La Photo de l’Année en Islande // Photo of the Year in Iceland

Le 14 janvier 2024, une fracture éruptive s’est ouverte à quelques centaines de mètres des habitations au nord de Grindavík, au pied du mont Hagafell. Le même jour, une autre fracture s’est ouverte à 20 mètres des habitations les plus proches. Un homme, Lúðvík Pétursson, a été porté disparu après être tombé dans l’une d’elles. Il travaillait à compacter le sol dans une crevasse lorsqu’il a fait une chute à l’intérieur. Une opération de secours et de recherche impliquant plus de 200 personnes a été organisée, mais le malheureux n’a jamais été retrouvé. Les recherches ont été interrompues pour des raisons de sécurité.
Eggert Jóhannesson, photographe pour le journal islandais Morgunblaðið, a reçu le prix de la Photo d’actualité de l’année 2024 décerné par l’Association islandaise des photographes de presse. Ce prix prestigieux lui a été décerné pour sa photo prise en janvier 2024 lors des recherches entreprises pour retrouver Lúðvík Pétursson.
Le jury a particulièrement apprécié la photo dans laquelle Jóhannesson a su capturer le moment où toute l’Islande a pleinement pris conscience de la gravité de la situation à Grindavík. Selon le jury, « la photo capture l’intensité de l’instant, tout en soulignant l’ampleur et la difficulté des opérations de sauvetage. Elle traduit les immenses défis auxquels sont confrontés sauveteurs et photographes dans des conditions extrêmement dangereuses. La capacité du photographe à cadrer l’instant avec tant de force traduit parfaitement la tension et le danger présents sur les lieux. L’image rappelle également avec force que la fracture ne se trouvait pas en milieu ouvert, mais à côté d’une maison, qui semble vaciller au bord du néant.» Le jury a également félicité le photographe pour avoir exploité les conditions défavorables afin d’accentuer la profondeur de l’image. Ainsi, l’humidité sur l’objectif ajoute une impression tangible de l’environnement périlleux. « Bien que la scène puisse paraître calme vue d’en haut, une lourdeur sous-jacente s’en dégage. Les drapeaux rouges ajoutent une touche symbolique, nous rappelant la gravité de la situation. »
Source : Iceland Monitor, où vous trouverez une image en haute résolution.

°°°°°°°°°

Sur le terrain, on attend l’éruption…qui ne vient pas. Initialement prévue fin janvier 2025 par les volcanologues islandais, puis le 20 mars, elle ne s’est toujours pas déclenchée. Dans son dernier bulletin du 18 mars, le Met Office indique que le soulèvement du sol se poursuit à Svartsengi, bien qu’à un rythme légèrement réduit. Effectivement, les graphiques montrent une stabilisation du phénomène, avec une courbe qui tend à devenir horizontale. Selon le Met Office, le volume de magma accumulé n’a jamais été aussi important depuis le début de la série d’éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur en décembre 2023.

Évolution de l’inflation au cours des derniers mois (Source: Met Office)

Il semble que, pour le moment, la pression des gaz ne soit pas suffisante pour permettre à la lave de percer la surface. De plus, la sismicité est faible. Se dirige-t-on vers une éruption avortée, comme cela s’est déjà produit en Islande ? La lave sortira-t-elle dans le secteur de Sundhnúkur, ou bien optera-t-elle pour celui où a eu lieu le dernier essaim sismique ? Le magma restera-t-il sous terre pour former un dyke ? Autant de questions auxquelles personne n’est capable de répondre. Dans la mesure où des vies humaines ne sont pas menacées, l’issue de cette situation importe peu. Si une éruption avec importante émission de lave devait avoir lieu, les seules structures menacées seraient la centrale géothermique et le Blue Lagoon. Si éruption il y a, il faut espérer que les digues de terre éviteront des conséquences fâcheuses pour l’alimentation en eau chaude et en électricité de cette partie de l’Islande.

Depuis la fin de la dernière éruption de décembre 2024, les scientifiques du Met Office et de l’Université d’Islande ont émis de nombreuses hypothèses sur la situation dans la péninsule de Reykjanes. Certains affirment aujourd’hui que l’importante accumulation de magma pourrait provoquer une éruption plus puissante que les précédentes sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur . Des scientifiques du Met Office ont récemment déclaré que la période éruptive actuelle sur la péninsule de Reykjanes pourrait durer des siècles et alterner entre les systèmes volcaniques. À côté de cela, on pouvait lire il y a quelques semaines que la prochaine éruption, si elle se produit, sera probablement la dernière de la série. Un autre scientifique a déclaré qu’avec la lente accumulation actuelle du magma, il pourrait s’écouler plusieurs mois, voire des années, avant que suffisamment de magma s’accumule pour déclencher la neuvième éruption à Sundhnúkur. Le volcanologue a ajouté : « Cela rend plus difficile la prévision du moment de la prochaine éruption avec plus de quelques mois de précision, et on ne sait même pas s’il y aura une éruption. »

L’exemple le plus récent d’une telle situation, avant les éruptions sur la péninsule de Reykjanes, concerne le volcan Krafla dans le nord-est de l’Islande, qui est entré en éruption de 1975 à 1984. Il y a eu neuf éruptions, et vers la fin de la série, l’afflux de magma dans la caldeira a considérablement ralenti. Le soulèvement du sol s’est arrêté pendant trois ans après la dernière éruption. Il a repris pendant deux ans et s’est terminé en 1990 sans autre éruption. J’étais en Islande à ce moment-là. La sismicité était élevée ; le sol avait gonflé d’environ un mètre à la centrale géothermique, mais l’éruption a finalement avorté.

Éruption du Krafla en septembre 1984 (Source: Smithsonian Institution)

—————————————————

On January 14th, 2024, an eruptive fissure opened just a few hundred meters from homes north of Grindavík, at the foot of Hagafell Mountain. That same day, another fissure opened 20 meters from the nearest homes. A man, Lúðvík Pétursson, was missing after falling into a crack in the ground. He had been working to compact soil into a crevasse when he fell into it. A search and rescue operation involving more than 200 people was organised but they could never find the missing person. The search was called off for safety reasons..

Eggert Jóhannesson, a photographer for the Icelandic newspaper Morgunblaðið, has been awarded the News Photo of the Year 2024 by the Icelandic Press Photographers Association. The prestigious award was presented for his striking photograph taken in January 2024 during the search efforts in Grindavík for Lúðvík Pétursson, .

The jury praised Jóhannesson’s image for capturing the moment when the whole of Iceland fully grasped the gravity of the situation in Grindavík. « The photo captures the poignancy of the moment, highlighting the vast scope and difficulty of the rescue operations, » the jury said. « It conveys the immense challenges faced by rescuers and photographers alike in extremely hazardous conditions. The photographer’s ability to frame the moment so powerfully speaks to the tension and danger present at the scene. The image is also a stark reminder that the crack was not in an open field, but next to a house, one that seems to be teetering on the edge of nothingness. » The jury further commended the photographer for using the adverse conditions to enhance the image’s depth, noting the wetness on the lens that added a tangible sense of the perilous environment. « Though the scene may seem calm from above, there is an underlying heaviness. The red flags add a symbolic touch, reminding us of the gravity of the situation. »

Source : Iceland Monitor where you will see a higher resolution image.

°°°°°°°°°°

On the field, everybody is waiting for the eruption… which hasn’t happened yet. Initially predicted by Icelandic volcanologists for late January 2025, then on March 20th, it still hasn’t occurred. In its latest bulletin dated March 18th, the Met Office indicates that ground uplift is continuing at Svartsengi, albeit at a slightly reduced rate. Indeed, the graphs show a stabilization of the phenomenon, with a curve tending to become horizontal. According to the Met Office, the volume of accumulated magma has never been this large since the beginning of the series of eruptions along the Sundhnúkur crater row in December 2023.
It appears that, for the moment, the gas pressure is not sufficient to help the lava to break through the surface. Moreover, seismicity is low. Are we heading towards an aborted eruption, as has already happened in Iceland? Will the lava erupt in the Sundhnúkur area, or will it choose the area where the last seismic swarm was observed? Will magma remain underground to form a dike? These are all questions no one can answer. As long as human lives are not at risk, the outcome of this situation matters little. If an eruption with significant lava flows were to occur, the only structures threatened would be the geothermal power plant and the Blue Lagoon. If an eruption does occur, it is to be hoped that the earth dikes will prevent adverse consequences for the hot water and electricity supply in this part of Iceland.

Since the end of the last eruption of December 2024, scientists at the Met office and the University of Iceland have released numerous predictions about the situation on the Reykjanes Peninsule. Some are saying today that beacuse a large quantity of magma has accumulated, the next eruption in the Sundhnúkur crater row could be stronger than the previous ones. Dcientists at the Met Office recently declared that the current eruptive period on the Reykjanes peninsula could last for centuries and shift between volcanic systems. One could read a few weeks ago that the next eruption, if it occurs, would be the last of the series. Another scientists has declared that with the current slow magma accumulation, many months or even years could pass before enough magma builds up to trigger the ninth eruption in the Sundhnúkur crater row. The volcanologist added : « This also makes it more difficult to predict the timing of the next eruption with more than a few months’ accuracy, or whether it will even erupt at all. » The most recent example before the eruptions on the Reykjanes peninsula is the one of Krafla volcano in north-east Iceland, which lasted from 1975 to 1984. There were nine eruptions, and towards the end, magma inflow into the Krafla caldera slowed significantly. Ground uplift halted for three years after the last eruption but resumed for two years and ended in 1990 without further eruptions. I was in Iceland by that time. Seismicity was elevated ; the ground had inflated by about one meter at the geothermal power station, but the eruption finally aborted.

Une nouvelle vie pour Grindavik (Islande) ? // A new life for Grindavik (Iceland) ?

Le port de pêche de Grindavik, dans le sud-ouest de l’Islande, a été évacué lorsqu’une intense sismicité a ouvert d’impressionnantes fissures au cœur même de la ville le 10 novembre 2023.

Le 14 janvier 2024, une nouvelle fissure éruptive a contourné les digues de terre érigées pour protéger la ville et une coulée de lave a atteint et brûlé plusieurs maisons.

Après les évacuations, les habitants de Grindavik sont partis vivre dans d’autres endroits et le gouvernement islandais leur a accordé de l’argent en guise de compensation. On pensait que la ville allait être abandonnée à jamais. Pourtant, il existe aujourd’hui un plan-cadre pour donner une nouvelle vie à Grindavik.

Photos: Iceland Monitor, Iceland Review

Le conseil municipal souhaite préserver les traces de la catastrophe et ainsi unir le passé et l’avenir de la ville. Le nouveau plan-cadre vient d’être présenté et comprend, entre autres, la préservation et l’utilisation des fissures, de la lave et de certaines traces de bâtiments de manière innovante.

Le projet s’appuie sur les idées et suggestions des habitants de Grindvík, mais un appel à idées a également été lancé en octobre 2024. Parmi les bâtiments destinés à être préservés figurent Hópið, Salthúsið et la maison de l’Union sur le Víkurbraut. Le projet prévoit aussi des expositions, des sentiers de randonnée et des panneaux pour mettre en valeur les forces de la nature et leurs effets, ainsi que la préservation d’une fissure au bord du graben qui s’est formé lorsque la sismicité était la plus intense.
Le site Web de Grindavik indique que l’objectif n’est pas seulement de reconstruire la ville, mais aussi de faire de cette ville « un lieu unique dont les habitants et les visiteurs pourront profiter et tirer des leçons pendant les années à venir. »
La ville de Grindavík appelle désormais les habitants de Grindvík à faire des suggestions sur le projet de plan-cadre.
Source : Iceland Monitor.

NDLR : On peut se demander s’il n’est pas trop tôt pour lancer un tel projet de reconstruction à Grindavik. Les éruptions ne semblent pas avoir l’intention de s’arrêter sur la péninsule de Reykjanes. La dixième de la série vient de se terminer et le soulèvement du sol à Svarstengy laisse présager qu’une autre éruption se produira en 2025. Personne ne sait où l’éruption commencera, ni où et comment la lave se déplacera. Il reste aux autorités islandaises à espérer que de nouvelles fissures ne s’ouvrent pas à proximité ou dans la ville.

——————————————————-

The fishing port of Grindavik in southwest Iceland was evacuated when intense seismicity opened impressive fissures within the town on November 10th, 2023.

On January 14th, 2024, a new eruptive fissure bypassed the earth barriers erected to protect the town and a lava flow reached and burnt several houses.

After the evacuations, the residents of Grindavik went to live in other places and the Icelandic government granted them money as a compensation. It looked as if the town would be abandoned for ever. However, today there is a framework plan to give Grindavik a new life.

The town council wants to preserve the traces of the disaster and thereby unite the town’s past and future. A draft of a new framework plan has just been presented and includes, among other things, the preservation and use of cracks, lava, and some traces of buildings in an innovative way.

The draft is based on ideas and suggestions from Grindvík residents, but a call for ideas was made in October. Among the buildings proposed for preservation are Hópið, Salthúsið, and the Union house  at Víkurbraut Road. It is also proposed that exhibitions, walking trails, and signs be installed to make the forces of nature and their effects visible.

The preliminary draft includes ideas for hiking trails around Víkurbraut Road, around the lava that emerged through a crack within the defense walls, and preserving a crack at the edge of the graben that formed.

The town’s website says that the goal is not only to rebuild the town but also to make Grindavík « a unique place that residents and visitors can enjoy and learn from for years to come. »

Grindavík Town is now calling for suggestions from Grindvík residents about the draft framework plan.

Source : Iceland Monitor.

One can wonder whether it is not too early to launch such a reconstruction plan for Grindavik. It seems eruptions are not to stop on the Reykjanes Peninsula. The tenth of the series has just stopped and ground uplift at Svarstengy shows another one is likely in 2025. Nobody knows where the eruption will start and nobody knows where lava will travel. Icelandic authoritis will just need to hope that new fissures do not open close to the town.

Construction d’une route dans la lave encore incandescente // Building a new road through the still glowing lava

Comme je l’ai déjà indiqué, la lave de la dernière éruption a recouvert la Grindavíkurvegur ou Route 43, une route de 14 kilomètres qui va de Reykjanesbraut à Vogastapi, en passant par Seltjörn et Svartsengi, avec un col entre Þorbjarn et Hagafell, avant de se terminer au port de Grindavik. Cette route est l’une des plus fréquentées du réseau routier islandais, car elle dessert non seulement Grindavík mais aussi le Blue Lagoon. Selon les chiffres de l’administration routière islandaise, environ 5 000 voitures ont circulé sur cette route quotidiennement en 2023.
Les travaux de construction d’une nouvelle Grindavíkurvegur ont commencé le 27 novembre 2024. C’est la quatrième fois que ce tronçon de route est recouvert par la lave depuis le début de l’éruption en novembre 2023.
Cette fois, la Grindavíkurvegur sera légèrement déplacée et l’ancienne route sera destinée aux « touristes qui veulent s’arrêter pour former un cercle autour de la lave ».
Un tronçon de 600 mètres doit être dégagé pour relier la route. Il faudra probablement environ deux semaines pour remettre la route en état, mais on ne sait pas quand son accès sera ouvert au public. Une dizaine de kilomètres de route ont été recouverts par la lave depuis le début du cycle éruptif. Des morceaux de lave encore incandescents sont encore visibles dans les matériaux dégagés par les engins, mais un ingénieur technicien explique que les Islandais ont acquis une expérience considérable dans l’évaluation de situations comme celle-ci. Il explique aussi que « ce sont principalement les gros blocs qui sont encore très chauds. La partie la plus longue du parcours est constituée de lave meuble, facile à déplacer. « C’est seulement la partie supérieure de la coulée de lave qui est difficile à travailler ; derrière elle, la lave est beaucoup plus lisse et plus facile à traverser. Même si la Grindavíkurvegur sera opérationnelle, cela ne signifie pas qu’elle sera immédiatement ouverte à la circulation. C’est une autre discussion qui devra avoir lieu le moment venu. »
Source : Iceland Monitor.

Que ce soit en Alaska ou en Islande, j’ai toujours admiré la réactivité des populations nordiques face à des environnements souvent hostiles. Dotés d’équipements puissants, ces gens n’hésitent pas à faire face aux éléments, que ce soit sur terre ou en mer.

C’est du brutal ! (Crédit photo : Iceland Monitor)

————————————————-

As I put it before, lava from the last eruption covered the Grindavíkurvegur or Highway 43, a 14-kilometer-long highway that runs from Reykjanesbraut at Vogastapi, past Seltjörn and to Svartsengi, through a pass between Þorbjarn and Hagafell to Grindavík, where the highway ends at the harbor. The road has been among the busiest roads in the Icelandic road system, serving not only Grindavík but also the Blue Lagoon. According to figures from the Icelandic Road Administration, around 5,000 cars traveled on the road per day in 2023.

The construction of a new Grindavíkurvegur has begun. Contractors began work on it on November 27th, 2024. This is the fourth time this section of road has been laid over lava since the eruption started in November 2023.

This time, the Grindavíkurvegur will be moved slightly and the old road will be used “ for those tourists who want to stop to form a circle around the lava.”

A 600-meter section must be cleared to reconnect the road. It will probably take about two weeks to bring the road into usable condition, but it is uncertain when it will be possible to provide public access. About 10 kilometers of roads have been laid through lava since the eruption cycle began. Red-hot lava chunks can still be seen in the material being cleared, but people have gained considerable experience in assessing situations like this. A geotechnical engineer explains that “ it is primarily larger blocks that are hot. The longest part of the route is the loose lava bed. It is only this ridge that we are going through now that is high, but behind it, the lava is much smoother and easier to cross. Although the Grindavíkurvegur will be ready, it does not mean that it will immediately open to general trafic. That is another discussion that needs to be had when that time comes.”

Source : Iceland Monitor.

Whether in Alaska or Iceland, I have always admired the reactivity of Nordic populations in the face of often hostile environments. Equipped with powerful equipment, these people do not hesitate to face the elements, whether on land or at sea.

Nouvelle éruption en Islande ! J’avais vu juste ! // New eruption in Iceland ! My prediction was right !

21 novembre 2024 – 7h00 (heure française) : Une éruption (la 7ème en un an) a commencé près de la chaîne de cratères de Sundhnúksgígaröð sur la péninsule de Reykjanes le 20 novembre, à 23h14 (heure locale), suite à une activité sismique dans la région. L’éruption semble être nettement moins intense que l’événement précédent (du 22 août au 5 septembre) dans la région. La police a mis en place des barrages routiers sur la Reykjanesbraut, et l’accès à Grindavík a été fermé. Cependant, la lave ne devrait pas couler vers la ville. Elle se dirige vers l’ouest en direction de la Grindavíkurvegur, mais on ne connaît pas encore sa vitesse de progression. Les infrastructures ne sont pas en danger immédiat. Grindavík, le Blue Lagoon et la centrale électrique de Svartsengi ont tous été évacués.
Il y a quelques jours, le Met Office écrivait qu’il était « peu probable que suffisamment de pression se soit accumulée pour déclencher une éruption en novembre ». En ce qui me concerne, dans mon bilan de l’activité volcanique dans le monde du 1er novembre 2024, je prévoyais une éruption… le 20 novembre !!  J’écrivais : « Il est très intéressant de regarder les graphiques illustrant l’inflation dans la région de Svartsengi (Islande). Ils montrent que les dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes ont suivi un scénario répétitif. Le magma s’accumule dans la même zone sous Svartsengi et l’inflation suit la même trajectoire avant les éruptions. On peut remarquer que l’espace temporel entre les éruptions s’allonge. On peut en conclure que des volumes de magma de plus en plus importants s’accumulent entre les événements. La dernière éruption s’est terminée le 6 septembre 2024. Elle a duré deux semaines et a été la troisième plus longue des six qui se sont produites le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar depuis décembre 2023. Les volcanologues islandais pensent que la situation devrait rester calme jusqu’à la mi-novembre. Selon mes calculs personnels, une éruption pourrait se produire vers le 20 novembre. Mais j’ai peut-être tout faux… ! » Pas tant que ça…!!!
Un vol en hélicoptère des garde-côtes permettra de mieux apprécier l’étendue de l’éruption et la direction prise par la lave, qui semble s’écouler vers l’ouest. La fissure éruptive semble s’étendre vers le nord-est et mesure environ deux kilomètres de long, entre le mont Sýlingarfell et le mont Stóra Skógfell.
Source : Iceland Review.

Vue de l’éruption (Crédit photo : Protection Civile)

Dans sa dernière mise à jour (2h10 le 21 novembre), le Met Office indique que l’activité éruptive semble avoir atteint son pic. La fissure semble avoir cessé de s’étendre et rien n’indique que l’activité va augmenter. La longueur de la fissure éruptive est estimée à environ 3 km. La lave se propage à la fois vers l’est et vers l’ouest. Au moment de la mise à jour, le front de lave se trouvait à environ 500 mètres de la Grindavíkurvegur à l’ouest.
Comme indiqué précédemment, cette éruption est nettement moins intense que la dernière éruption. Le débit de lave estimé est actuellement d’environ 1 300 m³/s, contre environ 2 500 m³/s lors de l’éruption d’août. La quantité de magma accumulée sous Svartsengi était semblable à celle d’avant la dernière éruption. Jusqu’à présent, la tendance montrait que des volumes de magma de plus en plus importants étaient nécessaires pour déclencher l’événement suivant. Il se pourrait donc que le processus éruptif soit en train de changer.

Image webcam de l’éruption

Localisation de la fracture éruptive (Source: Met Office)

++++++++++

21 novembre 2024 : (10h30, heure française) : L’éruption qui a débuté le 20 novembre au soir se poursuit. L’activité a considérablement diminué pendant la nuit, même si la lave ait traversé la Grindavíkurvegur dans la matinée du 21 novembre. La lave a également circulé sur le conduit de Njarðvíkur, qui transporte l’eau chaude de la centrale de Svartsengi à Fitjar et alimente en eau chaude tout Suðurnes. En ce moment, l’eau chaude continue toutefois de couler dans la conduite.
L’activité a diminué aux extrémités nord et sud de la fissure «éruptive qui s’étire entre le mont Sýlingarfell et le mont Stóra Skógfell. Selon le Met Office islandais, le pic de l’activité éruptive s’est probablement produit vers 1h00 du matin le 21 novembre. Cependant, un regain d’activité ne peut être exclu.
Source : Iceland Review.

++++++++++

21 novembre, 16h00 (heure française) : L’éruption se poursuit. Cependant, l’activité le long de la fissure éruptive s’est réduite d’environ 600 mètres à partir de son extrémité sud. C’est ce que révèlent les mesures effectuées par des drones. La zone la plus active se situe désormais autour de la partie centrale de la fissure, entre Stóri-Skógfell et Sýlingarfell. Comme je l’ai écrit précédemment, la lave a traversé la route de Grindavík vers 04h30 ce matin. Peu avant 08h00, elle a également atteint la conduite d’eau chaude de Njarðvík.
L’activité sismique a diminué de manière significative peu après le début de l’éruption, et seuls quelques événements mineurs ont été enregistrés depuis. Des déformations ont été détectées dans les premières heures suivant l’éruption mais sont désormais minimes à proximité de la fissure.
Source : Met Office.

En rouge, la surface occupée par la lave de la dernière éruption (Source: Met Office)

Bien que l’éruption soit moins intense que la précédente, elle est au moins aussi destructrice. L’ensemble du parking du Blue Lagoon est désormais recouvert de lave, à l’exception de quelques lampadaires., et un bâtiment de service a été détruit. La lave semble s’être ensuite un peu étalée et vient notamment de passer sur un panneau indiquant aux visiteurs l’accès au parking.
La lave continue d’avancer le long de la digue de terre à l’ouest du Blue Lagoon. Elle avançait à la vitesse de 100 mètres par heure entre 12h09 et 13h35. Jamais elle n’était allée aussi loin vers l’ouest au cours des éruptions précédentes. La zone impactée est le parking principal du Blue Lagoon où il y a des places de stationnement pour environ 350 voitures ainsi que des places de stationnement pour les bus. L’accès au Blue Lagoon devra être évalué le moment venu pour voir s’il existe des possibilités d’utiliser d’autres voies d’accès pour les véhicules.
Source : Iceland Monitor.

Crédit photo: Iceland Monitor

++++++++++

21 novembre 2024 – 22h00 (heure française) : Ce soir, le Met Office indique que l’éruption est en déclin. Toute l’activité se limite à trois cratères isolés, l’activité la plus importante se produisant dans le cratère central. Cependant, une coulée de lave active est toujours présente le long de celle qui a atteint le Blue Lagoon. Elle continue de se déplacer légèrement vers l’ouest, non plus le long de la digue de terre, mais en suivant une arrête de lave naturelle.
Selon le Met Office, on ne sait pas combien de temps durera l’éruption. Il existe toujours un risque que la lave recouvre la Norðurljósavegur, le long de laquelle elle avance actuellement.

——————————————————

November 21st, 2024 – 7:00 am (French time) : An eruption (the 7th in a year) began near the Sundhnúksgígaröð crater row on the Reykjanes peninsula on November 20th, at 11:14 PM (local time), following seismic activity in the area. The eruption appears to be significantly smaller than the previous event (August 22nd – September 5th) in the area. The police have set up roadblocks at Reykjanesbraut, and Grindavík has been closed. However, lava is not expected to flow towards the town. It is flowing west toward Grindavíkurvegur, although the speed of the advance is unclear. Infrastructure is not in immediate danger. Grindavík, the Blue Lagoon, and the Svartsengi Power Station have all been successfully evacuated.

A few days ago, the Met Office wrote it was “unlikely that enough pressure would have built up to trigger an eruption in November.” As far as I am concerned, I predicted an eruption ….on November 20th !!  In a post releasedon November 1st, 2024, I wrote : « Icelandic volcanologists say the situation is likely to be quiet until the middle of November. According to my personal calculations, an eruption might occur arounr November 20th. But I may be completely wrong… ! » Not that much…!

A Coast Guard helicopter flight will allow to gain a clearer understanding of the extent of the eruption and direction of the lava flow, which is believed to be flowing west. The eruptive fissure appears to be extending northeast and is approximately two kilometres long, stretching between Mt. Sýlingarfell and Mt. Stóra Skógfell.

Source : Iceland Review.

In its latest update (2:10 am on November 21st) the Met Office indicates that activity in the eruption appears to have peaked. The fissure seems to have stopped expanding, and there are no indications that the activity will increase. The length of the eruption fissure is estimated to be about 3 km. The lava flow is spreading both eastward and westward. At this point, the lava front is approximately 500 meters away from Grindavíkurvegur to the west.

This eruption is significantly smaller than the last eruption. The estimated lava flow rate at present is about 1,300 m³/s, compared to approximately 2,500 m³/s during the August eruption. The amount of magma that had accumulated beneath Svartsengi was similar to the amount prior to the last eruption. However, the recent trend indicates that increasingly larger volumes of magma are required to trigger the next event. This suggests that the pattern observed in earlier eruptions may be changing.

++++++++++

21 November 2024 : (11:00, French time) : The eruption that started on November 20th in the evening is going on. Volcanic activity has decreased significantly overnight, although lava crossed Grindavíkurvegur Road in the morning of November 21st. Lava has also flowed over the Njarðvíkur conduit, which transports hot water from the Svartsengi Power Station to Fitjar and supplies hot water to Suðurnes, although hot water continues to flow along the pipeline.

Activity has subsided at both the northern and southern ends of the fissure, situated between Mt. Sýlingarfell to Mt. Stóra Skógfell. According to the Icelandic Meteorological Office, the peak of the eruptive activity likely occurred around 1:00 AM this morning. However, a resurgence of activity cannot be ruled out.

Source : Iceland Review.

++++++++++

21 november, 16:00 (French time) : The eruption is ongoing. However, activity along the eruptive fissure has contracted by approximately 600 meters from its southern end, according to drone measurements. The most active area is now around the central part of the fissure, between Stóri-Skógfell and Sýlingarfell. As I put it before, lava crossed the Grindavík road around 04:30 this morning. Shortly before 08:00, it also reached the hot water pipeline, the Njarðvík Line.

Seismic activity decreased significantly shortly after the eruption began, and only a few minor earthquakes have been recorded since. Deformation was detected in the first few hours following the eruption but is now minimal in the vicinity of the fissure.

Source : Met Office.

Although the eruption that started on November 20th is less intense than the previous one, it is more destructive. The entire parking lot of the Blue Lagoon is now under lava, except for a few street lamps that stand at the end of what used to be a parking lot. A service building was also destroyed. Then the lava seems to have spread a little and, among other things, just now passed over a sign directing visitors to the car park.

The lava continues to flow along the defense wall west of the Blue Lagoon. The rate of advancement was measured to be over 100 meters per hour between 12:09 and 13:35. It had never travelled so far to the west during the past eruptions.

This is the main parking lot of the Blue Lagoon and there are parking spaces for around 350 cars as well as bus parking. Access to the Blue Lagoon needs to be assessed when the time comes to see whether there are possibilities to use other access routes for vehicles.

Source : Iceland Monitor.

++++++++++

November 21st, 2024 – 10:00 pm (French time) : Tonight, the Met Office indicates that the eruption has been waning. All activity is limited to three isolated craters, with the most significant activity occurring in the central one. However, there is still an active lava flow along the tongue that reached the Blue Lagoon. It continues moving slightly westward, no longer along the protective barrier, but instead following a natural lava ridge.
According to the Met Office, it remains uncertain how long the eruption will last. There is still a risk that the lava could cause damage to Norðurljósavegur, alongside which it is currently flowing.