Parcs nationaux américains et réchauffement climatique// U.S. national parks and global warming

Comme l’ancien président Donald Trump, de nombreux Américains ont encore des doutes sur la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique et ils ont tendance à avoir une vision réductrice des impacts de la hausse des températures. Cependant, les changements qui se produisent actuellement dans les parcs nationaux du pays les inciteront peut-être à penser différemment.
Dans les parcs nationaux américains, les conditions météorologiques extrêmes provoquent des bouleversements et des dégâts en cascade :

Des milliers de séquoias géants ont été tués par les incendies de Californie.

De fortes pluies ont provoqué d’énormes glissements de terrain dans le parc national du Denali en Alaska.

On observe aussi  l’élévation du niveau de la mer a provoqué la salinisation des eaux souterraines dans les Everglades en Floride, mettant en danger une faune déjà menacée.

En moyenne, les températures dans les parcs nationaux ont augmenté de 1,5 °C depuis 1895, soit le double de leur évolution à l’échelle nationale.
Cette crise climatique se déroule au moment où les parcs nationaux connaissent une fréquentation record, avec près de 300 millions de visiteurs en 2021. Des dizaines de parcs ont pulvérisé leurs records de fréquentation.
En juin 2022, Yellowstone (Wyoming) a donné un aperçu de ce qui attend les Américains lorsqu’une inondation a obligé des milliers de visiteurs à partir et a contraint à fermer une grande partie du parc. La montée des eaux a emporté routes, structures et ponts, causant environ un milliard de dollars de dégâts.

À côté de Yellowstone, les effets du réchauffement climatique sont parfaitement visibles dans de nombreux autres parcs nationaux. L’exemple le plus frappant est peut-être le Parc national des Glaciers dans le Montana, où les scientifiques s’attendent à ce que les glaciers disparaissent complètement d’ici 2100. En 1850, il y avait environ 150 glaciers dans la région. Au cours des 50 dernières années, les 26 glaciers restants ont rétréci en moyenne, de 40 % et certains ont perdu jusqu’à 80 % de leur glace.

Le parc national de Joshua Tree, dans le sud de la Californie, a vu ses arbres emblématiques sérieusement menacés par les incendies de forêt. En 2020, un incendie dans la réserve nationale voisine de Mojave a laissé derrière lui ce que les autorités du parc ont appelé « un cimetière de squelettes d’arbres de Josué », avec 1,3 million d’arbres tués par l’incendie. Les arbres grandissent dans un climat plus frais et moins hostile. La modélisation scientifique montre que les arbres de Josué pourraient perdre jusqu’à 90 % de leur habitat actuel dans le désert de Mojave d’ici 2070. Plusieurs espèces connues pour vivre parmi les arbres de Josué sont visiblement en déclin, notamment la souris des cactus et le rat-kangourou. (NDLR : Le nom de Joshua Tree (« l’arbre de Josué ») a été donné par un groupe de Mormons qui traversait le désert de Mojave au milieu du dix-neuvième siècle.).

D’ici la fin du siècle, les chercheurs estiment que, sans mesures agressives, les températures annuelles moyennes dans 62 grands parcs nationaux pourraient augmenter de 3 à 6 degrés Celsius par rapport à aujourd’hui. Une étude récente de l’Université d’État de l’Utah prévoit que d’ici 2050, la fréquentation des parcs nationaux pourrait chuter de 18 % avec les étés de plus en plus chauds. En revanche, elle augmenterait de 12 % en hiver. Alors que l’impact du changement climatique s’accélère, les scientifiques sont obligés de donner un nouveau sens au mot « conservation ».
Une autre conséquence du réchauffement climatique sur les parcs nationaux concerne les espèces invasives qui s’adaptent souvent mieux aux températures élevées que la flore dont dépendent les écosystèmes des parcs. Dans le parc national d’Acadia, sur la côte atlantique, par exemple, des ronciers se développent par temps chaud; ils produisent des feuilles au début du printemps, créant de l’ombre qui empêche la croissance des jeunes arbres indigènes. Le parc d’Acadia est également infestée par un insecte envahissant, la cochenille du pin rouge, qui a anéanti presque tous les pins rouges du parc au cours des dernières années.

Une herbe, cenchrus ciliaris, menace de détruire les imposants cactus du parc national de Saguaro qui symbolisent le sud-ouest depuis des milliers d’années. cette plante, en provenance d’Afrique, supporte très bien la sécheresse et s’épanouit dans des climats extrêmement chauds. En Amérique, elle forme un tapis inflammable autour des saguaros. Depuis que des incendies ont détruit ces dernières années des milliers de saguaros, des centaines de bénévoles de Tucson ont commencé à arracher à la main des touffes de cenchrus ciliaris. Malheureusement, certains saguaros périssent de toute façon, dans des conditions tout simplement trop chaudes et sèches, même pour les arbres conçus pour se développer dans le désert.

(Photos : C. Grandpey)

Source : The Week Magazine, Yahoo Actualités.

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Like former president Donald Trump, many Americans still have doubts about man’s responsibility in climate change and they tend to have a diminised vision of the impacts of global warming. However, the changes currently occurring in the country’s national parks might incite them to think differently.

At America’s national parks, extreme weather is triggering domino effects of disruption and devastation. Thousands of ancient sequoias have been killed by California’s wildfires; heavy rains led to huge landslides at Denali National Park in Alaska; rising sea levels caused the salinization of groundwater in Florida’s Everglades, threatening endangered wildlife. On average, park temperatures are up 1.5°C since 1895, double the national rate.

This crisis is unfolding while national parks are more popular than ever, with nearly 300 million visitors in 2021. Dozens of parks shattered attendance records.

In June 2022, Yellowstone (Wyoling) gave a glimpse of the future, when a massive flood forced thousands of visitors to evacuate and closed much of the park as surging waters swept away roads, cabins, and bridges, causing roughly $1 billion in damage.

Beside Yellowstone, the effects of global warming can clearly be seen in ither national parks.The most vivid example might be Glacier National Park (Montana) where scientists expect the namesake attractions to disappear entirely by 2100. In 1850, there were about 150 glaciers in the region. But over the past half century, the park’s 26 remaining glaciers have shrunk, on average, by 40 percent, with some losing as much as 80 percent of their ice.

Southern California’s Joshua Tree National Park and its iconic trees are seriously endangered by wildfires. A 2020 wildfire in the nearby Mojave National Preserve left behind what park management called « a graveyard of Joshua tree skeletons, » with 1.3 million trees killed by the blaze. The trees flourish in a cooler, less hostile climate, and scientific modeling indicates Joshua trees could lose up to 90 percent of their current Mojave Desert habitat by 2070. Several species known to live among Joshua trees are visibly declining, including the cactus mouse and kangaroo rat.

By the end of the century, researchers estimate that, without aggressive measures, average annual temperatures across 62 major national parks could warm between 3 and 6 degrees Celsius compared with today. A recent study at Utah State University projects that by 2050 recreation on public lands could drop 18 percent in increasingly hot summers, while rising 12 percent in the winter. As the impact of climate change accelerates, scientists are being forced to rethink what « conservation » means.

Another consequence of global warming on national parks concerns invasive species that are often better suited for high temperatures than the plant life that park ecosystems depend on. At Acadia National Park on the Atlantic coast, for example, invasive, brambly shrubs thrive in warm weather and produce leaves early in the spring, creating shade that prevents young native trees from growing. Acadia is also plagued by an invasive insect, the red pine scale, which has wiped out almost every one of the park’s red pine trees in recent years. Invasive buffelgrass is threatening to destroy the towering cactuses in Saguaro National Park that have symbolized the Southwest for thousands of years. Buffelgrass, a drought-tolerant African import, flourishes in extremely hot climates, forming a flammable carpet around saguaros. After blazes in recent years killed thousands of saguaros, hundreds of Tucson volunteers began pulling out clusters of buffelgrass by hand. Unfortunately, some saguaros are perishing anyway, amid conditions that are simply too hot and dry even for trees that evolved to thrive in the desert.

Source: The Week magazine, Yahoo News.

Réchauffement climatique : la fonte du Groenland s’accélère // Global warming : Greenland is melting faster

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du monde. Ainsi, il fait de plus en plus chaud au Groenland. À la mi-juillet, la température a suffisamment augmenté pour faire fondre 18 milliards de tonnes de glace sur une période de trois jours, à raison d’environ 6 milliards de tonnes par jour. Une grande partie de la fonte s’est produite dans le nord du Groenland, avec une arrivée d’air chaud de l’archipel arctique canadien. Il y a aussi la présence d’un dôme de hautes pressions au-dessus du Groenland. C’est l’ensemble de ces facteurs qui a provoqué un événement de fonte tout à fait remarquable et inhabituel.
Les scientifiques mettent en garde contre la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland et affirment que ce qui s’est passé entre le 15 et le 17 juillet 2022 va de nouveau contribuer à une hausse du niveau des océans dans le monde.
Les températures varient au Groenland, mais les zones les plus froides se trouvent en haute altitude, vers le centre de la calotte glaciaire. Dès que les températures dépassent 0°C, la fonte commence. À la mi-juillet, les températures étaient d’environ 15°C, soit 5 degrés de plus que la normale pour cette période de l’année.
Un événement de fonte de ce type ne s’était jamais produit dans les années 1980 et 1990, mais à partir des années 2000 – surtout depuis 2010 – la fonte s’est accélérée. Elle est actuellement deux fois plus importante que la normale. Elle fait partie des deux plus grandes fontes de la calotte glaciaire après les événements de fonte de 2012 et 2019. En 2019, l’eau de fonte a atteint environ 527 milliards de tonnes. Jusqu’à présent, la fonte est bien inférieure aux niveaux de 2019. Malgré tout, la situation est plus importante sur les calottes glaciaires du Svalbard, au nord de la Norvège.
Source : USA Today, Yahoo Actualités.

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As I put it in previous posts, the Arctic is warming much faster that the rest of the world. It is getting hotter in GreenlandBy mid-July, temperatures rose enough to cause 18 billion tons of the ice sheet to melt over a three-day period, at a rate of about 6 billion tons per day. Much of the melting came from northern Greenland because warm air drifted over from the Canadian Arctic Archipelago.There is also a high-pressure dome over Greenland. Together, they created an unusually extensive melt event.

Scientists have warned about the impending fate of Greenland’s ice sheet and say what happened between July 15th and 17th, 2022 is the latest massive melting event contributing to an increase in the global sea level.

Temperatures vary over Greenland, but the coldest temperatures are in areas of high elevation, toward the center of the ice sheet. Once temperatures are above 0°C, the melting begins. By mid-July, temperatures were around 15°C, or 5 degrees warmer than normal for this time of year.

A melt event of this sort never occurred in the 1980s and 1990s, but starting in the 2000s – especially since 2010 – the melting has been more extensive. The melt is currently two times larger than normal. It is among two of the largest melts in the ice sheet history after the 2012 and 2019 melting events; in 2019, the runoff was about 527 billion tons. So far, the total melt is far below 2019 levels, however, the situation is more significant over the Svalbard ice caps at the North of Norway.

Source: USA Today, Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Glaciers : des chiffres qui donnent le tournis // Glaciers: figures that make you dizzy

2022 ne sera vraiment pas une bonne année pour les glaciers. Ils fondent partout dans le monde et les Alpes ne font pas exception. Cependant, le réchauffement climatique est plus sévère en Europe qui doit faire face à des vagues de chaleur plus intenses que d’autres parties du monde. En conséquence, les glaciers d’Italie, de France, de Suisse, d’Autriche fondent à une allure vertigineuse.
Les glaciers comptent parmi les meilleurs indicateurs du réchauffement climatique, avec des signes de recul qui remontent à un siècle en certains endroits. Les scientifiques ont pu suivre leur évolution à l’aide de photographies anciennes qu’ils ont pu comparer à celles obtenues aujourd’hui avec des méthodes plus modernes.
Les vagues de chaleur qui frappent l’Europe en 2022 et font fondre les glaciers accélèrent leur fréquence trois à quatre fois plus rapidement que dans d’autres parties de l’hémisphère nord. Une étude menée par des chercheurs du Potsdam Institute for Climate Impact Research (Allemagne), publiée en juillet 2022, montre que les vagues de chaleur doivent leur fréquence et leur intensité aux changements subis par le jet-stream au cours des dernières décennies. Les auteurs de l’étude ajoutent que les modèles climatiques actuels sous-estiment la vitesse du réchauffement climatique en Europe. On peut lire que « si les modèles ne représentent pas avec précision la variabilité du jet- stream, cela peut entraîner une sous-estimation significative des tendances futures des vagues de chaleur en Europe occidentale ».
En Suisse, environ la moitié de la surface de glace a disparu au cours des 90 dernières années. Dans les Alpes italiennes, environ un tiers de tous les glaciers ont disparu depuis les années 1960. Une grande partie de cette perte est récente et s’accélère. Un inventaire de tous les glaciers des Alpes publié en 2019 a révélé une diminution de leur superficie d’environ 15 % depuis 2003. La vitesse de perte au cours des 10 dernières années est d’environ 2 % par an, mais l’année 2022 sera probablement très mauvaise. année pour la fonte de la glace. Avec peu de neige au cours de l’hiver passé et la chaleur intense de l’été, les glaciers accusent le coup.
Les auteurs de l’étude mentionnée ci-dessus expliquent également que même si le monde parvient à atteindre ses objectifs climatiques, à savoir les promesses faites dans le cadre de l’Accord de Paris, et réussit à réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle, on aboutira à une perte glaciaire d’environ 60 % d’ici 2100. Par contre, si le monde continue à utiliser des combustibles fossiles comme à l’heure actuelle, et si les émissions polluantes continuent d’augmenter, cela conduira à un paysage où les glaciers auront pratiquement disparu.
La fonte des glaciers alpins aura des effets de grande ampleur. Il y a des dangers pour les randonneurs et les alpinistes, comme lors de l’effondrement du glacier de la Marmolada en Italie. Il y a aussi de graves conséquences pour le tourisme, l’hydroélectricité et l’agriculture. Les glaciers jouent un rôle énorme dans l’industrie du ski, en particulier le ski d’été. Le recul des glaciers pourrait menacer toute cette industrie.
Une étude de 2018 a révélé que dans une région italienne, 20 % de l’eau utilisée pour la production hydroélectrique était l’eau de fonte des glaciers. L’agriculture sera un autre gros problème si les glaciers disparaissent. La sécheresse de 2022 en Italie a conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans la vallée du Pô. Les glaciers ne peuvent pas résoudre ce problème, mais ils peuvent contribuer à apporter des solutions.
Comme je l’ai expliqué dans plusieurs notes, le recul rapide des glaciers conduit à des idées innovantes pour essayer de les sauver.Certaines régions essayent de les protéger avec une couverture blanche, comme sur les glaciers de Presena en italie, du Rhône en Suisse, ou encore la Mer de Glace en France. Couvrir les glaciers avec une bâche blanche renvoie la lumière du soleil vers l’atmosphère, empêche l’évaporation et la fonte. Une étude qui a testé cette initiative dans le nord de l’Italie a révélé que la fonte d’un glacier bâché était réduite jusqu’à 69% par rapport à un glacier non couvert.
Malheureusement, bien que bâcher un glacier soit réalisable pour les stations de ski essayant de préserver de petites parcelles de glacier, cela est impossible à grande échelle. Selon une étude de 2021, seulement 0,02 % de la superficie des glaciers suisses était couverte, et bien que les couvertures aient pu empêcher jusqu’à 350 000 mètres cubes de perte de glace par an entre 2005 et 2019, cela a coûté jusqu’à 8 francs suisses par mètre cube (un franc suisse équivaut environ à un dollar). La Suisse à elle seule perd environ un milliard de mètres cubes de glace chaque année, et il semble impensable de dépenser chaque année plusieurs milliards pour protéger les glaciers avec cette technique. Outre le prix, les difficultés logistiques liées à la couverture d’immenses étendues de glacier avec du tissu – ou de la neige artificielle – sont probablement trop difficiles à surmonter. Bref, si on veut protéger durablement les glaciers, la seule solution est de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre.
Source : GRID..

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2022 will definitely not be a good year for the glaciers. They are melting everywhere around the world and the Alps are no exception. However, global warming is more severe in Europe which is facing more intense heat waves than other parts of the world. As a consequence, the glaciers in Italy, Switzerland, Austria and elsewhere in Europe are melting faster than ever.

Glaciers have long provided one of the best indicators of a warming climate, with signs of retreat dating back a century in some places. Scientists have been able to track changes using old photographs and comparing them with those obtained today with more modern methods.

The heat waves pounding Europe this summer and melting the glaciers are accelerating in frequency three to four times more rapidly than in other parts of the northern hemisphere. A study by researchers from the Potsdam Institute for Climate Impact Research in Germany, published in July 2022, shows that the heat waves owe their frequency and strength to atmospheric changes to jet streams over the last several decades. The study’s authors have noted that current climate models underestimate the speed of European warming. One can read that“if models do not accurately represent the variability of the jet stream this could result in a significant underestimation of future heatwave trends over western Europe.”

In Switzerland, about half of glacial ice has been lost over the last 90 years. In the Italian Alps, about one-third of all glaciers have disappeared since the 1960s. Much of this is recent, and accelerating. An inventory of all the glaciers of the Alps published in 2019 found a decrease in area of about 15 percent since 2003. The rate of loss over the last 10 years or so is about 2 percent annually, but 2022 is destined to be a particularly bad year for melting ice. With little snow during the past winter and the continuing intense summer heat, the glaciers are not faring well.

The authors of the study also explain that even if the world manages to meet its climate targets, namely the promises made under the Paris agreement, and succeeds in cutting emissions toward zero by midcentury, glacial losses will total to about 60 percent by 2100. If the world fails and instead continues to use fossil fuel largely unabated and emissions keep rising, that will lead to a virtually ice-free landscape.

The melting of alpine glaciers will have meaningful and wide-ranging effects. There are dangers like those in the wake of the collapse at Marmolada in Italy, but there are also severe implications for tourism, hydropower and agriculture. Glaciers play a huge role in the skiing industry, with popular resorts relying on them for significant ski surfaces. The glaciers’ retreat could threaten the entire industry.

A 2018 study revealed that in one Italian region, 20 percent of the water used for hydropower production came from the runoff from glaciers. Agriculture will be another big problem if glaciers disappear. The 2022 drought in Italy has led the government to declare a state of emergency in the northern region of the Po River valley. Glaciers cannot solve this problem, but they could help.

As I explained in several posts, the glaciers’ rapid retreat has led to some innovative ideas on how they might be saved. One way is to protect them with a white blanket, like on the Presena ans Rhone glaciers, or else the Mer de Glace in France. Covering glaciers with a white tarpaulin reflects sunlight away from the ice, preventing evaporation and melt. A study, testing the idea in northern Italy, found that glacial melt was reduced by up to 69 percent compared with an uncovered glacier.

Unfortunately, while it may be useful for ski resorts or other places trying to preserve small patches of glacier, this is impossible at a large scale. Only 0.02 percent of Switzerland’s glacier area was covered, according to a 2021 study, and while the blankets may have prevented as much as 350,000 cubic meters of ice loss annually between 2005 and 2019, it came at a price of up to 8 Swiss francs per cubic meter (about the same in dollars). Switzerland alone loses around one billion cubic meters of glacial ice each year, and an annual price tag in the billions is probably out of the question. Aside from the price, the logistical difficulties of covering huge swathes of terrain with fabric – or artificial snow – are likely too much to overcome. In short, if we want to protect the glaciers for good in the long term, the only solution is to strongly reduce the emissions of greenhouse gases.

Source: GRID.

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Le glacier du Rhône a travers les âges:

1908 :

Carte postale

1981

 

Photo : C. Grandpey

2018

Photo : C. Grandpey

 

 

Réchauffement climatique : faut-il interdire l’accès aux glaciers et à la haute montagne ?

Suite à l’effondrement du glacier de la Marmolada (11 morts) et à la canicule qui s’est abattue sur la France, la montagne fond comme neige au soleil, les glaciers reculent de plus belle et les chutes de rochers menacent les alpinistes. Dans le sillage de ce cortège d’événements, certains se demandent si l’accès à la haute montagne devrait être interdit.

De toute évidence, nous n’en sommes pas encore là. Pour la population alpine, la montagne est symbole de liberté et doit le rester, mais pour combien de temps? Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, les courses en haute montagne ont perdu de leur charme à cause du danger potentiel et certaines d’entre elles, décrites par Gaston Rebuffat dans les années 1950, ne sont plus envisageables.

La course la plus populaire est sans aucun doute l’ascension du Mont Blanc. Il suffit de voir le nombre de personnes qui, telles des fourmis processionnaires, se lancent à l’assaut du sommet. Cette ascension est, elle aussi, menacée. Des éboulements se produisent de plus en plus fréquemment dans le Couloir du Goûter qui était déjà baptisé « couloir de la mort » quand je l’ai parcouru dans les années 1980. Aujourd’hui, cette appellation est tellement justifiée que le 13 juillet 2022, les compagnies de guides de Chamonix et St Gervais ont décidé de ne plus accompagner l’ascension du toit de l’Europe, temporairement et à titre préventif. Il est vrai qu’un record de température (10,4°C) a été enregistré fin juin juste sous le sommet. Sur cette vidéo, vous aurez un aperçu des chutes de blocs dans le Couloir du Goûter:

https://twitter.com/i/status/1547912931068628992

Malgré l’absence de guides et les mises en garde des autorités de Haute -Savoie, l’ascension du Mont Blanc n’est pas interdite et il y a toujours des volontaires pour jouer à la roulette russe. Cela incite le maire de Saint-Gervais à envisager la fermeture du refuge du Goûter situé à 3.850 m d’altitude, comme il l’ a déjà fait en juillet 2015, face à des risques de drame comparables sur cette voie. Il regrette de voir des alpinistes urbains désireux de « faire le Mont Blanc » à tout prix, quelles que soient les conditions de sécurité. Le premier magistrat a toujours à l’esprit le 22 juin 2022, quand un alpiniste de 73 ans a perdu la vie dans ce même Couloir du Goûter, victime d’un autre éboulement.

La cause de telles chutes de blocs est facile à comprendre. Sous l’effet de la chaleur, le permafrost qui assure la cohésion et la stabilité des parois dégèle et déclenche des effondrements. La situation est encore plus grave en 2022 car la précocité de la canicule qui n’a jamais été aussi flagrante. Les glaciologues font remarquer que glaciers alpins étaient moins endommagés à la fin du mois d’août 2021 qu’au début du mois de juillet 2022.

Dans ce contexte extrême, l’éventualité d’une interdiction d’accès aux glaciers et à la haute montagne a refait surface. Elle est redoutée, mais la plupart des acteurs pensent qu’une telle décision serait une aberration. Les statistiques montrent qu’il n’y a pas d’explosion d’accidents de montagne en France en 2022; il n’y adonc pas de véritable raison d’interdire la haute montagne. Si l’approche du Mont Blanc est fortement déconseillées par les guides, il y a encore de nombreux autres itinéraires à effectuer. Soit dit en passant, les guides n’apprécient pas particulièrement l’ascension du Mont-Blanc dans sa formule actuelle, avec des processions d’alpinistes. Les compagnies de guides cherchent à vendre une expérience de haute montagne davantage que l’ascension spécifique d’un sommet.

De toute façon, réchauffement climatique ou pas, il y a toujours un risque en montagne. On sait qu’il coûterait moins cher à l’Etat de fermer la haute montagne que de surveiller certaines portions. C’est pour cela que l’on craint à Chamonix une interdiction totale de l’alpinisme, au nom du sacro-saint principe de précaution. Les guides essayent de dialoguer au maximum avec les pouvoirs publics pour éviter d’en arriver à des arrêtés préfectoraux interdisant l’accès généralisé aux glaciers.

Le 9 février 1999, une avalanche a tué 12 personnes dans le hameau de Montroc à Chamonix. Suite à ce drame, le préfet de Haute-Savoie a pris un arrêté pour interdire la pratique du ski hors piste, de la randonnée à raquettes et de l’alpinisme hors des domaines aménagés. Vingt-trois ans plus tard, seules les 250 à 300 ascensions par jour du Mont-Blanc par la voie du Goûter sont pour l’instant menacées, avec une fin de haute saison estivale avancée d’un gros mois par rapport à 2021.

Le maire de Saint-Gervais tient à relativiser la perte économique et touristique entraînée par la situation actuelle et en particulier la décision des guides d’abandonner l’accompagnement sur le Mont Blanc. Il estime qu’il y a entre 50.000 et 100.000 visiteurs quotidiens l’été dans la vallée de Chamonix. Pour faire face aux nouvelles conditions imposées par le réchauffement climatique, il propose de repenser le calendrier estival de l’alpinisme, au sortir de la saison 2022. Selon lui, il va falloir s’adapter à la nature et l’idéal serait de démarrer la saison vers mi-mai, avant d’effectuer une pause en juillet-août et de reprendre en septembre. Le problème, c’est qu’il existe un vrai divorce entre le business du Mont-Blanc et les besoins réels de la montagne d’ouvrir plus tôt. En effet, la compagnie du Mont-Blanc – qui gère les remontées mécaniques – ne souhaite pas décaler sa saison de la sorte… Les négociations promettent d’être rudes!

 Les glaciers alpins seront-ils un jour interdits ? (Photo: C. Grandpey)