La planète vit « au-delà de ses moyens » en eau, alerte un rapport de l’ONU // Our planet is living « beyond its means » in water, warns a UN report.

Les signes d’un effondrement durable des ressources en eau se multiplient. La planète consomme aujourd’hui plus d’eau douce qu’elle n’est capable d’en renouveler. Sous l’effet du réchauffement climatique et de décennies de surexploitation, de nombreuses régions du monde ne parviennent plus à se remettre des périodes de manque d’eau. Cette situation de « faillite hydrique », est omniprésente : elle touche des milliards de personnes avec des conséquences déjà visibles sur les sociétés, l’agriculture et les écosystèmes.

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’alerte sur les conséquences de la fonte des glaciers sur la ressource en eau de notre planète. Je donne l’exemple du sud-est asiatique qui dépend en grande partie des glaciers himalayens pour son alimentation en eau. La chaîne himalayenne représente un véritable château d’eau pour toute l’Asie.

Le 20 janvier 2026, un rapport coordonné par le directeur de l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Institut universitaire des Nations Unies explique que la planète est entrée dans l’ère de la « faillite mondiale de l’eau » : l’utilisation et la pollution des ressources en eau ont dépassé leur capacité de régénération naturelle et ne retrouveront jamais leurs niveaux antérieurs. Le rapport onusien appelle à une refonte radicale de l’agenda politique international dans le domaine de l’eau.
Le rapport explique que notre planète a dépassé le stade de « crise hydrique ». Une “crise” suggère quelque chose de temporaire. Or, dans de nombreux bassins, on se trouve dans un état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables, et où le capital naturel – nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers – est endommagé de manière irréversible.
Le rapport révèle une vérité dérangeante : « de nombreuses régions vivent au-delà de leurs capacités hydrologiques et de nombreux systèmes hydriques essentiels sont déjà en faillite. »

L’analyse met en lumière une contraction accélérée des bassins versants et des zones humides : plus de la moitié des grands lacs du monde ont vu leur niveau d’eau baisser depuis le début des années 1990, tandis qu’environ 410 millions d’hectares de zones humides naturelles ont disparu en un demi-siècle, une superficie presque équivalente à celle de l’Union européenne. Parallèlement, environ 70 % des principales nappes phréatiques connaissent un déclin à long terme.

Source : ONU

L’impact sur la population est considérable : 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité ; 3,5 milliards n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates et près de 4 milliards sont confrontées à une grave pénurie d’eau pendant au moins un mois par an.
Selon le rapport, au cœur de cette crise se trouve la production alimentaire : l’agriculture absorbe 70 % des prélèvements mondiaux d’eau douce et subira une pression croissante à mesure que les aquifères s’épuisent à un rythme supérieur à leur capacité de recharge.

La quantité d’eau douce utilisée pour l’agriculture, l’industrie et les besoins domestiques a augmenté avec la croissance démographique. En 1950, la population mondiale était de 2,5 milliards d’habitants. Aujourd’hui, elle dépasse les 8 milliards. Source: The Conversation

On peut également lire dans le rapport que « la gestion de la faillite exige honnêteté, courage et volonté politique. […] Nous ne pouvons pas reconstruire les glaciers disparus ni reconstituer les aquifères fortement comprimés, mais nous pouvons empêcher de nouvelles pertes de ce capital naturel restant et repenser les institutions pour les adapter aux nouvelles contraintes. »

Source : Organisation des Nations Unies.

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Warnings are mounting : signs of a lasting collapse of water resources are multiplying. The planet is currently consuming more freshwater than it can replenish. Under the effects of climate change and decades of overexploitation, many regions of the world are no longer able to recover from periods of water scarcity. This situation of « water bankruptcy » is omnipresent: it already affects billions of people, with consequences already visible on societies, agriculture, and ecosystems.

During my conference, « Glaciers at Risk: The Effects of Global Warming, » I constantly alert to the consequences of melting glaciers on our planet’s water resources. I give the example of Southeast Asia, which depends largely on Himalayan glaciers for its water supply. The Himalayan range represents a veritable water tower for all of Asia.

On January 20, 2026, a report coordinated by the director of the United Nations University Institute for Water, Environment and Health explained that the planet had entered the era of « global water bankruptcy »: the use and pollution of water resources have exceeded their natural regeneration capacity and w never return to previous levels. The UN report calls for a radical overhaul of the international political agenda on water.
The report explains that our planet has passed the stage of a « water crisis. » A « crisis » suggests something temporary. However, in many basins, we are in a persistent post-crisis state, where water use and pollution have exceeded renewable inputs, and where natural capital—groundwater, wetlands, soils, rivers, glaciers—is irreversibly damaged.
The report reveals a disturbing truth: many regions are living beyond their hydrological capacity, and many critical water systems are already failing. The analysis highlights an accelerated contraction of watersheds and wetlands: more than half of the world’s large lakes have seen their water levels decline since the early 1990s, while approximately 410 million hectares of natural wetlands have disappeared in half a century—an area almost the size of the European Union. At the same time, about 70% of major groundwater aquifers are experiencing long-term decline.
The impact on the population is considerable: 2.2 billion people still lack access to safely managed drinking water; 3.5 billion lack access to adequate sanitation; and nearly 4 billion face severe water shortages for at least one month a year.
According to the report, at the heart of this crisis lies food production: agriculture consumes 70% of global freshwater withdrawals and will come under increasing pressure as aquifers are depleted at a rate exceeding their recharge capacity.
The report also states that “managing bankruptcy requires honesty, courage, and political will. […] We cannot rebuild lost glaciers or replenish severely compressed aquifers, but we can prevent further losses of this remaining natural capital and rethink institutions to adapt them to the new constraints.”

Source: United Nations.

Exploiter le Groenland ? Pas si facile que ça ! // Exploiting Greenland? Not so easy!

Donald Trump a toujours évoqué la possibilité d’une annexion du Groenland. Il a insisté sur le fait que les États-Unis contrôleraient l’île, actuellement territoire autonome du Danemark, et que si ses propositions étaient rejetées, il pourrait s’emparer du Groenland par la force, ou, comme l’a suggéré le secrétaire d’État Marco Rubio aux membres du Congrès le 6 janvier 2026, il pourrait carrément l’acheter.
Lors d’une audition au Congrès en 2025, l’importance du Groenland pour les États-Unis a été largement débattue. Les sénateurs et les experts ont beaucoup parlé de la position stratégique de l’île et de l’importance de ses ressources naturelles : minéraux critiques, combustibles fossiles et énergie hydroélectrique. Toutefois, personne n’a mentionné les dangers, dont beaucoup sont exacerbés par le réchauffement climatique, auxquels ceux qui convoitent l’île seront inévitablement confrontés. Ils devraient se souvenir que le climat arctique évolue au Groenland plus rapidement que partout ailleurs sur Terre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de pilotes militaires américains, désorientés par un épais brouillard et à court de carburant, se sont écrasés sur la calotte glaciaire. Aujourd’hui amplifiés par le réchauffement climatique, les risques naturels rendent l’extraction des ressources et les activités militaires au Groenland incertaines, coûteuses et potentiellement mortelles.
Le littoral groenlandais est sujet aux éboulements. Ce danger provient du fait que la côte est une zone habitée où la roche n’est pas recouverte par la calotte glaciaire. Par endroits, cette roche renferme des minéraux essentiels, comme l’or, ainsi que d’autres métaux rares utilisés dans la technologie, notamment pour les circuits imprimés et les batteries de véhicules électriques. Aujourd’hui, la glace ayant fondu, les parois quasi verticales des vallées ne sont plus soutenues et s’effondrent. En 2017, un pan de montagne du nord-ouest du Groenland s’est effondré de 900 mètres dans les eaux profondes du fjord en contrebas. Quelques instants plus tard, la vague provoquée par cet éboulement a engendré un tsunami qui a submergé les villages de Nuugaatsiaq et d’Illorsuit. L’eau, chargée de blocs de glace, a arraché des maisons de leurs fondations tandis que les habitants et leurs chiens de traîneau fuyaient pour sauver leur vie. À la fin de la catastrophe, on a dénombré quatre morts et les deux villages étaient détruits.

En 2023, un autre glissement de terrain a déclenché un tsunami qui a déferlé pendant neuf jours dans un fjord du Groenland.
Il n’existe aucun réseau routier digne de ce nom au Groenland. Le seul moyen envisageable de transporter du matériel lourd, des minéraux et des combustibles fossiles sera la voie maritime. Les quais, les mines et les bâtiments situés à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer seront vulnérables aux tsunamis provoqués par les glissements de terrain.
Le réchauffement climatique accélère la fonte des glaces du Groenland. Cette fonte menace les infrastructures de l’île et le mode de vie des populations autochtones, qui, au fil des millénaires, ont adapté leurs systèmes de transport et d’alimentation à la présence de neige et de glace. Des inondations record, alimentées par la fonte de la calotte glaciaire, ont récemment emporté des ponts qui existaient depuis un demi-siècle. Les icebergs du Groenland menacent les plateformes pétrolières. Le réchauffement climatique accélère la marche en avant des glaciers groenlandais, provoquant le vêlage d’un nombre croissant d’icebergs dans l’océan. Certains dérivent vers le Canada, mettant en danger les plateformes pétrolières canadiennes. Des navires sont en faction, prêts à remorquer les icebergs menaçants.
La fonte des glaces du Groenland et l’écoulement de l’eau dans l’océan entraînent une modification du niveau de la mer, parfois contre-intuitif. Au large de l’île, le niveau de la mer s’élève d’environ 2,5 centimètres tous les six ans. Mais près de la calotte glaciaire, c’est la terre ferme qui s’élève. Libérée du poids de la glace, le substrat rocheux sous le Groenland subit un rebond isostatique, un phénomène déjà observé en Islande. Cette élévation du sol est rapide, près de 2 mètres par siècle. Bientôt, de nombreux ports du Groenland pourraient devenir trop peu profonds pour accueillir des navires.

L’histoire montre que par le passé de nombreuses entreprises militaires au Groenland ont échoué faute d’avoir tenu compte du climat rigoureux et de la dynamique de la calotte glaciaire. Les bases américaines construites à l’intérieur de la calotte glaciaire, comme Camp Century, ont rapidement été détruites par la déformation de la neige qui les enveloppait. Les exigences actuelles de Trump, qui souhaite que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland pour exploiter ses ressources, pourraient, elles aussi, s’avérer une vision à court terme.
Source : The Conversation.

Entrée de Camp Century (Crédit photo: Wikipedia)

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Donald Trump has always talked about taking over Greenland. He has insisted that the U.S. will control the island, currently an autonomous territory of Denmark, and that if his overtures are rejected he will perhaps seize Greenland by force, or, as Secretary of State Marco Rubio reportedly suggested to members of Congress on January 6, 2026, buy the island.

During a Congress hearing in 2025, there was a lot of talk about Greenland’s importance to the U.S. Senators and experts focused on the island’s strategic value and its natural resources: critical minerals, fossil fuels and hydropower. No one mentioned the hazards, many of them exacerbated by global warming, that those longing to exploit the island will inevitably encounter. They should remember that the Arctic’s climate is changing more rapidly than anywhere on Earth. During World War II, dozens of U.S. military pilots, disoriented by thick fog and running out of fuel, crashed onto the ice sheet. Now amplified by climate change, natural hazards make resource extraction and military endeavors in Greenland uncertain, expensive and potentially deadly.

Greenland’s coastal landscape is prone to rockslides. The hazard arises because the coast is where people live and where rock isn’t hidden under the ice sheet. In some places, that rock contains critical minerals, such as gold, as well as other rare metals used for technology, including for circuit boards and electrical vehicle batteries. The unstable slopes reflect how the ice sheet eroded the deep fjords when it was larger. Now that the ice has melted, nothing buttresses the near-vertical valley walls, and so, they collapse. In 2017, a northwestern Greenland mountainside fell 900 meters into the deep waters of the fjord below. Moments later, the wave that rockfall generated a tsunami that washed over the nearby villages of Nuugaatsiaq and Illorsuit. The water, laden with icebergs and sea ice, ripped homes from their foundations as people and sled dogs ran for their lives. By the time it was over, four people were dead and both villages lay in ruin. In 2023, another rockslide triggered a tsunami that sloshed back and forth for nine days in a Greenland fjord.

There’s no network of paved roads across Greenland. The only feasible way to move heavy equipment, minerals and fossil fuels would be by sea. Docks, mines and buildings within tens of meters of sea level would be vulnerable to rockslide-induced tsunamis.

Global warming is speeding the melting of Greenland’s ice. That melting is threatening the island’s infrastructure and the lifestyles of native people, who over millennia have adapted their transportation and food systems to the presence of snow and ice. Record floods, fed by the melting of the ice sheet, have recently swept away bridges that stood for half a century.

Greenland’s icebergs can threaten oil rigs. As the warming climate speeds the flow of Greenland’s glaciers, they calve more icebergs in the ocean. The problem is worse close to Greenland, but some icebergs drift toward Canada, endangering oil rigs there. Ships stand guard, ready to tow threatening icebergs away.

As Greenland’s ice melts and water flows into the ocean, sea level changes, but in ways that might not be intuitive. Away from the island, sea level is rising about 2.5 centimeters each six years. But close to the ice sheet, it’s the land that’s rising. Gradually freed of the weight of its ice, the rock beneath Greenland , rebounds in a phenomenon called isostatic rebound, already observed in Iceland. That rise is rapid – nearly 2 meters per century. Soon, many harbors in Greenland may become too shallow for ship traffic.

History clearly shows that many past military and colonial endeavors failed in Greenland because they showed little consideration of the island’s harsh climate and dynamic ice sheet. American bases built inside the ice sheet, such as Camp Century, were quickly crushed as the encasing snow deformed. Trump’s demands today for American control of the island to exploit its resources might similarly be shortsighted.

Source : The Conversation.

https://theconversation.com

Le Groenland et les nouvelles voies de navigation // Greenland and new shipping lanes

La volonté du président Trump de contrôler (voire d’annexer) le Groenland repose sur trois motivations principales :

1) des raisons stratégiques et sécuritaires liées à la situation géographique de l’île. Elles apparaissent clairement si l’on regarde une carte de l’Arctique. Par ailleurs, la Chine et la Russie s’intéressent également au Groenland, et Donald Trump n’a aucune envie de se faire devancer et qu’elles s’emparent de l’île.

2) la richesse du sous-sol en pétrole, gaz naturel, minéraux et terres rares, souvent enfouis sous la calotte glaciaire, constitue un autre facteur., même si certaines de ces ressources semblent très difficiles à extraire.
3) Enfin, la fonte des glaces dans l’océan Arctique ouvrira de nouvelles voies de navigation. Les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest acquerront une importance inédite. Ils permettront aux transporteurs maritimes d’économiser des millions de dollars de carburant en empruntant un itinéraire beaucoup plus court entre l’Europe et l’Asie. Les routes nordiques étaient jusqu’à présent praticables uniquement durant la saison chaude. Un navire commercial russe, escorté par un brise-glace, a été le premier à les emprunter en hiver, en février 2021, prouvant ainsi leur faisabilité (voir ma note du 1er mars 2021). Depuis, de nombreux navires russes et chinois ont emprunté ces routes à plusieurs reprises. L’autre solution pour acheminer des marchandises depuis les ports russes ou les pôles industriels d’Asie de l’Est consiste à passer par le sud. Cette route, via le canal de Suez, est plus longue d’environ 5 000 kilomètres.

Selon l’Institut arctique, comparée au trajet par le canal de Suez, la route maritime du Nord permettrait aux transporteurs maritimes de réaliser jusqu’à 50 % d’économies – carburant et autres dépenses compris – en réduisant par exemple la distance entre le Japon et l’Europe à une dizaine de jours seulement, contre environ 22 jours aujourd’hui. Une analyse de 2024 du Middlebury Institute of International Studies indiquait également que la route du Nord permettrait de gagner une dizaine de jours sur un trajet similaire entre Shanghai (Chine) et Rotterdam (Pays-Bas).
Avec le réchauffement continu de l’océan Arctique et la réduction de la banquise en hiver, le trafic maritime par le nord devrait augmenter considérablement. Le contrôle de ce passage et de la longue côte groenlandaise qu’il longe revêtira donc une grande importance.

En 2022, la NOAA a publié des graphiques montrant les nouvelles routes maritimes qui deviendront accessibles aux pétroliers autour du Groenland au cours des prochaines décennies. Les modélisations de la NOAA montrent une augmentation considérable du nombre de trajets possibles, tant pour les navires polaires prévus pour naviguer à travers la banquise que pour les navires classiques qui ne sont pas équipés pour affronter la glace. La NOAA prévoit même que d’ici 2059, avec la réduction prévue de la glace de mer, il sera probablement possible pour un navire polaire d’emprunter la route la plus directe, en passant directement par le pôle Nord.

Les graphiques publiés par la NOAA en 2022 montrent les routes maritimes à travers l’Arctique qui devraient devenir accessibles aux navires classiques (en bleu) et aux navires polaires (en rouge) autour du Groenland au cours des prochaines décennies. (Source : NOAA)

Source : CBS News via Yahoo News.

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President Trump’s desire to control (or even annex) Greenland has three motivations :

1) There are strategic and security reasons due to the geographical situation of the island. They are easy to understand when you look at a map of the Arctic. Besides China and Russia are also interested in Greenland and Mr. Trump would not like them to take it over instead.

2) Another reason is the wealth of oil, natural gas, minerals and rare earths that are hidden in the ground, very often beneath the ice cap. Some of them will be very difficult to extract.

3) At last, the melting of the ice in the Arctic Ocean will open new shipping lanes. The North-East and North-West passages will take an importance they did not have until now. They will allow shippers to save millions of dollars in fuel by taking a much shorter route between Europe and Asia.  Northern routes were long only passable in warmer months. A Russian commercial vessel, aided by an icebreaker, first traversed the route in the winter in February 2021, proving it was possible (see my post of March 1st, 2021). Since then more Russian and Chinese vessels have sailed the northern routes repeatedly.

The alternative way to get goods from ports in Russia or the manufacturing powerhouses of East Asia is to go south. But that course, through Egypt’s Suez Canal, is about 5,000 kilometers longer.

According to the Arctic Institute, compared to the Suez Canal route, the Northern Sea Route can save shippers as much as 50% in costs, considering fuel and other expenses, by reducing the distance from Japan to Europe, for instance, to only about 10 days compared to the roughly 22 today. A 2024 analysis by the Middlebury Institute of International Studies also said the northern route would shave about 10 days of a similar journey from Shanghai, China, to Rotterdam in the Netherlands.

As sea temperatures continue warming and winter ice cover shrinks, shipping traffic via the north is likely to increase, so control over that passage and the long Greenlandic coastline that it skirts will be of greater importance.

The NOAA shared graphs in 2022 predicting the new routes that would become available to regular tankers around Greenland over the coming decades. NOAA’s modeling shows a dramatic increase in viable journeys for both polar-class vessels fortified to forge through sea ice, and normal open water-faring ships. The agency even predicts that by 2059, it will likely be possible for a polar-class vessel to sail the most direct route, right across the North Pole, as the formation of sea ice reduces further.

Source : CBS News via Yahoo News.

Plus d’exceptions à la fonte des glaciers // No more exceptions to glacial melt

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril : les effets du réchauffement climatique », j’explique que la plupart des glaciers fondent à une vitesse alarmante à travers le monde, à l’exception de deux d’entre eux : le mont Shasta en Californie et le Perito Moreno en Argentine, qui ont fait preuve d’une certaine résilience jusqu’à présent. Or, il semble aujourd’hui que ces deux glaciers ne soient plus des exceptions et fondent au même rythme que leurs homologues.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change estime que nous perdons environ 1 000 glaciers par an, un chiffre qui risque d’augmenter d’ici le milieu du siècle. Avec la mort de chaque glacier, ce sont des écosystèmes vulnérables qui disparaissent également.
Si cette disparition constante des glaciers constitue une tendance préoccupante à l’échelle de la planète, il existe une région du monde où, pendant des décennies, cette déglaciation a semblé s’inverser. La calotte glaciaire de Kon-Chukurbashi, située en haute altitude dans les monts Pamir, principalement au Tadjikistan, en Asie centrale, culmine à 5 810 mètres d’altitude. Alors que le reste des glaciers du monde fondaient et disparaissaient, cette calotte glaciaire progressait, et les scientifiques cherchent à comprendre la cause de cette résilience surprenante.
Début 2025, une équipe internationale de scientifiques s’est rendue sur la calotte glaciaire de Kon-Chukurbashi pour y prélever deux carottes de glace d’au moins 100 mètres de long. La première carotte a été transportée jusqu’en Antarctique à la Fondation pour la Mémoire de la Glace (Ice Memory Foundation). La seconde a été acheminée à l’Institut des Sciences des Basses Températures de l’Université d’Hokkaido à Sapporo (Japon), où des chercheurs ont tenté de comprendre cette anomalie.
La mission prévoyait initialement de prélever des échantillons du célèbre glacier Vanch-Yakh, anciennement connu sous le nom de glacier Fedchenko, qui est le plus long glacier en dehors des régions polaires, mais l’accès à la zone par hélicoptère s’est avéré trop difficile.

Malgré tout, le glacier Kon-Chukurbashi est loin d’être négligeable, car ses innombrables couches de poussière recèlent jusqu’à 30 000 ans d’informations sur les conditions atmosphériques, les chutes de neige et les températures du passé dans l’une des chaînes de montagnes les moins étudiées au monde.
Malheureusement, les données qui pourront être extraites de ces échantillons risquent d’arriver trop tard pour de nombreux glaciers, notamment ceux du Pamir. Début 2025, une étude menée par des scientifiques de l’Institut des sciences et technologies d’Autriche a révélé que la diminution récente des chutes de neige dans le Pamir compromet sa résilience légendaire. Les chercheurs ont même écrit: « Quelle que soit la méthode d’analyse du modèle, nous avons constaté un point de basculement important au plus tard en 2018 », en référence au glacier Kyzylsu, un autre glacier du Pamir.
Cela montre que même le dernier refuge des glaciers ne peut résister au réchauffement climatique d’origine anthropique.
Source : Popular Mechanics.

 Source : Wikipedia

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In my conference « Glaciers at risk, the effects of global warming », I explain that most glaciers are melting at an incredible speed around the world, but there were two exceptions : Mount Shasta in California and Perito Moreno in Argentina that showed some resilience. However, it seems today that both are no longer exceptions and are malting just like their counterparts.

A new study published in the journal Nature Climate Change estimates that we are losing roughly 1,000 glaciers a year, a number that is likely to increase as we reach mid-century. With each glacier lost, vulnerable ecosystems are disappearing too,

While this steady disappearance of glaciers is an overwhelming global trend, there is at least one part of the world where, for decades, this inevitable deglaciation appeared to be in reverse. The Kon-Chukurbashi high-altitude ice cap in the Pamir Mountains, located primarily in the central Asian country of Tajikistan, rests at 5,810 meters. While the rest of the world’s glaciers are melting and disappearing, this ice cap actually has been growing in size, and scientists want to understand this unexpected resilience.

Earlier this year, an international team of scientists traveled to the ice cap to secure two ice core samples measuring at least 100 meters in length. The first core traveled to an underground sanctuary in Antarctica called the Ice Memory Foundation. The other core traveled to the Institute of Low Temperature Science at Hokkaido University in Sapporo where researchers tried to understand this particular ice cap’s anomaly.

This mission originally planned to extract samples from the famous Vanch-Yakh Glacier, previously known as the Fedchenko Glacier, which was the longest glacier that survived outside of the world’s polar regions, but the mission proved too difficult for helicopters to access the area.

However, the Kon-Chukurbashi is by no means second-rate, as the untold layers of compacted dust will tell scientists up to 30,000 years of information regarding past atmospheric conditions, snowfall, and temperature for one of the least-studied mountain ranges in the world.

Sadly, whatever data can be derived from the samples may come too late for many glaciers, including the Pamir region itself. Earlier this year, a study led by scientists at the Institute of Science and Technology Austria revealed that recent snowfall decrease in the Pamir region is undermining its storied resiliency, even stating that “whichever way we analyzed the model, we saw an important tipping point in 2018 at the latest,” in reference to the Kyzylsu Glacier, another glacier in the Pamir Mountains.

It turns out even the world’s last refuge for glaciers can’t withstand the rapid warming driven by anthropogenic global warming..

Source :Popular Mechanics.