Nouvelles islandaises // News from Iceland

drapeau francaisSelon Páll Einarsson, professeur de géophysique à l’Université d’Islande, la chambre magmatique sous l’Hekla est maintenant presque remplie, ce qui signifie que le volcan «pourrait bientôt entrer en éruption» et qu’il est fortement déconseillé d’escalader la montagne .
Au cours de la dernière éruption de 2000, 79 minutes seulement se sont écoulées entre le premier séisme et le déclenchement de l’éruption, un laps de temps plus long que lors des éruptions précédentes .
Suite à la déclaration du professeur, la police de Rangarvallasysla a recommandé aux personnes qui ont l’intention de grimper sur l’Hekla de ne pas oublier leurs téléphones portables de sorte que si les signaux sismiques montrent qu’une éruption est imminente, ils pourront être contactés par sms .
Les paroles prononcées par Pall Einarsson ne constituent pas vraiment un scoop! En effet,  on s’attend à une éruption de l’Hekla depuis 2006 ! On peut se demander ce qu’il entend par « bientôt » ! Une question de jours ? de semaines ? de mois ? On apprécie la précision de la prévision! Autant dire « il se pourrait qu’il pleuve bientôt » en voyant un ciel encombré de nuages!
Vous pourrez attendre l’éruption de l’Hekla en jetant un coup d’œil à la webcam à cette adresse:
http://www.livefromiceland.is/webcams/hekla/

Pendant ce temps, les visiteurs de Geysir doivent savoir qu’ils devront désormais payer un droit d’entrée de 4 euros pour admirer le geyser de renommée mondiale.
L’introduction de cette taxe a été largement débattue. En effet, la décision a été prise par les propriétaires locaux alors que le Ministère des Finances prétend que la terre à l’intérieur de la zone clôturée est détenue par l’Etat suite à un accord datant de 1935. Le gouvernement estime donc que les propriétaires n’ont pas le droit de prendre une décision unilatérale sur la mise en œuvre d’une taxe.

Quelle que soit la décision finale au sujet de Geysir, les visiteurs de l’Islande devront mettre la main au portefeuille !
Un système de pass pour la protection de la nature sera mis en œuvre au début de l’année prochaine. Il vous en coûtera coûtera 13 euros pour une visite de 4 jours, 19 euros pour un mois et 32 ​​euros pour cinq ans.
L’idée derrière cette mesure est de collecter des fonds pour le développement et la maintenance des attractions touristiques.
Compte tenu du nombre de touristes qui visitent chaque année l’Islande, le pass représentera une source de revenus intéressante pour l’état islandais !

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drapeau anglaisAccording to Páll Einarsson, professor in geophysics at the University of Iceland, the magma chamber under Hekla is now almost full, which means the volcano « could erupt soon » and that people should not climb the mountain.

During the last eruption, in 2000, it took just 79 minutes from the first quake until eruption, a time lapse that was longer than in previous eruptions.

As a consequence of the professor’s statement, the police in Rangárvallasýsla recommend that people who intend to hike up Hekla take their mobile phones with them so that if measurements show that an eruption is imminent, they can be contacted via sms.

Páll Einarsson’s words are by no means a scoop !  Indeed, geologists have been expecting an eruption since 2006. We may wonder what is meant by « soon » ! A matter of days ? weeks ? months ? The prevision is not up too much! In the same way, one might say « it could rain soon » when seeing a sky full of clouds!

You can wait for Hekla’s eruption by having a look at the webcam at this address :

http://www.livefromiceland.is/webcams/hekla/

Meantime, visitors to Geysir need to know that they will now have to pay an entrance fee of 4 euros to watch the world-famous geyser

The introduction of a fee has been widely debated. Indeed, the decision was made by local landowners whereas the Ministry of Finance pretends the land within the fenced area is owned by the state as set out in an agreement from 1935. The government therefore considers it unlawful for the landowners to make a unilateral decision about implementing a fee.

Whatever the final decision about Geysir, visitors to Iceland will have to pay !!

A nature pass system will be implemented at the beginning of next year. The pass will cost 13 euros for four days, 19 euros for one month and 32 euros for five years.

The idea behind the nature pass is to collect funds for the development and maintenance of tourist attractions.

Considering the number of tourists who visit Iceland every year, the pass will be good money for the country !

Source : Iceland Review.

Geysir-blog

(Photo:  C.  Grandpey)

Le GPS et la hauteur du panache éruptif // GPS and height of the eruptive plume

drapeau francaisDepuis l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010 et la panique générale qu’elle a déclenchée dans le trafic aérien en Europe, les chercheurs essayent de trouver des solutions pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas. On a beaucoup parlé (et, me concernant, émis des réserves !) d’un système embarqué à bord des avions et qui serait capable de détecter la densité des nuages de cendre. La revue Nature Geoscience nous apprend aujourd’hui que le GPS pourrait permettre d’évaluer la hauteur du panache éruptif et donc, lui aussi, apporter des solutions aux problèmes rencontrés par le trafic aérien en cas d’éruption.

Ce sont des volcanologues islandais qui font part de cette information. Cette fois, ce n’est pas l’Eyjafjöll qui est concerné, mais le Grimsvötn, un volcan qui se cache sous la glace du Vatnajökull. Il est entré en éruption en 2011, avec un panache de cendre de 20 km de hauteur qui a perturbé le trafic aérien au Royaume Uni.

Selon les scientifiques islandais, le GPS aurait un double avantage : il permettrait non seulement de prévoir les éruptions, mais aussi de déterminer la hauteur du panache de cendre qu’elles génèrent.

L’univers de glace du Grimsvötn  rend difficile l’installation d’instruments de mesure. Par chance, les volcanologues islandais avaient pu placer un équipement GPS sur un petit éperon rocheux rendu accessible grâce à une fumerolle. Une heure avant l’éruption du Grimsvötn en 2011, le GPS a révélé un déplacement significatif du sol de plus de 50 centimètres. En mettant en oeuvre les équations qui décrivent les caractéristiques physiques d’une chambre magmatique, les scientifiques ont traduit les données GPS sur les mouvements du sol en variations de pression à l’intérieur de la chambre. Le résultat donnait une indication sur la hauteur probable du panache éruptif. Les volcanologues islandais comparent le phénomène à un ballon qui serait rempli d’eau. Quand on comprime ses parois, l’eau jaillit et la hauteur du jet dépend de la pression exercée sur les parois du ballon. Dans le cas d’un volcan, les sismographes indiquent qu’une éruption est susceptible de se produire, mais seul le GPS est capable de donner une idée de la taille de l’éruption.

L’installation de balises GPS sur des volcans difficiles d’accès, comme ceux des Iles Aléoutiennes par exemple, pourraient donner des indications sur la hauteur des panaches de cendre dans une région empruntée par les vols entre l’Amérique et l’Asie. Le principal problème reste le coût d’installation de stations GPS performantes à une époque où les fonds alloués aux observatoires rétrécissent comme peau de chagrin. De plus, il faudrait tester à nouveau le système lors d’une prochaine éruption pour s’assurer de sa fiabilité.

drapeau anglaisSince the eruption of Eyjafjöll in 2010 and the panic it triggered in European air traffic, researchers have tried to find solutions to avoid a similar mishap. Many comments (and reservations, as far as I’m concerned!) have been made about a system on board the planes that would be able to detect the density of the ash clouds. When reading the Nature Geoscience review, we learn that GPS could help estimate the height of the ash plume and, as such, bring solutions to the problems encountered by air traffic during an eruption.

The piece of news comes from Icelandic scientists. In their opinion, GPS might have a dual advantage: It would not only allow to predict eruptions, but also the height of the ash plumes they generate.

The icy universe of Grimsvötn makes it difficult to set up measuring instruments. Fortunately, Icelandic volcanologists had managed to install a GPS system on a rocky outcrop that was made accessible thanks to a fumarole. One hour before the start of the 2011 eruption, GPS had revealed a significant shift of the ground which had moved by more than 50 centimetres. By resorting to the equations that describe the physical characteristics of a magma chamber, the scientists could translate the GPS data about ground movement into changes in pressure inside the chamber. The results gave indications about the height of the eruptive plume. Icelandic volcanologists compare this phenomenon with a balloon filled with water. When you squeeze the walls of the balloon, then the height of the water coming out of the balloon correlates with how hard you were squeezing. On a volcano, seismographs indicate that an eruption is likely to happen, but the GPS system is the only one able to give an idea of the size of the eruption.

Setting up GPS systems on remote volcanoes like on the Aleutians could help indicate the height of the ash plumes in an area where air traffic between America and Asia is quite heavy. The main problem remains the cost of installing reliable GPS systems at a time when the funds allocated to observatories are being reduced year after year. Moreover, the system will need to be tested again during a future eruption so as to confirm its reliability.

Grimsvotn-blog

Image satellite du Grimsvötn le 22 mai 2011  (Crédit photo: NASA)

Islande: Le pouvoir des elfes

drapeau francaisEn Islande, les humains sont prêts à se battre pour les droits des elfes. Une enquête menée par l’Université d’Islande en 2007 a révélé que plus de 60 pour cent des 1000 personnes interrogées pensaient qu’il était possible que les elfes existent.
Il n’est donc pas surprenant que les défenseurs des elfes se soient unis aux écologistes pour exhorter les autorités locales à renoncer à un projet d’autoroute qui pourrait nuire à « l’habitat naturel » des elfes.
Un groupe connu sous le nom d’«Amis de la Lave » a fait campagne contre la construction d’une nouvelle route entre la péninsule d’Alftanes, où le président islandais a une maison, et Gardabaer à Reykjavik. Des centaines de personnes sont allées manifester pour bloquer les bulldozers.
Cette campagne de protestation, qui a duré près d’un an, a finalement abouti à un résultat à long terme. Le projet de construction a été interrompu jusqu’à ce que la Cour Suprême d’Islande se prononce sur l’affaire.
L’une des amies des elfes, qui pense qu’elle peut communiquer avec eux par télépathie, a averti que « ce serait une perte terrible et dommageable à la fois pour le monde des elfes et pour nous, les humains » si le projet de route recevait le feu vert.
Même ceux qui n’ont pas de contact avec les elfes ont fait part de leurs préoccupations environnementales. Ils craignent le projet de route coupe le champ de lave en deux et entraîne, entre autres, la destruction des sites de nidification.
Source : Iceland Review.

drapeau anglaisIn Iceland, humans stand up for the rights of elves. A survey conducted by the University of Iceland in 2007 found that over 60 percent of the 1,000 respondents thought it was at least possible that elves exist.
Then, it comes as no surprise that elf advocates have teamed up with ecologists to urge local authorities to give up a highway project they fear could damage their “natural habitat”.

A group known as « Friends of Lava » has been campaigning against the new road from the Alftanes peninsula, where the country’s president has a home, to Gardabaer in Reykjavik. Hundreds of people have been walking out to block the bulldozers.
Their campaign, which has lasted almost a year, has finally yielded to a longer-run result. The construction project has been halted until the Supreme Court of Iceland rules on the case.
One of the elves’ friends, who believes she can communicate with them through telepathy, has warned that « it will be a terrible loss and damaging both for the elf world and for us humans » if the road project is given the go-ahead.
Even those who have no contact with elves whatsoever have spoken in support of their environmental concerns. They fear the road project could cut the lava field in two, destroying nesting sites among other things.

Source: Iceland Review.

Reykjavik-blog

Reykjavik  (Photo:  C. Grandpey)

Du méthanol volcanique en Islande ! // Volcanic methanol in Iceland !

drapeau francaisLa plupart des touristes qui visitent l’Islande font un arrêt au Blue Lagoon, le célèbre Lagon Bleu, sur la péninsule de Reykjanes et ils plongent leur corps dans l’eau bleue produite par la centrale géothermique de Svartsengi, opérationnelle depuis 1976. De nos jours, une petite société islandaise espère tirer profit du dioxyde de carbone rejeté par cette centrale.
Carbon Recycling International a construit une usine adjacente qui transforme le dioxyde de carbone en méthanol, un combustible utilisé pour la fabrication du contreplaqué, des peintures, solvants et autres produits. C’est peut être la première société au monde à avoir mis en œuvre un procédé commercialement viable pour fabriquer du combustible liquide directement à partir de dioxyde de carbone, ce qui pourrait aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
L’exploitation du dioxyde de carbone émis par la centrale géothermique est moins coûteuse que celle du dioxyde de carbone des centrales électriques qui utilisent des combustibles fossiles. Dans les centrales à charbon, le dioxyde de carbone est produit par la combustion du charbon dans l’air ; le gaz qui en sort est principalement de l’azote, et la séparation du dioxyde de carbone coûte cher.
Carbon Recycling International a baptisé son méthanol Vulcanol  parce que, selon la société, « il est fabriqué avec l’énergie d’un volcan ». La quantité de dioxyde de carbone produite par la centrale géothermique est relativement faible, environ un 20ème de son équivalent pour les centrales au charbon pour un kilowatt-heure d’électricité. En revanche, la centrale géothermique émet un flux très concentré de dioxyde de carbone qui nécessite moins d’énergie et d’équipement pour son extraction et son exploitation.
Pour produire du méthanol à partir du dioxyde de carbone, il faut une source d’hydrogène car le méthanol (CH3OH) est en partie composé d’hydrogène. L’hydrogène est également un combustible en soi et fournit l’énergie chimique nécessaire pour former du méthanol. Carbone Recycling International obtient son hydrogène en utilisant, pour l’ électrolyse de l’eau, l’électricité de la centrale géothermique. Le processus sera rentable dès l’année prochaine, lorsque son usine – qui produira alors cinq millions de litres de méthanol – fonctionnera à pleine capacité.
Les chercheurs sont à la recherche d’autres idées pour que le recyclage du carbone soit rentable. Des catalyseurs sont en train d’être mis au point pour diminuer la quantité d’énergie nécessaire pour transformer le dioxyde de carbone en produits chimiques utiles, et aussi pour pouvoir produire des produits chimiques plus intéressants que le méthanol, tel que le propanol. Au prix de l’électricité en Islande, on pourrait produire une tonne de propanol (qui se vend pour environ $ 3200 / 2350 € ) avec moins de 800 $ (590€) d’électricité. Toutefois, le marché du propanol est relativement limité.
Source : MIT Review. .

 

drapeau anglaisMost tourists who visit Iceland make a stop at the Blue Lagoon on the Reykjanes Peninsula and plunge their bodies in the blue water spewed by the Svartsengi geothermal plant that has been operational since 1976. Now a small Icelandic company is hoping to turn a profit from the waste carbon dioxide from the same plant.

Carbon Recycling International has built an adjacent plant that converts the carbon dioxide into methanol, a fuel for making plywood, paints, solvents and other products. It may be the first company in the world to demonstrate a commercially viable way of making liquid fuel directly from carbon dioxide, something that could help reduce greenhouse gas emissions.

The carbon dioxide emitted by the geothermal plant is cheaper to capture than the carbon dioxide from fossil-fuel power plants. At coal-fired plants, carbon dioxide is a product of burning coal in air ; the resulting flue gas, like air, is mostly nitrogen, and separating the carbon dioxide is expensive.

Carbon Recycling International brands its methanol Vulcanol because “it’s made with energy from a volcano.” The amount of carbon dioxide produced by the geothermal plant is relatively small, roughly one-20th as much as for coal-fired power plants per kilowatt-hour of electricity. But the geothermal plant emits highly concentrated streams of carbon dioxide that require less energy and equipment to separate and capture.

To make methanol from carbon dioxide, you need a source of hydrogen, since methanol (CH3OH) is partly made of hydrogen. Hydrogen is also a fuel in its own right and provides the chemical energy needed to form methanol. Carbon Recycling International gets its hydrogen by using electricity from the geothermal power plant to split water. The process will be profitable by next year, when its five-million-litre methanol plant is operating at full capacity.

Researchers are looking at other ideas for making carbon recycling profitable. Catalysts are being developed that decrease the amount of energy required to turn carbon dioxide into useful chemicals, and also make it possible to produce chemicals more valuable than methanol, such as propanol. With the price of electricity in Iceland, you could make a ton of propanol (which sells for about $3,200) with less than $800 of electricity. The market for propanol, however, is relatively small.

Source : MIT Review.

Islande-centrale

 Centrale thermique de Svartsengi, au sud-ouest de l’Islande (Photo:  C.  Grandpey)

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