Nouvelles du Santiaguito (Guatemala) et du Kilauea (Hawaii) // News of Santiaguito and Kilauea volcanoes

drapeau francaisLes pluies abondantes qui affectent en ce moment la région du Santa Maria et du Santiaguito ont provoqué des lahars dans les affluents des rivières Cabello de Ángel et San Isidro. L’INSIVUMEH précise que ces lahars ont déposé des matériaux sur une largeur atteignant 18 mètres et une hauteur de 1,50 mètres. Certains blocs véhiculés par les flots de boue avaient entre un et deux mètres de diamètre. Dans le même temps, les explosions au sommet du Santiaguito généraient des panaches de cendre qui entraînaient des retombées dans les localités situées sous le vent.

L’éruption du Kilauea continue. Au sommet, le niveau du lac de lave est conditionné par les épisodes d’inflation et de déflation qui affectent l’édifice volcanique. En ce moment, la lave est relativement profonde, à environ 55 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater. On observe toujours des coulées éphémères sur le champ de lave jusqu’à 7 km au NE du Pu’uO’o.

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drapeau-anglaisThe heavy rains that currently affect the Santa Maria and Santiaguito areas produced lahars in the Cabello de Ángel et San Isidro drainages. INSIVUMEH indicates that the mudflows accumulated materials over a width of 18 metres and a depth of 1.5 metres. Some blocks carried by the lahars were 1-2 metres in diameter. In the meantime, the explosions on the Santiaguito dome produced ash plumes that generated ashfall in downwind communities.

The eruption continues at Kilauea volcano. At the summit, inflation and deflation episodes condition the level of the lava lake which is currently quite deep, at 55 metres beneath the rim of the Overlook Crater. Scattered breakouts remain active northeast of Pu’uO’o, within about 7 km from the vent. There is no lava flow threat to nearby communities.

Santiaguito-sommet

Sommet du Santiaguito  (Photo: C. Grandpey)

Le lent glissement du flanc sud du Kilauea (Hawaii) // The slow slip of Kilauea’s south flank (Hawaii)

drapeau francaisAu cours de l’éruption actuelle du Kilauea, le flanc sud du volcan avance lentement dans la mer et la sismicité enregistrée par les instruments le prouve régulièrement. Ainsi, à la mi-octobre 2015, une partie du flanc sud du Kilauea a glissé lentement dans l’océan. Ce mouvement fait partie d’un phénomène récurrent appelé «séisme lent » (« slow earthquake » en anglais) dont la dernière manifestation avait eu lieu à la fin du mois de mai 2012.
Au premières heures de la matinée du 14 octobre 2015, un tiltmètre installé près de Ka’ena Point, sur la côte au sud du sommet du Kilauea, a commencé s’incliner en s’éloignant de la côte. Les inclinomètres et les GPS ont continué à détecter ce glissement pendant 2 ou 3 jours. Au final, le flanc sud a glissé d’environ 3 cm vers le sud-est.
Les séismes lents à Hawaii se produisent le long d’une faille qui se situe à la limite entre le Kilauea et le fond de l’océan. Le glissement associé au séisme lent de la mi-octobre s’est produit si progressivement qu’il n’a pas généré d’ondes sismiques. Toutefois, si le glissement avait eu lieu rapidement, il aurait probablement provoqué un séisme de M 6 ou plus.
Les séismes lents sur le flanc sud de la Grande Ile d’Hawaii sont périodiques et surviennent généralement environ tous les 26 mois. Le précédent ayant eu lieu le 28 mai 2012, les scientifiques étaient sur le qui vive depuis juillet 2015. Il est intéressant de noter que ces événements ont tendance à se produire dans la même partie du flanc sud. C’est pourquoi des instruments ont été installés stratégiquement dans cette zone pour bien les enregistrer.
Une conséquence intéressante du séisme lent de la mi-octobre a été une intensification de l’activité sismique dans les zones de rift du Kilauea. Depuis cet événement, la Rift Zone Est et celle du Sud-Ouest connaissent une augmentation du nombre de petits séismes, avec un événement de près de M 3 dans le secteur de Pu’ukou, sur le Rift Sud-Ouest où la sismicité est en hausse depuis mars 2015. Le lien entre les séismes lents et l’augmentation de l’activité sismique dans les zones de rift est mal connu ; il fait actuellement l’objet de recherches. Les scientifiques aimeraient savoir quel effet les séismes lents peuvent avoir sur le risque volcanique et si des séismes plus puissants et donc destructeurs sont susceptibles de survenir pendant un épisode de séisme lent.
Les gens se demandent parfois si le flanc sud du Kilauea pourrait s’effondrer dans l’océan et déclencher un tsunami dévastateur dans l’Océan Pacifique. J’ai abordé le sujet avec Jim Kauahikaua, alors directeur de l’Observatoire, lors d’une visite à Hawaii il y a quelques années. Il m’a dit que, selon lui, un tel risque est très faible. Ce qui est beaucoup plus probable qu’un effondrement majeur du flanc sud de Kilauea, c’est un séisme provoqué par un déplacement de 5 à 10 mètres du flanc sud vers l’océan. Le séisme de 1975 à Kalapana était un événement de ce type et le tsunami qu’il a provoqué a tué deux personnes. Un séisme plus puissant avait déjà eu lieu dans le secteur de Ka’u en 1868 et il avait entraîné la mort de 47 personnes.
Source: Observatoire des Volcans d’Hawaii.

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drapeau francaisWith the current eruption of Kilauea, the south flank of the volcano is slowly moving into the sea and the seismicity recorded by the instruments regularly proves it. By mid-october, a portion of Kilauea’s south flank slowly slipped seaward. This movement is part of a recurring phenomenon called a “slow earthquake,” which last occurred at the end of May 2012.
Beginning in the early morning hours of October 14th, a tiltmeter near Ka‘ena Point on the coastline south of Kilauea’s summit began to tilt away from the coast. A combination of tiltmeter and GPS networks continued to detect slip for the next 2–3 days. In total, the south flank slipped about 3 cm southeastward.
Slow earthquakes in Hawaii happen along a fault at the boundary between Kilauea volcano and the old ocean floor. The slip associated with the mid-October’s slow earthquake was so gradual that it did not generate seismic waves. But if the slip had occurred rapidly, it might have resulted in an M 6 or so earthquake.
Slow earthquakes on the south flank of Hawaii Big Island are periodic, typically occurring about every 26 months. The previous one was on May 28th 2012 so that scientists had been expecting another one since July 2015. Interestingly, these events tend to occur in the same part of south flank, so instruments have been strategically placed to capture them when they happen.
An interesting effect of last week’s slow earthquake was the additional seismic activity within Kilauea’s rift zones. Since the slow earthquake, both the East Rift Zone and the Southwest Rift Zone have experienced an increase in the number of small earthquakes, including an M 3 earthquake near Pu‘ukou, an area of the Southwest Rift Zone that has had enhanced seismic activity since March 2015. The exact process that might tie the slow earthquake to increased seismic activity in the rift zones is the topic of ongoing research. Scientists would like to know what effect slow earthquakes have on the volcanic hazard and if larger, more destructive, earthquakes are more likely during a slow earthquake.
People sometimes wonder whether Kilauea’s south flank might collapse into the ocean and trigger a devastating tsunami around the Pacific Ocean. I happened to talk about this with Jim Kauahikaua during a visit at the observatory some years ago. He told me that, in his opinion, such a risk is very low. What is much more likely than a major collapse of Kilauea’s south flank is an earthquake in which a large part of the south flank lurches seaward by 5 – 10 metres. The Kalapana earthquake of 1975 was such an event and the local tsunami it generated killed two people. A previous earthquake in Ka’u in 1868 was similar but larger. The tsunami it triggered killed 47 people.
Source: Hawaii Volcano Observatory.

Hawaii littoral

Arrivée de la lave dans l’océan sur le flanc sud du Kilauea (Photo: C. Grandpey)

Mauna Loa et Kilauea (Hawaii): Une bonne complicité? // A good complicity?

drapeau francaisDans un article récent paru dans le journal West Hawai Today, un volcanologue du HVO explique la relation possible entre le Kilauea et le Mauna Loa.
D’après lui, le simple fait que le Kilauea soit en éruption depuis longtemps ne signifie pas qu’il « pompe » la lave du Mauna Loa. Toutefois, si l’on regarde l’activité des 2500 dernières années, il semble assez évident que lorsque l’un de ces deux volcans est actif, l’autre l’est beaucoup moins.
C’est peut-être parce que les deux volcans s’appuient l’un contre l’autre. Le scientifique émet l’hypothèse suivante: «Quand le Kilauea est en éruption, il gonfle et s’éloigne du Mauna Loa dont l’édifice va se déplacer pour combler l’espace inoccupé. Lorsque le Mauna Loa se déplace de la sorte, il se crée plus de place dans sa chambre magmatique. En conséquence, la chambre magmatique qui s’est agrandi nécessite plus de magma pour se remplir et monter en pression ».
La récente augmentation de l’activité sismique du Mauna Loa (voir ma note du 18 septembre 2015) ne signifie pas forcément que le volcan va entrer en éruption, ou que le Kilauea va mettre fin à la sienne. Entre 2002 et 2005, le Mauna Loa a montré un comportement semblable à celui que nous observons actuellement en termes d’inflation et de légers séismes et aucune activité significative n’a été observée, de sorte que le niveau d’alerte a été abaissé du Jaune au Vert.
Il est intéressant de s’intéresser aux éruptions et aux coulées de lave émises dans le passé par le Mauna Loa. 48% sont des éruptions sommitales qui se sont limitées au sommet du volcan, 24% ont affecté le Rift NE (en direction de Hilo), 21% se sont déroulées sur le Rift SO (dans le secteur de Ka’u), et 6% se sont produites dans des bouches radiales (près du sommet et dans la région de Kona).
Il existe toujours le risque que la lave produite par une éruption du Mauna Loa impacte la population de la partie occidentale de la Grande Ile. Si l’on regarde une carte et les courbes de niveaux, on se rend compte que si une éruption devait se produire dans la partie haute du Rift Sud-Ouest, la lave pourrait avancer très vite sur le flanc pentu du volcan et d’atteindre l’océan dans les secteurs de Ka’u ou South Kona en seulement trois heures. Si une éruption se produisait dans la partie supérieure du versant nord-ouest, la lave pourrait atteindre l’océan dans le secteur de Waikoloa, dans les huit jours. Dans la partie orientale de l’île où les pentes sont poins accentuées, il faudrait à la lave en provenance du Rift NE des semaines ou des mois pour atteindre la région de Hilo. En 1984, il a fallu 280 jours à la lave pour que le front de coulée arrive à moins de 7,5 km de Hilo.

Vous pourrez lire l’article dans son intégralité à cette adresse:
http://www.westhawaiitoday.com/news/local-news/closer-look-mauna-loa-sensitive-equipment-keeps-scientists-abreast-volcano-s

En complément de cette note, vous pouvez aussi lire mes notes précédentes (26 octobre 2012 et 6 octobre 2013 la relation possible entre ces deux volcans.

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drapeau-anglaisIn a recent article to be read on the newspaper West Hawai Today, an HVO volcanologist explains the possible relationship between Kilauea and Mauna Loa volcanoes.
In his opinion, just because Kilauea has been erupting a lot doesn’t mean that it is stealing lava from Mauna Loa. However, if one looks at the last 2,500 years or so, it seems quite obvious that when one is active, the other is less active.
This could be because the two volcanoes buttress against each other. Says the scientist: “When Kilauea is erupting, it inflates away from Mauna Loa, leaving it un-buttressed. Mauna Loa then shifts to backfill that space. When Mauna Loa moves into that space, it creates more room in its magma chamber. The larger magma chamber requires more magma to fill and pressurize it”.
The recent increase in Mauna Loa’s seismic activity (see my note of September 18th 2015) doesn’t mean the volcano will erupt, or that Kilauea will stop erupting. Between 2002 and 2005, the volcano showed similar patterns to what we’re seeing now in terms of inflation and slight earthquakes and no significant activity was observed, so that the alert level retreated from Yellow to Green.
As far as Mauna Loa’s eruptions are concerned, it is interesting to look at the lava flows emitted during past eruptions. 48 % are summit eruptions and stay in the summit, 24 % go down the Northeast Rift (toward Hilo), 21 % go down the Southwest Rift (in Ka‘u), and 6 % happen in the neighbourhood of radial vents (scattered near the summit and in the Kona region).
There’s always a possibility that lava from a Mauna Loa eruption could impact West Hawaii residents. In fact, according to a USGS slope map, if the eruption were to occur high on the volcano in the Southwest Rift Zone, lava could speed down its steep slopes and reach the ocean off Ka‘u or South Kona in as little as three hours. If an eruption were to occur high on the volcano’s northwest flank, lava could reach the waters off Waikoloa within eight days. Because of the shallower slopes on the island’s eastern side, it would take weeks to months before lava from a Northeast Rift Zone eruption would reach the Hilo area. In 1984, it took lava 280 days to reach within 7.5 km of Hilo.

You can read the full article at this address :
http://www.westhawaiitoday.com/news/local-news/closer-look-mauna-loa-sensitive-equipment-keeps-scientists-abreast-volcano-s

As a complement to this note, you can also read my previous notes (October 26th 2012 and October 6th 2013 about the possible relationship between these two volcanoes).

Mauna Loa General

Vue du Mauna Loa depuis le désert de Ka’u

Mauna-Loa-blog-2

Caldeira sommitale du Mauna Loa: Moku’aweoweo

Mauna Loa coulee

Coulées de lave sur le versant sud du Mauna Loa

Mauna Loa alerte

Exemple de système d’alerte au pied du versant ouest du Mauna Loa

(Photos: C. Grandpey)

Nouvelles du Kilauea (Hawaii)

drapeau-francaisPas de nouvelles, bonnes nouvelles. Voilà pourquoi on entend peu parler ces jours-ci de l’éruption du Kilauea qui se poursuit sans changement significatif. Sismicité, déformation et émissions de gaz restent à un niveau bas sur l’ensemble de l’édifice volcanique.
Au sommet, le niveau du lac de lave dans l’Overlook Crater reste relativement stable, à environ 55 mètres sous la lèvre. L’activité sismique se maintient à un niveau normal.
Aucun changement significatif n’a été observé sur le Pu’uO’o. Les émissions de SO2 sur l’ensemble de l’East Rift Zone atteignent une moyenne de 400 tonnes par jour.
La coulée de lave du 27 Juin reste active, avec des coulées éphémères jusqu’à 7 km au nord-est du Pu’uO’o. Le HVO indique que le niveau global de l’activité de surface semble avoir diminué légèrement par rapport à ces derniers mois. La lave ne menace pas les zones habitées.
Source: HVO.

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drapeau-anglaisNo news is good news. That’s why little is said these days about the eruption of Kilauea volcano which continues with no significant changes. Seismicity, deformation, and gas emissions are going on at low background rates across the volcano.
At the summit, lava lake levels within the Overlook Vent are relatively stable, at roughly 55 metres below the rim. Seismic activity is at normal levels.
No significant changes are noted at Pu’uO’o. The SO2 emission rate from all East Rift Zone vents averages 400 metric tons per day.
The June 27th lava flow continues with scattered surface flow activity within 7 km northeast of Pu’uO’o. HVO indicates the overall level of surface activity appears to have declined slightly compared to the past few months. No lava is currently threatening any communities.
Source: HVO.

Coulee-Hawaii-blog

Exemple de coulées éphémères à Hawaii  (Photo: C. Grandpey)