Le réchauffement climatique fait émerger de nouvelles terres // Global warming allows new lands to emerge

C’est une situation qui est amenée à se développer avec le réchauffement climatique et la fonte de la banquise et des glaciers. Le ministère de la Défense russe a annoncé le 27 août 2019 que la Russie possédait désormais cinq nouvelles îles suite à la fonte du glacier Nansen, une immense étendue de glace de 48 km de long sur 16 km de large. Ces nouvelles terres émergées de la glace, dont la surface varie entre 900 et 54 500 mètres carrés, se trouvent près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), entre la mer de Barents et la mer de Kara. Elles avaient été remarquées pour la première fois en 2016 sur des photos satellite. Depuis cette époque, des relevés topographiques ont été effectués et des photographies ont été prises afin de confirmer la découverte.

Avec l’accélération du réchauffement climatique ces dernières années, la fonte de l’Arctique a atteint des proportions inquiétantes. Avec 7,59 millions de km² en moyenne, jamais la superficie de la banquise arctique n’a été aussi faible au cours d’un mois de juillet depuis le début des observations satellitaires il y a 40 ans. En janvier, des chercheurs ont annoncé que des terres ensevelies depuis 40.000 ans sous la glace avaient été exposées à la surface pour la première fois au Canada. En février, la NASA alertait sur la fonte du glacier Thwaites en Antarctique, qui est miné par les eaux de plus en plus chaudes de l’océan.

La découverte des cinq îles a réjoui le gouvernement qui les ajoutera prochainement à la carte officielle de la Russie.

Source : Futura Sciences.

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This is a situation that is likely to become more and more frequent with global warming and the melting of the ice sheet and glaciers. The Russian Defense Ministry announced on August 27th, 2019 that Russia now has five new islands following the melting of the Nansen Glacier, a huge expanse of ice 48 km long and 16 km wide. These new lands, whose surface varies between 900 and 54,500 square metres, are near the archipelago of Novaya Zemlya, between the Barents Sea and the Kara Sea. They had been noticed for the first time in 2016 on satellite photos. Since that time, topographic surveys have been completed and photographs taken to confirm the discovery.
With the acceleration of global warming in recent years, the melting of the Arctic has reached alarming proportions. With an average of 7.59 million square kilometres, the Arctic sea ice extent has never been so low in the month of July since the onset of satellite observations 40 years ago. In January, researchers reported that land buried for 40,000 years under the ice had been exposed for the first time in Canada. In February, NASA alerted to the melting of the Thwaites Glacier in Antarctica, which is undermined by the increasingly warm waters of the ocean.
The discovery of the five islands was welcomed by the government that will soon add them to the official map of Russia.
Source: Futura Sciences.

Localisation des cinq nouvelles terres (Google Maps)

La fonte polluante des glaciers himalayens // The polluting melting of Himalayan glaciers

Dans une note publiée le 17 avril 2019, j’indiquais que suite à leur fonte et leur recul, les glaciers himalayens rendaient les cadavres d’alpinistes qu’ils avaient emprisonnés dans leurs crevasses au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, cette fonte des glaciers himalayens prend une nouvelle tournure. De nouvelles mesures alertent sur les rejets de polluants précédemment accumulés et stockés dans la glace et qui, de ce fait, sont remis en circulation. Le problème, c’est qu’ils induisent une contamination de l’écosystème local sur lequel la population humaine est susceptible de s’alimenter. Les scientifiques expliquent qu’avec le réchauffement de la planète, cette tendance devrait s’accentuer dans les prochaines années et doit donc être prise au sérieux.

Au cours des dernières décennies, près de 80 % des glaciers du plateau tibétain ont fondu et reculé sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. De plus, comme je l’ai indiqué précédemment, l’eau déstockée durant le processus de fonte a favorisé l’extension d’environ 50% des lacs présents sur le plateau. Ces derniers sont souvent retenus par de fragiles moraines qui menacent de se rompre, avec un risque d’inondation pour les villages situés en aval.

Outre les conséquences sur l’approvisionnement en eau pour la population et l’écosystème local, la fonte des glaciers libère une importante quantité de polluants. C’est ce que vient de démontrer une nouvelle étude parue au mois de juin 2019 dans le Journal of Geophysical Research: Atmospheres.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de glace, d’eau et de neige prélevés dans le bassin Nam Co situé vers le centre du plateau tibétain. Cette zone comportait près de 300 glaciers en 2010. Entre 1999 et 2015, la région a perdu 20 % de son volume de glace. Pour évaluer l’importance des rejets de polluants, les scientifiques ont mesuré une classe de composés chimiques appelés acides perfluoroalkylés. Ces composés fluorés sont essentiellement utilisés dans l’industrie des pesticides et des engrais. Les résultats des analyses indiquent que l’eau de fonte des glaciers du bassin exporte chaque année 1,8 kg de ces substances vers le lac Nam Co. Les chercheurs font remarquer que les résultats sont comparables aux études précédentes faites sur les lacs des régions polaires.

Les glaciers de l’Himalaya contiennent des niveaux de polluants atmosphériques encore plus élevés que les glaciers d’autres régions du monde en raison de leur proximité avec les pays de l’Asie du Sud qui comptent parmi les régions les plus polluées du monde.

Par ailleurs, les polluants rejetés par les activités humaines – l’agriculture notamment – et stockés dans les glaces depuis les années 1940 sont brutalement remis en circulation par une fonte accélérée en ce début de 21ème siècle. Une fois libérés dans l’environnement, ces acides ont une très longue durée de vie.

Les conséquences de l’arrivée de ces polluants dans les rivières présentent un danger pour l’écosystème en aval. Il existe même un risque pour la santé humaine puisque les espèces vivant dans les lacs ou les cours d’eau à proximité sont contaminées par ces composés fluorés. Autrement dit, il n’est pas conseillé de manger du poisson capturé dans un lac alimenté par ces torrents car la toxicité peut être importante.

À terme, les polluants sont présents dans toute la chaîne alimentaire et il faut considérer la situation dans sa globalité. Comme l’a fait remarquer une géochimiste, « cette eau du bassin Nam Co fournit directement l’Inde en ressources hydriques. La Terre est un système fermé. Tout ce qui a été libéré sur Terre reste quelque part sur Terre.»

Adapté d’un article paru dans Science Post.

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In a post published on April 17th, 2019, I indicated that due to their melting and retreat, the Himalayan glaciers aez releasing the corpses of mountaineers they had imprisoned in their crevasses in recent decades. Today, this melting of the Himalayan glaciers takes a new turn. New measures draw attention to the release of pollutants previously accumulated and stored in the ice and, as a result, are recirculated. The problem is that they induce contamination of the local ecosystem on which the human population is likely to feed. Scientists explain that with global warming, this trend is expected to increase in the coming years and should therefore be taken seriously into account.
In recent decades, nearly 80% of the glaciers on the Tibetan Plateau have melted and retreated under the assault of global warming. In addition, as I indicated previously, the water produced during the melting process has favoured the extension of about 50% of the lakes present on the plateau. These are often held by fragile moraines that threaten to rupture, with the risk of flooding downstream villages.
In addition to the effects on water supply for the population and the local ecosystem, the melting glaciers releases a large amount of pollutants. This is just demonstrated by a new study published in June 2019 in the Journal of Geophysical Research: Atmospheres.
The researchers analyzed samples of ice, water and snow collected in the Nam Co Basin located in the centre of the Tibetan Plateau. This area included nearly 300 glaciers in 2010. Between 1999 and 2015, the region lost 20% of its ice volume. To assess the importance of pollutant releases, scientists measured a class of chemical compounds called perfluoroalkylated acids. These fluorinated compounds are mainly used in the industry of pesticides and fertilizers. The results of the analyses indicate that the glacial meltwater from the basin annually exports 1.8 kg of these substances to Nam Co Lake. The researchers note that the results are comparable to previous studies done on polar lakes. .
Himalayan glaciers contain levels of air pollutants that are even higher than glaciers in other parts of the world because of their proximity to the Southeast Asian countries, which are among the most polluted regions of the world.
In addition, pollutants released by human activities – particularly agriculture – and stored in the ice since the 1940s have been brutally recirculated by an accelerated melting at the beginning of the 21st century. Once released into the environment, these acids have a very long life.
The consequences of the arrival of these pollutants in rivers represent a danger to the downstream ecosystem. There is even a risk to human health since species living in the lakes or nearby streams are contaminated with these fluorinated compounds. In other words, it is not advisable to eat fish caught in a lake fed by these torrents because toxicity can be high.
Eventually, pollutants are present throughout the food chain and the situation as a whole must be considered. As one geochemist remarked, « This water from the Nam Co Basin directly provides India with water resources. Earth is a closed system. All that has been released on Earth remains somewhere on Earth.  »
Adapted from an article in Science Post.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

Lac glaciaire Imja au Népal (Crédit photo: Wikipedia)

Des sondes dans les eaux du Groenland et des armes nucléaires contre les ouragans // Probes in Greenland’s waters and nuclear weapons against hurricanes

Une récente mission récente de la NASA – Oceans Melting Greenland, ou OMG – comprenant trois scientifiques a survolé à basse altitude les glaciers de la côte du Groenland à bord d’un DC3 des années 1940 revu et corrigé. L’appareil a survolé l’île pendant quatre étés, en larguant des sondes afin de recueillir des données sur la contribution des océans à la fonte rapide de la glace du Groenland. L’Océan Arctique borde les trois quarts de l’île qui est recouverte de glace sur 85% de sa surface. Si cette couche de glace venait à disparaître complètement, le niveau de la mer augmenterait de sept mètres ; cela constituerait une réelle menace pour des centaines de millions de personnes dans le monde.
Les scientifiques ont largué des sondes cylindriques de 1,5 mètre qui transmettent en temps réel des données sur la température et la salinité de l’océan. Une fois que chaque sonde a touché l’eau, les données commencent à être téléchargées presque immédiatement sur les ordinateurs de bord. La mission permettra d’étudier comment les couches d’eau plus chaudes au large des côtes entrent en contact avec les glaciers et leur incidence sur la rapidité de la fonte de la glace

La mission OMG étudie les glaciers groenlandais en hiver et compare les données obtenues à celles recueillies sur l’océan en été sur une période de cinq ans. Ce faisant, les chercheurs espèrent mieux prévoir l’élévation du niveau de la mer.
L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste de la planète et le Groenland est devenu un pôle de recherche sur le climat. La NASA a commencé à étudier le climat de la Terre de manière plus approfondie à partir des années 1970, époque où les budgets dédiés à l’exploration interplanétaire ont été considérablement réduits.
Aujourd’hui, on compte plus d’une douzaine de satellites en orbite pour la surveillance des mers, des glaces, des terres et de l’atmosphère terrestre, ainsi que des missions telles que OMG qui fourniront des données permettant de mieux prédire l’élévation du niveau de la mer dans le monde.
Source: NASA.

Pendant ce temps, le président Donald Trump – qui a toujours des idées brillantes – a suggéré d’utiliser des armes nucléaires pour empêcher les ouragans de frapper les États-Unis. Le président aurait soulevé cette idée à de nombreuses reprises depuis 2017.
Loin d’être révolutionnaire, l’idée d’utiliser des armes nucléaires contre les ouragans ne date pas d’hier. Dès la fin des années 1950, des scientifiques et des organismes gouvernementaux américains avaient suggéré de faire exploser des charges nucléaires afin de réduire l’intensité des fortes tempêtes. En 1959, un météorologue américain a expliqué que des sous-marins pourraient être utilisés pour lancer des ogives nucléaires dans l’œil d’un cyclone, l’une des nombreuses applications «pacifiques» qu’il imaginait pour l’arme nucléaire.
Heureusement, les météorologues de la NOAA sont aujourd’hui beaucoup mois enthousiastes à l’idée d’utiliser des armes nucléaires pour contrer les ouragans. Ils disent que cette approche serait loin d’être couronnée de succès et qu’elle néglige un problème grave. En effet, les retombées radioactives ainsi produites se déplaceraient assez rapidement avec les alizés et elles causeraient des problèmes environnementaux dévastateurs.
Source: Médias américains.

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 A recent NASA mission – Oceans Melting Greenland, or OMG – including three scientists flew low over the glaciers on Greenland’s coast in a modified DC 3 plane. The aircraft has flown around the island for four summers, dropping probes to collect data on how oceans contribute to the rapid melt of Greenland’s ice. The island has three quarters bordering the Arctic Ocean and is 85 percent covered in ice. If this ice sheet were to disappear completely, it would raise the ocean level by seven metres, a huge threat to hundreds of millions of people around the world.

The crew dropped 1.5-metre cylindrical probes that will transmit data about the ocean’s temperature and salinity. After each probe hit the water, data started to upload almost immediately onto the onboard computers. The mission will allow to investigate how warmer layers of water off the coast come into contact with glaciers and how this effects how quickly they melt.

OMG surveys Greenlandic glaciers in the winter, comparing it with the data they collect about the oceans in the summer over a five-year period; doing so, the researchers hope to better predict sea-level rise.

The Arctic region has warmed twice as fast as the global average, and Greenland has become a focal point for climate research  NASA started to study the earth’s climate in greater depth from the 1970s when its inter-planetary exploration budget was reduced, using its satellites to look at the earth.

Today it has more than a dozen satellites in orbit monitoring earth’s seas, ice, land and atmosphere, along with missions like OMG, which will provide data to give better predictions of sea-level rise around the globe.

Source: NASA.

Meantime, President Donald Trump – who always has brilliant ideas – suggested firing nuclear weapons into hurricanes to prevent them hitting the US. The president is said to have raised this idea on numerous occasions, dating back as far as 2017.

Far from being a revolutionary, the idea of using nuclear weapons against hurricanes has a remarkably long history. As far back at the late 1950s, scientists and government agencies in the US had floated proposals for exploding nuclear devices to break up large storms. In 1959, a US meteorologist suggested submarines could be used to launch warheads into the eye of a hurricane, one of several “peaceful” applications he imagined for nuclear weapons.

Fortunately, today’s NOAA meteorologists have less enthusiasm for nuking weather systems. They say that this approach is far from being successful and it neglects a serious problem. Indeed, the released radioactive fallout would fairly quickly move with the tradewinds and cause devastating environmental problems.

Source: US news media.

L’eau plus chaude de l’Océan Arctique accélère la fonte des glaciers groenlandais; (Photo: C. Grandpey)

Cérémonie d’adieu en Islande // Farewell ceremony in Iceland

Le 24 juillet 2019, j’ai écrit une note intitulée «Avis de décès», car elle annonçait la mort de l’Okjökull – également appelé Ok – un glacier islandais victime du réchauffement climatique. Il était prévu d’inaugurer la pose d’une plaque commémorative en lettres dorées, rédigée en islandais et en anglais, le 18 août 2019 sur le site de l’Okjokull, dans la partie ouest de l’île.
La cérémonie a effectivement eu lieu le 18 août, en présence de nombreuses personnes. La plaque a été apposée à l’emplacement du glacier. La Première Ministre islandaise était présente à la cérémonie. Elle a déclaré: « À Ok, les prévisions des scientifiques concernant les conséquences du réchauffement planétaire se sont matérialisées. Au train où vont les choses, d’autres glaciers disparaîtront dans les années et les décennies à venir. C’est pourquoi je considère ce moment comme un événement symbolique pour l’Islande, mais aussi pour le monde entier. »
Après la cérémonie, la plupart des invités se sont rendus à l’endroit où se trouvait le glacier. Il y a cinq ans, il a été décidé que Ok ne pouvait plus être qualifié de glacier. À son apogée, en 1900, il mesurait environ 15 kilomètres carrés avant de ne plus couvrir que 0,7 km2 en 2012 et de se réduire encore davantage depuis cette année-là. Les scientifiques soulignent que c’est est la conséquence de la crise climatique et que d’autres glaciers islandais sont en train de reculer rapidement.
Source: Iceland Monitor.

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On July 24th, 2019, I wrote a post entitled « Orbituary » because it announced the death of Okjökull – also called Ok – an Icelandic glacier killed by global warming. A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English was expected to be inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island

The memorial service did take place on August 18th, attended by numerous people. The plaque was placed where the glacier used to be. The Icelandic Prime Minister was present at the ceremony. She declared: “At Ok, the predictions of scientists regarding the consequences of global warming have materialized. If the development continues, more glaciers will disappear in coming years and decades. This is why I regard this moment today as a symbolic event for Iceland and, in fact, the whole world.”

Following the ceremony, most of the guests hiked up to the place where the glacier used to be. Five years ago, it was declared that Ok no longer qualified as a glacier. At its largest, in 1900, it measured about 15 square kilometres, but had diminished to 0.7 km2 in 2012, and has become even smaller since then. Scientists point out that this is the result of the climate crisis and that other Icelandic glaciers are fast retreating.

Source : Iceland Monitor.

Vue du Glacier Ok, ou ce qu’il en reste (Crédit photo: Iceland Monitor)