2022 : nouveau record d’émissions de gaz à effet de serre // 2022 : new record for greenhouse gas emissions

C’est ce qui s’appelle enfoncer une porte ouverte. Le site web de la radio France Info nous apprend ce que l’on savait déjà : les plus gros pollueurs, autrement dit les entreprises du secteur de l’énergie, n’ont pas réduit leurs émissions de gaz à effet de serre en 2022 ; elles les ont même augmentées de +0,8%. En France, les deux sites industriels qui émettent le plus sont détenus par Arcelor Mittal à Dunkerque et à Fos-sur-Mer. À eux deux, ils représentent 25% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie française.

Cette hausse des émissions de dioxyde de carbone est liée notamment aux procédés industriels utilisés à travers la planète, en particulier celui qui consiste à brûler les gaz que l’on produit pour faire de l’énergie en pompant du pétrole. La hausse est également due aux concentrations de méthane.

A côté de ces statistiques très négatives, il faut tout de même noter que la part d’électricité issue des énergies renouvelables n’a jamais été aussi élevée, avec 12% de la production totale en 2022, contre 10% en 2021.

La hausse des émissions de gaz à effet de serre est due en grande partie à la Chine. Le pays brûle la moitié du charbon utilisé dans le monde chaque année pour faire tourner son économie. Le premier pollueur mondial s’est fixé comme objectif de doubler sa capacité d’énergie éolienne et solaire d’ici à 2025 pour tenir ses engagements dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. L’objectif semble difficile à atteindre dans ce pays où les carburants fossiles représentent 82% du total des énergies consommées.

Cette situation montre que les promesses, les engagements politiques – en particulier ceux formulés pendant les COP – ne sont pas suivis d’effets. Tant que rien ne sera contraignant pendant ces réunions, il ne faut pas espérer assister à une réduction significative des gaz à effet de serre. Pour le moment, on ne peut que constater que ces réunions coûtent un argent fou et présentent un bilan carbone désastreux.

Comme je l’ai indiqué à maintes reprises, il suffit de regarder la Courbe de Keeling pour se rendre compte à quel point la situation est préoccupante. Les relevés effectués par la Scripps Institution sur le Mauna Loa à Hawaii montrent une hausse constante des concentratins de CO2. Même si, par un coup de baguette magique, les émissions de ce gaz cessaient d’un seul coup, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère de notre planète retrouve un semblant d’équilibre.

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That’s what you call kicking an open door. The France Info radio website tells us what we already knew: the biggest polluters, in other words companies in the energy sector, did not reduce their greenhouse gas emissions in 2022; in fact, they increased them by +0.8%. In France, the two industrial sites with the highest emissions are owned by Arcelor Mittal in Dunkirk and Fos-sur-Mer. They account for 25% of greenhouse gas emissions from the French industry.
This rise in carbon dioxide emissions is linked in particular to the industrial processes used across the planet, especially the one that involves burning the gases produced to make energy by pumping oil. The increase is also due to methane concentrations.
Alongside these very negative statistics, it should be noted that the proportion of electricity generated by renewable energies has never been so high, with 12% of total production in 2022, compared with 10% in 2021.
The rise in greenhouse gas emissions is largely due to China. The country burns half of the world’s coal each year to power its economy. The world’s biggest polluter has set itself the target of doubling its wind and solar energy capacity by 2025 to meet its commitments under the Paris climate agreement. This target seems hard to achieve in a country where fossil fuels account for 82% of total energy consumption.
This situation shows that political promises and commitments – particularly those made during the COPs – are not being followed up. As long as nothing binding is agreed at these meetings, we cannot expect to see any significant reduction in greenhouse gases. For the moment, all we can say is that these meetings cost an incredible amount of money and have a disastrous carbon footprint.
As I have said on many occasions, you only have to look at the Keeling Curve to see how worrying the situation is. Readings taken by the Scripps Institution on Mauna Loa in Hawaii show a steady rise in CO2 concentrations. Even if, by some magic wand, emissions of this gas were to cease all at once, it would take decades for our planet’s atmosphere to regain a semblance of equilibrium.

Evolution des concentrations de CO2 sur un an, avec un niveau exceptionnellement haut en juin 2023.

L’inquiétant réchauffement climatique en Europe en 2022 // Europe’s alarming global warming in 2022

Le rapport « The State of the Climate in Europe 2022 », publié conjointement par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et l’agence Copernicus, met en évidence des tendances alarmantes concernant le réchauffement climatique en Europe et ses conséquences sur la société et les écosystèmes.

Le rapport confirme que l’Europe connaît un réchauffement climatique deux fois plus rapide que la moyenne mondiale depuis les années 1980. En 2022, la température moyenne en Europe a été d’environ 2,3°C au-dessus de la moyenne de l’ère pré-industrielle (1850-1900). La température moyenne annuelle en Europe en 2022 se situe entre la deuxième et la quatrième plus élevée jamais enregistrée. Les années 2015 à 2022 ont été les huit années les plus chaudes jamais enregistrées dans tous les ensembles de données.

Sur la planète dans son ensemble, la température moyenne annuelle de surface en 2022 a été de 1,15°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle de 1850-1900. Ce chiffre est à comparer aux 2,3°C au niveau européen.

L’été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. L’Espagne a enregistré son quatrième été consécutif de sécheresse, affectant ses réserves d’eau qui sont descendues à 41,9 % de leur capacité totale. La France a connu sa période de janvier à septembre la plus sèche, et le Royaume-Uni et la Belgique leur période de janvier à août la plus sèche depuis 1976.

L’Europe a été frappée par plusieurs vagues de chaleur en 2022. L’une des plus sévères a eu lieu à la mi-juillet, avec des températures exceptionnelles dans de nombreux endroits. De nombreux records ont été battus par plus de 3°C, en particulier dans le nord de l’Angleterre et l’ouest de la France.

Au Royaume-Uni, la barre des 40°C a été franchie pour la première fois, avec une température de 40,3°C à Coningsby le 19 juillet 2022.

La France a été particulièrement touchée pendant la saison estivale avec trois vagues de chaleur. Une vague de chaleur anormalement précoce a débuté le mercredi 15 juin. Le 17 juin, des pointes ont été relevées à 41-42°C. Le 18 juin, des records absolus sont tombés. Biarritz, avec 42.9°C, a battu son record de chaleur tous mois confondus. L’indicateur thermique national a atteint la valeur la plus élevée jamais observée lors d’une mi-juin.

La France a traversé un nouvel épisode caniculaire entre le 12 et le 25 juillet, touchant particulièrement la façade ouest.

Une troisième vague de chaleur a commencé le 31 juillet en France. Le thermomètre a grimpé jusqu’à 41.8°C dans l’Aude le 12 août et a dépassé les 40°C sur de nombreuses stations.

Au final, la France a connu en 2022 son année la plus chaude depuis le début des relevés.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stockholm, publiée en novembre 2022, suggère qu’en plus des émissions de gaz à effet de serre, une part substantielle de la hausse des températures est liée à la diminution des aérosols en Europe. A cause des gaz à effet de serre, le climat est aussi devenu plus sec à travers le continent, en particulier dans le sud de l’Europe.

Les aérosols anthropiques sur de grandes parties de l’Europe auraient temporairement masqué, jusque 1980 environ, une partie du réchauffement dû à l’augmentation des gaz à effet de serre. Un renversement de tendance, avec diminution des aérosols au cours de la période 1979-2020, a entraîné une augmentation du rayonnement solaire atteignant la surface du continent européen.

Il faut dire également que les terres ont une capacité thermique inférieure à celle de l’eau, ce qui signifie qu’elles ont besoin de moins de chaleur pour élever leur température.

Parallèlement à la diminution des aérosols, la température en Europe s’est élevée considérablement au cours de la période 1991-2021, à un taux moyen d’environ +0,5 °C par décennie.

Source : global-climat.

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Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, on vient d’apprendre que le mois de juin 2023 a débuté par des températures planétaires élevées. La première moitié du mois a été la plus chaude depuis le début des mesures. Nous avons momentanément dépassé le seuil de 1.5°C, et la chaleur continuera probablement dans les semaines suivantes. Cette probabilité est d’ores et déjà confirmée par la chaleur exceptionnelle enregistrée en Corse le 20 juin 2023. Le thermomètre indiquait 40,2°C dans la ville de Sartène, un record absolu pour un mois de juin sur l’île. Une masse d’air très chaude provenant directement d’Afrique du Nord et la présence du sirocco ont contribué à cette élévation drastique de la température.

La limite de sécurité de 1.5°C établie par le GIEC est une moyenne décennale. Elle a déjà été franchie quelques fois de façon ponctuelle. L’agence Copernicus  cite notamment le mois de décembre 2015 ainsi qu’en février et mars 2016,  qui étaient une période de super-El Nino.

Autres fait particulièrement inquiétant, l’OMM indique qu’au mois de mai, la surface des océans a atteint des températures record. Cette surface réchauffe directement l’air au-dessus de l’eau, ce qui explique les températures élevées que la Terre subit actuellement.

Source : global-climat.

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The report « State of the Climate in Europe 2022 », published jointly by the World Meteorological Organization (WMO) and the Copernicus agency, highlights alarming trends in global warming in Europe and its consequences for society and ecosystems.
The report confirms that Europe’s climate has been warming twice as fast as the global average since the 1980s. In 2022, the average temperature in Europe was around 2.3°C above the average for the pre-industrial era (1850-1900). The average annual temperature in Europe in 2022 was between the second and fourth highest on record. The years 2015 to 2022 were the eight warmest on record in all data sets.
On the planet as a whole, the average annual surface temperature in 2022 was 1.15°C above the pre-industrial average of 1850-1900. This compares with 2.3°C at the European level.
The summer of 2022 was the hottest on record in Europe. Spain recorded its fourth consecutive summer of drought, affecting its water reserves, which fell to 41.9% of their total capacity. France experienced its driest January-September period, and the UK and Belgium their driest January-August period since 1976.
Europe was hit by several heat waves in 2022. One of the most severe occurred in mid-July, with exceptional temperatures in many places. Many records were broken by temperatures in excess of 3°C, particularly in northern England and western France.
In the UK, the 40°C mark was broken for the first time, with a temperature of 40.3°C in Coningsby on July 19th, 2022.
France was particularly hard hit during the summer season, with three heat waves. An unusually early heat wave began on Wednesday June 15th. On June 17th, highs of 41-42°C were recorded. On June 18th, absolute records were set. Biarritz, at 42.9°C, broke its all-month heat record. The national heat indicator reached its highest ever value for mid-June.
France experienced another heatwave between July 12th and 25th, particularly affecting the western seaboard.
A third heat wave began in France on July 31st. The thermometer climbed to 41.8°C in the Aude region on August 12th, and exceeded 40°C at many stations.
All in all, 2022 was France’s hottest year since records began.

A study by researchers at Stockholm University, published in November 2022, suggests that, in addition to greenhouse gas emissions, a substantial proportion of the rise in temperatures is linked to the depletion of aerosols in Europe. Because of greenhouse gases, the climate has also become drier across the continent, particularly in southern Europe.
Anthropogenic aerosols over large parts of Europe would have temporarily masked, until around 1980, part of the warming due to the increase in greenhouse gases. A reversal of this trend, with a decrease in aerosols over the period 1979-2020, has led to an increase in solar radiation reaching the surface of the European continent.
It should also be noted that land has a lower heat capacity than water, which means it needs less heat to raise its temperature.
In parallel with the decrease in aerosols, temperatures in Europe have risen considerably over the period 1991-2021, at an average rate of around +0.5°C per decade.
Source: global-climat.

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As bad news never comes alone, we’ve just learned that the month of June 2023 began with high planetary temperatures. The first half of the month was the hottest since measurements began. Our planet momentarily exceeded the 1.5°C threshold, and the heat is likely to continue in the weeks ahead. This probability is already confirmed by the exceptional heat recorded in Corsica on June 20th, 2023. The thermometer read 40.2°C in the town of Sartène, an absolute record for a month of June on the island. A very hot air mass coming directly from North Africa and the presence of the sirocco contributed to this drastic rise in temperature.
The IPCC safety limit of 1.5°C is a ten-year average. It has already been exceeded on a few occasions. The Copernicus agency cites December 2015 as well as February and March 2016, which were periods of super-El Nino.
In another particularly worrying development, the WMO reports that in May, the surface of the oceans reached record temperatures. This surface directly warms the air above the water, which explains the high temperatures the Earth is currently experiencing.
Source : global-climat.

 

Anomalie thermique pour l’Europe lors de l’été 2022 (Source : Copernicus)

Le ski français sur la mauvaise pente ?

Au vu des statistiques, le marché du ski en France se porte bien. Il serait à l’origine de la création d’environ 18 000 emplois directs, auxquels il faudrait ajouter près de 120 000 emplois induits dans les stations. Les recettes de fréquentation dépasseraient les 1 400 millions d’euros, et la contribution du secteur aux exportations commerciales françaises serait estimée à 2 milliards d’euros. Le France se situerait ainsi dans le trio de tête mondial des destinations de ski, aux côtés des États-Unis et de l’Autriche.

Il est vrai que la France possède, en particulier dans les Alpes, de superbes domaines skiables et des infrastructures capables d’accueillir des millions de skieurs. Malgré tout, la bonne santé de l’économie du ski montre de nombreuses failles et l’avenir n’est pas très réjouissant. Quand on étudie l’évolution de la fréquentation des stations sur 15 ans, on s’aperçoit qu’elle a stagné, voire légèrement chuté. Des problèmes structurels pourraient bien entraîner la filière française sur la voie de la décroissance.

1) Le premier problème concerne le taux de pénétration de la pratique du ski au sein de la population nationale. En France, seuls 28 % des skieurs viennent de l’étranger. Les perspectives de croissance reposent donc en grande partie sur la capacité à renouveler le vivier de skieurs nationaux. Or, seulement 13 % de la population française s’adonne aux sports d’hiver, et encore, pas toujours de façon régulière. À titre de comparaison, la Suisse est à 34 %.

2) Le deuxième problème concerne le développement immobilier des stations. La France dispose, en théorie, d’une surcapacité d’accueil, mais de trop nombreux logements ne correspondent plus aux nouveaux standards de marché.

3) Le troisième problème concerne la baisse de l’enneigement liée au réchauffement climatique. En France, le Centre d’études de la neige a montré que la hauteur moyenne de neige sur la période 1990-2017 a baissé de 40 cm par rapport à la période 1960-1990. Les stations de basse et moyenne altitude sont les plus menacées. On l’a vu avec la station du Mont-Dore (1050 m d’altitude) qui a été mise en redressement judiciaire.

Selon les projections de l’Institute of Snow and Avalanche Research de Davos, à horizon 2050-2080, la neige aura quasiment disparu dans les Alpes françaises entre 1200 et 1800 mètres d’altitude.

Face à ces problèmes structurels, les solutions envisagées ou mises en place paraissent risquées. Pour faire face au problème d’enneigement, la France s’est dotée d’un réseau d’enneigeurs qui couvre aujourd’hui 37 % des domaines skiables. L’eau nécessaire à la production de cette neige de culture est « empruntée » aux réserves locales avant de leur être rendue via la fonte des neiges. De ce fait, les conflits d’usage avec l’eau potable ne sont pas des cas isolés.

La livraison héliportée de neige, comme à Luchon-Superbagnères dans les Pyrénées est une action désespérée qui donne une piètre image de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour faire face au problème de fréquentation et à la pression concurrentielle exercée par les grandes stations internationales, la filière française et les tours opérateurs se sont tournés vers la clientèle étrangère aisée, pour l’essentiel russe ou asiatique. Or, une telle stratégie pose deux problèmes majeurs. D’une part, il s’agit d’une clientèle difficile à fidéliser (effet du Brexit, guerre en Ukraine). D’autre part, la venue de skieurs de l’autre bout du monde implique un bilan carbone désastreux.

Pour assurer l’accueil de cette clientèle exigeante, les projets de constructions de très grandes résidences de standing dans nos massifs se multiplient, avec le risque évident de mettre les ressources naturelles sous tension pour les alimenter en eau et en électricité.

On assiste de plus en plus à une volonté des stations de diversifier leur activités (culture, balnéothérapie, centres aqua-ludiques, etc.) sans savoir quel impact cela aura sur le choix des destinations. Il est bien beau de communiquer sur des superlatifs (comme la création de l’escape ‘game’ le plus haut d’Europe à Val Thorens), ou de vouloir connecter les domaines déjà vastes des Deux Alpes et l’Alpe d’Huez avec un ambitieux projet de téléphérique, mais au final que ressortira-t-il d’une telle politique ? Les belles années du ski français sont probablement derrière nous.

Source : The Conversation.

Vue du projet de téléphérique entre les domaines skiables des Deux-Alpes et de l’Alpe d’Huez. (Source : Skiinfo / YouTube)

La sécheresse menace l’Europe // Europe under the threat of drought

J’ai peut-être l’air de me répéter, mais il faut que les gens prennent conscience de la gravité de la sécheresse et du manque d’eau en France et dans d’autres pays européens.

L’Italie fait face à sa deuxième année consécutive de sécheresse. C’est la première fois que cela se produit depuis des décennies. La Première Ministre a exhorté son gouvernement à élaborer un plan d’action. Elle rejoint en cela la France et d’autres pays d’Europe occidentale aux prises avec le manque de pluie et de neige au cours de l’hiver écoulé.
Le gouvernement italien a décidé de nommer un «commissaire doté de pouvoirs exécutifs» pour mener à bien le plan de lutte contre la sécheresse. Une décision semblable avait été prise pour lutter contre la pandémie de COVID-19.
Les faibles chutes de neige hivernales vont inévitablement se traduire par une eau de fonte largement insuffisante pour alimenter les ruisseaux qui se jettent dans le Pô. Les agriculteurs d’Émilie-Romagne craignent de devoir abandonner les cultures traditionnelles comme le maïs et le soja et être obligés de planter du tournesol à la place. La sécheresse a frappé les plants de riz, l’une des principales ressources de la région.
Les précipitations observées en Italie fin février ont fait plus de mal que de bien. Une combinaison de températures plus basses, de neige et de gel a causé des dégâts aux cultures fruitières qui, en raison d’un hiver plus doux, avaient déjà commencé à fleurir, notamment les amandiers, les pêchers et les cerisiers.
L’arrivée des précipitations ne parviendra en aucun cas à combler le déficit hydrique. Le manque d’eau atteint 30 % en moyenne en Italie, et même 40 % dans le nord du pays.

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, la France a enregistré 32 jours sans pluie cet hiver. C’est la plus longue sécheresse hivernale de ce type depuis le début des archives météorologiques en 1959. Les niveaux de neige dans les Alpes, les Pyrénées et d’autres massifs français sont également bien inférieurs à ceux enregistrés habituellement pour cette période de l’année. Partout en France, les habitants font état de lits de rivières asséchés et de lacs au niveau trop bas.
Le Président Macron a promis que son gouvernement allait mettre en place un « plan de sobriété de l’eau » dès la mi-mars. Le ministre français de l’Environnement a ordonné aux responsables qui travaillent sur ce plan de prendre des mesures immédiates pour restreindre l’utilisation de l’eau afin de s’assurer qu’il y en ait suffisamment cet été.
Les deux derniers étés en France ont été exceptionnellement secs, incitant certains agriculteurs à envisager une transition vers de nouvelles cultures. Quatre régions du sud de la France ont déjà mis en place des restrictions d’eau et 10 autres départements ont été placés sur la liste de vigilance.

En Allemagne, les scientifiques disent que la pluie du début de l’année ne suffira pas à reconstituer les nappes phréatiques qui inquiètent depuis plusieurs années. La sécheresse et la chaleur ont entraîné une baisse importante de la récolte de légumes l’an dernier, avec une chute de 12 % par rapport à 2021 – une année record – et de 2 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Grâce aux pluies récentes en Espagne, les réserves d’eau sont à 51 % de leur capacité, bien au-dessus des 35 % observés fin 2022. L’année dernière a été la troisième année la plus sèche et la plus chaude en Espagne depuis 1961, lorsque la tenue des archives météorologiques a commencé.
Les conditions sèches restent une préoccupation en Catalogne où l’utilisation de l’eau est restreinte dans l’agriculture et l’industrie depuis novembre et où l’utilisation d’eau potable pour laver les voitures ou remplir les piscines est interdite.
Source : Yahoo Actualités.

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It should be repeated over and over again to make people realise how serious the lack of water is in France and in other European countries.

Italy is facing its second consecutive year of drought for the first time in decades. The Prime Minister has urged ministers to start mapping out an action plan, joining France and other nations in western Europe grappling with scant winter rain and snow.

The Italian government has decided to appoint an “extraordinary commissioner with executive powers” to carry out the government’s drought battle plan. The government took a similar decision to grapple with the COVID-19 pandemic.

With scant winter snowfall translating into vastly insufficient snowmelt to supply the streams that flow into Po River. Farmers in Italy’s Emilia-Romagna region worry they might have to abandon traditional crops like corn and soy and plant sunflowers instead. The drought battered the rice plants, one of the main crops in the region.

The precipitations Italy received in late February did more harm than good. A combination of lower temperatures, snow and frost threatened fruit crops that, due to a warmer winter, had already started blooming, notably almond, peach and cherry trees.

The arrival of precipitation in any case won’t succeed in making up for the water deficit in a situation in which Italy is 30% short of water, with the percentage rising to 40% in north Italy.

As I put it in a previous post, France recorded 32 days without rain this winter, the longest such winter drought since record-keeping began in 1959. Snow levels in the French Alps, the Pyrenees and other French mountain ranges are also much lower than usual for this time of year. Around France, residents are sharing images of dried-up riverbeds and shrunken lakes.

The French President has promised his government would devise an urgent “water plan” in mid-March. France’s environment minister ordered officials who are working on Macron’s “water sobriety plan” to take immediate steps to restrict water usage to ensure there is enough water this summer.

The last two summers in France were exceptionally dry, prompting some farmers to consider switching to new crops. Four regions in southern France already have water restrictions in place, and 10 other departments were placed on the vigilance list.

In Germany, experts say that rain around the start of the year will not be enough to replenish deeper parts of the soil that have become worryingly dry in recent years. Drought and heat led to a significant drop in the vegetable harvest last year, which was down 12% compared with 2021 – a record year – and down 2% compared with the five-year average.

Thanks to recent rain in Spain, water reserves are at 51% of capacity, way above the dangerously low 35% of late 2022. Last year was Spain’s third-driest year and the hottest one since 1961, when record-keeping started.

Dry conditions remain a worry in Spain’s Catalonia region, where water use has been restricted in agriculture and industry since November and using potable water to wash cars or fill swimming pools is prohibited.

Source : Yahoo News.

 

État des nappes phréatiques en France au mardi 7 février 2023 – via info-secheresse.fr