Kilauea (Hawaii) : Le point sur l’éruption dans le District de Puna // Update of the eruption in the Puna District

8 heures (heure française): La dernière mise à jour du HVO (publiée le 9 mai à 17 heures – heure locale) indique que «l’éruption intermittente, accompagnée de coulées de lave, se poursuit dans les Leilani Estates. L’activité visible en début d’après-midi du 9 mai se concentrait à nouveau dans la partie nord-est de la zone de fractures. Une nouvelle fracture (Fracture n° 15) s’est ouverte sur  Poihiki Road, près de l’entrée de la subdivision des Lanipuna Gardens, en donnant naissance à une coulée de lave pahoehoe d’une vingtaine de mètres de long. Lors d’un survol de la zone vers 15 heures (heure locale), les géologues ont observé une nouvelle zone d’émission de gazet de vapeur en amont (à l’ouest) de la Highway 130. Lors d’un deuxième survol à 16 h 30, la zone continuait à fumer.
On a observé une augmentation de la vitesse de déplacement du sol en fin de matinée le 9 mai sur une station GPS installée à 1,5 km au sud-est des Nanawale Estates. La direction du déplacement correspond à celle du magma vers le nord-est.
La sismicité est restée stable tout au long de la journée. Les émissions de gaz restent élevées à proximité des fractures.

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12 heures (heure française): Aucune autre fracture que la numéro 15 ne s’est ouverte dans le secteur de Lower Puna pendant la journée du 9 mai. Cependant, les autorités mettent en place des mesures pour assurer la sécurité des zones et des habitants  menacés par l’éruption.
Le gouverneur de l’État d’Hawaï a publié un nouveau décret qui permettra de mieux faire face aux « risques changeants et imprévisibles » posés par l’éruption. Ces risques comprennent les impacts possibles sur la Puna Geothermal Venture (PGV), la centrale géothermique située dans la Lower East Rift Zone du Kilauea.
Une équipe comprenant plusieurs agences liées à la sécurité examinera et évaluera le plan d’intervention d’urgence existant concernant la centrale et élaborera une stratégie spécifique pour réduire les impacts potentiels de la lave. Parmi les mesures prévues, il y a la relocalisation des réserves de pentane vers le Shipman Industrial Park à Kea’au.
Des plans d’urgence seront mis en place pour assurer la sécurité et l’évacuation des habitants de la zone autour de la centrale si des intrusions de lave provoquaient d’importantes émissions de H2S ou de SO2.
Selon le gouverneur, «les équipes fédérales et locales travailleront en étroite collaboration pour sécuriser entièrement les installations de la centrale géothermique et protéger la santé publique, la sécurité et l’environnement. »
Source: Hawaii 24/7.

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20 heures (heure française): Il n’y a pas eu de nouvelles alarmantes en provenance de Lower Puna aujourd’hui et l’inquiétude des autorités s’est déplacée vers le sommet du Kilauea, avec le risque d’explosions violentes et soudaines dans le cratère de l’Halema’uma’u.
Comme je l’ai écrit auparavant, une 15ème fracture éruptive est apparue dans la Lower East Rift Zone mercredi après-midi, près des Leilani Estates, avec de nouveaux dégâts sur Pohoiki Road. Cette fracture a laissé échapper de la lave sur une vingtaine de mètres, puis s’est arrêtée.
La Protection Civile a également annoncé le 9 mai que la police avait évacué 10 maisons sur Alaili Road, à l’ouest de la Highway 130 en raison des gaz émis par les fractures dans le sol.
La lave émise par les fractures dans le secteur des Leilani Estates a couvert environ 470 000 mètres carrés de lave et détruit 36 ​​bâtiments.  272 personnes logent dans le cendre d’hébergement de Pahoa et 15 autres dans le cendre de Keaau. Des centaines d’habitants sont hébergés par des amis ou leurs familles.
Les scientifiques du HVO disent qu’il y a encore du magma stocké sous terre et qu’il pourrait continuer à alimenter l’éruption. Ils ont détecté une augmentation de la sismicité à environ 2,5 km au nord-est de Pohoiki Road. Cela laisse supposer que l’intrusion magmatique qui a provoqué l’éruption et s’est arrêtée momentanément sous la subdivision des Leilani Estates est de nouveau active et se dirige vers l’est. Elle pourrait annoncer l’ouverture de nouvelles fractures plus à l’est.

Source: Journaux hawaïens.

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8 a.m. (French time) : HVO’s latest update (released on May 9th at 5 p.m. – local time) indicates that “the intermittent eruption of lava in Leilani Estates continues. Visible activity in the early afternoon of May 9th was again focused on the northeast portion of the fissure area. A new fissure (Fissure 15) broke ground across Poihiki Road, near the entrance of the Lanipuna Gardens Subdivision, generating a pahoehoe flow about 20 metres long. During an overflight of the area at about 3 p.m. (local time), geologists observed a new steaming area uprift (west) of Highway 130. During a second overflight at 4:30 p.m., the area was still steaming.
Rates of motion increased late in the morning of May 9th on a GPS station 1.5 km southeast of Nanawale Estates. The direction of motion is consistent with renewed movement of magma in the downrift direction (to the northeast).
Rates of seismicity changed little throughout the day. Gas emissions remain elevated in the vicinity of fissures.

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12:00 (French time): No other fissure than Number 15 opened in Lower Puna during the day of May 9th. However, authorities are enforcing measures to ensure the safety of the neighbourhoods and their inhabitants.

The Governor for the State of Hawaii has issued a supplemental emergency proclamation that will enable a more comprehensive response to “changing and unpredictable risks” posed by the current eruption. Those risks include possible impacts to Puna Geothermal Venture (PGV), which is located on Kilauea’s Lower East Rift Zone.

A team including several security-linked agencies will review and assess the existing PGV Emergency Response Plan and develop a specific mission strategy to mitigate potential impacts from lava. Expected steps include sending the pentane gas to Shipman Industrial Park in Kea‘au.

Contingency plans will be made to secure and evacuate area residents should lava intrusions cause elevated levels of hydrogen sulphide (H2S) or sulphur dioxide (SO2) to be released.

According to the Governor, “State and county teams will work closely to fully secure PGV’s facilities and protect public health, safety, and the environment.

Source: Hawaii 24/7.

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8 p.m. (French time): There have nte been really alarming reports from Lower Puna today and the authorities’ anxiety is now transferred to the summit area of Kilauea Volcano with the risk os sudden and powerful explosions in Halema’uma’u Crater.

As I put it before, a 15th eruptive vent burst open in the Lower East Rift Zone on Wednesday afternoon, in an area near Leilani Estates, further damaging Pohoiki Road. That fissure oozed out lava for about 20 metres, and then stopped.

Civil Defense officials also announced on May 9th that the police had evacuated 10 homes on Alaili Road west of Highway 130 because of hazards posed by steaming cracks in the ground.

The eruption in and around Leilani Estates has now covered about 470,000 square metres with lava and destroyed 36 buildings. There are 272 people were staying at the Pahoa shelter and 15 at a shelter in Keaau. Many hundreds more are staying with friends or families.

HVO scientists say there is still more magma stored underground that could continue to feed the eruption. They have detected an increase in seismicity about 2.5 km northeast of Pohoiki Road. That suggests the intrusion of magma that caused the eruption and stalled for a time under the Leilani Estates subdivision is once again on the move to the east and could be a precursor of new fissures opening further to the east.

Source : Hawaiian newspapers.

Source: Protection Civile

Vue de la centrale géothermique de Puna (Crédit photo: PGV)

Suite de la désintégration de l’Antarctique ? // Will Antarctica keep disintegrating ?

Comme je l’ai indiqué il y a quelques jours, l’immense fracture qui cisaillait la plate-forme glaciaire Larsen C a finalement atteint son point de rupture entre le 10 et le 12 juillet 2017. L’événement a donné naissance à un iceberg de la taille de la Lozère.
Cependant, ce n’est pas la fin de l’histoire. En fait, ce pourrait être le début d’une série d’événements plus importants et plus inquiétants. L’iceberg qui s’est détaché – baptisé A68 – n’était qu’un élément de la plate-forme Larsen C. Maintenant, les scientifiques veulent savoir jusqu’à quel point le reste de la plate-forme glaciaire va rester stable et relié au continent antarctique.
Des images satellitaires récentes laissent supposer que certaines parties du reste de la plate-forme Larsen C sont sur le point de larguer les amarres et de donner naissance à de nouveaux icebergs plus petits qui iront tenir compagnie au A68.
En outre, une nouvelle fracture s’est formée près de l’endroit où l’ancienne s’est ouverte. Elle se dirige vers Bawden Ice Rise, élévation de glace qui est un point d’ancrage essentiel pour la plate-forme Larsen C. Les scientifiques ne savent pas si la fracture atteindra Bawden Ice Rise, mais ils surveillent attentivement l’évolution de la situation.
Source: Business Insider.

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As I put it before, the giant crack that had been racing across Antarctica Larsen C ice shelf finally met its breaking point between July 10th and 12th. The result was an iceberg the size of Lozère.

However, this is not the end of the story. In fact, it could be the beginning of a more important, more dangerous series of events. The iceberg that broke off – dubbed A68 – was just one piece of the much larger Larsen C ice shelf. Now, scientists want to know how stable is the ice shelf that has been left intact, connected to the Antarctic continent.

Recent satellite images suggest that pieces of the remaining ice shelf are already preparing to break off, creating more, smaller icebergs that will join Iceberg A68.

Moreover, a new crack has formed close to where the old crack left off. And it has headed for Bawden Ice Rise, which is a critical anchor point for the ice shelf. Scientists are not certain the crack will reach Bawden Ice Rise, but they are keeping a close eye on it, nevertheless.

Source: Business Insider.

Vue de la plate-forme Larsen C et de Bawden Ice Rise (Source: Science Nordic)

Craintes d’un nouveau volcan au Mexique // Fears of a new volcano in Mexico

Les journaux à travers le monde ont écrit nombre d’articles sur un événement insolite au Mexique, et plus particulièrement dans la petite ville de Pueblo Viejo, où les habitants craignent qu’un volcan naisse sous leurs pieds.
La crainte de voir un volcan apparaître s’est faite jour le 9 juillet 2017 lorsque les villageois ont découvert que certaines de leurs chèvres avaient été brûlées sans raison apparente. Par la suite, des fissures se sont ouvertes sur un terrain de football à proximité du village, laissant échapper de la vapeur, de la cendre et du gaz. Lorsque les habitants ont contacté les autorités, des scientifiques sont venus mesurer la température du sol qui atteignait environ 250°C. Ils ont conclu qu’il n’y avait probablement pas de risque de voir un volcan surgir du sol car aucune déformation de ce même sol n’avait été détectée dans la région. Ils ont déclaré que l’activité était probablement «un phénomène géothermique dû à la décomposition du sous-sol».
Malgré les paroles rassurantes des scientifiques, les habitants ne sont toujours pas convaincus qu’une catastrophe naturelle ne va pas se produire. Certains sont partis, tandis que d’autres ont reproché aux scientifiques de ne pas leur avoir donné suffisamment d’informations sur la situation.
La peur ressentie par les habitants de Pueblo Viejo s’explique probablement par la proximité du volcan  Parícutin qui se trouve à environ 300 km. Le Parícutin est très célèbre chez les volcanologues car c’est le premier volcan que les chercheurs ont pu étudier pendant toute sa durée de vie, entre 1943 et 1952.
Source: Newsweek.

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Newspapers around the world have written lots of articles about an event in Mexico, and more particularly in the town of Pueblo Viejo where residents fear a volcano might be developing underneath them.

Suspicion over the formation of a volcano started on July 9th 2017, when villagers discovered that some of their goats had been inexplicably burned. Then a nearby soccer field started to break apart, releasing steam, ash and gas into the air. When alarmed residents contacted authorities, researchers took the temperature of the soil and found it to be roughly 250°C.

Experts eventually concluded there was probably no volcano about to appear as no movement of the ground had been detected in the area. They said the activity was probably “a geothermal phenomenon occurring as the soil is composting”.

Despite the experts’ reassuring words, locals still were not convinced that no natural disaster was on the horizon. Some residents simply evacuated, while others criticized the scientists for not giving them enough information about the underground situation.

People were probably on high alert because of Pueblo Viejo’s proximity to Parícutin, which lies about 300 km away. Parícutin is very famous in volcanology because it was the first volcano researchers could track for its entire life between 1943 and 1952.

Source : Newsweek.

Eruption du Paricutin en 1943 (Source: USGS)

 

Autre nouvelle inquiétante au Groenland: La fracturation du glacier Petermann // Another disturbing piece of news in Greenland: New fissure detected in Petermann Glacier

En examinant les images satellites du Petermann, l’un des plus grands glaciers du Groenland, les scientifiques pensent avoir décelé une nouvelle fracture inattendue dans la plateforme glaciaire qui repose sur la mer, ce qui pourrait être le signe une rupture spectaculaire dans les années à venir.

Le glacier Petermann, situé à 80 degrés de latitude nord, constitue l’une des principales portes par lesquelles la calotte glaciaire du Groenland s’écoule dans la mer. En 2010 et 2012, la plateforme flottante du glacier a déjà laissé s’échapper des morceaux extrêmement importants.

L’iceberg produit en 2010 – que l’on voit sur cette photo – avait une superficie de 251 km2.

 

Source: NASA.

Voici une animation du vêlage du glacier en 2012 : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/b/b2/Wild_Arctic_Summer.ogv/Wild_Arctic_Summer.ogv.480p.webm

La plateforme glaciaire du Petermann flotte sur les eaux d’un fjord dont la profondeur dépasse celle du Grand Canyon.

Les fracturations intervenues en 2010 et 2012 ont attiré l’attention du monde entier et ont considérablement réduit la taille de cette plateforme qui stabilise le glacier en le rattachant aux parois du fjord dans lequel il se trouve. Cette fracturation à répétition de la plateforme est un gros problème parce que le glacier Petermann  retient une partie de la banquise du Groenland qui, si elle devait prendre le chemin de la mer, ferait monter son niveau d’une trentaine de centimètres.
Un chercheur de l’Université de Technologie de Delft aux Pays-Bas, qui étudie le Groenland au vu des images satellites, a montré des clichés où semble apparaître une deuxième fracture qui pourrait finir par rejoindre la première.

 

Curieusement, cette dernière fracture semble s’être formée au milieu de la plate-forme de glace plutôt que dans sa partie latérale, comme cela se passe habituellement.

Etant donné son emplacement, elle est susceptible de se connecter à la fracture existante si elle continue de croître, ce qui lui ferait parcourir une grande partie de la plateforme. Il semble que la nouvelle fracture ait commencé à se former au cours de l’été 2016, ce qui signifie qu’elle n’était pas visible sur les images satellites en 2014 ou 2015.

Source: The Washington Post.

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Scientists examining satellite images of one of Greenland’s largest glaciers believe they have found an unexpected new crack in its floating ice shelf that could contribute to a dramatic break in coming years. The Petermann glacier, located in the high Arctic at 80 degrees North latitude, is one of the most important outlets by which the Greenland ice sheet extends and flows into the sea. In 2010 and 2012, it lost extremely large pieces, each several times the size of Manhattan, from its ice shelf, which floats on top of the waters of a fjord whose depth exceeds that of the Grand Canyon. These changes captured the world’s attention and greatly shrank this floating shelf that stabilizes the glacier by attaching to the walls of the fjord in which it lies. That’s a big deal because Petermann glacier holds back about a foot of potential sea level rise from the Greenland ice sheet.

A researcher at Delft University of Technology in the Netherlands who studies Greenland using satellites, posted images suggesting the development of a second and different sort of crack, one that could potentially link up with the first one. This crack, oddly, appeared to have formed in the middle of the ice shelf, rather than on its side where cracks usually begin. But given its location, it could potentially connect with the pre-existing crack if it continues to grow, extending it across much of the shelf. It appears the new crack has only begun to form since last summer – in other words, it seems to be a new feature, not visible in 2014 or 2015.

Source : The Washington Post.

Image satellite du glacier Petermann (Source: NASA)