White Island (Nouvelle Zélande) : Vers un retour à la normale // Going back to normal

drapeau-francaisSelon le GNS, l’épisode éruptif observé ces derniers jours à White Island touche à sa fin. Les dernières observations faites hier laissent supposer que l’éruption a cessé. En conséquence, les autorités ont abaissé le niveau d’alerte volcanique à 2 et la couleur de l’alerte aérienne à Jaune. L’analyse de la cendre ne révèle aucune présence de magma juvénile. Les gaz sous pression ont juste fait remonter d’anciens matériaux à la surface. L’activité sismique reste faible. Le GNS indique que, bien que l’éruption de mardi ait cessé, une nouvelle activité éruptive reste possible, sans prévenir.

—————————

drapeau-anglaisAccording to GNS, White Island’s latest eruptive episode has come to a close. The latest observations made yesterday suggested that the eruption had ceased, and authorities had now lowered its Volcanic Alert Level to 2 and the Aviation Colour code to Yellow. Analysis of ash collected on Wednesday shows no evidence that Tuesday’s eruption was driven by new magma. Instead, gas flow dragged recently loosened material to the surface. Seismic activity remains low. GNS indicates that although Tuesday’s eruption has ceased, White Island is always capable of a new eruption at any time, without prior warning.

 

Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) et du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisÀ Hawaii, l’éruption continue au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone. Les inclinomètres au sommet enregistrent un nouvel épisode d’inflation de l’édifice volcanique et le niveau du lac de lave réagit à ce gonflement du volcan. Sa surface se trouve à environ 11 mètres au-dessous du plancher de l’Halema’uma’u et il ne serait pas surprenant qu’un débordement soit observé dans les heures ou les jours à venir.
Le HVO indique qu’il n’y a pas eu de changements significatifs dans le secteur du Pu’uO’o au cours des derniers jours. La sismicité et la déformation sont assez stables.
La coulée de lave 61g continue d’entrer dans l’océan près de Kamokuna, avec deux entrées principales qui forment des deltas. Des sorties de lave continuent à être observées sur la plaine côtière à environ 2 km en amont de l’entrée de la coulée dans l’océan.
Source: HVO.

hawaii-14-septembreLe lac de lave est parfaitement visible depuis le Jaggar Museum.

Pendant ce temps, l’éruption se poursuit d’une manière stable au Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. A en juger par les images des webcams, des fontaines de lave jaillissent toujours de la fracture éruptive ; elles alimentent des coulées qui se dirigent vers les Grandes Pentes. L’Observatoire indique que la lave jaillit jusqu’à 20-30 mètres de hauteur. Deux cônes sont en cours d’édification le long de la fissure éruptive.

piton-14-sept

——————————————————-

drapeau-anglaisIn Hawaii, Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from its East Rift Zone. Summit tiltmeters are recording a new episode of inflationary tilt, and the level of the summit lava lake is rising accordingly slightly. Its surface is about 11 metres below the floor of Halema’uma’u and it would not come as a surprise if an overflow took place in the coming hours or days.
HVO indicates that there have been no noteworthy geological changes at Pu’uO’o over the past days. Seismicity and deformation are quite stable.

The 61g lava flow, continues to supply lava to the ocean near Kamokuna, with two main entry areas, both forming lava deltas.. Breakouts remain active on the coastal plain about 2 km inland from ocean entry.

Source: HVO.

Meantime, the eruption is going on in a stable way at the Piton de la Fournaise on Reunion Island. Judging from the webcam images, lava fountains are still rising from the eruptive fissure and feeding lava flows that travel towards the Grandes Pentes. The Observatory indicates that lava shoots up to 20-30 metres high. Two cones are being built along the eruptive fissure.

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Poursuite de l’éruption // The eruption is going on

drapeau-francaisDans son dernier bulletin du 12 septembre au matin (heure locale), l’OVPF indique que l’éruption qui a débuté le 11 septembre à 8h41 (heure locale) se poursuit. Après avoir diminué d’un facteur 4 dans la journée hier, le trémor volcanique est stable depuis 21h00. Les webcams montrent actuellement une fontaine de lave et une coulée qui se dirige vers les Grandes Pentes. Reste à savoir maintenant si cette éruption ne sera qu’un feu de paille ou si elle est partie pour durer…De nombreuses photos de l’éruption sont visibles sur le site du Journal de l’Ile (http://www.clicanoo.re/).

———————————–

drapeau-anglaisIn its latest update (September 12th), OVPF indicates that the eruption that started on September 11th at 8:41 (local time) is going on. After a fourfold decrease yesterday, the eruptive tremor has stabilised. The webcams currently show a lava fountain and a lava flow that travers along the Grandes Pentes. The question now is to know whether this eruption will be short-lived or if it will go on for a long time… Photos of the eruption can be seen on the website of the Journal de l’Ile. (http://www.clicanoo.re/)

Le Krakatau et les cactus // Krakatau volcano and the cacti

drapeau-francaisIl y a 133 ans, en 1883, le Krakatau entrait en éruption, avec pour conséquences une baisse des températures et des perturbations météorologiques dans le monde entier. De l’autre côté de la planète, dans le sillage de l’éruption, une prolifération de cactus saguaro était observée dans le Désert de Sonora, la plus grande zone désertique d’Amérique du Nord, au coeur de l’Etat d’Arizona.
Une biogéographe américaine pense que les perturbations météorologiques subies par une grande partie de l’hémisphère nord suite à l’éruption du Krakatau ont généré des conditions idéales dans le désert de Sonora pour le développement des jeunes cactus.
Le saguaro est essentiel à la survie de nombreuses espèces dans le désert. Presque tous les animaux du Sonora les utilisent d’une façon ou d’une autre, comme site de nidification ou comme nourriture, ou comme refuge de fraîcheur dans ce lieu où les températures peuvent facilement dépasser 40°C pendant des semaines en été, époque où les plantules de saguaro viennent de germer.
Clé de voûte de l’écosystème du désert de Sonora, le saguaro (Carnegiea gigantea) est robuste à l’âge adulte, mais très fragile dans les premières années de sa vie. Alors que les adultes peuvent atteindre une hauteur de 12 mètres, les jeunes grandissent de quelques millimètres la première année. Ils sont sensibles à la chaleur et au froid, vulnérables à la sécheresse et au gel, dans leur environnement désertique. Les deux ou trois ans premières années sont les plus importantes ; les jeunes plantes exigent alors des étés frais, des hivers doux et des pluies suffisantes. La plupart du temps, tous les très jeunes saguaros meurent. Cependant, l’année qui a suivi l’éruption du Krakatau, les températures estivales dans l’hémisphère nord se sont situées 1,2°C en dessous de la moyenne. Pour le saguaro, ces perturbations climatiques semblent avoir constitué des conditions favorables à une nouvelle croissance.
Pour réaliser l’étude, la biogéographe s’est rendue dans la réserve naturelle de Kofa (Kofa National Wildlife Refuge) près de Yuma, en Arizona – où la rareté de l’eau repousse les limites physiologiques du saguaro – afin d’y prélever des échantillons montrant l’âge des cactus locaux. La scientifique a calculé l’âge de 250 individus et ajouté des données obtenues à partir de 30 sites dans le désert du nord de Sonora. Elle a ensuite comparé plusieurs générations de cactus aux données climatiques pour la région, ainsi qu’au Weighted Historical Dust Veil Index, un bon indicateur de la poussière générée par le volcanisme. Les années de prolifération des saguaros ont suivi les pics présents sur l’Index, en particulier dans l’environnement marginal de la réserve de Kofa. Les niveaux élevés de poussière volcanique correspondaient aux hivers plus chauds et plus humides de la région, et à la pluie plus abondante à la fin du printemps.
Il sera maintenant intéressant d’étudier la façon dont les cactus réagissent au changement climatique et au réchauffement planétaire. De l’avis de la chercheuse, les cactus saguaro ne sont pas menacés pour le moment, mais la nature imprévisible de leur reproduction inquiète certains scientifiques qui se demandent comment les cactus réagiront aux modifications climatiques. Le fait qu’un volcan comme le Krakatau, situé sur un autre continent, puisse profondément influencer une population de cactus en Arizona souligne l’interdépendance entre les écosystèmes et le climat de notre planète.
Source: Environmental News Network (ENN).

——————————————-

drapeau-anglais133 years ago, in 1883, Krakatoa erupted, unleashing years of cool temperatures and weather disruptions around the world. On the far side of the planet, a bumper crop of saguaro cacti were getting their start in life in Arizona’s Sonoran Desert, in the wake of the Krakatoa eruption.

An American biogeographer believes that the volcanic climate perturbations that delivered disastrously cold and stormy weather to much of the Northern Hemisphere generated a combination of conditions in the Sonoran Desert that were just right for the delicate young cacti.

The saguaro is key to the survival of many species. Almost every animal in the Sonoran uses them in some way, as a nest site, or food, or a cool refuge in this desert where temperatures can easily exceed 40°C every day for weeks in summer, when saguaro seedlings have just germinated.

A keystone species of the Sonoran ecosystem, the saguaro (Carnegiea gigantea) is sturdy in maturity but delicate in the early years of its life. Though mature individuals can top 12 metres, new cacti grow only a few millimetres in the first year. Tiny young saguaros are susceptible to heat and cold, vulnerable to drying out or freezing in their desert environment. For a critical two to three years, until they grow large enough to withstand cold and drought, they demand cool summers, mild winters, and sufficient rain. In most years, all the baby saguaros die. However, in the year after the Krakatoa eruption, summer temperatures in the Northern Hemisphere fell 1.2°C below average. For the saguaro, the perturbations appear to have amounted to a collection of just right conditions for new growth.

In order to perform the study, the researcher went to Kofa National Wildlife Refuge near Yuma, Arizona, where limited water pushes the physiological limits of the saguaro, to sample the age structure of the local cacti. The scientist estimated the ages of 250 cacti, added data from 30 locations in the Northern Sonoran Desert and compared the generational cohorts of the cacti to climate datasets for the region and the annual Weighted Historical Dust Veil Index, an indicator of volcanism. Saguaro boom years tracked the peaks in the dust index, particularly in the marginal environment at Kofa. High volcanic dust levels also correlated with warmer, wetter, local winters, and more rain in late spring.

It will now be interesting to study how cacti react to climate change and global warming. In the researcher’s opinion, the saguaro cacti are not currently threatened, but the unpredictable nature of their reproduction makes some conservators nervous about how the giants will respond to a changing climate. That a volcano elsewhere on the continent, or even the other side of the world, can so profoundly influence a local population underscores interconnectedness of ecosystems and our global climate.

Source: Environmental News Network (ENN).

Saguaro 01_modifié-1

Saguaro 02

Krakatau blog

Photos: C. Grandpey