Rencontre rapprochée avec Io, la lune de Jupiter (suite) // Close encounter with Io, Jupiter’s moon (continued)

Dans une note publiée le 29 décembre 2023, j’écrivais que le vaisseau spatial Juno de la NASA devait effectuer un survol rapproché de Io, la lune de Jupiter, ce qu’aucun vaisseau spatial n’avait réalisé depuis plus de 20 ans. À environ 1 500 kilomètres de la surface de la planète volcanique, le survol devait permettre aux instruments de Juno de fournir une mine de données.
Comme prévu, le vaisseau spatial de la NASA s’est approché de Io et est passé à environ 1 500 kilomètres de sa surface le 30 décembre 2023. Juno a pu capturer des images incroyablement détaillées de la lune de Jupiter.

 

La seule fois où un vaisseau spatial de la NASA s’est rapproché d’Io, c’était en 2001, lorsque Galileo est passé à 181 kilomètres au-dessus du pôle sud d’Io.
Juno a été lancée le 5 août 2011 et a atteint Jupiter et son système lunaire le 4 juillet 2016 après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres.
Le but de ce survol à basse altitude n’était pas seulement de prendre des photos spectaculaires, mais aussi de collecter des données importantes sur Io et son volcanisme. Comme je l’expliquais dans ma note du 29 décembre, « en combinant les données de ce survol avec des observations précédentes, l’équipe scientifique de Juno espérait étudier le comportement très fluctuant des volcans d’Io ». En particulier, les chercheurs voudraient savoir « à quelle fréquence ces volcans entrent en éruption, à quel moment ils sont sont brillants et atteignent de très hautes températures, comment change la morphologie des coulées de lave, et comment l’activité d’Io est liée au flux de particules chargées dans la magnétosphère de Jupiter ».

L’instrument JunoCam a acquis six images de Io au cours du survol à basse altitude. Une photo en noir et blanc a été prise à une altitude d’environ 2 500 kilomètres.

 

Io doit son statut de corps volcanique le plus actif du système solaire à l’immense gravité de Jupiter, la planète la plus volumineuse du système solaire, ainsi qu’à l’influence gravitationnelle des autres lunes de Jupiter —  Europe, Ganymède et Callisto. Ensemble, ces lunes et Jupiter exercent une traction et une poussée sur Io, ce qui génère des forces de marée. Ces forces sont si intenses qu’elles peuvent faire varier la surface d’Io avec des extrêmes allant jusqu’à 100 mètres. En conséquence, la surface d’Io, un corps à peu près de la même taille que notre Lune, est recouverte de centaines de volcans actifs qui crachent de la lave jusqu’à des dizaines de kilomètres au-dessus de sa surface.

Les lunes de Jupiter : Callisto, Ganymède, Europe et IO

Juno devrait effectuer un nouveau survol à basse altitude de Io (1 500 km) le 2 février 2023. En fait, ce ne sera pas la dernière fois que le vaisseau spatial s’approchera de Io, mais ces survols deviendront de plus en plus éloignés de la surface.
Juno atteindra la fin de sa mission en septembre 2025 lorsque la NASA fera s’écraser le vaisseau spatial dans l’atmosphère de Jupiter, concluant ainsi 9 années d’étude de la géante gazeuse et de ses lunes.
Le catalogue complet des images brutes d’Io prises par le vaisseau spatial en décembre 2023 est disponible sur le site web de la mission Juno :
https://www.missionjuno.swri.edu/junocam/processing?source=junocam&phases%5B%5D=PERIJOVE+57

Source : NASA, space.com.

Images transmises par la sonde Juno le 30 décembre 2023

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As I put it in a post released on December 29th, 2023, NASA’s Juno spacecraft was expected to make the closest flyby of Jupiter’s moon Io that any spacecraft had made in over 20 years. Coming within roughly 1,500 kilometers from the surface of the most volcanic world in our solar system, the pass was expected to allow Juno instruments to generate a firehose of data.

As predicted, NASA’s Juno spacecraft came close to the planet’s moon and passed within around 1,500 kilometers from its surface on December 30th, 2023, Juno was able to capture stunningly detailed images of the Jovian moon. The only time a spacecraft has come closer to Io was in 2001, when NASA’s Galileo spacecraft passed 181 kilometers above Io’s south pole.

Juno was launched on August 5th, 2011, and reached Jupiter and its system of moons on July 4th, 2016 after a 2.8-billion-kilometer journey.

The purpose of the close passage was not just to take some incredible images, but also to collect important data about Io and its volcanism. As I explained in my 29 December post, « by combining data from this flyby with previous observations, the Juno science team hoped to study how Io’s volcanoes vary. » In particular, researchers are looking for « how often they erupt, how bright and hot they are, how the shape of the lava flow changes, and how Io’s activity is connected to the flow of charged particles in Jupiter’s magnetosphere. »

The JunoCam instrument acquired six images of Jupiter’s moon Io during its close encounter today. This black-and-white view was taken at an altitude of about 2,500 kilometers.

Io gets its status as the solar system’s most volcanic body as a result of the immense gravity of Jupiter, the most massive planet in the solar system, in addition to the gravitational influence of the other large Jovian moons  —  Europa, Ganymede and Callisto. Together, the Jovian moons and Jupiter pull and push on Io, generating tidal forces. These tidal forces are so immense they can cause the surface of Io to rise and drop by extremes as great as 100 meters. As a result, the surface of Io, a body roughly the same size as Earth’s moon, is covered in hundreds of active volcanoes that spew lava as high as dozens of kilometers above its surface.
Juno is expected to make another close approach to Io (1,500 km) on February 2nd, 2023. Actually, that won’t be the last time Juno makes a close approach to Io, but these flybys will get subsequently more and more distant.

After the final approach to Io, Juno will reach the end of its mission in September 2025 when the spacecraft will be intentionally crashed into the atmosphere of Jupiter, concluding its 9-year study of the gas giant and its moons.

The full catalog of the spacecraft’s Decembe 2023 raw images of io are available on the Juno mission website :

https://www.missionjuno.swri.edu/junocam/processing?source=junocam&phases%5B%5D=PERIJOVE+57

Source : NASA, space.com.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Une nouvelle carte de risques a été publiée par le Met Office islandais.

Carte actuelle

 

Le principal changement par rapport à la carte précédente concerne la région de Svartsengi (zone 1), qui présente désormais un niveau de risque modéré, reflétant une diminution d’activité par rapport à la carte précédente.

Carte précédente

Ce changement est justifié par l’absence de formation de fractures superficielles majeures dans le secteur. De plus, les dernières observations font de Sundhnúksgígar le lieu le plus probable pour une éruption.

A noter la réouverture du Blue Lagoon le 6 janvier au matin…en espérant qu’une fermeture n’interviendra pas dans les 24 heures!! De plus, le port de Grindavik devrait reprendre une activité normale la semaine prochaine.

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A new hazard map has been issued byThe Icelandic Met Office. The main change compared with the previous map affects the Svartsengi region (zone 1), which is now considered to be at a moderate hazard level, reflecting a decrease from the previous map. The justification for this change is that no new major fractures have formed lately in the area. Moreover, the latest observations make Sundhnúksgígar the prime location for an eruption.

The Blue Lagoon reopened on January 6th in the morning. Let’s hope it will not close in the next 24 hours!! It is expected that all operations at Grindavík harbour will start again next week.

Quelques nouvelles d’Islande // Some news from Iceland

Le 3 janvier 2024, un séisme de M 4,5, suivi d’un événement de M 3,9, s’est produit près de Trölladyngja, un volcan situé sur la péninsule de Reykjanes entre Grindavík et la capitale, avec une série de répliques. Le Met Office précise que les séismes se sont produits à environ 20 km au NNE de Svartsengi, à une profondeur d’environ 5 km et ont probablement été déclenchés suite à la libération de contraintes dans le sol sur la péninsule de Reykjanes. Les secousses ont été ressenties dans toute la région sud-ouest de l’Islande. Quelques 640 autres séismes ont été enregistrés depuis le séisme du 3 janvier, mais leur fréquence a rapidement diminué. Aucune anomalie géologique n’a été observé à Svartsengi lors de la dernière activité sismique. De la même manière, le Met Office indique que le soulèvement du sol à proximité de la centrale électrique de Svartsengi se poursuit, même si la vitesse de soulèvement a considérablement ralenti ces derniers jours.
Suite aux séismes du 3 janvier, certaines personnes ont évoqué la construction de digues de protection dans la partie la plus occidentale de Hafnarfjörður, étant donné que l’activité sismique pourrait indiquer une possible activité éruptive près de la ville dans les années à venir. Cependant, le département de Protection civile a fait savoir que toute discussion à propos de digues de protection pour la zone de la capitale était prématurée. De toute façon, une évaluation complète des risques liés à l’activité volcanique dans la région est en cours depuis 2012.

Source : Iceland Review, Met Office.

Les étoiles vertes indiquent les 2 principaux séismes du 3 janvier 2024 (Source: Met Office)

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On January 3rd, 2024, an M 4.5 earthquake, followed by another M 3.9 event occurred near Trölladyngja, a volcano located on the Reykjanes peninsula between Grindavík and the capital area, with a series of aftershocks. The Met Office specifies that the earthquakes occurred about 20 km NNE of Svartsengi, at a depth of approximately 5 km and were likely triggered in response to stress released from earth movement elsewhere on the Reykjanes Peninsula. These earthquakes were widely felt in the southwest region of Iceland. In all, about 640 tremors have been recorded since the earthquake, but their frequency rapidly decreased. No signs of geological unrest were observed in Svartsengi during the latest seismic activity. In the same way, the Met Office indicates that land uplift near the Svartsengi Power Station continues, although the rate has significantly slowed in recent days.

Following the 3 January quakes, there was discussion about the construction of protective barriers in the westernmost part of Hafnarfjörður given that the seismic activity might indicate possible eruptions near the town in the coming years. However, the Department of Civil Protection said that any discussion of protective barriers for the capital area was premature while a comprehensive hazard assessment for volcanic activity in the area has been underway since 2012. .

Source : Iceland Review, Met Office.

Prévision éruptive et sismique : il reste beaucoup à faire ! // Eruptive and seismic prediction : much remains to be done !

L’éruption du 18 décembre 2023 en Islande nous a montré que la prévision volcanique est loin d’être parfaite. La lave a percé la surface quelques heures après que le Blue Lagoon ait été autorisé à rouvrir et après que la Protection civile ait déclaré que les habitants de Grindavik seraient autorisés à rentrer chez eux pour Noël.
Le 1er janvier 2024 au Japon nous a montré les faiblesses de la prévision sismique
Les scientifiques japonais ont du mal à comprendre les forces qui ont généré le séisme M-7.6 dans la région de Noto, dans la préfecture d’Ishikawa. Le fait que ce puissant événement se soit produit lors d’un essaim sismique a surpris les sismologues. En général, un essaim sismique ne produit pas de séisme d’une magnitude supérieure à M 6,0. Les japonais ont également remarqué que le séisme du 1er janvier était plus puissant que le grand séisme de Hanshin qui a frappé la région de Kobe en 1995 et coûté la vie à environ 6 400 personnes.
Les sismologues japonais pensent que l’une des causes du dernier séisme est la montée d’eau et de vapeur sous forte pression depuis les profondeurs, ce qui avait déjà déclenché un séisme de M 6,5 le 5 mai 2023.
Compte tenu de l’intensité et de l’ampleur de la dernière série de séismes, les habitants ont été invités à rester vigilants car des événements violents pourraient se produire au cours de la semaine prochaine et surtout au cours des deux à trois prochains jours. Les habitants dont les maisons ont été endommagées ont été invités à les évacuer le plus rapidement possible. Les personnes vivant dans les zones côtières ont été invitées à rester vigilantes car un tsunami dans la Mer du Japon atteint rapidement la côte après un puissant séisme.
On sait que la zone au large de la péninsule de Noto est une ligne de faille active. Cependant, même si le mécanisme qui a déclenché le dernier séisme était similaire aux séismes précédents survenus dans la péninsule de Noto, les scientifiques japonais n’ont jamais imaginé qu’un séisme d’une telle ampleur pourrait se produire dans cette zone.
Lorsque le séisme et le tsunami de Tōhoku se sont produits en 2011 sur la côte est de Honshu, avec les conséquences que l’on sait pour la centrale de Fukushima, juste en face de la préfecture d’Ishikawa sur la côte ouest, les scientifiques japonais craignaient que l’événement perturbe le Mont Fuji et provoque une éruption. Là encore, ils se sont trompés puisque aucune éruption du Mont Fuji ne s’est produite à ce jour. Aucune mention n’a été faite du Mont Fuji après le séisme du 1er janvier 2024…
Source  : médias d’information japonais.

 

Les dégâts du séisme du 1er janvier à Noto, dans la Préfecture Ishikawa, le 1er janvier 2024 (Crédit photo : Yoshinori Doi)

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The 18 December 2023 eruption in Iceland showed us that volcanic prediction is far from perfect. Lava pierced the surface a few hours after the Blue Lagoon had been allowed to reopen and after the Civil Defense said Grindavik residents would be allowed to go baxk home for Christmas.

The 1 January 2024 in Japan showed usthe weaknesses of seismic prediction.

Japanese scientists were puzzled by the forces that generated the M-7.6 earthquake in the Noto region of Ishikawa Prefecture. The fact that the powerful event occurred during an earthquake swarm caught seismologists by surprise.Generally speaking, an earthquake swarm does not produce a quake with a magnitude over M 6.0. They also noted it was stronger than the Great Hanshin Earthquake that hit the Kobe area in 1995 and claimed around 6,400 lives.

One cause of the latest earthquake is believed to be water and steam rising under intense pressure from deep underground, which triggered an M 6.5 earthquake on May 5th, 2023.

Given the intensity and magnitude of the latest series of quakes, residents were urged to be on their guard against strong events over the next week and especially over the next two to three days. Residents whose homes were damaged were urged to evacuate as soon as possible. People living in coastal areas were asked to remain vigilant as tsunami in the Sea of Japan reach shorelines quickly after a big earthquake.

The area off the coast of Noto Peninsula is known as an active fault line. However, while the latest quake mechanism was similar to past quakes in the Noto Peninsula, Japanese scientists never thought a quake of such large magnitude would occur there,

When the Tōhoku earthquake and tsunami occurred in 2011 on the eastern coast of Honshu, right in front of the Ishikawa Prefecture on the western coast, Japanese scientists feared it might disturnb Mount Fuji ansd cause an eruption. Here again, they were wrong to think so as no eruption of Mt Fuji has occurred yet since that time. No mention was made of Mt Fuji after the 1 January 2024 quake…

Source : Japanese news media.