Sakura-jima (Japon): Violente éruption il y a tout juste 100 ans // A violent eruption 100 years ago !

drapeau francaisLe quotidien japonais Japan Times nous rappelle que le 12 Janvier 1914 une terrible éruption a eu lieu sur le Sakura-jima à 10 heures du matin. Jusqu’à ce moment-là, depuis la nuit du 10 Janvier, plus de 70 séismes avaient été enregistrés à Kagoshima. Accompagnées de grondements, des colonnes sombres de cendre emplissaient le ciel de l’île. On avait l’impression que les gens de l’île couraient vers le bord de mer pour éviter d’être tués.
Un rapport du Ministère de l’Intérieur a indiqué que les communications télégraphiques entre Kagoshima et le Sakurajima avaient été coupées à la suite de l’éruption, et « aucune information n’était parvenue sur les conditions de vie dans l’île volcanique ».
L’éruption du Sakurajima le 12 Janvier 1914, a entraîné la mort de 58 personnes et la destruction de plus de 2.000 maisons. Elle est décrite en détail dans mon livre « Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des Temps Modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

drapeau anglaisThe Japanese daily Japan Times reminds us that on January 12th 1914 a terrible eruption occurred on Sakura-jima at 10 a.m. Up to that time, since the night of January 10th, more than 70 earthquakes had been experienced in Kagoshima. Accompanied by thundering sounds, dark columns of ash covered the sky over the island. It seemed the people in the island were flying to the seashore for their lives.

A report from the Home Ministry said that telegraphic communications between Kagoshima and Sakurajima have been cut off as the result of the eruption, and « nothing could be known of the conditions in the volcanic isle ».

The eruption of Sakurajima on January 12th 1914, caused 58 deaths and the destruction of more than 2,000 houses. It is fully described in my book “Killer Volcanoes, eruptions meurtrières des temps modernes” (see left-hand column of this weblog).

Sakurajima-blog

Crédit photo:  Wikipedia.

Cleveland (Alaska / Etats Unis)

drapeau francaisL’AVO indique ce matin qu’« aucune activité n’a été observée sur le Cleveland depuis les 3 brèves explosions des 28 et 30 décembre 2013 et du 2 janvier 2014. Depuis le 2 janvier, les images satellitaires ne montrent aucune nouvelle émission de lave au sommet du volcan. En conséquence, les niveaux d’alerte ont été ramenés à « Advisory » pour le volcan et à la couleur Jaune pour l’aviation.

drapeau anglaisAVO indicates this morning that “no activity has been observed at Cleveland since the three brief explosions on December 28th, 30th 2013 and January 2nd 2014. Satellite views since January 2nd suggest that no new lava has effused at the summit crater. Thus we are lowering the Aviation Colour Code to YELLOW and the Volcanic Alert Level to ADVISORY”.

Sinabung & Marapi (Ile de Sumatra / Indonésie)

drapeau francaisL’activité du Sinabung reste intense. 24 séquences explosives ont été enregistrées hier vendredi, avec des panaches de cendre montant jusqu’à 4 km d’altitude. Les coulées pyroclastiques accompagnent le phénomène et ont entraîné de nouvelles évacuations. Le nombre de personnes évacuées atteint désormais 24 949.

Dans le même temps, un certain nombre d’hôtels du district de Karo offrent des réductions spectaculaires (entre 30 et 65%) sur leurs prestations car le tourisme est profondément affecté par l’éruption du Sinabung. Les hôteliers font toutefois remarquer que les principaux sites touristiques du district de Karo se trouvent à des distances comprises entre 15 et 40 km du volcan où la zone de sécurité a un rayon de 7 km du cratère.

L’article du Jakarta Globe nous apprend par ailleurs que l’activité du Marapi (ouest de Sumatra) s’est intensifiée au cours des trois derniers jours. Cinq séquences éruptives ont été enregistrées depuis jeudi, avec des émissions de gaz et de cendre jusqu’à 700 mètres au-dessus du sommet. Il est vivement conseillé de ne pas s’approcher à moins de 3 km du volcan.

Sources : The Jakarta Globe / Agence chinoise Xinhua.

drapeau anglaisActivity of Sinabung remains intense. 24 explosive episodes were recorded on Friday with ash plumes up to 4 km a.s.l. Pyroclastic flows accompany the explosions and forced new evacuations. The number of evacuees now reaches 24,949.

Meantime, a number of hotels in Karo regency are offering special packages (between 30 and 65%) to tourists following the slump due to the impact of the Mount Sinabung eruption. However, most of the tourist attractions in Karo are located between 15 kilometres and 40 kilometres from the mountain where the danger zone has a 7-km radius.

The article of the Jakarta Globe tells us that activity of Mount Marapi in West Sumatra has intensified in the past three days. Five eruptive episodes have been recorded since Thursday with gas and ash emissions up to 700 metres above the summit. Visitors are strongly advised not to come beyond 3 km from the mountain.

Sources: The Jakarta Globe / Xinhua press agency.

Sinabung-blog

Le Sinabung le 9 janvier 2014.

Eruptions super volcaniques

drapeau francaisUne équipe de géologues suisses, français et britanniques a tenté de comprendre ce qui peut provoquer les éruptions des super volcans.
Le résultat de leur étude, publié dans la revue Nature Geoscience , montre que la flottabilité et la poussée du magma constituent la principale explication du réveil de ces monstres de feu.
Afin d’essayer de comprendre pourquoi les super volcans comme Yellowstone sont si différents des volcans classiques, l’équipe a procédé à une modélisation informatique de l’activité volcanique en basant l’âge des éruptions sur un minéral témoin, le zircon, que l’on trouve dans les roches volcaniques.
Par ailleurs, une équipe de l’Institut Fédéral Suisse de Technologie de Zurich a utilisé une installation à rayons X de haute technologie (le synchrotron européen) pour étudier la densité de la roche en fusion qui sommeille sous les super volcans. La densité est un facteur important: Comme le magma dans la chambre est moins dense que la roche encaissante, il exerce une poussée sur le toit de cette même chambre.
Dans les volcans classiques, l’activité est déterminée par la taille de la chambre magmatique. Relativement faible en volume, elle est alimentée par des montées régulières de magma qui est expulsé ensuite en quantités modérées lorsque la pression devient trop élevée.
En revanche, s’agissant des super volcans, la chambre magmatique est trop volumineuse pour être mise sous pression par les seules injections de magma. Ce qui se passe, c’est qu’un magma moins dense et donc plus léger s’accumule régulièrement dans la chambre. Au début, cette dernière est assez forte pour résister à la pression, mais elle finit par céder et provoque une libération cataclysmale de matériaux.
L’équipe de géologues suisses, français et britanniques a calculé que l’éruption volcanique la plus intense impliquerait une libération de magma comprise entre 3500 et 7000 kilomètres cubes. C’est la première fois qu’un plafond est défini pour une telle éruption volcanique.
Les auteurs espèrent que les deux études fourniront des indications utiles quant à la fréquence des événements provoqués par les super volcans. A ce jour, on ne sait presque rien sur la vitesse de remplissage et l’explosion de la chambre magmatique. Seules 23 éruptions de ce type se sont produites au cours des 32 derniers millions d’années.

Source : Presse britannique.

Voici un lien vers un communiqué de presse du CNRS qui donne plus d’explications sur « les conditions d’éruption d’un super volcan » : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3375.htm

A noter que l’article paru dans GeoScience a provoqué un certain nombre de réactions. Un volcanologue néo-zélandais a fait remarquer que l’étude française sur les super volcans n’apportait rien de vraiment nouveau. Il a ajouté que la modélisation informatique avait ses limites. Comme il n’y avait pas d’humains pour assister aux éruptions des super volcans dans les temps préhistoriques, les scientifiques doivent se rabattre sur l’examen des matériaux expulsés pendant les éruptions pour trouver des indices.

drapeau anglaisA team of geologists from Switzerland, France and Britain has tried to understand what may cause super volcanoes to erupt.

The result of their study, published in the journal Nature Geoscience, shows that the buoyancy of magma is the key explanation as to why these monsters come to life

Seeking to understand why super volcanoes like Yellowstone can be so different from conventional ones, the team built a computer model of volcanic activity, basing the age of eruptions on a telltale mineral, zircon, found in volcanic rocks.

Separately, a team from the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich used a hi-tech X-ray facility to study the density of molten rock below super-volcanoes. Density is important: As magma in the chamber is less dense than solid rock, it pushes on the roof of the chamber

In conventional volcanoes, activity is determined by the size of the magma chamber. Relatively small in volume, it is replenished by regular ascents of magma which is expelled in moderate amounts when the pressure becomes too high.

Differently, in super volcanoes, the magma chamber is too big to be pressurised by magma injections alone. What happens is that a buoyant kind of magma steadily accumulates in the chamber. At the beginning, the chamber is strong enough to resist the pressure but it eventually breaks apart in a cataclysmic discharge.

The Swiss-French-British team calculated that the maximum volcanic eruption would entail a release of between 3,500 and 7,000 cubic kilometres of magma; this is the first time an upper limit has ever been established for a volcano.

The authors hope the two studies will provide useful pointers as to the frequency of super-volcano events. Almost nothing is known about how fast these volcanoes recharge with magma and blow up. Only 23 such eruptions have occurred in the last 32 million years.

Source: British press.

The GeoScience article has triggered some reactions. Among them, a New Zealand volcanologist said the new French research on super-volcanoes does not offer anything new.

He added that computer modelling has a limited value, and as there were no humans around to see super-volcanoes erupting in prehistoric times, scientists have to examine the debris from eruptions for clues.

Yellowstone-blog

(Photo:  C. Grandpey)