplaceable tourism, educational and research significance ».

The Harman’s Valley lava stream « flows » out of the Mount Napier State Park, south of Hamilton, but the section that has been crushed is not protected. It is several kilometres from the internationally recognised Byaduk Caves but part of the same flow, which features rare phenomena such as lava tubes and outcrops known as tumuli. However, it is subject to Indigenous heritage legislation.

Senior researchers from Deakin University have joined scientists from Melbourne and the Geological Society of Australia to call for legislation to protect geologically important sites in Victoria which has less legislative power to protect geological formations on private land than other Australian states.

Source. Herald Sun.

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La Harman’s Valley avec le Mont Napier à l’arrière plan.

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« Tumulus » dans la Harman’s Valley.

(Crédit photo: Wikipedia)