Quelques nouvelles de l’Etna // A few pieces of news of Mt Etna

drapeau-francaisDans une mise à jour publiée le 10 octobre 2016, l’INGV indique que deux mois après l’ouverture d’une petite bouche de dégazage dans la partie orientale de la Voragine, un événement explosif a eu lieu dans la Bocca Nuova – ou dans la zone située entre ce cratère et la Voragine – en début d’après-midi le 10 octobre. C’était la première activité éruptive observée dans la Bocca Nuova après qu’elle ait été remplie de matériaux expulsés par la Voragine pendant les épisodes éruptifs de décembre 2015 et mai 2016.
L’explosion a produit une anomalie bien visible sur les images enregistrées par les caméras thermiques de la Montagnola et de Bronte, et un petit panache de cendre s’est élevé à quelques centaines de mètres au-dessus du sommet du volcan.
Au cours des semaines précédentes, le dégazage avait continué au niveau de la bouche qui s’était ouverte le 7 août dans la partie orientale de la Voragine avec, en parallèle, de rares et faibles émissions de cendre à partir de la bouche située sur le flanc supérieur E du cône du Nouveau Cratère Sud-Est . Contrairement à ce qui a été dit au cours des jours qui sont suivi l’ouverture de la bouche le 7 août, il ne semble pas y avoir eu d’activité strombolienne, mais seulement l’émission de gaz à haute température, avec de temps à autre une lueur vive qui pouvait être observée pendant la nuit.

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drapeau-anglaisIn an update released on October 10th 2016, INGV indicates that two months after the opening of a small degassing vent in the eastern part the Voragine, an explosive event occurred at the Bocca Nuova – or in the area between this crater and the Voragine – in the early afternoon of October 10th. This was the first eruptive activity observed at the Bocca Nuova after it was filled by the products from the Voragine during the December 2015 and May 2016 eruptions.

The explosion produced a distinct anomaly in the images recorded by the thermal cameras at the Montagnola and at Bronte, and a small puff of ash rose a few hundred meters above the summit of the volcano.

During the previous weeks, degassing had continued from the vent that opened in the eastern portion of the Voragine on August 7th, accompanied by very rare and rather minor emissions of ash from the eruptive vent located on the upper east flank of the New Southeast Crater cone. Contrary to what was thought in the days after the opening of the August 7th vent, there does not seem to have been any Strombolian activity at this vent, but only emission of high-temperature gas, producing sometimes some vivid glow that could be observed at night.

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Vue aérienne du sommet de l’Etna (Crédit photo: INGV)

 

Des abeilles du Masaya aux coccinelles du Stromboli // From the bees of Masaya to the ladybirds of Stromboli

drapeau-francaisAu cours de la visite des volcans, on peut faire des découvertes surprenantes. Un chercheur britannique ne s’attendait pas à voir les abeilles à proximité du cratère actif du Masaya au Nicaragua. De la même façon, je fus très surpris de découvrir des grappes de coccinelles sur le Stromboli et sur l’Etna.

Un scientifique qui effectuait des observations sur le Masaya, à proximité de Managua, la capitale du Nicaragua, a découvert une petite abeille, Anthophora squammulosa, qui essayait de se frayer un chemin à travers les amoncellements de cendre, à la recherche de nectar. Cette petite abeille et ses congénères ont élu domicile dans un seul secteur du Masaya. C’est un endroit où les températures peuvent monter jusqu’à 42°C et où des pluies acides tombent de temps en temps sur les pentes supérieures de la montagne. Aucune végétation n’est visible dans cette partie du volcan. Le scientifique s’est demandé pourquoi des abeilles se trouvaient là et une étude a été lancée avec la collaboration d’autres chercheurs du monde entier.

Ils ont voulu tout d’abord savoir combien d’abeilles étaient présentes et ils sont arrivés à une estimation de 1000 à 2000 insectes.
Un autre mystère était la nourriture des abeilles. Les femelles creusent des nids composés d’alvéoles à une trentaine de centimètres de profondeur sur le flanc du volcan, où elles pondent leurs œufs. Elles recueillent ensuite le pollen et le nectar qu’elles déposent dans le nid pour nourrir les larves après l’éclosion des oeufs. La majeure partie du pollen provient d’une seule plante, Melanthera nivea, une fleur sauvage robuste qui peut résister aux précipitations acides sur le volcan.
Les chercheurs pensent que les abeilles peuvent vivre dans l’environnement hostile du volcan car il y a peu de prédateurs et de parasites qui pourraient menacer leur survie. De plus, leurs nids ne sont pas brisés par des racines souterraines vu qu’il n’y a guère de végétation sur le Masaya. Cependant, il existe une double menace bien réelle pour cette population d’abeilles: Une éruption pourrait les anéantir, et comme elles dépendent d’un seul type de plante, si cette plante venait à disparaître, il ne leur resterait plus rien pour se nourrir et pour vivre. Quelle drôle de vie !
Source: Science Mag.

Tout comme les abeilles sont inattendues sur le Masaya, une rencontre avec des coccinelles constitue une réelle surprise sur l’Etna ou le Stromboli en Sicile. La population de coccinelles est spectaculaire entre juin et février de l’année suivante. Les espèces Cocinella septempunctata et Adalia bipunctata se concentrent sur ou sous les pierres et à l’intérieur des fractures dans la lave. Les deux espèces se différencient par le nombre de points noirs sur leurs élytres rouges.
Les coccinelles sont très utiles pour la nature car elles se nourrissent de pucerons et ce sont de remarquables prédateurs qui peuvent parfois manger leur propre progéniture. Quand leur nombre est très élevé dans certaines régions du monde, on les recueille pour les utiliser dans la protection des arbres fruitiers.
Lorsque l’on regarde les coccinelles qui se cachent à l’intérieur des fractures volcaniques, on pourrait penser qu’elles y ont été apportées par le vent et qu’elles attendent une mort certaine en raison du manque de nourriture. Cependant, la réalité est très différente. Dirigées par une sorte d’instinct, les coccinelles effectuent un vol migratoire vers les zones élevées de leur habitat lorsque l’air chaud des plaines provoque un manque de pucerons qui représentent leur principale source de nourriture. Après avoir pondu leurs œufs dans les vergers d’agrumes de la Sicile, les coccinelles, repues, migrent vers les pentes supérieures de l’Etna qui sont dépourvues de prédateurs tels que les araignées, les oiseaux ou les rongeurs. Au début du printemps suivant, lorsque la population de pucerons réapparaît, les coccinelles sortent de leurs cachettes et migrent dans l’autre sens ; elles envahissent alors les lieux où elles peuvent trouver une nourriture abondante.
On peut se demander pourquoi les coccinelles se rassemblent en grappes si fournies. Aucune réponse définitive n’a été proposée. C’est peut-être parce qu’elles réagissent de la même manière à des facteurs microclimatiques (humidité, chaleur et lumière), ou parce qu’elles sont attirées par les odeurs laissées par les premiers insectes qui sont arrivés sur place.
Source: Revue de L’Association Volcanologique Européenne.

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drapeau-anglaisWhen visiting volcanoes, you can make surprising discoveries. A British researcher did not expect to see bees close to the active crater of Masaya volcano in Nicaragua. In the same way, I was very surprised to find swarms of ladybirds on Stromboli and Mount Etna.

A scientist who was visiting Masaya volcano, just outside the Nicaraguan capital city of Managua, discovered a little bee, Anthophora squammulosa, which was zipping through the ash heaps looking for nectar and burrowing in a pile of volcanic debris. These bees nest almost exclusively in one patch of Masaya. There, temperatures may climb as high as 42°C, and acid rain occasionally falls on the upper slopes of the mountain. Nothing visible grows. The scientist wondered why the bees were there and a study was launched with other researchers from around the globe.

First, they wanted to figure out just how many bees were present and came to an estimation of 1000 to 2000 insects.

Another mystery was what the bees were eating. The females dig cell-like nests nearly 30 centimetres into the side of the volcano, where they lay their eggs. They then collect pollen and nectar to deposit in the nest for the developing larva to eat after they hatch. 99% of the pollen comes from only one plant, Melanthera nivea, a tough wildflower that can survive the volcano’s acid rainfall.

The researchers think that the bees may thrive in the volcano’s adverse environment because it hosts few predators and parasites that would threaten their survival. It could also be that their nests aren’t broken up by underground roots as there is hardly any vegetation on Masaya. However, the bee population living on the volcano may be under a real threat: Not only could an errant eruption kill them, but because they are specialized to only one type of plant, if that plant died out, they would be left with nothing. The little bees are living life literally on the edge!

Source : Science Mag.

Just like the bees are quite unexpected on Masaya volcano, ladybirds come as a real surprise on Mt Etna or Stromboli volcano in Sicily. The ladybird population is at its highest between June and February of the next year.  Cocinella septempunctata and Adalia bipunctata concentrate on or under the stones and within the fissures of the lava. Both species are differentiated by the number of black dots on their red wings.
Ladybirds are very precious to nature as there are remarkable predators that can sometimes eat their own offspring.  As their numbers is sometimes very high in some regions of the world, they are collected to be used in the protection of fruit trees.

When looking at the ladybirds hiding inside the fissures, one might think they have been carried on the volcano by the wind where they are waiting for a certain death because of the lack of food. However, reality is quite different. Led by some sort of instinct, they perform a migratory flight towards the elevated areas of their habitat when the warmer air of the plains induces a drastic lack of aphids which represent their main food source. After having laid their eggs in the citrus fruit orchards of Sicily, the ladybirds migrate to the higher slopes of Mt Etna which are devoid of predators such as spiders, birds or rodents. Early during the next spring, when the aphid population reappears, the ladybirds come out of their hiding places and migrate the other way round and invade the places with plentiful food.

Another question needs to be answered: why are the ladybirds gathering in such great numbers? The reason may be that they react in the same way to microclimatic factors (humidity, heat and light), or because they are drawn by the odours left by the first insects that arrived on the spot.

Source: Review of L’Association Volcanologique Européenne.

Coccinelles

Les coccinelles du Stromboli (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile / Italie): Nouvelle bouche active à l’intérieur de la Voragine // New active vent within Voragine Crater

drapeau-francaisAprès l’épisode éruptif de mai 2016 qui a pris fin avec une belle activité strombolienne dans le Cratère NE le 23 de ce même mois, puis dans la Voragine les 24 et 25 mai, l’Etna est resté calme jusqu’à la mi-juillet. On a alors observé des émissions de cendre sur le versant du Nouveau Cratère SE, à partir de la bouche apparue le 25 novembre 2015. Ces émissions se sont poursuivies jusque début août. Par la suite, une petite activité strombolienne a débuté à l’intérieur de la Voragine. Une bouche de 20-30 mètres de diamètre est apparue le 7 août 2016 sur le flanc interne E de ce cratère. Elle est la source de la lueur rouge observée au-dessus du cratère ces derniers temps sur les images des webcams (voir ci-dessous). Le tremor éruptif ne montre pas de variations significatives.

Source : INGV.

En cliquant sur ce lien, vous verrez la bouche apparue le 7 août:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10209966851157301&set=a.1754342787797.2100783.1515764014&type=3

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drapeau-anglaisAfter the eruptive episode in May 2016, which ended with a nice strombolian activity in the NE Crater on May 23rd, then in the Voragine on 24 and 25 May, Etna remained calm until mid- July. Ash emissions were then observed on the flank of the New SE Crater, from the vent that appeared on November 25th, 2015. These emissions continued into early August. Subsequently, small strombolian activity started within the Voragine.  A pit about 20-30 metres wide, located in the eastern inner wall of the Voragine, appeared on 7 August 2016 and is the cause of the red glow that could lately be seen above the crater on the webcam images (see below). The eruptive tremor does not show any significant changes.
Source: INGV.

By clicking on this link, you will see the new vent that appeared on August 7th:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10209966851157301&set=a.1754342787797.2100783.1515764014&type=3

 

Etna 8 aout

Etna (Sicile / Italie): Prochaine reprise de l’activité éruptive? // New eruptive activity in the short term?

drapeau francaisAu cours des derniers jours, la sismicité a montré une certaine hausse sur l’Etna. Il n’y a aucune activité visible au sommet, mais le réseau sismique a commencé à enregistrer le 23 juin une augmentation régulière de l’amplitude du tremor. Bien que ce dernier soit maintenant reparti à la baisse, la situation pourrait indiquer une migration du magma vers la surface et annoncer une nouvelle phase d’activité dans un avenir proche.
Il faut garder à l’esprit que, depuis le début du mois d’avril 2016, on a observé une reprise progressive de l’activité sommitale de l’Etna, avec une augmentation des émissions de gaz au niveau du Cratère NE et de la bouche qui s’était ouverte le 25 novembre, 2015 sur le flanc E du Nouveau Cratère SE.
Une activité strombolienne intense a débuté dans le Cratère NE dans la soirée du 17 mai.
Le 20 mai,  une activité strombolienne était visible dans la Voragine, avec des détonations audibles jusque sur les versants S et E.
Le 22 mai, une bouche sur le flanc supérieur du Nouveau Cratère SE a produit une série d’émissions de cendre qui sont montées à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet.
Le 23 mai, des émissions de cendre sporadiques ont continué au niveau de cette même bouche.

Attendons maintenant pour le prochain épisode de l’histoire de l’Etna …

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drapeau anglaisOver the past days, seismicity has been increasing at Mount Etna. There is no visible activity at the summit, but the seismic network started registering a gradual rise in the amplitude of the volcanic tremor on June 23rd. Although the tremor is now decreasing, this could indicate magma migrating to the surface and possibly herald new activity in the near future.

One should keep in mind that since early April 2016, there has been a gradual resumption of summit eruptive activity at Etna, which initially consisted of increased gas emission mainly from the Northeast Crater and from the vent that had opened on November 25th, 2015, on the upper east flank of the New Southeast Crater.

Intense strombolian activity began at Etna’s Northeast Crater during the evening of May 17th.

On May 20th, strombolian activity was visible at Etna’s Voragine and produced explosion noises audible across a large area on the S and E flanks.

On May 22nd, a vent on the upper E flank of New Southeast Crater produced a series of ash emissions which rose several hundred meters above the summit.

On May 23rd, sporadic ash emissions continued from the vent on the upper E flank of the New Southeast Crater.

Let’s now wait for the next episode of Mount Etna’s story…

Etna juin

Evolution du tremor au cours des derniers jours.