De la laine pour les glaciers suisses

Concentrations de CO2 : 425,13 ppm (5 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans les Alpes, la glace et la neige fondent plus vite que jamais, avec des conséquences désastreuses pour le tourisme et l’économie de toute une région. Pour essayer de freiner la fonte de la glace, j’ai expliqué comment des bâches ont été installées à l’entrée des grottes creusées dans la Mer de Glace (France) et le glacier du Rhône (Suisse) afin de permettre aux visiteurs de pénétrer à l’intérieur d’un glacier. Cependant, cette solution n’est pas viable sur le long terme et, tôt ou tard, les grottes glaciaires seront fermées au public.

Photos: C. Grandpey

De la même manière, d’autres bâches ont été installées à la surface de plusieurs glaciers pour ralentir leur fonte et permettre aux skieurs de pratiquer leur sport.
Depuis des années, des bâches synthétiques sont déployées en été sur les zones de glace et de neige afin de réfléchir la lumière du soleil et de réduire l’absorption de chaleur. Dans une note publiée en juillet 2022, j’expliquais qu’au glacier de Presena, dans le nord de l’Italie, entre le Trentin-Haut-Adige et la Lombardie, quelque 120 000 mètres carrés de bâches blanches avaient été installés pour ralentir la fonte de la glace. Depuis 1993, ce glacier avait en effet perdu plus d’un tiers de son volume. Déployées à plus de 2 700 mètres d’altitude, les bâches sont façonnées à l’aide d’une toile géotextile qui réfléchit la lumière (voir ma note sur l’albédo).

Crédit photo: presse italienne

Cette technologie permet de maintenir une température inférieure à la température ambiante et contribue ainsi à la préservation de la neige. Le projet a débuté en 2008, avec près de 30 000 m² de bâches installées sur la neige.
Le problème est que ces bâches sont généralement en plastique et peuvent libérer des microfibres qui contribuent à la pollution de notre planète. Pour résoudre ce problème, l’organisation environnementale Summit Foundation et l’Université de Lausanne ont imaginé le projet « Keep It Wool », qui utilise la laine à la place du plastique pour ralentir la fonte du glacier de Tsanfleuron dans le massif des Diablerets, en Suisse romande.

Crédit photo: Université de Lausanne

 La chaleur record de 2026 a provoqué la fonte de la neige qui s’était accumulée sur les glaciers pendant l’hiver plusieurs semaines plus tôt que d’habitude. Cette situation a entraîné une accélération de la fonte, responsable de l’aggravation des glissements de terrain, comme celui qui a dévasté le village de Blatten (Suisse) en 2025 et déclenché les inondations catastrophiques au Népal.
Les chercheurs suisses souhaitent mettre au point une alternative biodégradable tout en profitant de la laine suisse dont 40 à 70 % sont jetés chaque année. Ce sont quatre étudiants de ‘Université de Lausanne qui ont eu cette idée et se sont attelés à sa mise en œuvre. En juin 2026, deux prototypes de couvertures en laine, fabriqués par l’entreprise suisse Fisolan, ont été installés sur 200 mètres carrés du glacier de Tsanfleuron.

Durant tout l’été, des chercheurs ont comparé les performances de cette nouvelle texture à celles d’une couverture géotextile classique. Les premiers résultats ont dépassé les attentes. Les mesures effectuées toutes les deux semaines ont montré que les couvertures en laine limitaient la fonte autant que les couvertures synthétiques.
Malgré tout, quelles que soient leurs performances, ces couvertures en laine ne constituent pas une solution au réchauffement climatique, qui doit être combattu à la source par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Source : Médias suisses.

Une année catastrophique pour les glaciers suisses // A disastrous year for Swiss glaciers

Concentrations de CO2 : 425,14 ppm (3 octobre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Une nouvelle étude publiée le 1er octobre 2026 nous apprend que les glaciers suisses ont connu leur deuxième pire bilan annuel après 2022, portant à près de 20% la perte de leur volume en cinq ans. Selon les données du Réseau des relevés glaciologiques suisse (Glamos), les glaciers helvètes ont encore perdu 5,5% de leur volume en 2026 après avoir connu l’été le plus chaud jamais enregistré et un hiver pauvre en neige.

Entre 2022 et 2026, les glaciers suisses ont fondu à un rythme plus de deux fois supérieur à celui observé lors de toute autre période de cinq ans jusqu’ici, avec une perte de près de 20% de leur volume depuis 2021.

La fonte ne fait que s’accélérer : 10% du volume de glace ont disparu dans les années 1990, contre 27% au cours de la décennie 2016-2026, selon des mesures réalisées sur une vingtaine de glaciers.

Les mois de juin à août 2026 ont été les plus chauds jamais enregistrés en Suisse depuis le début des mesures en 1864. Ils ont détrôné l’été caniculaire de 2003, qui détenait jusqu’alors le record.

Dans les montagnes, le constat est alarmant. La neige qui protège les glaciers avait déjà fondu en partie en juin et avait totalement disparu en septembre, même à 3500 mètres d’altitude. Dans de telles conditions, les glaciers alpins n’ont aucune chance de survie à long terme. L’épaisseur moyenne de glace de certains glaciers a diminué de 2,50 à 4 mètres et sur les langues glaciaires, elle s’est parfois contractée de jusqu’à 10 mètres durant l’été 2026.

Bien que les températures aient été plus élevées cette année, les pertes de 2022 n’ont pas tout à fait été atteintes, car de nombreux glaciers étaient recouverts d’un peu plus de neige qu’il y a quatre ans.

De plus, moins de poussière du Sahara s’est déposée sur la neige cette année. La lumière solaire a donc été mieux réfléchie, au lieu d’être absorbée par la neige.

Quatre grands glaciers ont toutefois connu cette année une fonte plus importante que jamais, dont celui du Rhône, l’un des plus emblématiques, ainsi que celui d’Aletsch, le plus grand des Alpes qui vient de connaître sa plus forte fonte de tous les temps, tout comme le glacier de Tsanfleuron dans le massif des Diablerets qui a perdu, en moyenne, plus de 4 mètres d’épaisseur.

Je ne cesse de mettre en garde sur un problème qui menace très sérieusement nos sociétés : Au fur et à mesure que les glaciers reculent, va se poser la question de la disponibilité des ressources en eau. Entre juillet et septembre, les glaciers ont perdu au total environ 2.200 milliards de litres d’eau. Cela correspond à plus de quatre fois la consommation annuelle d’eau douce des ménages suisses. Des chiffres qui devraient faire réfléchir !

Source : presse internationale.

Vue du glacier d’Aletsch (photo: C. Grandpey)

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A new study published on October 1, 2026, reveals that Swiss glaciers experienced their second-worst annual loss on record – surpassed only by 2022 – bringing their total volume loss over five years to nearly 20%. According to data from the Swiss Glacier Monitoring Network (Glamos), Swiss glaciers lost another 5.5% of their volume in 2026 following the hottest summer ever recorded and a winter with low snowfall.
Between 2022 and 2026, Swiss glaciers melted at a rate more than double that observed during any other five-year period to date, losing nearly 20% of their volume since 2021.
The melting is only accelerating: 10% of ice volume was lost in the 1990s, compared to 27% during the 2016–2026 decade, based on measurements taken at around twenty glaciers.
The months of June through August 2026 were the hottest ever recorded in Switzerland since measurements began in 1864. They surpassed the record previously held by the scorching summer of 2003.
The situation in the mountains is alarming. The snow that protects the glaciers had already partially melted by June and had completely disappeared by September, even at an altitude of 3,500 meters. Under such conditions, Alpine glaciers have no chance of long-term survival. The average ice thickness of certain glaciers decreased by 2.50 to 4 meters, and on glacier tongues, it shrank by up to 10 meters during the summer of 2026.
Although temperatures were higher this year, the losses seen in 2022 were not quite matched, as many glaciers were covered by slightly more snow than four years ago.
Furthermore, less Sahara dust settled on the snow this year. Consequently, sunlight was reflected more effectively rather than being absorbed by the snow.
However, four major glaciers experienced record melting this year, including the Rhône Glacier, one of the most iconic, and the Aletsch Glacier, the largest in the Alps, which has just undergone its most severe melting on record. The Tsanfleuron Glacier in the Diablerets massif also saw a loss of more than 4 meters in average thickness.
I constantly warn about a problem that poses a serious threat to our societies: as glaciers retreat, the question of water resource availability will arise. Between July and September, the glaciers lost a total of approximately 2.2 trillion liters of water. This is equivalent to more than four times the annual freshwater consumption of Swiss households. These figures should give us pause for thought!
Source: international press.

La disparition des glaciers de Papouasie-Nouvelle-Guinée // The disappearance of the glaciers of Papua New Guinea

La fonte des glaciers touche la planète entière, quelle que soit la latitude, qu’il s’agisse des régions polaires, des zones tropicales ou de l’équateur. J’ai consacré plusieurs notes (février 2021, octobre 2023, avril 2024) à la disparition des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ainsi, le parc national de Lorentz abritait le dernier glacier tropical de la région. Certains le surnomment le « glacier de l’Éternité », mais il risque de ne plus exister bien longtemps.
Le sommet du Puncak Jaya (4 884 m), également appelé Pyramide Carstensz, est dépourvu de glace, mais il est entouré de plusieurs masses glaciaires ; celles-ci constituaient autrefois une vaste calotte glaciaire formée il y a 5 000 ans. Une calotte glaciaire antérieure a également existé dans la région, il y a entre 15 000 et 7 000 ans.

 Vue de la Pyramide Carstenz (Crédit photo : Alfindra Primaldhi / Wikipédia)

Les sommets de cette région indonésienne ont fourni aux scientifiques une multitude d’informations sur l’histoire climatique de la Terre. Ils constituent également le cœur de l’univers spirituel de nombreux Papous. Pourtant, la neige a aujourd’hui presque entièrement disparu.
Il y a un siècle, la chaîne Sudirman, qui s’étend sur 300 kilomètres, était recouverte de neige et de glace permanente sur ses quatre sommets principaux. Aujourd’hui, il ne subsiste que de petites zones autour du Puncak Jaya. Ces dernières devraient disparaître totalement d’ici un an ou deux.
La couverture glaciaire entourant le sommet est passée de près de 1 900 hectares au 19ème siècle à environ 16 hectares aujourd’hui. Des glaciers entiers ont pratiquement disparu à l’échelle d’une vie humaine.

 Derniers glaciers de Puncak Jaya en 2010 (Crédit photo : Robert Cassady)

Restes de glace sur la Puncak Jaya en 2023 (Crédit photo : BMKG)

Les carottes de glace prélevées sur les pentes du Puncak Jaya conservent la mémoire de l’histoire climatique. Les scientifiques peuvent les utiliser pour recueillir des données sur les conditions atmosphériques de la région et comprendre l’évolution des eaux océaniques les plus chaudes de la planète, qui entourent l’île. Toutefois, ces archives sont en train de disparaître avant même que les chercheurs n’aient eu le temps de les étudier complètement.
Le recul des glaciers de Papouasie est provoqué par les mêmes phénomènes qui affectent ceux du monde entier. Le responsable est le réchauffement de l’atmosphère dû aux activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles. À mesure que les températures augmentent, l’altitude du point de congélation remonte le long des versants des montagnes ; en conséquence, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie que de neige, y compris dans des zones qui connaissaient autrefois des chutes de neige régulières.

Crédit photo : Universitas Gadjah Mada

Les épisodes El Niño peuvent accélérer ce processus, tandis que des facteurs locaux tels que la couverture nuageuse, les chutes de neige et le relief en influencent le rythme.
Les montagnes de Papouasie se situent à seulement 450 km au sud de l’équateur ; à cette latitude, les glaces permanentes ne peuvent subsister qu’à très haute altitude et dans des conditions climatiques très spécifiques. Une légère hausse des températures, une remontée du point de congélation ou le remplacement de la neige par la pluie font la différence entre la survie et la disparition d’un glacier.
Au moins cinq groupes autochtones entretiennent depuis des générations des liens spirituels étroits avec le Puncak Jaya. Le peuple Moni le nomme « Mbainggela » et croit que ses ancêtres veillent sur la montagne. Pour le peuple Amungme, ce massif est connu sous le nom de « Nemangkawi », ou la « Flèche blanche ». Selon les croyances traditionnelles Amungme, le Nemangkawi incarne un modèle de vie pour les êtres humains.
Pour de nombreux Papous autochtones, la disparition du glacier ne constitue pas un événement isolé. La découverte d’immenses gisements de cuivre et d’or a transformé la région au cours du 20ème siècle, et le développement de projets industriels extractifs a remodelé une partie du paysage. Des versants entiers ont été excavés, tandis que des routes, des infrastructures industrielles et des zones d’habitation ont métamorphosé les vallées environnantes. Si les Papous reconnaissent que ce développement a apporté emplois, routes, éducation et opportunités économiques, ils soulignent également la dégradation de l’environnement et des décennies de conflits sociaux qui en ont découlé. Certains ont perdu l’accès à leurs terres ancestrales à mesure que l’activité minière s’étendait.
Alors que les communautés locales voient leurs paysages sacrés se transformer, les scientifiques se livrent à une course contre la montre pour documenter ce qu’il en reste. À l’aide de drones et de techniques de cartographie en trois dimensions, une équipe scientifique danoise a élaboré un modèle détaillé des vestiges glaciaires. Entre le début des années 2000 et 2025, la surface couverte par les glaces a reculé de 95 %. Les chercheurs s’accordent tous à dire que les glaciers constituent des indicateurs « incroyablement puissants » du réchauffement climatique.
Source : BBC News.

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The entire planet is affected by the melting of glaciers, whatever the latitude, whether in the polar regions, in the tropics or under the equator. I have written several posts (February 2021, October 2023, April 2024) about the disapperance of glaciers in Papua New Guinea. Thus, Lorentz National Park was home to the region’s last tropical glacier. Some call it the Eternity Glacier, but it might not be there for much longer.

Puncak Jaya (4884 m), also called Carstenz Pyramid, does not have ice on the peak, but around it there are several ice masses, that used to be one large icecap that developed 5,000 years ago. At least one previous icecap also existed in the region between 15,000 and 7,000 years ago.

The peaks in this Indonesian region have offered scientists countless insights into the Earth’s climate history. They are also the epicentre of the spiritual universe for many Papuans. But now, nearly all the snow is gone.

A century ago, the 300-km stretch of the Sudirman Range had snow and permanent ice on all four of its major peaks. But now there are only small areas around Puncak Jaya. These are expected to entirely disappear in a year or two.

Glacier cover around the peak has shrunk from nearly 1,900 hectares in the 19th century to about 16 hectares today. Almost entire glaciers have vanished within a human lifetime.

Ice cores taken from the slopes of Puncak Jaya preserve a record of climate history. Scientists can use them to obtain information about atmospheric conditions in the region and understand changes in the planet’s warmest ocean waters that surround the island. But this archive is disappearing before scientists have had time to fully study it.

The retreat of Papua’s glaciers is driven by the same forces affecting ice around the world, a warming atmosphere caused by human activity, including the burning of fossil fuels. As temperatures rise, the freezing point moves higher up mountains, so more precipitation falls as rain instead of snow, even in places that once saw regular snowfall.

El Niño events can accelerate this process, while local factors such as cloud cover, snowfall and mountain topography influence its pace.

The mountains in Papua are just 450km south of the equator, where permanent ice can survive only at very high altitudes and within a narrow range of climatic conditions. A small increase in temperature, a higher freezing point or shift from snowfall to rainfall can determine whether a glacier survives.

At least five groups of Indigenous people have had strong spiritual ties to Puncak Jaya for generations. The Moni people refer to it as Mbainggela, and believe their ancestors watch over the mountain. To the Amungme people, the range is known as Nemangkawi, or the « White Arrow ». According to traditional Amungme beliefs, Nemangkawi symbolises how people should live.

For many Indigenous Papuans, the disappearance of the glacier is not an isolated event. The discovery of vast copper and gold deposits transformed the region during the 20th century, and the development of extractive industrial projects have reshaped parts of the landscape. Entire mountain faces have been excavated and roads, industrial infrastructure and settlements have transformed surrounding valleys. Papuans say the development has brought jobs, roads, education and economic opportunities, but also environmental degradation and decades of social conflict. Some have lost access to their ancestral lands as mining expanded.

As local communities watch their sacred landscapes change, scientists and explorers are racing to document what is left. Using drones and three-dimensional mapping techniques, a Danish scientific team has created a detailed model of what remains. From the early 2000s to 2025, the glaciated area has receded by 95%. The researchers all agree that glaciers are « incredibly powerful » as indicators of climate change.

Source : BBC News.

Le méthane du Svalbard (suite) // Svalbard methane (continued)

Concentrations de CO2 : 425,03 ppm (22 septembre 2026)              

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Dans une note publiée le 6 janvier 2024, j’expliquais que les missions scientifiques effectuant des forages dans le sol gelé du Svalbard, à la recherche de combustibles fossiles, rencontraient souvent par accident des poches de gaz naturel, mais l’ampleur de ces réserves reste inconnue. Les auteurs d’une étude publiée en décembre 2023 dans la revue Frontiers in Earth Science ont utilisé des données historiques issues de forages commerciaux et scientifiques pour cartographier le pergélisol de l’archipel et localiser ces gisements de gaz naturel. Vous trouverez ma publication à cette adresse :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans Nature Communications révèle que la fonte des glaciers de l’archipel du Svalbard libère du méthane emprisonné depuis longtemps. Les auteurs démontrent que les cours d’eau issus de la fonte des glaciers libèrent du méthane auparavant piégé dans la roche sous-jacente. La fonte glaciaire peut faire apparaître et activer des voies jusqu’alors dissimulées, permettant à ce puissant gaz à effet de serre de s’échapper dans l’atmosphère. L’étude met en évidence une boucle de rétroaction : les émissions de gaz à effet de serre ont contribué à la fonte des glaciers, et cette fonte est susceptible d’accentuer la hausse des températures en libérant ce gaz.
Les scientifiques ont examiné 19 cours d’eau alimentés par des glaciers au Svalbard et ont prélevé 148 échantillons d’eau. Du méthane était présent dans tous les cours d’eau analysés ; certaines mesures révèlent des concentrations jusqu’à 425 fois supérieures à ce que le seul contact avec l’atmosphère aurait pu expliquer.
Les chercheurs ont déterminé que la majeure partie de ce méthane n’était pas produite par des microbes sous la glace, phénomène observé sous certains glaciers du Groenland. Une grande partie du gaz semble plutôt liée à la géologie du Svalbard, notamment à des couches de schiste riches en carbone organique ancien, capables de générer du méthane sur des millions d’années.
Le processus de libération de ce méthane semble s’amorcer lorsque l’eau de fonte de surface s’écoule par des ouvertures dans la glace jusqu’au soubassement du glacier. Comme indiqué plus haut, cette eau de fonte rejoint la base des glaciers en empruntant des crevasses et des orifices. Cela signifie qu’elle interagit avec les roches sous-jacentes ; lorsque ces roches contiennent du gaz ancien, l’eau peut entraîner le méthane vers les rivières.

Les eaux de rivière les plus riches en méthane proviennent de glaciers situés au-dessus de formations rocheuses riches en schiste, mais la nature du substrat rocheux ne suffit pas à expliquer le phénomène. L’état de la base du glacier joue également un rôle crucial. Les bases actives, humides et dégelées sont bien plus efficaces pour capter le méthane que les glaciers gelés en contact avec sol sous-jacent. Les rejets de méthane les plus importants se produisent lorsque la configuration géologique et les conditions glaciaires sont réunies de manière optimale.
Pour étudier ce processus au Svalbard, les chercheurs ont associé des analyses chimiques des eaux fluviales avec des relevés par géoradar ; ces derniers ont permis de déterminer l’état de la glace et d’estimer quelle proportion de la base de chaque glacier était suffisamment dégelée pour permettre la circulation de l’eau. Les chercheurs ont estimé que les glaciers du Svalbard se terminant sur terre peuvent transporter chaque année entre 182 et 368 tonnes de méthane via les eaux de fonte.
Ces résultats pourront aider les scientifiques à élaborer des modèles climatiques plus précis et à identifier les régions les plus vulnérables face aux transformations des environnements gelés induites par le réchauffement climatique. En effet, ce qui se passe au Svalbard s’inscrit dans un phénomène plus vaste touchant les régions polaires, où la fonte des glaces révèle diverses menaces climatiques. Ainsi, près du fleuve Mackenzie au Canada, les émissions de carbone s’intensifient à mesure que les eaux de ruissellement issues du pergélisol se déversent dans l’océan Arctique. Dans l’Arctique, d’anciens agents pathogènes refont surface au moment où le dégel des sols met à nu de la matière biologique ancienne. Sur les plateformes de glace de l’Antarctique, des algues assombrissent la surface et accentuent la fonte. Ces exemples illustrent l’importance des recherches sur les fuites de méthane liées à la fonte des glaciers. Les enjeux dépassent largement le cadre d’un seul archipel. À mesure que la glace recule et que le dégel pénètre plus profondément dans le sol, des problèmes autrefois invisibles peuvent se transformer en menaces climatiques d’ampleur mondiale.
Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.

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In a post released on January 6, 2024, I explained that missions that involve drilling into the frozen soil of Svalbard, in search of fossil fuels, often hit pockets of natural gas by accident, but the extent of these reserves was unknown. The authors of a study published in December 2023 in the journal Frontiers in Earth Science used historical data from commercial and scientific boreholes to map the permafrost throughout Svalbard and pinpoint these stores of natural gas. My post can be fou,d at this address :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/06/le-methane-du-svalbard-un-autre-danger-pour-la-planete-svalbard-methane-another-danger-for-the-planet/

A new study published in September 2026 in Nature Communications informs us that melting glaciers in the Svalbard archipelago are releasing long-trapped methane. Its authors show that rivers of meltwater flowing from the shrinking glaciers are releasing methane previously trapped in the bedrock beneath the ice. Glacier melt can uncover and activate once-concealed routes that let this potent greenhouse gas reach the atmosphere. The work points to a feedback loop, since greenhouse gas emissions have contributed to glacier melting and now glacier melting could contribute further to rising temperatures by releasing the gas.

Scientists described examining 19 glacier-fed rivers in Svalbard to collect 148 water samples. Methane was present in every river they tested, and some readings showed levels up to 425 times higher than could be explained by contact with the atmosphere alone.

The researchers determined that most of this methane was not being generated by microbes under the ice, a phenomenon observed beneath some Greenland glaciers. Instead, much of the gas appears to be associated with Svalbard’s geology, particularly shale layers rich in ancient organic carbon that can generate methane over millions of years.

The process by which this methane is being released seems to begin when surface meltwater drops through openings in the ice down to the glacier bed. This meltwater finds its way to the bottom of the glaciers through crevasses and holes. This means that it interacts with the rocks underneath, and where those rocks contain ancient gas, the water can flush methane out into rivers.

The methane-richest river water came from glaciers positioned above shale-heavy rock formations, but the bedrock itself did not tell the whole story. The state of the glacier bed was also important. Thawed, wet, active beds are much better at taking up methane than glaciers that were frozen solid to the ground beneath them. The biggest methane releases happen where the right rocks and the right glacier conditions come together.

To investigate the process in Norway, the researchers paired river-chemistry measurements with ground-penetrating radar surveys that revealed ice conditions and helped estimate how much of each glacier bed was thawed enough to carry water. The researchers estimated that land-terminating glaciers across Svalbard may move roughly182 to 368 tonnes of methane each year through meltwater.

The findings could help scientists build more accurate climate models and identify which regions may be most vulnerable as warming reshapes frozen environments. Indeed, what is happening in Svalbard is part of a wider pattern in polar regions, where thawing ice is revealing a range of climate threats. Near Canada’s Mackenzie River, carbon release is intensifying as permafrost runoff pours into the Arctic Ocean. In the Arctic, ancient pathogens are resurfacing as thawing grounds expose old biological material. On Antarctic ice shelves, snow algae is darkening the surface and reinforcing melt. These examples help to show why research into methane escaping through melting glaciers could matter well beyond one archipelago. As ice retreats and thaw reaches deeper into the ground, problems that were once hidden could become climate threats with global reach.

Source : The Cool Down (TCD) via Yahoo News.