Enregistrements du tonnerre volcanique // Recordings of volcanic thunder

Des orages se produisent souvent pendant les éruptions volcaniques avec la présence d’éclairs dans les panaches lorsque les particules de cendre s’électrifient en entrant en collision les unes avec les autres. Les chercheurs étaient persuadés que les éclairs volcaniques étaient suivis de coups tonnerre, comme pendant les orages classiques, mais qu’ils n’avaient pas encore été en mesure de faire la distinction entre les coups de tonnerre et les grondements de l’éruption proprement dite. Une nouvelle étude publiée en mars 2018 dans la revue scientifique Geophysical Research Letters, nous apprend que des scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska (AVO) ont pu enregistrer le tonnerre sur le volcan Bogoslof dans les îles Aléoutiennes.
Les scientifiques de l’AVO surveillent en permanence les îles Aléoutiennes et tentent de détecter à distance les signes d’éruptions imminentes. Ils utilisent des capteurs sismiques pour détecter les mouvements du sol avant ou pendant une éruption, des réseaux de microphones pour détecter les explosions et s’appuient sur le service d’information sur la localisation de la foudre dans le monde (World Wide Lightning Location Network – WWLLN) pour détecter les éclairs dans les panaches de cendre. Les orages sont rares dans les îles Aléoutiennes ; lorsque les capteurs détectent la foudre, cela signifie presque inévitablement qu’une éruption est en train de se produire.
Le Bogoslof est entré en éruption en décembre 2016 et s’est manifesté plus de 60 fois en août 2017. La plupart des éruptions ont produit des nuages ​​de cendre de plus de six kilomètres de hauteur qui ont perturbé le trafic aérien dans toute la région.
Les éruptions du Bogoslof les 8 et 10 juin ont créé des conditions idéales pour observer le tonnerre volcanique. Elles ont généré d’immenses panaches de cendre qui ont été observés plusieurs heures après la fin des éruptions. Dans ces conditions, les chercheurs ont pu percevoir les coups de tonnerre provoqués par la foudre dans les panaches de cendre, sans être gênés par les grondements de l’éruption à l’arrière-plan.
Les capteurs du WWLLN ont détecté des éclairs dans les panaches de cendre du Bogoslof pendant plusieurs minutes après la fin de chaque éruption. Dans leur dernière étude, les chercheurs ont comparé le déclenchement et la localisation des éclairs avec les sons enregistrés par un réseau de microphones sur l’île d’Okmok, à environ 57 km de là. Ils ont conclu que le timing et le volume des sons captés par les microphones ne pouvait que correspondre au bruit émis par le tonnerre après les éclairs.
Le 8 mars, les microphones ont enregistré au moins six séquences sonores bien distinctes trois minutes après que la foudre ait atteint son paroxysme dans le panache. Le timing des séquences sonores ne pouvait que provenir des coups de tonnerre causés par la foudre. Les microphones étant positionnés à 57 kilomètres du volcan, il fallait trois minutes au son pour les atteindre.
Le 10 juin, les micros ont capté de nouvelles séquences sonores provenant d’une direction légèrement différente de celle des sons de l’éruption. Leur emplacement correspondait aux zones maximales d’activité de la foudre. Un chercheur a déclaré: « Si les gens avaient pu observer l’éruption, ils auraient entendu les coups de tonnerre.
Source: The Dutch Harbor Fisherman.

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Lightning is common in volcanic plumes because particles of ash and ice scrape and collide with each other and become electrified. Researchers assumed volcanic lightning is followed by thunder, as it is during thunderstorms, but they had not yet been able to tease out thunderclaps from the noises of the eruption itself, and many scientists considered it impossible. However, in a new study published this month in the scientific journal Geophysical Research Letters, scientists explain that they detected thunder at Bogoslof volcano in Alaska’s Aleutian Islands.

Researchers at the Alaska Volcano Observatory constantly monitor the Aleutian Islands from afar for signs of impending eruptions. They use seismic sensors to pick up ground movement before or during an eruption, arrays of microphones to detect sounds of ash exploding skyward and the World Wide Lightning Location Network (WWLLN)  to detect lightning strokes within an ash plume. Thunderstorms are rare in the Aleutian Islands, so when sensors detect lightning, it most likely means there is an ongoing eruption.

Bogoslof started erupting in December 2016 and erupted more than 60 times through August 2017. Many of the eruptions produced towering clouds of ash more than six kilometres high that disrupted air travel throughout the region.

Bogoslof’s eruptions on March 8th and June 10th created ideal conditions for observing volcanic thunder. Both eruptions generated immense ash plumes that persisted for several hours after the eruptions ceased. Without the din of an eruption in the background, researchers had a better chance of hearing cracks of thunder caused by lightning in the plume.

WWLLN sensors detected lightning strokes in the ash plumes for several minutes after each eruption ended. In the new study, the researchers compared the timing and location of the lightning strikes to sounds recorded by a microphone array on the island of Okmok, about 57 km away. They found the timing and volume of the sounds the microphones picked up matched the lightning data in a way only thunder could.

On March 8th, the microphones recorded at least six distinct bursts of sound that occurred three minutes after lightning activity in the plume peaked. The timing of the bursts means they were almost certainly thunderclaps caused by the lightning: The microphones were 57 kilometres away from the volcano, so it would have taken sound three minutes to reach the microphones.

On June 10th the microphones picked up bursts of sound coming from a slightly different direction than sounds from the eruption. The location of the bursts corresponded to areas of peak lightning activity. Said one researcher: « If people had been observing the eruption in person, they would have heard this thunder.

Source: The Dutch Harbor Fisherman.

Eruption du Bogoslof vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Eclairs dans le panache du Rinjani (Indonésie) en 1994 [Crédit photo: Wikipedia]

Nouvelle violente éruption du Sinabung (Indonésie)

Une nouvelle éruption majeure s’est produite aujourd’hui 8 avril 2018 sur le Sinabung vers 9 heures (TU). Les panaches de cendre ont atteint une quinzaine de kilomètres d’altitude. C’est la deuxième éruption majeure de ce volcan en l’espace de deux mois. Elle a également généré des coulées pyroclastiques qui ont dévalé dur 3,5 km sur les versants E et SE.

Vous pourrez voir des images de cet épisode éruptif sur le site The Watchers en cliquant sur le lien suivant :

https://watchers.news/2018/04/06/sinabung-eruption-april-6-2018/

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A new major eruption took place at Mount Sinabung at about 09:00 UTC on April 6th, 2018, with ash plumes up to 15 km a.s.l. This is the second major eruption of this volcano within 2 months. The eruption produced numerous pyroclastic flows, reaching 3.5 km to the east and southeast.

Images of today’s eruption can be seen on the website The Watchers at this address :

https://watchers.news/2018/04/06/sinabung-eruption-april-6-2018/

Crédit photo: J.P. Vauzelle

Shinmoedake (Japon)

Le Shinmoedake estr entré en éruption le 6 mars 2018 et l’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a déclaré une semaine plus tard qu’il fallait s’attendre à de nouvelles éruptions explosives pendant plusieurs mois. Il semble que l’agence avait raison car une nouvelle puissante éruption a été observée le jeudi 5 avril en début de journée, avec un panache de cendre d’environ 5000 mètres de hauteur. Selon la JMA, cette dernière éruption est la plus importante depuis le 25 mars.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3, ce qui limite l’accès au volcan. Au cours du dernier épisode éruptif, des matériaux ont été projetés à environ 1,1 km du cratère et des éclairs volcaniques ont été observés, comme on peut le voir à la fin de cette vidéo:
https://youtu.be/8V0YgZobHuk

Source: The Japan Times.

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Mount Shinmoe started erupting violently on March 6th, 2018 and the Japan Meteorological Agency (JMA) said a week later that it was expected to continue explosive eruptions for several months. It seems the agency was right as another powerful eruption was observed early Thursday, April 5th, with an ash plume about 5,000 metres high. The eruption was the largest since March 25th, according to the agency.

The alert level is kept at 3, which restricts access to the mountain. Following the latest eruption, rocks flew within around 1.1 km of the crater and volcanic lighting was observed as can be seen at the end of this video:

https://youtu.be/8V0YgZobHuk

Source: The Japan Times.

Crédit photo: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): On s’impatiente!

9 heures (heure métropole): On s’impatiente sur l’Ile de la Réunion. On piaffe. On trépigne. Le Piton l’a pété…mais il s’est rendormi presque aussitôt. On scrute les webcams et les bulletins de l’Observatoire, mais les scientifiques ne savent pas comment va évoluer la situation et donnent des réponses de Normands. L’éruption reprendra-t-elle ? P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non ! Reprendra-t-elle dans l’Enclos ? P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non !  Personne ne le sait. On sent les volcanophiles locaux en proie à une grande frustration.

Pour calmer leur impatience, voici quelques superbes photos de la phase initiale de l’éruption que m’a fait parvenir Christian Holveck, bien connu pour la qualité de ses images. Vous en trouverez d’autres en visitant son site web à cette adresse :

http://www.christianholveck.com/

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17 heures (heure métropole): Pas d’éruption en vue en fin de journée réunionnaise. L’OVPF indique que « la sismicité a bien diminué ces dernières 24 heures avec12 événements superficiels enregistrés le 5 avril 2018 entre 00h et 15h (heure locale). Aucun séisme profond n’a été enregistré. Aucun séisme non plus sous le flanc nord nord-est. Par contre, 11 éboulements ont été enregistrés entre 00h et 15h au niveau du Nez Coupé de Sainte Rose.

Aucune déformation majeure de l’édifice n’est enregistrée.

Les concentrations de H2S et SO2 dans l’atmosphère au niveau de la zone sommitale sont en dessous du seuil de détection.

Source : OVPF.

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17:00 (Paris time): No eruption in sight at the end of the day on Reunion Island. OVPF indicates that « seismicity has decreased in the last 24 hours with 12 shallow events recorded on April 5th, 2018 between 00:00 and 15:00 (local time). No deep earthquake has been recorded. No earthquakes either beneath the north-northeast flank. However, 11 rockfalls were observed between 00:00 and 15:00 at the Nez Coupé de Sainte Rose.
No major deformation of the edifice has been recorded.
The H2S and SO2 concentrations in the atmosphere on the summit area are below the detection limit.
Source: OVPF.

Photos: Christian Holveck