Everest : un plan de 5 ans pour nettoyer la montagne // Everest : a 5-year strategy to clean the mountain

Il y a quelques semaines, j’écrivais que nous vivons dans une société de records et d’extrêmes. C’est dans cet état d’esprit que de plus en plus de personnes tentent l’ascension de l’Everest et ses 8849 mètres. Conséquence de cette forte présence humaine sur le plus haut sommet du monde : la montagne est devenue un véritable dépotoir. J’ai déjà évoqué ce problème dans des notes publiées le 14 avril 2020 et le 3 juin 2023.

Source: Wikipedia

Le Népal s’apprête à dévoiler une stratégie quinquennale de nettoyage de l’Everest afin d’éliminer ces déchets. La quantité alarmante de détritus accumulés chaque saison montre l’urgence d’adopter des pratiques d’alpinisme vertueuses et durables. La fonte de la neige et de la glace, due au réchauffement climatique, expose de plus en plus de déchets enfouis et même des restes humains, ce qui aggrave la contamination des bassins versants et pose des risques sanitaires aux populations en aval.

Camp de base de l’Everest

Un brouillon du Clean Mountain Strategy (2025-2029) propose de créer un fonds de 308 millions de roupies népalaises pour nettoyer l’Everest. Cependant, le coût réel devrait dépasser le milliard de roupies népalaises. Le plan de nettoyage prévoit la formation d’une équipe de « Mountain Rangers », composée d’alpinistes, chargée de surveiller et de gérer les déchets au camp de base et dans les camps d’altitude. Le brouillon du projet Clean Mountain Strategy préconise également d’étudier l’utilisation de drones pour la collecte des déchets au-dessus du camp de base.

Depuis des décennies, les déchets souillent l’Everest. Des centaines d’alpinistes, de sherpas, de guides et de porteurs laissent derrière eux des tonnes de bouteilles d’oxygène et bouteilles en plastique, sans oublier les cordes, les restes de cuisine et les excréments. Ces ordures polluent les pentes de la montagne et les villages situés en aval. Le plastique demeure la principale menace. Il faut jusqu’à 500 ans pour qu’un sac plastique se biodégrade. Brûlé, il empoisonne l’air ; enfoui, il pollue le sol. Avec l’augmentation du nombre d’alpinistes, le plastique a progressivement envahi les sommets, faisant de l’Everest un symbole de négligence environnementale.

Le projet Clean Mountain Strategy souligne que la réduction des saisons d’ascension, due à la dégradation des conditions météorologiques, exige une réglementation plus stricte. Il propose de limiter le nombre de permis d’ascension en fonction de la capacité d’accueil de la montagne et des services disponibles.

Les chiffres relatifs à la collecte des déchets révèlent également l’ampleur du problème. Le Sagarmatha Pollution Control Committee a indiqué avoir ramassé 85 tonnes de déchets au cours du seul printemps 2024, dont près de 28 tonnes d’excréments humains. L’armée népalaise en a ramassé 11 tonnes supplémentaires.

Afin de réduire la pression sur les sites d’ascension, le Népal a fortement augmenté les droits d’accès. Selon la nouvelle réglementation, le droit d’accès par personne pour les étrangers empruntant la voie sud au printemps est passé de 11 000 $ à 15 000 $. Selon la stratégie proposée, les alpinistes devront également verser une caution remboursable pour les déchets, restituée uniquement si ces derniers sont rapportés, ainsi qu’une taxe environnementale non remboursable. Une partie des recettes sera consacrée à des campagnes de nettoyage, avec la participation des communautés locales. La nouvelle réglementation prévoit également que les organisateurs d’expéditions soient soumis à des frais de gestion des déchets selon le principe du « pollueur-payeur ». Un Fonds pour le nettoyage des montagnes (Mountain Clean-up Campaign Fund) sera créé et les alpinistes devront être munis de contenants pour les excréments humains.

Il faut faire la queue pour atteindre le sommet!

Le projet Clean Mountain Strategy introduit des règles plus strictes concernant l’équipement et les matériaux. Les banderoles et les drapeaux de prière au-dessus du camp de base devront être biodégradables et standardisés. Les matériaux non biodégradables devront être rapportés pour être contrôlés. Chaque alpiniste devra rapporter au moins 3 kg de déchets qui seront contrôlés au camp II par les rangers et les associations de gestion des déchets. L’utilisation de sacs à déjections sera obligatoire au-dessus du camp de base, et les autorités vérifieront que les alpinistes les rapportent bien.

La liste du matériel de chaque expédition sera également enregistrée afin de garantir la traçabilité. Certaines mesures sont déjà en vigueur. Depuis 2024, l’utilisation de sacs à déjections est obligatoire pour les alpinistes au-dessus du camp de base, à l’initiative du Sagarmatha Pollution Control Committee.

La réputation mondiale de l’Everest étant en jeu, les responsables espèrent que cette nouvelle stratégie portera ses fruits. Toutefois, les experts préviennent que si les fonds ne sont pas à la hauteur du défi, l’image du plus haut sommet du monde comme décharge à ciel ouvert risque de perdurer.

Source : The Kathmandu Post.

C’est bien connu : ceux qui se lancent à l’ascension de l’Everest sont des gens friqués qui n’hésitent pas à dépenser des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars dans cette entreprise. Pas sûr que les mesures préconisées par les autorités népalaises soient efficaces. Beaucoup de candidats à l’ascension du plus haut sommet du monde continueront à préférer payer des amendes plutôt que de redescendre leurs déchets. Toujours en vertu de ce principe, je ne pense pas que la hausse des tarifs imposée pour essayer de grimper vers le sommet fera chuter le nombre de candidats.

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As I put it before, we are living in a society of records ans extremes. This is one of the reasons why ùore and more people are trying to climb Mount Everest. The consequence of so many people on the world’s highest mountain is that it has besome a garbage dump. I have already addressed this issue in posts published on April 14, 2020 and June 3, 2023.

Nepal is preparing to unveil a five-year Everest cleaning strategy to remove this trash from the mountain.

Experts say the alarming amount of waste collected each season underscores the urgent need for sustainable mountaineering practices. Melting snow and ice caused by global warming further exposes previously buried garbage and even human remains, worsening contamination of the watershed and posing health risks to downstream communities.

A draft of the Clean Mountain Strategy (2025–2029) proposes a Rs308 million fund for Everest clean-up efforts. However, the real cost is likely to exceed Rs1 billion.

The plan envisions forming a team of “Mountain Rangers,” composed of climbers, to monitor and manage waste at Everest Base Camp and higher camps. The draft also calls for exploring the use of drones to collect waste above the base camp.

For decades, the burden of litter has scarred the Everest region. Hundreds of climbers, Sherpas, guides, and porters leave behind tonnes of waste ranging from oxygen canisters, plastic bottles, ropes, kitchen scraps, and human waste. This garbage is polluting both the slopes and settlements downstream.

Plastic remains a particular menace. It can take up to 500 years for a single plastic bag to biodegrade. If burned, it poisons the air; if buried, it pollutes the soil. As climbing traffic has increased, plastic has steadily crept higher up the mountain, turning Everest into a glaring symbol of environmental neglect.

The draft of the Clean Mountain Strategy notes that shorter climbing seasons caused by worsening weather demand stricter regulation. It proposes limiting climbing permits by assessing the mountain’s carrying capacity and available services.

Waste collection figures also reveal the magnitude of the problem. The Sagarmatha Pollution Control Committee reported clearing 85 tonnes of garbage during the 2024 spring season alone, including nearly 28 tonnes of human waste. The Nepali Army cleared another 11 tonnes.

To reduce pressure, Nepal has sharply raised climbing fees. Under revised regulations, the per person royalty for foreigners climbing via the south route in spring has jumped from $11,000 to $15,000.

According to the proposed strategy, climbers will also be required to pay a refundable garbage deposit, returned only if waste is brought back, as well as a non-refundable environmental fee.

A portion of climbing revenues will be earmarked for clean-up campaigns, with provisions for local community involvement. The strategy says expedition operators should also be charged waste management fees under the “polluter pays” principle. A Mountain Clean-up Campaign Fund will be created, and climbers will be required to carry human waste bottles.

The draft strategy introduces stricter rules on equipment and materials. Banners and prayer flags above base camp must be biodegradable and standardised. Non-biodegradable materials must be returned for verification. Every climber must bring back at least 3 kg of waste, which will be monitored at Camp II by both Mountain Rangers and waste management associations. Poop bags will be compulsory above base camp, and authorities will check that climbers bring them back. Equipment lists for each expedition will also be logged to ensure accountability.

Some measures have already started. Since 2024, climbers above base camp are required to use poop bags under the initiative of the Sagarmatha Pollution Control Committee.

With Everest’s global reputation at stake, officials hope the new strategy will work. But experts caution that unless funds match the scale of the challenge, the world’s highest peak’s image as the most visible garbage dump could endure.

Source : The Kathmandu Post.

Tempête et galère sur l’Everest // A snowstorm and hard times on Mount Everest

Il n’y a pas eu de morts, mais l’événement était spectaculaire, si bien que les médias se sont empressés de le décrire.
Ce qui avait commencé comme une randonnée classique sur les pentes du versant tibétain de l’Everest a viré au cauchemar pour les participants après qu’une tempête de neige extrêmement rare en octobre a bloqué des centaines d’entre eux et les a laissés dans des conditions très inconfortables, voire dangereuses.
La plupart des randonneurs étaient partis du village de Youpa, dans la préfecture de Shigatze au Tibet, le 1er octobre 2025. Mais trois jours plus tard, une tempête de neige exceptionnelle a frappé la région. Des centaines de randonneurs se sont retrouvés dans des conditions périlleuses lorsque les chutes de neige ont fait s’effondrer les tentes à environ 5 000 mètres d’altitude. Environ 350 randonneurs ont été évacués sains et saufs vers la petite commune de Qudang, tandis que plus de 200 autres avaient été contactés et attendaient l’aide des autorités. On ne possédait que très peu d’informations sur l’état d’avancement de l’évacuation de la part des autorités chinoises. En effet, l’information est étroitement contrôlée au Tibet, une région autonome de Chine gouvernée par le Parti communiste chinois.
Près d’un mètre de neige est tombé au sommet de l’Everest, soit près de trois fois la moyenne hebdomadaire pour cette période de l’année. Les guides ont affirmé n’avoir jamais rencontré un tel temps en octobre. Et la tempête est arrivée très soudainement. Il faisait très humide et froid, et le risque d’hypothermie était réel. Ces fortes chutes de neige ont fait suite à une semaine de conditions météorologiques extrêmes dans toute la région himalayenne. Les inondations et les glissements de terrain provoqués par de fortes pluies au Népal et autour de Darjeeling, dans le nord-est de l’Inde, ont fait plus de 70 morts.

Dans un article publié le 28 décembre 2020, j’ai expliqué l’impact du réchauffement climatique sur l’Himalaya et l’Everest :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/12/28/leverest-et-le-rechauffement-climatique-mt-everest-and-global-warming/

Octobre est une saison très prisée pour la randonnée autour de l’Everest car le ciel a tendance à se dégager après la mousson. Le trek coïncidait également avec la Semaine d’Or en Chine, ce qui explique le grand nombre de personnes présentes.
Après la tempête, les randonneurs ont commencé à descendre seuls, abandonnant tente et équipement pour avoir des sacs plus légers. Ils ont atteint le pied de la montagne où les attendaient les représentants du gouvernement et les habitants.
Source : Médias internationaux.

Le secteur de l’Everest est de plus en plus fréquenté. Avec le réchauffement climatique, les glaciers ont reculé, rendant certains accès plus faciles. Cette popularité de la montagne pose des problèmes environnementaux car beaucoup d’alpinistes oublient de redescendre leurs déchets.

Source : presse internationale

Voici une vidéo intéressante (en anglais) à propos du dernier événement :

https://youtu.be/7NozsVY7bYw

Crédit photo: Wikipedia

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There were no deaths but the event was spectacular, so the media rushed to describe it.

What began as a hiking trip on the slopes of the Tibetan side of Mount Everest turned into a nightmare for the trekkers after a rare October blizzard left hundreds of them stranded in treacherous conditions.

Most hilers had set off from Youpa Village, in Tibet’s Shigatze prefecture on October 1. But three days in, a freak blizzard struck. Hundreds of them had to evacuate after unusually high snowfall collapsed tents and covered trails, leaving hikers stranded at roughly 5,000 metres above sea level.

About 350 trekkers were safely evacuated to the small township of Qudang, while over 200 others had been contacted and were awaiting help from authorities. Updates on the status of the evacuation from Chinese authorities were limited. Indeed, information is tightly controlled in Tibet, which is an autonomous region of China governed by the Chinese Communist Party.

Nearly one meter of snow fell at the summit of Mount Everest, nearly three times the average weekly snowfall for this time of year. The guides said they had never encountered such weather in October. And it happened all too suddenly, It was so wet and cold in the mountains, and hypothermia was a real risk. The heavy snowfall follows a week of extreme weather across the Himalayan region. Floods and landslides triggered by severe rain in Nepal and around Darjeeling in northeast India killed more than 70 people. In a post published on 28 December 2020, I had explained the impact of global warming on the Himalayas and Mount Everest :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/12/28/leverest-et-le-rechauffement-climatique-mt-everest-and-global-warming/

October is a busy season for hiking around Everest, when skies tend to clear after the monsoon season. The moment of the trek also coincided with China’s Golden Week holiday, which accounts for the high number of people. .

After the storm, the hikers began walking down the mountain on their own, ditching their tent and gear for lighter packs. They reached the foot of the mountain where government officials and locals awaited them.

Source : International news media.

Mount Everest is increasingly popular. With global warming, glaciers have retreated, making some access points easier. This popularity of the mountain poses environmental problems because many climbers forget to bring their waste back down.

Here is an interesting videao about the last event :

https://youtu.be/7NozsVY7bYw

La croissance de l’Everest, une histoire de rebond isostatique // Isostatic rebound is causing Mt Everest to grow

L’Everest (8849 mètres) est la plus haute montagne sur Terre. Depuis longtemps, les scientifiques se demandent pourquoi il se détache autant de la chaîne himalayenne, culminant presque 250 mètres au-dessus du K2, le deuxième plus haut sommet de l’Himalaya. C’est une anomalie car les deux plus hauts sommets suivants, le Kangchenjunga et le Lhotse, se tiennent en 120 mètres seulement.

Des chercheurs de l’University College London en Angleterre pensent avoir éclairci ce mystère. Dans la revue Nature Geoscience, ils attribuent cette situation au rebond isostatique. Ce phénomène survient lorsqu’une partie de la croûte terrestre perd de la masse et s’élève parce que la pression du manteau liquide en dessous d’elle est supérieure à celle de la force de gravité. Je l’ai expliqué à propos de l’Islande où l’allègement de la masse glaciaire fait se soulever le substrat rocheux. Certains scientifiques pensent que ce rebond isostatique pourrait favoriser l’ascension du magma sous les volcans, avec des éruptions plus fréquentes, mais nous ne disposons pas de suffisamment de recul pour l’affirmer. Le processus est, bien sûr, très lent, à raison de quelques millimètres par an mais, selon les scientifiques, il a fait grandir l’Everest de 15 à 50 mètres au cours des 89 000 dernières années.

La perte de masse à l’origine de ce rebond isostatique est à chercher du côté de la rivière Arun qui coule à environ 75 kilomètres l’est de l’Everest et se jette dans le système fluvial Kosi. Au fil des millénaires, l’Arun a creusé une gorge considérable le long de ses rives, emportant des milliards de tonnes de terre et de sédiments. Cela s’explique par sa topographie. En amont, la rivière coule vers l’est à haute altitude dans une vallée plate. Elle s’oriente ensuite brusquement vers le sud en prenant le nom de rivière Kosi. Elle perd alors de l’altitude et la pente devient plus abrupte. Cette topographie unique, révélatrice d’un état instable, est probablement liée à la hauteur extrême de l’Everest. Au final, le rebond isostatique soulève les montagnes plus vite que l’érosion les élime.

Le phénomène ne touche pas uniquement l’Everest, mais aussi notamment le Lhotse et le Makalu, respectivement quatrième et cinquième plus hauts sommets du monde. Les GPS montrent que tous grandissent d’environ deux millimètres par an.

Source : Daily Telegraph, Futura Science.

Crédit photo: Wikipedia

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Mount Everest (8,849 meters) is the tallest mountain on Earth. Scientists have long wondered why it stands out so much from the Himalayan range, towering almost 250 meters above K2, the second highest peak in the Himalayas. This is an anomaly because the next two highest peaks, Kangchenjunga and Lhotse, are only 120 meters away.
Researchers at University College London in England think they have solved this mystery. In the journal Nature Geoscience, they attribute this situation to isostatic rebound. This phenomenon occurs when a part of the Earth’s crust loses mass and rises because the pressure of the liquid mantle below it is greater than that of the force of gravity. I explained this in relation to Iceland, where the lightening of the glacial mass causes the bedrock to rise. Some scientists say it might favour the rise of magma in volcanoes, but this has not been proved yet. The process is, of course, very slow, at a rate of a few millimeters per year, but scientists estimate that it has caused Everest to grow by 15 to 50 meters over the past 89,000 years.
The mass loss that caused this isostatic rebound is the Arun River, which flows about 75 kilometers east of Everest and turns into the Kosi River system. Over the millennia, the Arun has carved a considerable gorge along its banks, carrying billions of tons of soil and sediment. This is due to its topography. Upstream, the river flows east at high altitude in a flat valley. It then turns sharply south, taking the name of Kosi River. It then loses altitude and becomes steeper. This unique topography, indicative of an unstable state, is probably linked to Everest’s extreme height. Ultimately, isostatic rebound lifts mountains faster than erosion wears them away.
The phenomenon does not only affect Mt Everest, but also notably Lhotse and Makalu, respectively the fourth and fifth highest peaks in the world. GPS shows that all are growing by about two millimeters per year.
Source: Daily Telegraph, Futura Science.

Bouchons et morts sur l’Everest // Overcrowding and deaths on Mount Everest

Les mauvaises conditions météorologiques, les difficultés d’escalade et les désordres mentaux à très haute altitude ne sont plus les seuls problèmes que doivent affronter ceux qui se lancent à l’assaut de l’Everest, la plus haute montagne du monde. Le trop grand nombre d’alpinistes est également responsable des nombreux décès survenus au début de la saison 2024.

Il faut faire la queue pour atteindre le toit du monde (Crédit photo: presse internationale)

Un alpiniste britannique et son guide, un banquier kényan et un alpiniste népalais sont morts, et un autre guide était toujours porté disparu le 24 mai, à la suite de multiples accidents survenus sur la montagne, parmi lesquels un effondrement de blocs de glace dans la zone la plus dangereuse. Plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant le trop grand nombre de personnes sur le tronçon menant au sommet de l’Everest avant l’effondrement. Ce secteur est considéré comme la « zone de la mort », car la faible teneur en oxygène et la pression atmosphérique peuvent y être mortels sur de longues périodes.
Ce ne sont pas les seuls décès qui ont frappé les expéditions sur l’Everest cette année. Selon The Himalayan Times, un alpiniste roumain a été retrouvé mort dans sa tente le 21 mai et deux alpinistes mongols sont également morts sur Hillary Step au cours de la descente depuis le sommet.
La surpopulation sur l’Everest est devenue un véritable problème. Au lendemain de la semaine la plus meurtrière, plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux le 20 mai, montrant la zone baptisée « Yellow Band » avec une longue file d’alpinistes. La vidéo montrait des personnes faisant la queue dans une zone qui semblait être The Hillary Step juste avant que l’effondrement tragique de blocs de glace se produise.

https://twitter.com/i/status/1660896985602306049

Le pic de la saison pour gravir l’Everest côté népalais se situe entre mars et mai, puis de septembre à novembre, lorsque la météo est acceptable. Même dans ce cas, des tempêtes de neige peuvent se produire sans prévenir, interrompant les communications et perturbant fortement la visibilité. Ensuite, il y a le problème du mal aigu des montagnes (AMS), qui peut survenir bien avant d’atteindre les zones dangereuses de l’Everest.
En 2024, la saison a commencé tardivement – presque fin avril – en raison de l’instabilité de la glace sur le glacier Khumbu, à cause du réchauffement climatique.

Le franchissement du glacier Khumbu est rendu difficile par le réchauffement climatique qui accroît son instabilité (Crédit photo: presse internationale)

Maintenant que le mois de mai se termine, la saison d’escalade de l’Everest est sur le point de se terminer elle aussi. Selon la base de données Himalayan Data Base, les avalanches ont été responsables de 40 % des décès sur l’Everest ces dernières années. En 2016, une avalanche a tué 16 personnes ; c’est le pire accident survenu en montagne.
Malgré les dangers, la perspective de pouvoir gravir la plus haute montagne du monde a contribué à une augmentation du nombre de voyageurs dans l’Himalaya. Il y a eu une augmentation de 28,9 % en 2024 par rapport à 2023. ExplorersWeb estime qu’entre 150 et 200 personnes ont gravi l’Everest les 19 et 20 mai 2024. L’Himalayan Times a indiqué que 100 personnes avaient atteint le sommet rien que le 19 mai.
Plusieurs sherpas ont déclaré que l’Everest était désormais « trop fréquenté et sale » et que le nombre d’alpinistes devrait être réduit. Ils ont également souligné le problème des alpinistes qui saccagent la montagne en abandonnant détritus et autres équipements d’escalade.
Les expéditions sur l’Everest sont une source de revenus majeure pour le Népal, et le gouvernement est souvent critiqué par les occidentaux pour délivrer des autorisations à toute personne pouvant payer 11 000 dollars (10 120 euros) pour obtenir un permis. Selon un rapport de la BBC de 2023, le gouvernement népalais nie cela, bien qu’il ait délivré un nombre record de 454 permis au printemps 2023. Selon les sherpas, chaque alpiniste dépense plus de 20 000 $ (18 400 €) pour une expédition au Népal, avec les frais de permis, la nourriture, les guides, les déplacements locaux et l’essence.
La saison de l’Everest du côté nord (côté chinois) se termine le 1er juin et les autorités chinoises ont limité le nombre de permis à 300 cette année. De plus, les ascensions sans bouteille d’oxygène sont interdites au-dessus de 7 000 mètres d’altitude.
Source : The Indian Times.

Cette image d’alpinistes essayant de gravir l’Everest (Crédit photo: presse internationale) me rappelle celle des chercheurs d’or s’efforçant d’escalader le Chilkoot Pass à la frontière entre l’Alaska (États-Unis) et la Colombie-Britannique (Canada) pour des motivations bien différentes.

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Inclement weather, steep peaks and mental problems are no longer the only challenges while scaling Mount Everest. Overcrowding on the world’s tallest mountain has also been responsible for the numerous deaths that occurred at the start of the 2024 climbing season.

A British climber and his guide, a Kenyan banker and a Nepalese climber have died, and another guide remained missing on May 24th, following multiple incidents on the mountain, including an ice collapse at the most dangerous zone. Several videos circulated in social networks showing overcrowding on the stretch leading to the peak of Mount Everest before the collapse happened. The region is considered to be Everest’s « death zone » because oxygen levels and air pressure can be fatal there over extended periods of time.

These are not the only deaths that have plagued the Everest expeditions. According to The Himalayan Times, a Romanian climber was found dead in his tent on May 21st and two Mongolian climbers also died on the Hillary Step while descending.

Overcrowding on Mount Everest has become a real problem. In the aftermath of a lethal week, several videos have surfaced on social media, showing the ‘Yellow Band’ area on the mountain lined by a long queue of climbers on May 20th. A video showed climbers waiting in a queue, in an area which appeared to be the Hillary Step, to move forward before the deadly ice collapse happened.

The peak seasons for hiking up Mount Everest in Nepal are between March and May, and again from September to November, when the weather is moderate. Even then, snowstorms can strike without caution, axing communication and disrupting visibility. Then, there is the issue of mountain sickness, which can kick in much earlier than reaching the dangerous zones of Everest.

This year, the season started late – almost the end of April – due to crumbling ice on the Khumbu Glacier, brcause of global warming. Now, with May ending, the season is about to wind up. According to The Himalayan Database, avalanches have accounted for 40 per cent of deaths on Mount Everest in recent years. In 2016, an avalanche killed 16 people, in what is considered to be the worst accident on the mountain.

Despite the challenges, the sheer thrill of summitting the world’s tallest mountain, has contributed to an increase in the number of travellers to the Himalayas. There has been a 28.9 % increase in 2024, compared with 2023. ExplorersWeb estimated that between 150 and 200 people scaled Mount Everest on May 19th and 20th, 2024. The Himalayan Times reported that 100 people reached the top on May 19th alone.

Several sherpas said that Mount Everest is now « too crowded and dirty » and that the number of climbers should be reduced. They also pointed out the issue of climbers trashing the mountain with their leftovers and other hiking equipment.

Expeditions to Mount Everest are a major source of income for Nepal, and the government is often criticised by Western climbers for allowing any individual who can pay an $11,000 fee for a permit to climb the mountain. According to a 2023 BBC report, the Nepalese government denied this, although it issued a record 454 permits during the spring 2023. Furthermore, according to sherpas, each climber spends over $20,000 on an expedition to Nepal, including permit fees, food, guides, local travel and gas.

The Everest season on the north side ends on June 1st, and Chinese authorities have limited the number of permits to 300 this year. Additionally, climbs without bottled oxygen are banned above an altitude of 7,000 metres.

Source : synthèse de plusieurs articles de presse dont The Indian Times.