Contrôle des émissions de SO2 depuis l’espace // Monitoring of SO2 emissions from space

drapeau-francaisUn article intitulé « Les satellites découvrent de nouvelles sources de dioxyde de soufre » et  publié le 7 juin 2016 par l’Observatoire de la Terre (Earth Observatory) de la NASA fait un inventaire des émissions de SO2 qui étaient inconnues ou mal connues jusqu’à présent.
En utilisant une nouvelle méthode basée sur les observations satellitaires, les scientifiques ont localisé 75 sources naturelles de SO2, ainsi que 39 autres sources importantes, d’origine humaine et non déclarées. On sait depuis longtemps que lorsqu’il est libéré dans l’atmosphère, le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique (H2SO4), avec de fines particules qui ont des effets néfastes sur la santé et sur l’environnement.
Afin d’élaborer des inventaires complets et précis, les industries, les organismes gouvernementaux et les scientifiques peuvent désormais utiliser les satellites pour repérer les sources de SO2 non répertoriées. En analysant les données pour la période entre 2005 et 2014, les chercheurs ont découvert 39 sources d’émissions de SO2 non signalées précédemment. Parmi elles, on trouve des centrales thermiques brûlant du charbon, des fonderies et des structures pétrolières et gazières, notamment au Moyen-Orient, au Mexique et dans certaines régions de la Russie. En outre, les scientifiques se sont aperçus que les mesures satellitaires des émissions provenant de certaines sources connues étaient deux à trois fois supérieures à ce qui avait été indiqué précédemment en se référant à des estimations effectuées au sol. Au total, les sources non déclarées et sous-déclarées représentent environ 12 pour cent de toutes les émissions anthropiques de dioxyde de soufre, ce qui est considérable.
L’équipe scientifique a également détecté et localisé 75 sources naturelles de SO2, dont beaucoup se trouvent dans des zones volcaniques sans phénomènes éruptifs, mais qui laissent lentement échapper le dioxyde de soufre. Beaucoup de ces sources volcaniques sont dans des endroits éloignés et non surveillés régulièrement. Ces nouvelles données satellitaires sont donc les premières à fournir des informations annuelles régulières sur les émissions volcaniques passives.
La quantification précise des émissions de SO2 a été rendue possible grâce à deux innovations dans l’interprétation des données satellitaires. La première innovation est une amélioration dans le traitement informatique qui transforme les observations satellitaires brutes fournies par l’Ozone Monitoring Instrument (OMI) – instrument de surveillance de l’ozone – en estimations précises des concentrations de SO2, y compris par les installations pétrolières et les centrales électriques de taille moyenne. La seconde innovation est un nouveau programme informatique qui permet de détecter plus précisément le dioxyde de soufre une fois qu’il s’est dispersé et qu’il a été dilué par les vents. Les chercheurs ont combiné ces données avec des modélisations de la force et de la direction du vent pour suivre les polluants jusqu’à leur source.

Source: NASA.

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drapeau-anglaisAn article entitled « Satellite Finds Unreported Sources of Sulfur Dioxide  » published on June 7th, 2016 by NASA’s Earth Observatory makes an inventory of SO2 emissions that were unknown or poorly known until now.

Using a new satellite-based method, scientists have located 75 natural and 39 unreported and major manmade sources of SO2 emissions. When released into the atmosphere, SO2 forms sulphuric acid (H2SO4) and fine particles that have significant adverse effects on human health and the environment.

To develop comprehensive and accurate inventories, industries, government agencies, and scientists can now use satellites to help them pinpoint some of the previously missing sources of SO2. In the analysis of data from 2005 to 2014, researchers found 39 previously unreported emission sources. Among them were clusters of coal-burning power plants, smelters, and oil and gas operations, most notably in the Middle East, but also in Mexico and parts of Russia. Moreover, the satellite measurements of emissions from some known sources were two to three times higher than what was previously reported; referring to ground-based estimates. Altogether, the unreported and underreported sources account for about 12 percent of all manmade emissions of sulphur dioxide, which is considerable.

The research team also located 75 natural sources of SO2, many of them on non-erupting volcanoes that slowly leak the gas. Many of these volcanic sources are in remote locations and not routinely monitored, so this satellite-based data set is the first to provide regular annual information on passive volcanic emissions.

The accurate quantification of SO2 emissions was made possible thanks to two innovations in working with the satellite data. The first innovation was an improvement in the computer processing that transforms raw satellite observations from the Ozone Monitoring Instrument (OMI) into precise estimates of SO2 concentrations, including those emitted by oil-related facilities and medium-sized power plants. The second innovation was a new computer program to more precisely detect sulphur dioxide after it had been dispersed and diluted by winds. The researchers combined those data with model estimates of wind strength and direction to trace pollutants back to their sources.

Source: NASA

SO2

Cette carte montre les émissions de SO2 telles qu’elles ont été détectées au Moyen-Orient entre 2007 et 20019 par l’OMI, mis au point par les Néerlandais et les Finlandais, depuis le satellite Aura de la NASA. (Source : NASA)

 

Une histoire de fou ! // A madman’s story !

drapeau-francaisSi Donald Trump est élu à la présidence des Etats-Unis au mois de novembre 2016, une chose est certaine : le réchauffement climatique va se poursuivre, glaciers et banquise vont continuer à fondre.

Lors d’une conférence de presse à Bismarck, dans le Dakota du Nord, plus gros producteur de pétrole de schiste du pays, le milliardaire américain a en effet promis d’enterrer l’accord de Paris sur le climat en révoquant les engagements pris par Barack Obama pour limiter le réchauffement, s’il lui succède à la Maison Blanche. Il appuierait en outre le projet d’oléoduc Keystone XL et l’exploitation du pétrole de schiste pour assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis. Il a expliqué qu’il ferait de la domination mondiale des Etats-Unis dans le domaine de l’énergie « un objectif de politique étrangère et un objectif stratégique ». Pour ce faire, il promet de totalement déréguler le secteur de l’énergie et favoriser le développement de l’exploitation du pétrole de schiste sans tenir compte des inquiétudes que suscite cette activité pour l’environnement. Selon lui, avec une telle politique, les Etats-Unis ne seraient plus dépendants du Moyen-Orient pour leur énergie.

Dans son discours, Trump a dénoncé les règles visant à limiter le réchauffement climatique adoptées en décembre à Paris lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP21), règles qui vont, selon lui, « tuer l’emploi et le commerce… Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat ».

Concernant l’oléoduc Keystone XL de TransCanada, rejeté par Barack Obama en fin d’année dernière en raison des inquiétudes qu’il suscite pour l’environnement, Donald Trump a indiqué qu’il lui donnerait son feu vert mais en exigeant que les bénéfices reversés aux Etats-Unis soient plus élevés que ce qui était proposé. Le but de cet oléoduc est de transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l’Alberta – récemment menacés par un gigantesque incendie à Fort Mac Murray – jusqu’au Texas, dans le sud des Etats-Unis.

Source : Presse américaine.

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drapeau-anglaisIf Donald Trump is elected to the US presidency in November 2016, one thing is certain: global warming will continue, glaciers and the sea ice will continue to melt.

At a press conference in Bismarck, North Dakota, the biggest shale oil producer in the country, the American billionaire has indeed promised to rip up the Paris climate agreement by revoking Barack Obama’s commitments to limit global warming if he enters the White House. He would also support the Keystone XL pipeline project and shale oil extraction to ensure the energy independence of the United States. He said he would make the global dominance of the United States in the field of energy « a foreign policy objective and a strategic objective. » To do this, he promises to completely deregulate the energy sector and promote the development of shale oil without considering the concerns about this activity to the environment. In his opinion, with such a policy, the United States would no longer be dependent on the Middle East for energy.
In his speech, Trump denounced the rules aimed at limiting global warming that were adopted in Paris in December at the UN Climate Conference (COP21); such  rules will, he said, « kill jobs and trade…I will cancel the Paris climate agreement. »
Concerning the TransCanada Keystone XL pipeline rejected by Barack Obama late last year because of concerns it would cause to the environment, Donald Trump said he would give the project the green light but also require that the profits allowed to the United States are higher than what was proposed. The purpose of this pipeline is to transport oil from the Canadian oil sands of Alberta – recently threatened by a huge fire in Fort Mac Murray – down to Texas in the southern United States.
Source: American Press.

Groenland-blog

Gla 10

Sale temps pour la banquise et les glaciers si Donald Trump est élu à la présidence!

(Photos: C. Grandpey)

Des nouvelles inquiétantes pour l’Arctique // Worrying news for the Arctic

drapeau-francaisLa presse française ne n’est pas fait l’écho d’une information qui présente une réelle importance dans le cadre de la protection de l’Arctique et de son environnement.

A l’issue du dernier Sommet de l’Arctique qui réunissait le Président Obama et les dirigeants des pays nordiques, le Président finlandais Sauli Niinistö a déclaré qu’il n’organiserait pas de sommet de l’Arctique dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’Arctique. Selon lui, la situation internationale ne le permet pas alors et un tel événement a besoin d’une situation mondiale plus pacifique.
Dans son allocution d’ouverture du Sommet, le 13 mai 2016, le président finlandais a fait référence à une situation sécuritaire de plus en plus tendue en Europe du Nord. «La période est trouble à bien des égards. Les menaces de sécurité abondent. La situation est devenue plus tendue, même dans la région de la mer Baltique et en Europe du Nord. Il est nécessaire de renforcer la sécurité et la stabilité, ce qui suppose un dialogue approprié avec la Russie pour renforcer la transparence et réduire les risques.»
Une déclaration commune à l’issue du sommet souligne que «les États-Unis et les pays nordiques s’inquiètent de la présence militaire grandissante de la Russie dans la région de la mer Baltique, son arrogance nucléaire, ses manœuvres militaires non déclarées, et les actions provocatrices des avions russes et des navires de guerre.»
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAt the end of the latest summit between President Obama and Nordic Leaders, Finland President Sauli Niinisto has decided to abandon plans for an Arctic summit as part of its chairmanship period. He said the international situation was not appropriate and that such an event would require a more peaceful global situation.

In his opening remarks at the U.S.-Nordic Summit on May 13th 2016, the Finnish President referred to an increasingly tense security situation in Northern Europe. « Times are turbulent in many respects. Security threats abound. The situation has become more tense even in the Baltic Sea region and Northern Europe. Strengthening security and stability there is called for, and this includes appropriate dialogue with Russia to enhance transparency and reduce risk. »

A joint statement from the summit underlines that « the United States and the Nordic countries are concerned by Russia’s growing military presence in the Baltic Sea region, its nuclear posturing, its undeclared exercises, and the provocative actions taken by Russian aircraft and naval vessels. »

Source: Alaska Dispatch News.

Une prise de conscience de la situation dans l’Arctique ? // An awareness of the situation in the Arctic ?

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment (voir ma note du 13 mai), plusieurs grandes compagnies pétrolières et gazières ont renoncé à la plupart de leurs concessions dans l’Arctique américain. Au même moment, le président Obama et d’autres responsables politiques sont mis sous pression pour prendre des mesures afin de mettre fin au réchauffement de cette région du globe.

De nombreux législateurs démocrates et des militants écologistes font pression sur l’administration américaine pour qu’elle interdise carrément les forages dans l’Arctique dans le cadre du prochain plan quinquennal d’attribution des concessions qui court de 2017 à 2022.

Plusieurs membres démocrates et républicains de la Chambre des Représentants ont adressé une lettre au Secrétaire à l’Intérieur avec ces mots: «… l’Océan Arctique doit être mis à l’abri, de façon permanente, de tout forage pétrolier et ne doit pas être utilisé pour exploiter davantage des combustibles fossiles dont nous n’aurons pas besoin si nous voulons promouvoir un avenir basé sur des énergies propres « .
La nouvelle politique pour un Arctique propre se fait jour au moment où les chefs d’états du Danemark, de Finlande, d’Islande, de  Suède et de Norvège viennent de rencontrer le Président Obama à la Maison Blanche pour discuter de questions comme la sécurité mondiale, le commerce et le changement climatique, sans oublier la situation précaire de l’Arctique. Le communiqué final demande aux nations nordiques de poursuivre les efforts pour ralentir le changement climatique et protéger l’environnement, avec l’abandon progressif des combustibles fossiles, domaine dans lequel les pays scandinaves sont des leaders mondiaux. En revanche, aucune mention n’est faite dans le communiqué de l’utilisation du fioul lourd, le plus susceptible de polluer les eaux arctiques en cas de marée noire.
Comme cela a été dit et répété, il est urgent d’agir. La surface occupée par la glace de mer pendant l’hiver a établi un nouveau record au mois de mars 2016 avec une surface inférieure à celle du précédent record établi en  2014-2015. Ce même mois, certaines zones de l’Arctique présentaient une température supérieure de plus de 4 degrés Celsius à la moyenne historique. Le mois d’avril a enregistré la plus faible couverture neigeuse de l’hémisphère nord de tous les temps. Plus au sud, en Alberta, les feux de forêt ont décimé Fort Mac Murray, une importante zone de production de pétrole pour le Canada.
Les administrations des pays nordiques envisagent de commander une étude pour savoir quel impact aurait sur l’Arctique une augmentation de la température mondiale de 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels (donc inférieure aux 2 degrés prévus dans le cadre de la COP 21). Les scientifiques font remarquer que même une augmentation inférieure à 1,5°C aurait un énorme effet sur l’Arctique parce que la région se réchauffe beaucoup plus rapidement que d’autres parties du monde. Comme l’a indiqué un scientifique: « Une hausse de température de 1 ou 1,5 degré dans un endroit comme Washington est quelque chose que l’on ne remarque pratiquement pas, mais dans l’Arctique, ce peut être la différence entre le patinage sur la glace et la natation ! »
Dans une interview, l’ambassadeur de Suède aux États-Unis a déclaré que « tous les pays doivent d’abord s’efforcer de mettre en œuvre l’accord climatique réalisé en décembre à Paris avant de vouloir atteindre des objectifs climatiques plus ambitieux. » L’ambassadeur de Norvège aux Etats-Unis a déclaré de son côté que son pays était tout à fait conscient des impacts climatiques ; c’est la raison pour laquelle la Norvège s’est engagée à dépenser 366 millions de dollars par an pendant les dix prochaines années pour préserver les forêts dans les pays pauvres.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisAs I put it before (see my note of May 13th), several major oil and gas firms have abandoned most of their leases in the American Arctic, just as President Obama and others are coming under increased pressure to avert dangerous warming in the region. Many Democratic lawmakers and environmental activists are pushing for the administration to ban Arctic drilling altogether as part of the next five-year leasing plan, which runs from 2017 to 2022.

Several Democrat and Republican members of the House of Representatives have sent a letter to the Interior Secretary with these words: « … the Arctic Ocean should be permanently protected from oil drilling, not used to drill for more fossil fuels that we will not need if we are serious about powering our future with clean energy. »

The new push for a clean Arctic comes as the leaders of Denmark, Finland, Iceland, Sweden and Norway have just met with Obama at the White House to discuss issues including global security, trade and climate change, together with the precarious state of the Arctic. The final joint statement calls for the nations to forge ahead with efforts to slow climate change and protect the environment, including a shift away from fossil fuels, an area where Scandinavian countries are world leaders. However, no specific mention is made of the use of heavy fuel oil, the most likely to pollute Arctic waters in case of an oil spill.

As I put it previously, in March, the maximum winter sea ice extent hit an all-time recorded low, as it shrunk below the 2014-15 record low. That same month, parts of the Arctic were more than 4 degrees Celsius higher than the historic average. April marked the lowest Northern Hemisphere snow cover on record. Farther south, in Alberta, raging wildfires have decimated Fort Mc Murray, a major oil-producing area for Canada.

Officials from the Nordic nations are debating whether to call for a study of how a global temperature rise of 1.5°C from pre-industrial levels (which is below the 2-degree increase the world’s nations pledged to meet as part of the recent Paris conference) would impact the Arctic. Scientists have indicated that even the lower temperature increase would have an enormous affect on the Arctic, because the region warms much faster than other parts of the world. As one scientist put it: « A 1 or 1.5 degree temperature rise in a place like Washington is something you may not notice that much, but up in the Arctic it can be the difference between skating on the ice, and swimming. »

In an interview, Sweden’s ambassador to the United States said that “the world’s nations must focus on implementing the global climate accord reached in December in Paris before committing to more ambitious climate targets.” Norway’s ambassador to the United States said that his nation was keenly aware of climate impacts, which is why it had pledged to spend $366 million a year for the next decade to preserve forests in poorer countries.

Source : The Washington Post.

Shell

Plateforme pétrolière Shell ancrée dans le port de Seattle

(Crédit photo: Wikipedia)

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Fonte de la glace de mer au large du Groenland

(Photo: C. Grandpey)