Dernières nouvelles du Nyiragongo (République Démocratique du Congo) // Latest news of Nyiragongo volcano (Democratic Republic of Congo)

drapeau-francaisL’activité reste intense sur le Nyiragongo, comme le montre la vidéo (voir lien ci-dessous) de Jérémie Franchitti, déjà auteur de plusieurs documents à propos de l’éruption du Nyamuragira en 2011-2012 au profit de L’Association Volcanologique Européenne.

La vidéo confirme les images mises précédemment en ligne par l’Observatoire de Goma. Une bouche montre une belle activité strombolienne sur la première terrasse au fond du cratère. Pendant les épisodes les plus intenses, la lave s’écoule en cascades dans le lac.
https://www.youtube.com/watch?v=eln9ZYVbarA

La fracture sur laquelle se situe la bouche active ne semble pas avoir bougé. C’est souhaitable car on sait que c’est lors de l’éventrement des flancs du volcan que la lave devient un danger réel pour les zones habitées. Les secteurs fracturés sur les flancs extérieurs du volcan sont certes moins spectaculaires et médiatiques que le lac de lave, mais ce sont pourtant eux qui demandent la plus grande surveillance.

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drapeau-anglaisActivity remains intense on Nyiragongo, as shown in the video (see link below) shot by Jérémie Franchitti, the author of several more documents about the eruption of Nyamuragira in 2011-2012 for the benefit of the European Volcanological Association (L.A.V.E.).
The video confirms the images posted previously by the Goma Observatory. A vent shows a nice strombolian activity on the first terrace at the bottom of the crater. During the most intense episodes, lava flows cascade into the lake.
https://www.youtube.com/watch?v=eln9ZYVbarA

The fracture on which the active vent is located does not seem to have undergone changes. This is important because we know that it is when the flanks of the volcano rift open that lava becomes a real danger to inhabited areas. Fractured areas on the outer flanks are certainly less spectacular than the lava lake, but they require the greatest surveillance.

Nyirag

Cratère du Nyiragongo avec 1) le lac de lave dont le niveau s’est abaissé ces derniers temps et 2) le puits secondaire qui s’est ouvert fin février sur la première terrasse au-dessus du lac de lave. (Photo: Jérémie Franchitti)

Nyiragongo ( République Démocratique du Congo) [suite / continued]

drapeau francaisVoici quelques détails supplémentaires sur la nouvelle situation au Nyiragongo. J’ai écrit le dernier message rapidement hier soir avant d’aller au lit. La nouvelle bouche éruptive s’est ouverte dans la partie nord-est de la première terrasse au-dessus du lac de lave, juste en dessous de la paroi du cratère. A en juger d’après les photos publiées par l’Observatoire Volcanologique de Goma, il y a un petit lac de lave dans cette nouvelle bouche, avec un spatter cone qui émet (ou a émis) des coulées de lave qui se sont étalées sur le fond du cratère.
La situation doit être contrôlée attentivement car la nouvelle activité se trouve sur la fracture orientée vers l’est qui relie le cratère du Nyiragongo au cône Baruta sur le flanc nord-est de l’édifice principal, près du village de Kibumba. Cette zone de rift (comme la zone rift sud qui se prolonge vers Goma) a déjà été le siège d’éruptions latérales catastrophiques, comme en 1977 et 2002. Elles ont tué plus de 1000 personnes, détruit des villages, ainsi qu’une grande partie de la ville de Goma en 2002.
Comme je l’ai écrit auparavant, on devrait accorder une plus grande attention aux fractures qui tranchent les flancs du Nyiragongo. Certes, elles sont beaucoup moins spectaculaires et photogéniques que le lac de lave dans le cratère et les images sont moins susceptibles d’être achetées par les chaînes de télévision. Il ne faudrait pas oublier que le but de la volcanologie est avant tout d’observer et d’étudier les volcans afin de protéger les populations qui vivent à proximité.

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drapeau anglaisHere are some more details about the new situation at Nyiragongo. I wrote the latest post rapidly last night before going to bed. The new eruptive vent opened in the northeastern partof the first terrace above the lava lake, just beneath the crater wall. Judging from the photos released by the Goma Volcanological Observatory, there is a small lava lake within the new vent, with a spatter cone emitting lava flows that have pooled onto the crater floor.

The situation needs to be carefully controlled as the new activity is located on the east-trending fracture that connects Nyiragongo crater with the Baruta cone on the NE flank of the main edifice, near the village of Kibumba. This rift zone (just like the southern rift zone that extends towards Goma town) has already been the seat of disastrous flank eruptions, like in 1977 and 2002. They killed more than 1000 people, destroyed villages and a large part of the city of Goma in 2002.
As I put it before, a greater attention should be given to the fractures that slash the flanks of the volcano. Sure, they are far less dramatic than the lava lake in the crater and their images are less likely to be bought by TV channels. However, to my mind, the purpose of volcanology is above all to observe and study volcanoes in order to protect the populations that live close to them.

Nyira mars 2016

Crédit photo: Observatoire Volcanologique de Goma.

 

 

 

Belle fracture dans le Wyoming (Etats Unis)

drapeau francaisUn phénomène naturel étrange est apparu à la fin du mois de septembre 2015 dans une zone située à environ 16 km au sud de la ville Ten Sleep dans les Bighorn Mountains, dans l’Etat du Wyoming: Une énorme fracture s’est ouverte dans le sol, faisant naître des craintes qu’elle soit en relation avec l’activité éruptive du volcan de Yellowstone, pas très loin de là, dans l’ouest de l’Etat.
En fait, la fracture qui mesure environ 686 mètres de long et 46 mètres de large n’a pas été causée par une activité volcanique. L’origine est purement géologique. Les scientifiques expliquent que le phénomène n’a rien d’extraordinaire dans cette région où la géologie est très active avec des résultats parfois impressionnants. À leur avis, une fracture aussi vaste et profonde a probablement son origine dans des points faibles du sous-sol qui sont apparus à la suite des longues périodes de pluies du printemps et de l’été. Il est probable qu’en s’infiltrant l’eau a d’abord lubrifié la roche de surface. Puis, une autre arrivée d’eau latérale a fait glisser l’ensemble et provoqué l’ouverture de la fracture. Certains observateurs ont remarqué que le phénomène n’était pas terminé et que la fracture continuait à bouger.

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drapeau-anglaisA strange natural phenomenon appeared at the end of September 2015 in the area about 16 km south of the Ten Sleep town in Bighorn Mountains in Wyoming: A huge gap opened in the ground, raising fears that it might be linked to eruptive activity in Yellowstone volcano which is not quite far away.
The crack is approximately 686 metres long and 46 metres wide and was not caused by any volcanic activity. The cause is purely geological. Experts explain there are no unusual forces at work here, only normal geology, which is very rich and impressive on the grounds of Wyoming. In their opinion, a hole of such dimensions was probably caused by weak spots in the ground’s subsurface, typically created during wet periods of spring and summer. It is likely that a wet spring lubricated across a cap rock. Then, a small spring on either side caused the bottom to slide out.
Some observers said the phenomenon was not over yet and that the crack is still moving.

Crack

Crédit photo: Randy Becker

Les frissons de l’Irazu (Costa Rica) // The tremors of Irazu (Costa Rica)

drapeau francaisUne série de petits séismes inquiète depuis le mois de décembre les habitants de plusieurs localités situées à proximité de l’Irazú. Les événements ont des magnitudes comprises entre 1,5 M et M 3,9, avec un pic d’activité le 13 janvier, jour où plus de 50 microséismes ont été enregistrés en une seule journée. Cependant, cette activité sismique n’a pas entraîné une modification significative de l’activité volcanique de l’Irazu.
Les scientifiques du Réseau Sismologique National (RSN) veulent savoir s’il y a une relation entre les microséismes de l’Irazú et l’augmentation d’activité du Turrialba au cours des trois dernières années. Les deux volcans sont situés dans la province de Cartago, à environ 10 kilomètres l’un de l’autre.
L’inquiétude des habitants a grandi la semaine dernière lorsque les géologues ont confirmé qu’une fracture de 222 mètres de longueur était apparue près de l’Irazu. Cette fracture a provoqué des glissements de terrain dans une zone de 15 hectares à proximité de 84 tours de télécommunications utilisées par les organismes gouvernementaux et les centres de secours, ainsi que les stations de radio et de télévision. La fracture, qui mesure environ 1,40 mètre de large en certains endroits et jusqu’à 90 centimètres de profondeur, met en péril l’ancrage des tours en raison des mouvements du sol.
Les ingénieurs font remarquer qu’il sera difficile de trouver un nouvel emplacement avec des caractéristiques semblables à celles de l’Irazú, qui, à plus de 3400 mètres d’altitude, offre une couverture de plus de 60 pour cent du territoire national.
Source: Le Tico Times.

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drapeau anglaisA series of minor tremors occurring since December is worrying residents of several communities near Irazú Volcano. The magnitude of the events ranged from M 1.5 to M 3.9 with a peak of activity on January 13th, when more than 50 microseisms were recorded in one single day. However, this seismic activity has not led to a substantial change in volcanic activity at Irazú.

National Seismological Network (RSN) experts want to know whether there is a relationship between microseisms at Irazú and the increase in Turrialba’s activity in the past three years. Both volcanoes are located in Cartago, about 10 kilometres apart.

Residents’concerns got higher last week when geologists confirmed that a 222-metre fissure has emerged near Irazú. It has caused landslides in a 15-hectare area near 84 telecommunications towers used by the government and emergency agencies, as well as radio and TV stations. The fissure, which is about 1.4 metres wide in some areas and up to 90 centimetres deep, places the towers’ anchors at risk because of displacement of the earth.

Experts warn that it would be difficult to find a new location with characteristics similar to Irazú, which at over 3,400 metres provides the stations coverage of more than 60 percent of the national territory.

Source: The Tico Times.

Irazu-blog

Le cratère de l’Irazu (Crédit photo:  Wikipedia)