Sismicité en Islande : évacuation de Grindavik ! // Seismicity in Iceland : Grindavik has been evacuated !

7h30 (heure française) / 6h30 en Islande : La sismicité est toujours très forte ce matin (11 novembre 2023) et la ville de Grindavik (3500 habitants) a été évacuée, car les autorités craignent que l’intrusion magmatique détectée sous la ville n’atteigne la surface. A noter qu’il s’agit d’une « évacuation obligatoire », mais pas d’une « évacuation d’urgence », qui nécessiterait de quitter la ville dans un délai de 30 minutes. Les habitants n’ont donc pas besoin de se précipiter pour quitter leur domicile. On leur demande de couper l’électricité et de fermer toutes les fenêtres en partant. Il leur est en outre demandé d’afficher un papier sur la porte ou la fenêtre donnant sur la rue indiquant que la maison a été évacuée.

À ce stade, il n’est pas possible de déterminer exactement si et où le magma pourrait atteindre la surface. Il semble qu’une quantité considérable se déplace dans une zone s’étendant de Sundhnjúkagígum au nord vers Grindavík. Le volume de magma accumulé dépasse celui des trois dernières éruptions dans la région. Une situation d’urgence a été décidée et la Croix-Rouge a mis en place trois centres de secours. Un établissement pour personnes handicapées et une maison de retraite pour personnes âgées, gravement endommagées lors des récents séismes, ont été évacués hier soir avant que l’évacuation obligatoire ne soit imposée.
L’Islande est aujourd’hui confrontée à des événements que les Islandais n’ont jamais vécus depuis longtemps, comme l’éruption des îles Westman.
Grindavíkurvegur, la route qui conduit à Grindavík depuis Reykjanesbrautin, a également été fermée hier soir en raison d’une grande fissure qui s’est formée sur la chaussée. L’Administration routière a effectué des réparations d’urgence, mais la route restera fermée.
Source : Iceland Monitor.

Source: Met Office

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13h00 : Le Met Office indique que depuis minuit, quelque 800 séismes ont été enregistrés dans la zone où se produit l’intrusion magmatique. L’activité sismique a légèrement diminué pendant une courte période avant de reprendre et elle reste élevée. La plupart des dernières secoussesse sont produites près de Grindavík, où l’on estime que se trouve l’extrémité sud-ouest du dyke magmatique.
Les données sismiques indiquent que l’intrusion magmatique s’étend de Stóra-Skógsfell au nord jusqu’à Grindavík au sud, avant de se prolonger sous la mer. Conformément aux derniers modèles préliminaires qui utilisent les dernières données satellitaires acquises le 10 novembre au soir, la partie supérieure de l’intrusion magmatique, au nord de Grindavík, se trouve à 1,5 km sous la surface. C’est là que la profondeur est la plus faible. L’interprétation conjointe des mesures au sol et des données satellitaires indique que la taille de l’intrusion magmatique et la vitesse à laquelle elle se propage sont plusieurs fois supérieures à celles observées précédemment sur la péninsule de Reykjanes. S’il y a éruption, la lave émergera probablement dans la partie nord de l’intrusion magmatique. Cela signifie qu’il est probable qu’une éruption commence près de Sundhnjúkagígur. Le Met Office conclut sa mise à jour en disant que la probabilité qu’une éruption volcanique se produise dans un avenir proche est « considérable. »

Source: Met Office

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20h00 : Une réunion tenue dans la soirée du 11 novembre et réunissant des scientifiques du Met Office, de l’Université d’Islande et du Département de Protection civile a conclu que l’intrusion magmatique en cours représente un réel risque d’éruption. On estime que l’intrusion se propage lentement vers la surface et que le magma se trouve à 800 m de profondeur. Le site exact d’une éventuelle éruption reste inconnu, mais la longueur de 15 km et l’orientation du dyke donnent une bonne indication des possibilités. Une éruption pourrait se produire dans quelques jours seulement. Au vu de l’étendue du dyke, la lave pourrait émerger dans sa partie sud, juste à l’extérieur de Grindavik. Par conséquent, la probabilité d’une éruption sous-marine n’est pas à négliger ; il faut donc se préparer à la possibilité d’une activité explosive. Une zone à risque a été définie en fonction de l’emplacement du dyke, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.
Source : MetOffice.

Carte montrant l’emplacement de l’intrusion de la digue (Source : Met Office)

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7:30 (French time) / 6:30 in Iceland : Seismicity is still very strong this morning (November 11th, 2023) and the town of Grindavik (pop; 3,500) has been evacuated amid concerns that the magma intrusion, believed to extend beneath the town, may reach the surface. It is a « mandatory evacuation », not an “emergency evacuation,” which would require the town to be vacated within 30 minutes. Residents do not have to ryun to leave their homes. They are told to turn off the electricity and close all windows when leaving. They are further asked to post a paper on the door or street-facing window indicating that  the home has been evacuated.

At this stage, it is not possible to determine exactly whether and where magma might reach the surface. There are indications that a considerable amount of magma is moving in an area extending from Sundhnjúkagígum in the north towards Grindavík. The volume of magma that has accumulated has surpassed that of the previous three eruptions in the area. An emergency phase has been declared, and the Red Cross has set up three emergency relief centres. A residential facility for disabled individuals and a nursing home for the elderly, severely damaged in recent earthquakes, were evacuated last night prior to the mandatory evacuation being imposed.

Iceland is dealing with events that Icelanders have not experienced before, at least not since the eruption in the Westman Islands.

Grindavíkurvegur, a road leading to Grindavík from Reykjanesbrautin, was also closed last night due to a large crack that formed in the middle of it. The Road Administration has completed emergency repairs, but the road will remain closed.

Source : Iceland Monitor.

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13:00 : The Met Office indicates that since midnight, around 800 earthquakes have been recorded in the area of the magma intrusion. Seismic activity slightly declined for a short time before increasing again and it remains high. Most of the recent earthquakes have occurred close to Grindavík, where the southwest end of the magmatic dyke is estimated to be located.

The seismic data indicates that the magma intrusion extends from Stóra-Skógsfell in the north to Grindavík in the south, where it extends beneath the sea. In accordance with the latest preliminary models, using the most recent satellite data acquired on November 10th in the evening, the shallowest depth of the top of the magma intrusion north of Grindavík is 1.5 km. Joint interpretation of the ground and satellite measurements indicate that the size of the magma intrusion and the rate at which it is moving are several times larger than have been measured previously on the Reykjanes Peninsula. Should an eruption occur, lava is most likely to emerge from the northern side of the magma intrusion. This means that there is a greater likelihood of an eruption beginning close to Sundhnjúkagígur. The Met Office concludes its update saying that the likelihood of a volcanic eruption occurring in the near future is deemed considerable.

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08:00 pm : A meeting held in the evening of November 11th and including scientists at the Icelandic Meteorological Office, the University of Iceland, and the Department of Civil Protection concluded that the ongoing dike intrusion represents a serious volcanic hazard. It is estimated that the intrusion is propagating upwards slowly, with magma thought to be 800 m beneath the surface. The exact location of a possible eruption site is unknown, but the 15-km length and orientation of the dike gives a good indication of possible sources. An eruption could be possible on a timescale of just days. Based on the extent of the dike, magma could emerge from its southern part, just outside of Grindavik. Therefore, the likelihood of a submarine eruption has also increased, so preparations must be made for the possibility of explosive activity. A hazard area has been defined based on the location of the dike, as shown in the map.

Source : Met Office.

Plan d’évacuation de Grindavik (Islande), au cas où… // Evacuation plan for Grindavik (Iceland), just in case…

Il n’y a actuellement aucune éruption sur la péninsule de Reykjanes. Au cours des dernières heures, la sismicité a diminué mais le soulèvement du sol se poursuit dans la région du Mt Þorbjörn. Les derniers séismes ont été enregistrés principalement dans la région de Grindavik.
En raison de la situation actuelle, la Protection Civile a publié un plan d’évacuation pour Grindavík en cas d’éruption volcanique ou de puissant séisme. Une image explicative accompagne le plan et montre les voies d’évacuation à l’intérieur et à l’extérieur de la bourgade.

Les voies d’évacuation passent par Nesvegur, Grindarvíkurvegur et Suðurstrandarvegur.
Il est à noter qu’en cas d’évacuation, un message sera envoyé depuis la ligne d’urgence (le 112). Les habitants sont alors obligés d’évacuer leurs maisons.
On peut lire, entre autres, dans le message de la Protection Civile que si une évacuation est décidée, les gens devront s’assurer que toutes les fenêtres de leur maison sont fermées. Ils devront débrancher les équipements électriques et penser à emporter leur kit d’urgence. Un autocollant bien en vue doit indiquer que la maison a été évacuée. Les gens doivent se déplacer avec prudence et accepter d’autres personnes évacuées dans leur véhicule s’il y a de la place. Ils doivent écouter la radio et suivre les instructions diffusées dans les médias. Enfin, ils doivent s’inscrire dans un centre collectif à l’extérieur de Grindavík.
Un certain nombre de postes de secours seront établis à Reykjaneshöll à Reykjanes, à Kórinn à Kópavogur et à Vallaskóli à Selfoss.
Source : Protection civile, Iceland Monitor.

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Le Met Office islandais indique aujourd’hui que la situation demeure inchangée sur la péninsule de Reykjanes en ce qui concerne l’activité sismique et le soulèvement du sol.
Un séisme de M3,6 a été enregistré près de Þorbjörn le 6 novembre 2023. Plusieurs autres séismes de moindre intensité ont été enregistrés pendant la nuit.
Selon les dernières données, le sol près du Mt Þorbjörn se soulève au même rythme, mais rien n’indique que le magma s’approche de la surface. L’injection de magma a lieu à une profondeur d’environ 4 à 5 km au nord-ouest de Þorbjörn.
Personne n’est en mesure de prévoir l’évolution de la situation. La récente activité sismique autour de Þorbjörn a suscité certaines inquiétudes à propos du populaire Blue Lagoon en cas d’éruption. Face à la situation incertaine, certains ont ouvertement appelé à la fermeture du site. Il y a eu des allusions à la tragique éruption de White Island en Nouvelle-Zélande en 2019, au cours de laquelle 22 personnes ont perdu la vie. Cependant, le contexte volcano-tectonique en Nouvelle-Zélande et en Islande n’est absolument pas le même et une telle comparaison n’est pas vraiment pertinente.

Source : Met Office, Iceland Review.

Photo: C. Grandpey

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There is currently no eruption on the Reykjanes Peninsula. In the past hours, seismicity decreased but the ground uplift continues in the Þorbjörn area ? The latest earthquakes were mainly recorded in the Grindavik area.

Owing to the current situation, the Department of Civil Protection has issued an evacuation plan for Grindavík in the event of a volcanic eruption or a large earthquake. An explanation image accompanying the plan outlines escape routes inside the town as well as out of town.

Escape routes from town are through Nesvegur, Grindarvíkurvegur and Suðurstrandarvegur.

It is noted that if there is an evacuation, an invitation will be sent from the Emergency line (112). The residents are then obliged to evacuate their houses.

If an evacuation was decided, people should make sure all windows in their homes are closed, They should disconnect electrical-equipment and remember to take their emergency kit. A sticker in a prominent place must indicate that the house has been left. People should drive away with caution. And take in pedestrian evacuees if there is space in cars. They should listen to radio and follow the media. Finally, they should register at a mass-aid center outside of Grindavík.

A number of aid stations will be established in Reykjaneshöll in Reykjanes, Kórinn in Kópavogur and Vallaskóli in Selfoss.

Source : Civil Protection, Iceland Monitor.

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The Icelandic Met Office indicates today that conditions have remained unchanged on the Reykjanes peninsula as far as seismic activity and ground uplift are concerned.

An M3.6 earthquake was recorded near Þorbjörn on November 6th, 2023. Several other smaller quakes were recorded during the night.

According to the latest monitoring data, the land near Þorbjörn continues to rise at the same rate, and there are no clear signs that the magma is approaching the surface. The magma injection is located at a depth of about 4-5 km northwest of Þorbjörn.

Nobody is able to make predictions about the evolution of the situation.The recent seismic activity around Þorbjörn has raised some concern about the popular Blue Lagoon in the event of an eruption. Given the uncertain situation, some have called openly for the Blue Lagoon to close its doors. There have been allusions to the tragic 2019 White Island eruption in New Zealand, in which some 22 people lost their lives. However, the volcano-tectonic contexts in New Zealand and in Iceland are very different and such a comparison is irrelevant.

Source : Met Office, Iceland Review.

Evacuation des Champs Phlégréens : un sacré casse-tête ! // Evacuation of the Phlegrean Fields : quite a headache!

Le récent essaim sismique dans les Champs Phlégréens (voir mes notes du 28 septembre et du 2 octobre 2023) n’a causé ni dégâts ni blessés, mais il a suscité de nouvelles inquiétudes quant à l’impact d’une évacuation d’urgence de milliers de personnes. Les autorités locales et le Gouvernement italien ont pris conscience de la responsabilité qui pèserait sur eux dans de telles circonstances. Il est bon de rappeler qu’environ 360 000 personnes vivent dans la zone des Campi Flegrei.
Suite aux derniers séismes, des scientifiques ont conseillé à la mairie de Naples de procéder à des contrôles de sécurité dans les hôpitaux, les écoles et les bâtiments publics. Le ministre de la Protection Civile, Nello Musumeci, a déclaré que le gouvernement allait accélérer l’élaboration de « plans d’évacuation en cas d’urgence » ; ils devraient être discutés lors de la prochaine réunion de Cabinet.
Selon les plans d’évacuation en vigueur, une fois le niveau d’alerte atteint, les centaines de milliers de personnes vivant dans les zones les plus dangereuses seront transférées vers d’autres régions italiennes. Si cela se produit, le gouvernement italien devra mettre la main à la poche. Une étude de 2022 publiée par le Conseil National de la Recherche (CNR) estime qu’une évacuation immédiate de l’ensemble de la zone des Champs Phlégréens, telle qu’elle est décrite par les plans d’urgence, coûtera environ 30 milliards d’euros par an, avec un impact négatif d’environ 1% sur le produit intérieur brut italien.
On estime également que le risque d’une éruption volcanique dans cette région du sud de la Campanie – qui comprend Naples – pourrait affecter quelque trois millions de personnes vivant dans une zone située à environ 15 à 20 kilomètres d’une éventuelle éruption. Ces chiffres montrent à quel point une évacuation serait difficile. Ceux qui, comme moi, ont parcouru les rues et ruelles étroites de communes comme Pozzuoli ou Bacoli savent pertinemment que les voies d’évacuation doivent être élargies pour permettre à la population de partir rapidement. Le gouvernement doit absolument prendre les mesures adéquates.
Par ailleurs, les facteurs psychologiques ne doivent pas être négligés. L’histoire possède des exemples d’éruptions où les habitants ont refusé de quitter leur domicile et ont préféré y rester et finalement y mourir. Je me souviens d’une émission télévisée sur la Campanie dans laquelle un membre du personnel de la Protection civile déclarait qu’il n’accepterait pas d’être évacué.
La situation ne sera pas facile pour les volcanologues et les responsables de la Protection Civile. Il ne faudra pas qu’ils se trompent en décidant une évacuation des Campi Flegrei. S’ils évacuent et que l’éruption attendue ne se produit pas, ils perdront la confiance de la population. En revanche, s’ils n’évacuent pas et qu’une catastrophe se produit, ils risquent de se retrouver en prison pour leur incompétence ! C’est ce qui s’est passé en 2009 suite au séisme qui a secoué la province italienne de L’Aquila…
Source  : abc News et médias d’information locaux.

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The recent seismic swarm in the Phlegrean Fields (see my posts of 28 September and 2 October, 2023) caused no damage or injuries, but raised fresh worries over the impact of an emergency evacuation of thousands of people, putting pressure on local authorities and the Italian government. I reminded that about 360,000 people live in the area of the Campi Flegrei.

Following the latest earthquakes, experts have advised the Naples city council to conduct safety checks on hospitals, schools and public buildings. Civil protection minister Nello Musumeci has said that the government was going to accelerate the drafting of “exodus plans in the event of an emergency,” which should be discussed at the next cabinet meeting.

According to the evacuation plans in place, once the alert level has been reached, hundreds of thousands of people living in the most dangerous areas are to be transferred to other Italian regions. Should this happen, it would cost the government a lot of money. A 2022 study published by the National Research Council (CNR) estimated that an immediate evacuation of the whole Campi Flegrei area, as described by the emergency plans, would cost about 30 billion euros a year, with a negative impact on Italy’s gross domestic product of around 1%.

It has also been estimated that the risk of a volcanic eruption in the whole Southern Campania region – which includes Naples – would affect about three million people living in an area lying about 15-20 kilometers from a possible eruption. These numbers do show how difficult such an evacuation would be. Those who, like me, have visited municipalities like Pozzuoli or Bacoli and their narrow streets perfectly know that escape routes will have to be enlarged to allow a quick exodus. The government should definitely take adequate measures.

Besides, the psychological factors should not be neglected. There are historical experiences of eruptions where citizens refused to leave their homes and preferred to stay and eventually die there. I can remember a TV programme about Campania in which a member of the Civil Protection staff said he would not accept to be evacuated.

The situation would not be an easy one for volcanologists and Civil Protection officials. They should not be wrong when deciding to start an evacuation of the Campi Flegrei. If they evacuate and the expected eruption does not happen, they will lose the confidence of the population. On the other hand, if they do not evacuate and a disastrous eruption occurs, they may be sent to prison for their incompetence ! This is what happened in 2009 after the earthquake that shook the Italian province of L’Aquila…

Source : abc News and local news media.

La Solfatara est l’un des points chauds des Champs Phlégréens

Pouzzoles et son entrelacs de ruelles sera difficile à évacuer

Le bradyséisme est un phénomène récurrent dans les Champs Phlégréens

(Photos : C. Grandpey)

 

Champs Phlégréens (Italie) : on se sait pas prévoir… // Phlegrean Fields (Italy) : we cannot predict…

C’est formidable de dire que l’on est capable de prévoir les éruptions de volcans comme le Piton de la Fournaise (La Réunion) ou le Kilauea (Hawaï). Ce sont des volcans effusifs qui présentent peu ou pas de danger pour les zones habitées. La prévision devient très différente quand il s’agit des volcans explosifs. Elle est encore plus compliquée lorsque ces volcans sont situés à proximité ou au milieu de zones densément peuplées.
C’est le cas du Vésuve près de la ville de Naples, et des Champs Phlégréens autour desquels vivent quelque 360 000 habitants. Si le Vésuve ou les Campi Flegrei devaient se réveiller, il faudrait prendre des mesures très rapidement pour mettre les habitants en sécurité.
Ces derniers jours, l’inquiétude a grandi autour de Pouzzoles devant le risque d’éruption des Champs Phlégréens. En effet, la région a été secouée par le séisme le plus puissant (M 4,2) depuis 40 ans. L’activité sismique dans la région s’est intensifiée au cours de l’année écoulée et en particulier ces derniers mois, avec plus de 80 événements enregistrés au petit matin du 27 septembre 2023.
Bien entendu, tout le monde souhaite que l’activité sismique cesse, comme cela a été le cas après une longue période d’agitation du sol au début des années 1980. La pire situation serait une éruption semblable à la dernière qui a eu lieu en 1538 ; elle a donné naissance au Monte Nuovo et a détruit une cité médiévale. .
Les scientifiques de l’INGV surveillent étroitement la situation mais sont forcés d’admettre qu’ils ne savent pas comment elle va évoluer. En cas d’éruption, ils ne savent pas, non plus, quand ni où un tel événement pourrait se produire. Aussi minime que soit une telle éruption, elle provoquerait de sérieux problèmes de société. Il suffit de voir toutes les maisons autour de la Solfatare, l’un des points les plus chauds des Campi Flegrei, pour comprendre les difficultés qu’impliquerait une évacuation.
Contrairement au Vésuve voisin, dont l’éruption en 79 après JC a détruit Pompéi et Herculanum, les Campi Flegrei ne présentent pas la forme conique d’un volcan. Ils se trouvent dans une caldeira de 11 kilomètres de long qui s’est formée il y a 39 000 ans après qu’une éruption l’ait vidée de son magma. Cependant, le secteur est beaucoup plus actif que le Vésuve.
Depuis les années 1950, des milliers de petits séismes ont affaibli la caldeira, favorisant les conditions d’une rupture. C’est ce que l’on peut lire dans une étude publiée en juin 2023 par l’INGV italienne et l’University College London (UCL). Les recherches ont conclu que le volcan était sur le point d’atteindre un « point de rupture » et se trouverait dans un « état extrêmement dangereux ».
Giuseppe De Natale, directeur de l’INGV, a déclaré qu’il y avait un « risque élevé de fortes secousses », ajoutant qu’il avait écrit à la municipalité de Naples le 18 septembre pour que des contrôles de sécurité soient effectués dans les bâtiments publics, en commençant par les écoles et les hôpitaux, et que des procédures d’évacuation soient mises en œuvre si nécessaire.
Le séisme du 27 septembre dernier, qui a été ressenti jusqu’à Rome, a provoqué la fuite des habitants et des perturbations dans le trafic ferroviaire, même si aucun blessé ni aucun dégât majeur n’ont été signalés. Nello Musumeci, en charge de la Protection civile, a déclaré qu’il rencontrerait les responsables locaux à Naples dans les prochains jours pour demander une « accélération dans l’élaboration des plans d’évacuation en cas d’urgence ». Il a ajouté : « Nous devons être prêts à toute éventualité, mais nous devons aussi éviter l’alarmisme car, pour le moment, cela n’est pas justifié. »
Sources  : The Guardian et médias d’information italiens.

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It’s great to say we are able topredict eruptions of volcanoes like Piton de la Fournaise (Reunion Island) or Kilauea (Hawaii). These are effusive volcanoes with little or no danger to populated areas. Prediction becomses greatly different on explosive volcanoes, all the mare when they are located close to, or in the middle of densely populated areas.

This is the case of Mount Vesuvius close to the city of Naples and the Phlegrean Fields which are surrounded by 360,000 residents. Should an eruption occur on Vesuvius or the Campi Flegrei, measures would have to be taken very fast to send residents out of danger.

These days, concern is mounting over the risk of an eruption on the Phlegrean Fields after the area was struck by the strongest earthquake (M 4.2) in 40 years. Seismic activity in the region has intensified over the past year and especially in recent months, with more than 80 events occurring in the early hours of September 27th, 2023 in the morning.

Of course, the best-case scenario would be that the activity ends, as it did after a long period of unrest in the early 1980s, while the worst would be an eruption similar to the last one in 1538, which created Monte Nuovo and destroyed a medieval city. .

INGV scientists are monitoring the situation but they admit they don’t know how it will evolve. In the event of an eruption, they don’t know when or where it could happen. However small, it would cause social unrest. You just need to see all the houses around the Solfatara, one of the hottest spots of the Campi Flegrei, to understand the difficulties an evacuation would include.

Unlike nearby Mount Vesuvius, whose eruption in AD79 destroyed the ancient Roman cities of Pompeii and Herculaneum, Campi Flegrei is an 11-kilometer-long caldera that was formed 39,000 years ago after an eruption emptied it of magma. However, it is much more active than Vesuvius.

Thousands of small earthquakes since the 1950s have weakened the caldera, favouring the conditions for a rupture, according to a study published in June 2023 by Italy’s INGV and University College London (UCL). The research concluded that the volcano was edging towards “breaking point” and in an “extremely dangerous state”.

Giuseppe De Natale, a director at INGV, said there was a “high risk of strong tremors”, adding that he had written to Naples council on September 18th, suggesting safety checks be carried out on public buildings, starting with schools and hospitals, and for evacuation procedures to be enacted if necessary.

The earthquake of September 27th, which was felt in Rome, caused people to flee their homes and trains to be disrupted, although no injuries or major damage were reported. Nello Musumeci, minister for Civil protection, said he would be meeting local officials in Naples over the next few days to ask for an “acceleration in the drafting of exodus plans in the event of an emergency”. He added : “We need to be ready for any eventuality, but we need to avoid alarmism because, at the moment, it is not justified.”

Sources : The Guardian and Italian news media.

Pouzzoles est l’un des centres urbains les plus importants de la région des Champs Phlégréens.

La Solfatara est l’un des points chauds des Champs Phlégréens.

(Photos: C. Grandpey)