Mayon (Philippines): L’éruption de 2018 // The 2018 eruption

Le Mayon reste très actif, même si l’intensité de l’éruption semble avoir légèrement diminué. Dans ses derniers bulletins, le PHILVOCS indique que de petites fontaines de lave sporadiques sont toujours observées au sommet, ainsi que des coulées de lave sur les flancs du volcan. La cendre s’évacue en général sous forme de panaches blancs à gris clair de faible hauteur, à l’exception de certains événements qui génèrent des panaches gris foncé qui montent plus haut au-dessus du cratère. L’activité s’accompagne de forts grondements audibles dans un rayon de 10 kilomètres. On observe toujours des coulées pyroclastiques et des coulées de lave. Ces coulées descendent les ravines Miisi, Basud et Bonga. Les coulées de lave dans les ravines Miisi et Bonga-Buyuan ont avancé respectivement sur 3,2 kilomètres et 4 kilomètres depuis le sommet. Des effondrements de blocs se produisent régulièrement sur les fronts et les marges des coulées au cours de leur progression. Les émissions de SO2 atteignaient en moyenne 3 066 tonnes par jour le 1er février 2018. Les mesures GPS indiquent une inflation de l’édifice volcanique depuis les mois d’octobre et novembre 2017. Cela montre que le magma continue à exercer une pression au cours de son ascension.
Le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le Mayon.
Le PHILVOCS demande constamment au public de ne pas entrer dans la zone de danger de huit kilomètres de rayon et de se méfier des coulées pyroclastiques et des lahars susceptibles d’emprunter les ravines qui entaillent les flancs du volcan. Il est conseillé aux pilotes d’éviter de voler près du sommet du Mayon car la cendre émise par de soudaines éruptions peut être dangereuse pour les avions.
Source: PHILVOCS.

Les autorités locales ont ordonné à toutes les personnes vivant en dehors de la zone de danger de huit kilomètres de quitter les hébergements provisoires afin de résoudre le problème de surpeuplement dans les centres d’évacuation. L’occupation idéale des écoles est une salle de classe pour huit à dix familles mais actuellement, le taux d’occupation est d’une salle de classe pour 20, voire 30 familles. Le PHILVOCS a indiqué aux autorités locales que les personnes qui vivent à moins de neuf où dix kilomètres du cratère sont en sécurité. En effet, en prenant en compte l’histoire éruptive du Mayon, la distance maximale atteinte par les coulées pyroclastiques est de sept kilomètres. Le kilomètre supplémentaire ajouté à la zone de danger est une simple précaution en cas de scénario catastrophe.
Suite à la décision de déloger les personnes à l’extérieur de la zone de danger de 8 km, les camions de la police, de l’armée et des unités gouvernementales vont récupérer les personnes évacuées et les conduire à leur domicile. On s’attend à ce que certains habitants ne soient pas d’accord pour partir, par crainte de ne plus bénéficier des produits de première nécessité et d’autres avantages. Cependant, les autorités ont assuré à toutes les familles qu’il y aurait une distribution continue et qu’elles pourraient également bénéficier du programme «argent contre travail».
Une fois l’opération de transfert terminée, certaines personnes hébergées dans des centres d’évacuation surpeuplés seront conduites dans les écoles et les salles de classe qui vont se trouver libérées. Toutefois, des véhicules militaires et de police restent prêts à intervenir si une évacuation rapide s’avérait nécessaire.
Source: Manila Bulletin.

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Mt Mayon is still very active, even though the intensity of the eruption seems to have slightly decreased. In its latest updates, PHILVOCS indicates that the volcano continues to exhibit sporadic and weak lava fountaining, continuous lava effusion and degassing from the summit crater. Much of the activity produces low white to light-gray plumes, with the exception of some events that produce higher gray ash plumes. The activity is accompanied by loud, booming sounds audible within 10 kilometres away. Episodes of pyroclastic and lava flows are still observed. They travel down the Miisi, Basud and Bonga gullies.The Miisi and Bonga-Buyuan lava flows have advanced to 3.2 kilometres and 4 kilometres, respectively, from the summit crater. Rockfall events are generated by the collapsing lava front and margins of the advancing lava flows. SO2 emissions reached an average of 3,066 tons per day on February 1st 2018. GPS measurements still indicate a sustained inflation of the edifice since November and October last year, which is consistent with pressurization by magma intrusion.

The alert level 4 remains in effect over Mayon Volcano.

PHILVOCS reminds the public to refrain from entering the eight kilometre-radius danger zone and to be additionally vigilant against pyroclastic flows and lahars along channels draining the edifice. Pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit as ash from any sudden eruption can be hazardous to aircraft.

Source: PHILVOCS.

Authorities have ordered a decamp of all persons living outside the eight-kilometre danger zone to solve the problem of heavy congestion in the evacuation centres. The ideal ratio of classroom to evacuees is one room per eight to 10 families but currently, the ratio is at one classroom per 20 and even 30 families. PHILVOCS has said to local authorities that those living within nine and 10 kilometres away from the crater are already safe. Volcanologists also explained that, based on the history of Mayon’s eruption, the farthest distance of pyroclastic flows is seven kilometres away from the crater.The additional one kilometre serves as a precaution for a worst-case scenario.

As a consequence of the decision to decamp the persons outside the 8-km danger zone, trucks from the police, military and local government units will fetch the evacuees and transport them back to their houses. Some of the residents are expected to resist the decamp for fear that they will no longer avail of the relief goods and other benefits. However, authorities assured those economically-displaced families living outside the 8-km danger zone that there will be a continuous distribution of relief goods and they can also avail of the cash-for-work program.

Once the decamp is performed, some of the evacuees in congested evacuation centres will be transferred to schools and classrooms vacated as a result of the decamp. Military and police vehicles will be placed on standby if in case there is a need for quick evacuation.

Source: Manila Bulletin.

Carte des zones menacées par les coulées pyroclastiques (Source : PHILVOCS)

Risque de lahars sur le Mayon (Philippines) // Lahar hazard on Mayon Volcano (Philippines)

Suite aux dernières fortes pluies qui se sont abattues sur la région, le PHILVOCS a averti les autorités locales des localités situées près rivières qu’il y avait un fort risque de lahars provoqués par le mélange de l’eau de pluie avec la cendre des dépôts pyroclastiques. L’alerte st valable pour tous les lits des cours d’eau sur les pentes du Mayon, en particulier dans les ravines Buyuan, Miisi, Mabinit, Basud, San Vicente, Buang, Quirangay et Masarawag-Maninila,
Le dernier bulletin du PHILVOCS indique que l’Institut a enregistré 21 épisodes de tremor, 10 séismes d’origine volcanique, 21 chutes de roches et une coulée pyroclastique sur le volcan qui reste en alerte de niveau 4.
Actuellement, 79 586 personnes (soit 20 675 familles) sont hébergées dans 60 centres d’évacuation à Legazpi, Tabaco, Ligao, Guinobatan, Camalig, Daraga, Sto. Domingo, Malilipot et Bacacay.
Source: Inquirer.net.

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Due to the recent heavy rains on the region, PHILVOCS has warned local government units and communities near river channels of possible lahars, the combination of pyroclastic flow deposits and rainwater. The warning is for all river channels draining the slopes of Mayon Volcano especially the Buyuan, Miisi, Mabinit, Basud, San Vicente, Buang, Quirangay and Masarawag-Maninila,

According to their latest bulletin, PHILVOCS has recorded 21 tremors, 10 volcanic quakes, 21 rock fall events and one pyroclastic density current over Mayon Volcano, which is still under Alert Level 4.

At the moment, 79,586 persons (20,675 families) remain inside 60 evacuation centres in Legazpi City, Tabaco City, Ligao City, Guinobatan, Camalig, Daraga, Sto. Domingo, Malilipot, and Bacacay.

Source: Inquirer.net

Les évacués du Mayon (Philippines) // Mayon Volcano’s evacuees (Philippines)

Suite à l’éruption du Mayon, au moins 56 217 personnes étaient hébergées dans 46 centres d’évacuation le 23 janvier 2018. L’armée et la police continuent à aider les villageois à quitter leurs maisons.
Les autorités essayent d’empêcher les villageois de revenir en cachette dans leurs maisons et dans leurs fermes, ou bien d’assister à des combats de coqs, attraction  populaire dans la ville de Santo Domingo, dans la province d’Albay, en dépit de la menace du volcan et des patrouilles de police. Ces mêmes autorités ont conseillé de couper l’électricité et l’eau dans les localités situées dans la zone interdite de 8 km de rayon autour du Mayon afin de dissuader les gens de revenir chez eux.
Aucun cas de décès ou de blessure n’a été signalé. Comme je l’ai écrit précédemment, les pilotes d’avions ont reçu l’ordre de voler loin du cratère, et plusieurs vols domestiques ont été annulés.
La cendre volcanique est retombée lundi sur plus d’une douzaine de villes et villages de la province d’Albay, ainsi que dans la province voisine de Camarines Sur, avec une visibilité pratiquement nulle dans certaines localités. Un habitant a expliqué qu’il faisait nuit à midi, avec une visibilité nulle dans certaines zones parce que les nuages de cendre étaient très épais.
Plus de 30 000 masques anti-poussière et quelque 5 000 sacs de riz, ainsi que des médicaments, de l’eau et d’autres fournitures, ont été distribués dans des centres d’évacuation. Cependant, les colis alimentaires, l’eau, les médicaments et autres articles de première nécessité pourraient manquer à la mi-février si l’éruption se poursuit et que les nouvelles fournitures n’arrivent pas à temps.
Source: Wharfedale Observer.

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Due to the current eruption of Mayon Volcano, at least 56,217 people were taking shelter in 46 evacuation camps on Tuesday and army troops and police were helping move more villagers from their homes.

Authorities struggled to prevent villagers from sneaking back to check on their homes and farms and to watch a popular cockfight in Albay’s Santo Domingo town despite the risks and police patrols and checkpoints. They have recommended electricity and water supplies be cut in communities within the no-go zones to discourage residents from returning.

There have been no reports of deaths or injuries. As I put it before, aircraft have been ordered to stay away from the crater, and several domestic flights have been cancelled.

Volcanic ash fell in more than a dozen towns in Albay and nearby Camarines Sur province on Monday, with visibility heavily obscured in a few towns because of the thick grey ash. A resident explained it was like night time at noon, there was zero visibility in some areas because the ashfall was very thick.

More than 30,000 ash masks and about 5,000 sacks of rice, along with medicine, water and other supplies, have been sent to evacuation centres. However, food packs, water, medicine and other relief goods may run out by mid-February if the eruption continues and new supplies fail to come on time.

Source : Wharfedale Observer.

Crédit photo: Wikipedia

Agung (Bali / Indonésie): Les personnes évacuées trouvent le temps long // Evacuees are getting impatient to return home

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le niveau d’alerte de l’Agung est à son maximum (AWAS) depuis le 22 septembre, mais aucune éruption n’a encore eu lieu. La sismicité est actuellement en baisse mais les autorités sont réticentes à autoriser les quelque 185 000 personnes évacuées à rentrer chez elles car il y a toujours le risque que le volcan se réveille brutalement. La dernière éruption de l’Agung en 1963 a entraîné la mort de 1 100 personnes.
Comme on pouvait s’y attendre, les villageois qui sont entassés dans les centres d’hébergement provisoires trouvent le temps long et certains ont décidé de retournent chez eux, dans la zone dangereuse autour de l’Agung. 4 000 des 185 000 personnes évacuées ne tiennent pas compte des mises en garde des autorités et vont s’occuper des récoltes et des temples en prévision de la fête religieuse – Galungan – de la semaine prochaine qui est l’une des plus importantes pour les Hindous balinais car elle symbolise la victoire du bien sur le mal. Elle devrait commencer le 1er novembre. Beaucoup de personnes dans les camps pensent qu’elles doivent retourner dans leur village pour cette fête de 10 jours.
Selon le directeur d’une agence distribuant les biens et denrées essentiels aux centres d’hébergement, de nombreuses personnes évacuées sont de plus en plus stressées. Elles veulent aller s’occuper de leur jardin, de leurs récoltes et de leur temple. De grandes bannières ont été installées dans les zones d’évacuation afin de mettre en garde les gens sur les risques d’un retour chez eux.
À la fin du mois de septembre, lorsque l’évacuation a commencé, les volcanologues ont déclaré que le Mont Agung pourrait rester actif et à un niveau d’alerte élevé pendant des mois. Le problème est que les centres d’hébergement provisoire sont mal équipés et n’ont pas les ressources nécessaires pour garder des gens dans un confort suffisant pendant des semaines ou des mois. Alors que les évacuations sont maintenues et qu’il n’y a toujours pas d’éruption, un sentiment de méfiance entre le public et les autorités commence à se faire sentir.
Au début du mois d’octobre, le porte-parole de l’Agence en charge des catastrophes naturelles à Bali a déclaré qu’environ 10 000 sur les 150 000 personnes évacuées étaient malades ; certaines souffrent d ‘«hypertension» causée par le stress prolongé. Les gens dans les camps se plaignent souvent de douleurs corporelles; ils ont des rhumes parce qu’il fait froid dans les camps où ils dorment à même le sol.
Les responsables des camps s’inquiètent du manque de préparation si le volcan entre en éruption. Dans la nuit du 22 septembre, quand on a dit aux gens de quitter leurs maisons, il y a eu des embouteillages pendant des heures ; tout le monde criait sur la montagne. Depuis le début de l’évacuation, les carrières ont rouvert sur le volcan et des camions transportant du sable et des pierres ont recommencé à emprunter les routes étroites et sinueuses. Ils bloqueraient ces routes en cas d’éruption et de deuxième évacuation. La situation deviendrait alors très problématique.

Le VSI a prévu actualiser le niveau d’alerte de l’Agung ce 26 octobre. Il pourrait rester inchangé ou être abaissé, avec le risque que cela comporte..
Source: Presse australienne.

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As I put it before, the alert level on Mt Agung has been at its highest (AWAS) since September 22nd and no eruption has occurred yet. Seismicity is currently declining but local authorities are reluctant to let the 185,000 or so evacuees to return home because there is still the risk the volcano might erupt. The last time Mt Agung erupted back in 1963, 1,100 people were killed.

As could be predicted, villagers who have been crammed into evacuation camps this whole time have had enough and are heading home, back into the danger zone around Mt Agung. Up to 4,000 of the 185,000 evacuees are defying authorities to tend crops and take care of temples in preparation for next week’s religious festival – Galungan – which is one of the most important for Balinese Hindus, symbolising the victory of good over evil. It is due to start on November 1st. Many people in the evacuation camps feel they need to return to their village for the 10-day festival.

According to the director of an agency distributing the bare necessities to the evacuation camps, many evacuees are growing increasingly stressed. They have their garden, their crops and their temple. Big banners have been set up in the evacuation zones in order to warn people of the risks of coming back to their homes.

In late September, when the evacuation began, volcanologists said Mt Agung could stay at a heightened level of unrest for months. The problem is that the emergency shelters are poorly equipped and do not have resources to keep people comfortable for weeks or months. As the evacuations go on and no eruption occurs, there starts to be a level of distrust between the public and officials.

In early October, the spokesman for the Disaster Mitigation Agency in Bali said about 10,000 of the 150,000 evacuees from the mountain were sick, some with « hypertension » caused by the prolonged stress. People in the camps often suffer from body aches; they got colds because the conditions of living in the camps are cold and uncomfortable; they sleep on the ground.

Those in charge of the evacuation camps are concerned about the lack of preparation if the volcano does erupt. On the night of September 22nd, when people were told leave their homes, there were traffic jams for hours as everyone went screaming down the mountain. Since the initial evacuation, mountain quarries have reopened and trucks hauling sand and rock have begun descending the narrow, winding mountain roads, potentially clogging up the roads if there was an eruption and a second evacuation. This one would be a big mess.

The Indonesian Centre for Volcanology and Geologic Hazard Mitigation (CVGHM), is due to post an updated threat level on October 26th.  It could remain the same or it could be lowered.

Source : Australian press.

Temple de Besakih à Bali (Photo: C. Grandpey)