Le Japon bientôt rayé de la carte? // Japan soon wiped off the map?

drapeau francaisVoici le type d’article que je déteste vraiment! Il traite des prévisions à long terme, ponctuées d’un nombre incalculable de verbes au conditionnel alors que nous ne savons toujours pas prévoir les éruptions dans le court terme. Il suffit de jeter un coup d’œil à la situation actuelle sur le Mayon (Philippines) où des milliers de personnes sont évacuées depuis plusieurs semaines par crainte d’une éruption…qui ne vient pas!
Le New Zealand Herald a relayé un article prétendant que le Japon pourrait être rayé de la surface de la Terre par une éruption volcanique majeure dans les 100 prochaines années, avec à la clé la mort de la quasi-totalité de sa population de 127 millions d’habitants.
L’article fait référence à une nouvelle étude dans laquelle des volcanologues analysent les modèles éruptifs au Japon et concluent qu’il n’est «pas exagéré» de prévoir une catastrophe naturelle qui « anéantirait » le pays.
Les scientifiques de l’Université de Kobé ont étudié un vaste cratère volcanique de l’île de Kyushu qui est entré en éruption à 7 reprises dans les 120 000 dernières années. Ils estiment qu’une nouvelle éruption enfouirait 7 millions de personnes sous des coulées de lave tandis que les vents d’ouest transporteraient une énorme quantité de cendre et de poussière vers Honshu. Selon eux, le nuage toxique rendrait l’île voisine «invivable» et les 120 millions de personnes vivant dans les centres urbains n’auraient « aucune chance » de survivre à ce cataclysme.
Les professeurs Yoshiyuki Tatsumi et Keiko Suzuki ont calculé que le risque qu’une telle éruption se produise dans les 100 prochaines années est d’environ un pour cent. Ils font remarquer que ce chiffre ne saurait être ignoré car la probabilité qu’un séisme majeur frappe Kobé dans les 30 ans avait, elle aussi, été estimée à environ un pour cent la veille du séisme de M 7.2 qui a détruit la ville japonaise en 1995, tuant 6.400 personnes.
Cet article est publié quelques semaines après l’éruption meurtrière du Mont Ontake et au moment où on apprend que le volcan Ioyama, situé dans le sud du Japon à 64 km de la centrale nucléaire de Sendai (voir ma note du 26 octobre), montre des signes d’activité qui pourraient éventuellement déboucher sur une éruption.

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drapeau anglaisHere is the type of article I definitely hate ! It deals with long-term predictions punctuated by an infinity of “could” while we are not able to predict eruptions in the short term. It suffices to have a look at the current situation on Mayon volcano where thousands of people have been evacuated for several weeks for fear of an eruption that does not come!

The New Zealand Herald has relayed an article pretending that Japan could be wiped off the face of the earth by a massive volcanic eruption some time in the next century killing almost all of its 127million inhabitants.

The article refers to a new study in which experts analysing the eruption patterns of volcanoes in Japan say it is ‘not an overstatement’ to predict that a natural disaster could leave the country ‘extinct’.

Scientists at Kobe University looked at a massive volcanic crater on Kyushu Island, which has erupted seven times in the last 120,000 years. They predicted that another eruption would bury 7 million people underneath lava flows, while westerly winds would carry a huge amount of ash and dust to Honshu. They added that the toxic cloud would make the neighbouring island ‘unliveable’ and that the 120 million living in major cities and towns would be ‘hopeless’.

Professors Yoshiyuki Tatsumi and Keiko Suzuki calculated that the risk of such an eruption occurring in the next 100 years was around 1 per cent. However, they said that figure could not be ignored, as the chance of a major earthquake striking Kobe within 30 years was estimated at about one percent just a day before an M 7.2 quake destroyed the Japanese city in 1995, killing 6,400 people.

The news comes just weeks after the deadly eruption of Mount Ontake and amid warnings that Ioyama volcano in southern Japan, located 64 km from the Sendai nuclear plant (see my note of October 26th), was showing signs of increased activity that could possibly lead to an eruption.

Exercice d’évacuation en cas d’éruption du Mont Fuji (Japon) // Mount Fuji eruption drill (Japan)

drapeau francaisPrès de 4000 personnes ont participé dimanche dernier à un exercice d’évacuation de grande envergure destiné à tester la réaction de la population à une possible éruption du Mont Fuji, quelques semaines après l’éruption du Mont Ontake qui a tué au moins 56 randonneurs.
Le Mont Fuji (3776 m.), à 100 kilomètres à l’ouest de Tokyo, a connu sa dernière éruption en 1707 mais les géologues l’ont inclus dans la liste des 47 volcans japonais censés entrer en éruption dans le siècle à venir.
Quelques 3900 habitants de 26 villes et villages dans les trois préfectures situées autour du volcan ont pris part à l’exercice. Ainsi, dans la ville de Gotemba, environ 800 personnes ont utilisé leurs propres véhicules et emprunté des routes prévues pour une évacuation car il y a très peu de transports en commun dans la localité. Les personnes âgées ayant besoin de soins ont été transférés par bus. Les pompiers, les policiers et soldats ont recherché les personnes qui ne pourraient pas être évacuées dans les délais.
L’exercice d’évacuation était prévu depuis trois ans mais l’éruption du Mont Ontake a obligé à l’effectuer avec encore plus de sérieux. Les autorités avaient imaginé que l’éruption avait lieu à une altitude d’environ 2000 mètres à 11 heures du matin, avec des nuages de cendre et de gaz montant à 20 km de hauteur, et des coulées de lave en provenance des cratères.
Dans les trois préfectures (Shizuoka, Yamanashi et Kanagawa), 470 000 personnes seraient obligées de quitter leurs habitations en raison de la cendre volcanique si le Mont Fuji connaissait une éruption semblable à celle prévue dans l’exercice. Les importants volumes de lave obligeraient 689 000 personnes à chercher refuge et les coulées couperaient les artères principales du pays, comme les voies ferrées à grande vitesse et les autoroutes le long de la côte Pacifique.
Source: Presse japonaise.

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drapeau anglaisNearly 4,000 people took part last Sunday in a mass evacuation drill to test responses to a possible eruption of Mount Fuji, weeks after nearby Mount Ontake erupted and killed at least 56 hikers.

Mount Fuji (3,776 m.), 100 kilometres west of Tokyo, last erupted in 1707 but geologists have included it as one of 47 volcanoes in the country believed to be at risk of eruption in the coming century.

Some 3,900 residents in 26 cities, towns and villages in three prefectures around the volcano took part in the drill. In the city of Gotemba, about 800 people used their own cars to evacuate along designated routes because public transportation is scarce there. Elderly people in need of care were moved by bus. Firefighters, police and troops searched for people who could not evacuate in time.

The Fuji drill had been planned for three years but, because of the Ontake eruption, it was conducted in a serious atmosphere. It was based on the scenario that an eruption occurred at a height of about 2,000 metres at 11 am with ash and smoke soaring 20 kilometres and lava flowing from craters.

In the three prefectures (Shizuoka, Yamanashi and Kanagawa),  470,000 people would be forced to evacuate due to volcanic ash in the event that Mount Fuji erupted on a scale similar to that envisaged in the exercise. Large amounts of lava would require 689,000 people to seek refuge and cut off the nation’s major arteries, such as a high-speed railway and an expressway, along the Pacific seaboard.

Source : Japanese newspapers.

Fuji-blog

(Crédit photo:  Wikipedia)

Le Japon renoncera-t-il un jour au nucléaire? // Will Japan decide to give up nuclear energy?

drapeau francaisDans une note rédigée le 30 septembre 2014, j’expliquais pourquoi le Japon n’avait pas retenu la leçon de Fukushima. En effet, quelques heures après l’éruption mortelle du Mont Ontake, le gouvernement japonais avait affirmé qu’il était bien décidé à redémarrer deux réacteurs nucléaires situés à proximité de volcans actifs, même si le public était opposé à l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Des milliers de personnes s’étaient alors réunies à Kagoshima pour protester contre le projet de redémarrage de deux réacteurs de la centrale nucléaire de Sendai qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres seulement du Sakurajima, volcan particulièrement actif.
Allant dans le sens de l’opinion générale, Toshitsugu Fujii, professeur à l’Université de Tokyo et volcanologue de renom à la tête d’une commission gouvernementale sur ​​la prévision des éruptions volcaniques, vient de contester la conclusion des autorités japonaises. L’autorité de régulation nucléaire du Japon (NRA) avait affirmé que les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Sendai étaient à l’abri d’une éruption volcanique dans les prochaines décennies. Le professeur, quant à lui, a affirmé toute prévision était impossible. Il a indiqué que, au mieux, une éruption peut être prévue seulement quelques heures ou quelques jours avant son déclenchement et que l’éruption d’un des nombreux volcans qui entourent la centrale nucléaire de Sendai pourrait non seulement affecter les réacteurs, mais pourrait aussi provoquer une catastrophe nationale.
Selon le volcanologue, des études ont montré que les coulées pyroclastiques provoquées il y a 90 000 ans par l’éruption d’un des volcans situés près de l’usine de Sendai (préfecture de Kagoshima) avaient atteint une distance de 140 km. Une coulée pyroclastique du Sakurajima pourrait facilement atteindre la centrale nucléaire qui se trouve à seulement 40 km. A cause des fortes retombées de cendre, il serait impossible d’atteindre la centrale et une telle éruption pourrait également affecter de nombreuses parties du pays, y compris Tokyo.
Source:Agences de presse américaines.

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drapeau anglaisIn a note written on September 30th 2014, I explained that Japan had not learnt the lesson of Fukushima. A few hours after the sudden deadly eruption of Mount Ontake, the Japanese government had said this would not derail its push to restart two reactors located near active volcanoes, even though the public remains opposed to nuclear power after the Fukushima crisis. Thousands of people had then gathered in Kagoshima to protest against plans to restart two reactors at nearby Sendai nuclear plant which is located about 50 kilometres from Mount Sakurajima.

Approving the general public opinion, Toshitsugu Fujii, University of Tokyo, a prominent volcanologist who heads a government-commissioned panel on volcanic eruption prediction, has just disputed Japanese regulators’ conclusion that the two nuclear reactors in Sendai were safe from a volcanic eruption in the next few decades, saying that such a prediction was impossible. He said that, at best, an eruption can be predicted only a matter of hours or days and that an eruption at one of several volcanoes surrounding the Sendai nuclear power plant could not only hit the reactors but could cause a nationwide disaster.

According to the volcanologist, studies have shown that pyroclastic flows from an eruption 90,000 years ago at one of the volcanoes near the Sendai plant in Kagoshima prefecture reached as far as 140 km away. A pyroclastic flow from Sakurajima could easily hit the nuclear plant, which is only 40 kilometres away. Heavy ash falling from an eruption would make it impossible to reach the plant, and could also affect many parts of the country including Tokyo.

Source: American press agencies.

Sakurajima-blog

Le Sakurajima, une menace pour la région de Kagoshima  (Crédit photo:  Wikipedia)

Arrêt des recherches sur le Mont Ontake (Japon) // Search has stopped on Mount Ontake (Japon)

drapeau francaisLes autorités japonaises ont décidé hier jeudi d’interrompre définitivement les recherches pour trouver les corps de sept randonneurs qui sont toujours portés disparus sur les flancs du Mont Ontake. Les conditions météorologiques sont très mauvaises, avec de la neige et de fortes pluies provoquées par plusieurs typhons, de sorte que les recherches dont devenues de plus en plus difficiles.
Le bilan officiel pour l’instant est de 56 morts. Il s’agit de l’éruption la plus meurtrière au Japon depuis près de 90 ans. Une opération de recherche de moindre envergure pourrait être organisée au printemps de l’année prochaine. Les pentes du volcan sont actuellement couvertes d’une couche de cendre collante dont l’épaisseur atteint souvent cinquante centimètres. Certaines victimes ont été trouvées à moitié enterrées. Il faut donc craindre que d’autres randonneurs aient été ensevelis eux aussi.

Source : The Japan Times.

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drapeau anglaisJapanese authorities called off yesterday the search for seven hikers still missing on Mount Ontake as poor weather conditions, with snow and heavy rain triggered by typhoons, made the search operation increasingly difficult.

The official death toll at the moment is 56, in Japan’s deadliest eruption for almost 90 years. A small-sized search operation may be carried out next year when spring comes. The slopes of the volcano are currently covered with thick, sticky ash, up to half a metre deep, where some of the dead were found half-buried, leading to fears others may be entombed.

Source : The Japan Times.