Glacier National Park (Montana): Vers la disparition des glaciers // Glaciers might soon disappear

drapeau francaisJe viens de visiter le Parc National de Glacier (PNG) qui se trouve dans le Montana, près de la frontière avec le Canada. Tout comme en Alaska ou en France, les effets du réchauffement climatique sont parfaitement visibles. Il ne fait aucun doute que le recul des glaciers est une réalité et bon nombre d’entre eux ont déjà disparu. Le recul de ces petits glaciers alpins reflète les modifications climatiques dans la mesure où ils réagissent aux variations de températures et de précipitations. On a estimé qu’il y avait environ 150 glaciers dans le PNG en 1850. La plupart d’entre eux étaient encore présents en 1910 lorsque le Parc a été créé. En 2010, les scientifiques ont constaté qu’il ne restait plus que 25 glaciers de plus de 10 hectares dans le PNG. Une modélisation informatique prévoit que certains des principaux glaciers du Parc auront disparu d’ici 2030. Si cela se confirme, tous les glaciers du Parc pourraient disparaître dans les prochaines décennies. Cette disparition pourrait même se produire plus tôt car la plupart des glaciers reculent plus rapidement que prévu. La canicule qui affecte en ce moment l’Etat du Montana n’arrangera pas les choses.
La disparition des glaciers du PNG aura des conséquences importantes sur les écosystèmes du Parc ainsi que sur la beauté de paysages très appréciés des visiteurs. Les hivers continueront à déposer de la neige sur les montagnes mais cette neige saisonnière ne fonctionne pas la même façon que la glace des glaciers car elle fond au début de la saison estivale. Les glaciers constituent une réserve d’eau stockée sous forme de glace dont la fonte régulière contribue à réguler la température des rivières et maintient leur niveau à la fin de l’été et durant les périodes de sécheresse lorsque les autres sources sont épuisées. Sans eau de fonte glaciaire, la température de l’eau en été va augmenter et provoquera probablement l’extinction locale d’espèces aquatiques sensibles à la température, ce qui perturbera  la base de la chaîne alimentaire aquatique. Ces changements subis par les cours d’eau pourraient également avoir des effets néfastes sur les espèces indigènes de truites et autres salmonidés.
Source: Glacier National Park.

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drapeau anglaisI have just visited Glacier National Park (GNP) which lies in Montana, close to the border with Canada. Just like in Alaska or in France, the effects of global climate change are strikingly clear. There is absolutely no doubt glacier recession is underway, and many glaciers have already disappeared. The retreat of these small alpine glaciers reflects climate changes as glaciers respond to altered temperature and precipitation. It has been estimated that there were approximately 150 glaciers in GNP in 1850, and most glaciers were still present in 1910 when the park was established. In 2010, scientists considered there were only 25 glaciers larger than 10 hectares remaining in GNP. A computer-based climate model predicts that some of the park’s largest glaciers will vanish by 2030. If this proves true, all the park’s glaciers could disappear in the next several decades. This disappearance may occur even earlier, as many of the glaciers are retreating faster than their predicted rates. The heatwave that currently affects Montana will not improve the situation.
The loss of glaciers in GNP will have significant consequences for park ecosystems as well as impacting landscape aesthetics valued by park visitors. While winters will still deposit snow in the mountains, this seasonal snow will not function the same as glacial ice since it melts early in the summer season. Glaciers act as a “bank” of water (stored as ice) whose continual melt helps regulate stream temperatures and maintains streamflow during late summer and drought periods when other sources are depleted. Without glacial melt water, summer water temperatures will increase and may cause the local extinction of temperature sensitive aquatic species, disrupting the basis of the aquatic food chain. Such changes in stream habitat may also have adverse effects for native species of trout and other keystone Salmonid species.
Source: Glacier National Park.

Glacier

Des glaciers en voie de disparition  (Photo:  C.  Grandpey)

Islande: Ça fond! // Iceland is melting!

drapeau francaisDans une note rédigée le 3 mars 2015, j’écrivais qu’avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, la croûte terrestre avait tendance à se soulever. Des chercheurs ont découvert que la croûte sous l’Islande se soulève au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les vastes calottes glaciaires de l’île.

Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Cette conclusion a été tirée à partir de photographies aériennes prises par l’agence islandaise Loftmyndir. L’agence a procédé à une mise à jour de ses photographies aériennes des deux dernières années. Les derniers clichés montrent des changements considérables par rapport à ceux des années 2000. Beaucoup de glaciers ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.
Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres (cités dans les livres de géographie des petits Islandais) semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les dernières photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.
Au vu des dernières photos, la surface totale des glaciers islandais est maintenant estimée à 10 462 km2, soit seulement 10% de la surface totale de l’Islande. Ces derniers chiffres sont donc de plus de 12% inférieurs aux chiffres officiels.
La fonte des glaciers observée en Islande affecte la plupart des calottes glaciaires dans le monde. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention du public sur la fonte des glaciers dans les Alpes françaises et en Alaska. Je vais avoir l’occasion d’exposer des photos de glaciers alaskiens au festival international de photo qui se tiendra à Montier-en-Der (Haute-Marne) en novembre 2015. Le titre de l’exposition sera « Alaska : Des glaciers et des ours ».

Source : Iceland Review.

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drapeau anglaisIn a note written on March 3rd, I indicated that with global warming and the melting of glaciers, the Earth’s crust is rising. Researchers discovered that the crust under Iceland is rebounding as global warming melts the island’s great ice caps.

Recent observations revealed that Ice­landic glac­i­ers cover 12% less of the coun­try than pre­vi­ously thought. This con­clu­sion was drawn from aer­ial pho­tographs taken by Ice­landic pho­to­graph com­pany Loft­myn­dir. The com­pany has been re­new­ing its aer­ial pho­tographs for the last two years. The new pho­tos show large-scale changes, as com­pared to the previous ones dat­ing from around 2000. There are many in­stances of glac­i­ers hav­ing re­ceded by many hun­dred me­tres, some even by kilo­me­tres.

The of­fi­cial fig­ure for the to­tal area of Ice­land’s glac­i­ers is 11,922 km2, i.e. 11-12% of the to­tal sur­face area of Ice­land. However, these fig­ures (quoted in school ge­og­ra­phy books) seem to be based on rather old mea­sure­ments and they need to be up­dated. Hof­sjökull, for in­stance, is of­fi­cially 925 km2. Im­ages from the Spot satel­lite in 2006 showed it had shrunk to 864 km2. The lat­est pic­tures from sum­mer 2014 give it a sur­face area of 827 km2. Hof­sjökull is there­fore over 10% smaller than of­fi­cial fig­ures sug­gest.

The to­tal sur­face area of Ice­land’s glac­i­ers is now es­ti­mated at 10,462 km2, i.e. just 10% of the to­tal sur­face area of Ice­land. These lat­est fig­ures are there­fore over 12% lower than cur­rent of­fi­cial fig­ures.

The glacier melting observed in Iceland also affects most ice caps around the world. I have drawn several times public attention to the melting in the French Alps and in Alaska. I have just been given the opportunity to exhibit photos of Alaskan glaciers in the international photo festival to be held in Montier-en-Der (Haute Marne) in November 2015. The title of the exhibition will be “Glaciers and bears in Alaska”.

Source : Iceland Review.

Vatna-blog

Ce magnifique paysage islandais est-il menacé de disparition?  (Photo:  C. Grandpey)

Vatnajökull (Islande): Que de questions ! // So many questions !

drapeau francaisComme je l’ai écrit dans ma note précédente, il faut s’attendre à des événements spectaculaires au niveau du Barðarbunga sous le Vatnajökull. Outre les fractures, un vol d’observation de la surface du glacier a permis de découvrir une rangée de 4 « chaudrons » de 10 – 15 mètres de profondeur, d’un kilomètre de largeur, au sud de la caldeira du Bárðarbunga. Ils s’alignent sur 4-6 km. Selon les scientifiques islandais, ils se sont probablement formés à la suite de la fonte de la glace. Des géophysiciens estiment que 30 à 40 millions de mètres cubes d’eau glaciaire ont été produits, mais il n’existe aucune preuve indiquant qu’une éruption a véritablement eu lieu. Ils pensent qu’une éruption mineure peut avoir eu lieu il y a quelques jours dans la zone où les fissures sont situées, sans que personne s’en soit aperçu, en ajoutant qu’il n’y a eu aucune activité sismique dans cette région.

Je pose une double question: Y a- t-il eu une éruption? Y a- t-il eu fonte du glacier? Beaucoup de paramètres manquent à l’appel! Tout d’abord, aucune anomalie thermique n’a été détectée sur le volcan ou le glacier. Aucun nuage ​​de vapeur n’a été observé. Aucune sismicité, aucun tremor harmonique n’a trahi une éruption sous-glaciaire. Aucune inondation n’a été signalée au niveau des rivières qui sortent du glacier. En outre, les « chaudrons » n’ont qu’une quinzaine de mètres de profondeur. S’il y avait eu une fonte du glacier, ils seraient beaucoup plus profonds.
Je pense que deux hypothèses peuvent être avancées: 1) Il n’y a pas eu d’éruption et les «chaudrons» doivent être associées aux fractures qui révèlent les effondrements subis par le plancher du Barðarbunga  (et donc par le glacier) après la migration du magma lorsque l’intrusion a commencé à se déplacer vers le NE. 2) Si la fonte de la glace s’est produite, il se peut qu’elle ait donné naissance à une poche d’eau sous-glaciaire. Ce ne serait pas exceptionnel. Il y a quelques années,, en 1996, une telle poche d’eau s’est ouverte et a déclenché un énorme jökulhlaup qui a inondé les sandur au sud du Vatnajökull.

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drapeau anglaisAs I put it in my previous note, dramatic events are to be expected at Barðarbunga volcano beneath Vatnajökull glacier. Beside the fractures, a flight observing the surface of Vatnajökull discovered a row of four 10-15 metre-deep “cauldrons”, 1 km wide, south of the Bárðarbunga caldera. They form a 4-6 km long line. The cauldrons have probably been formed as a result of melting ice. Icelandic geophysicists estimate that roughly 30-40 million cubic metres of glacial water has been produced but there is no evidence indicating an actual eruption. They think a minor eruption may have taken place in the area where the fissures are located a few days ago without anyone noticing adding that there has been no seismic activity in that area.

I’m asking a double question: Was there an eruption? Was there any glacial melting? Quite a lot of parameters are missing! First of all, no thermal anomaly has ever been detected on the volcano or the glacier. No steam clouds have ever been observed. No seismicity, no harmonic tremor has ever betrayed a subglacial eruption. No flooding has ever been reported on the rivers coming out of the glacier. Besides, the “cauldrons” are only 10 – 15 metres deep. Had there been some glacial melting, they would be much deeper.

I think two hypotheses can be set forth: 1) Either there was no eruption at all and the “cauldrons” need to be associated with the fractures to reveal the collapses undergone by the floor of Barðarbunga volcano (and by the glacier) after the migration of magma when the intrusion started moving NE. 2) If glacial melting ever happened, it may have given birth to a subglacial pocket of water. This would not be exceptional. A few years ago, in 1996, one such pocket of water broke open and triggered a huge jökulhlaup that flooded the sandur south of Vatnajökull.

Ice-cauldron

Source: Met Office islandais

Les volcans font fondre les glaciers de l’Antarctique // Volcanoes are melting Antarctic glaciers

drapeau francaisDans une note publiée le 17 mai 2014, j’expliquais que la fonte des glaciers de l’Ouest Antarctique est en train de s’accélérer. Aujourd’hui, une nouvelle étude montre que les volcans sous-glaciaires et d’autres «points chauds» géothermiques contribuent à la fonte du glacier Thwaites. Des parties du glacier situées à proximité de zones géologiques d’origine volcanique fondent plus vite que les régions qui sont plus éloignées des points chauds. Cette fonte pourrait affecter de manière significative la perte de glace dans l’Ouest Antarctique.
Les chercheurs savent depuis longtemps que des volcans se cachent sous la glace de l’Antarctique occidental. Il s’agit d’une région sismiquement active, où l’Est et l’Ouest s’écartent l’un de l’autre. En 2013, une équipe scientifique a même découvert un volcan sous la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest (voir ma note du 21 Novembre, 2013).
L’ouest de l’Antarctique est également en train de perdre sa glace à cause du changement climatique et des études récentes ont suggéré qu’il n’existe aucun moyen d’inverser le recul des glaciers de cette région du globe. Toutefois, le délai de leur disparition est incertain: des centaines d’années? Des milliers d’années? Il est important de connaître la réponse, étant donné que l’eau de fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest contribue directement à l’élévation du niveau de la mer.
Les scientifiques utilisent des modèles informatiques pour tenter de prédire l’avenir de la couche de glace mais, jusqu’à présent, ils n’avaient pas réussi à comprendre le processus qui anime l’énergie géothermique sous-glaciaire. En effet, le volcanisme n’est pas uniforme et les points chauds géothermiques font fondre certaines régions plus rapidement que d’autres.
Pour essayer de comprendre le comportement de l’énergie géothermique sous-glaciaire, les chercheurs se sont appuyés sur une étude publiée en 2013 qui avait cartographié le système de chenaux sous le glacier Thwaites. En utilisant les données radar fournies par les satellites en orbite, ils ont pu déterminer les zones où ces flux sous-glaciaires étaient trop importants pour être expliqués par le seul flux en provenance de l’amont. Ils ont ensuite analysé la géologie sous-glaciaire de la région et ont constaté que les points où la glace fondait le plus vite se situaient essentiellement près des volcans connus ou supposés connus de l’Ouest Antarctique, ou à proximité d’autres points chauds. L’un d’eux se trouve à côté du Mont Takahe, un volcan qui émerge de la couche de glace.
Le flux thermique moyen minimum sous le Glacier Thwaites est de 114 milliwatts par mètre carré, avec quelques zones où l’on relève 200 milliwatts par mètre carré ou plus. En comparaison, le flux de chaleur moyen du reste des continents est de 65 milliwatts par mètre carré.
La fonte de la glace produite par les volcans sous-glaciaires pourrait accélérer l’écoulement de l’eau dans la mer. Pour comprendre à quel point les volcans sont responsables de cet écoulement et ce que cela signifie pour l’avenir de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest, les glaciologues et les climatologues devront inclure dans leurs modèles ces nouveaux paramètres qui sont plus précis que ceux en leur possession jusqu’à présent.

Source : Fox News.

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drapeau anglaisIn a note released on May 17th, 2014, I explained that the melting of West Antarctica glaciers was accelerating. Now, a new study finds that subglacial volcanoes and other geothermal « hotspots » are contributing to the melting of Thwaites Glacier. Areas of the glacier that sit near geologic features thought to be volcanic are melting faster than regions farther away from hotspots. This melting could significantly affect ice loss in the West Antarctic.

Researchers have long known that volcanoes are hiding under the ice of West Antarctica. This is a seismically active region, where East and West Antarctica are rifting apart. In 2013, a team of scientists even found a volcano beneath the West Antarctic Ice Sheet (see my note of November 21st, 2013).

West Antarctica is also losing its ice because of the climate change, and recent studies have suggested there is no way to reverse the retreat of West Antarctic glaciers. However, the timing of this retreat is still in question : Hundreds of years? Thousands of years? It is important to understand which, given that meltwater from the West Antarctic Ice Sheet contributes directly to sea level rise.

Scientists use computer models to try to predict the future of the ice sheet, but up to now, they had failed to understand the process of subglacial geothermal energy. Indeed, volcanism isn’t uniform as geothermal hotspots influence melting more in some areas than in others.

To try and understand subglacial geothermal energy, the researchers built on a previous study published in 2013 that mapped out the system of channels that flows beneath the Thwaites Glacier. Using radar data from satellites, they were able to figure out where these subglacial streams were too full to be explained by flow from upstream. Next, they checked out the subglacial geology in the region and found that fast-melting spots were disproportionately clustered near confirmed West Antarctic volcanoes, suspected volcanoes or other presumed hotspots. One of them is next to Mount Takahe, which is a volcano that sticks out of the ice sheet.

The minimum average heat flow beneath Thwaites Glacier is 114 milliwatts per square metre, with some areas giving off 200 milliwatts per square metre or more. In comparison, the average heat flow of the rest of the continents is 65 milliwatts per square metre.

The melt caused by subglacial volcanoes could lubricate the ice sheet from beneath, hastening its flow toward the sea. To understand how much the volcanic melt contributes to this flow and what that means for the future of the West Antarctic Ice Sheet, glaciologists and climate scientists will have to include the new, more accurate findings in their models.

Source : Fox News.

Glaciers-Antarctique

Source:  British Antarctic Survey.