Voyage au centre de la Terre // Journey to the centre of the Earth

Une équipe scientifique japonaise espère être la première à atteindre et explorer avec succès le manteau terrestre. Les chercheurs de l’Agence Japonaise pour la Science et la Technologie Mer-Terre (JAMSTEC) espèrent mieux comprendre comment la Terre s’est formée et quelle est la composition du manteau. Ce dernier représente plus de 80% de la masse de notre planète, à une dizaine de kilomètres sous le plancher océanique. Le gouvernement japonais, qui participe au financement de l’expédition, espère que les recherches pourront permettre de mieux prévoir les séismes.
Trois sites de forage sont actuellement à l’étude, tous dans l’océan Pacifique. L’un d’eux est au large des côtes hawaiiennes, un autre au large du Costa Rica et le dernier au large du Mexique. Pour accéder au manteau, la JAMSTEC veut utiliser le Chikyu, l’un des navires de forage les plus performants actuellement. C’est le plus grand navire de forage, avec une capacité de forage trois fois plus profonde que les navires précédents. Le trépan du Chikyu descendra à 4 kilomètres de profondeur dans les eaux océaniques avant d’atteindre plancher. Il perforera ensuite la croûte terrestre sur 6 kilomètres avant d’atteindre le manteau.
Les scientifiques ont déjà foré et récupéré des échantillons du fond de l’océan, mais seulement en surface. Ils veulent maintenant creuser le plancher océanique jusqu’au manteau proprement dit. Le forage débutera en 2030 au plus tard. Le projet a quatre objectifs principaux. Le premier (en cours) consiste à accéder au manteau de la planète en traversant le plancher océanique. Le deuxième objectif est d’étudier la frontière entre la croûte océanique et le manteau. Le troisième est de savoir comment s’est formée la croûte océanique. L’objectif final est d’examiner à quelle profondeur existe la vie microbienne à l’intérieur de la planète.
Source: CNN.

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A group of Japanese scientists plans to be the first to successfully drill into the Earth’s mantle. Researchers at Japan’s Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC) say they are hoping to discover more about how our planet was formed and what the mantle is composed of. The mantle makes up more than 80% of the entire Earth’s mass, lying about 10 km beneath the ocean floor. The Japanese government, which is helping fund the expedition, hopes the research could help discover ways to better predict earthquakes.

Three drilling sites are currently under consideration, all of them in the Pacific Ocean. One is off Hawaii, another one is off Costa Rica and the last one is off Mexico. To access the mantle, JAMSTEC wants to use one of the most advanced drilling vessels currently available, the Chikyu. It is the biggest drilling ship today, so the drilling capability is three times deeper than the previous vessels. The Chikyu’s drill will drop down through almost 4 kilometres of ocean before reaching the ocean floor. It will then bore through 6 kilometres of the sea floor, or the planet’s crust, before it reaches the mantle.

The scientists have already drilled and have taken some samples from the ocean floor but only from the top. They now want to dig from the ocean floor to the deep pristine mantle. Drilling will start by 2030 at the latest. The project has four primary objectives, only the first of which is to access the planet’s mantle by drilling through the sea floor. The second aim is to investigate the boundary between the oceanic crust and the mantle. The third one is to know how the oceanic crust formed. The final objective is to further examine how deep microbial life exists inside the planet.

Source: CNN.

Nodules de péridotite, roche magmatique qui constitue la majeure partie du manteau supérieur. (Photo : C. Grandpey)

Que se passe-t-il dans le secteur du Bárðarbunga (Islande) ? // What’s happening in the Bárðarbunga area (Iceland) ?

Le 18 mars dernier, j’ai rédigé une note intitulée « Que se passe-t-il dans le secteur du Herðubreið ? », suite à plusieurs essaims sismiques observés dans cette région du centre-est de l’Islande. La sismicité reste élevée et a maintenant tendance à migrer vers le Bárðarbunga, avec des événements d’une magnitude supérieure à M3, ce qui se traduit par des étoiles vertes sur la carte du Met Office islandais. Ces événements ne sont pas tous superficiels et un bon nombre sont localisés à des profondeurs entre 3 et 8 km. Il serait intéressant que les volcanologues islandais, friands de prévisions à long terme, indique ce qui se passe, selon eux, en ce moment dans la région. S’agit-il d’une sismicité normale liée à l’accrétion sur le dorsale médio-atlantique ? Observe-t-on des mouvements de fluides hydrothermaux ? Comment se comporte le tremor dans le secteur du Bárðarbunga ? Autant de questions qui, pour le moment, restent sans réponse !

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On March 18th 2017,  I wrote a post entitled « What is happening in the Herðubreið area? » after several seismic swarms observed in this region of the centre-east of Iceland. Seismicity remains high and now tends to migrate towards Bárðarbunga volcano. Several events have magnitudes higher than M 3 which translates into green stars on the Icelandic Met Office map. These events are not all shallow and many are located at depths between 3 and 8 km. It would be interesting if Icelandic volcanologists, fond of long-term forecasts, could indicate what is happening in the region. Is this a normal seismicity associated with accretion on the Mid-Atlantic ridge? Are they caused by the movements of hydrothermal fluids? How does the tremor in the Bárðarbunga area behave? These are the many questions that, for the moment, remain unanswered!

Source: Met Office islandais

Forte sismicité dans l’ouest de la Turquie // Strong seismicity in western Turkey

drapeau-francaisDes essaims sismiques à faible profondeur affectent en ce moment la pointe de la péninsule de Biga dans l’ouest de la Turquie. En particulier, on a enregistré quatre événements supérieurs à M 5 qui ont gravement endommagé plus de 350 bâtiments. Les séismes se produisent à l’intersection de la faille de Kestanbol et de la ligne de failles d’Edremit. L’événement le plus significatif jusqu’à présent a atteint une magnitude de M 5.4 le 6 février 2017, à une profondeur de 6 km. Il a été précédé d’un événement M 5.2. Le même secteur avait déjà été secoué par un séisme de M 5.3 le 7 février et un autre de M 5.0 le 12 février. Tous se sont produits à des profondeurs entre 6 et 10 km. Selon les données fournies par le CSEM, depuis le 1er janvier 2017 la région a enregistré un total de 1 096 séismes

Suite aux séismes ayant causé la plus de dégâts, le gouvernement turc a mis en place un petit village constitué de maisons de chantier pour les personnes ayant besoin d’un abri et il a été demandé aux habitants de ne pas pénétrer dans des bâtiment tant que l’évaluation officielle des risques n’a pas été effectuée.
Le dernier grand séisme sur la faille d’Edremit a atteint M 6.7 en 1944. Il ne serait donc pas surprenant qu’un puissant séisme se produise à nouveau dans cette région. La faille d’Edremit fait actuellement l’objet de toutes les attentions.
La région possède l’une des activités hydrothermales les plus remarquables de la Turquie, avec des températures de l’eau pouvant atteindre174 ºC. On a remarqué que les essaims sismiques se produisent souvent dans les zones géothermales où les failles sont lubrifiées par l’eau chaude, ce qui facilite leur glissement.
Source: The Watchers.
Https://watchers.news/2017/02/12/earthquake-swarm-western-turkey/

La Turquie est un pays souvent secoué par des séismes. Cela est dû à la présence de plusieurs failles actives. La plus célèbre est la faille nord-anatolienne qui traverse la Turquie d’est en ouest, de l’Iran à la Thrace. Même si, en général, on ne la considère pas comme une faille transformante comme la faille de San Andreas en Californie, elle résulte du jeu des mouvements des plaques lithosphériques, notamment de la plaque arabique qui s’enfonce dans la plaque eurasienne tout en ouvrant la Mer Rouge. En conséquence, le sud et le nord de la Turquie coulissent le long de cette fracture à une vitesse moyenne d’environ 2,5 cm par an, en remarquant que les mouvements se produisent de façon brutale, par à-coups, avec des déplacements pouvant atteindre 3 mètres en moins d’une minute dans la région d’Izmit où le séisme du 17 août 1999 a atteint une magnitude de 7,4. La sismicité de la faille nord-anatolienne a migré d’est en ouest au fil des décennies.

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A noter que, selon le maire d’Ankara, les séismes enregistrés actuellement en Turquie pourraient bien être provoqués par une main étrangère..! Vous aurez plus de détails en cliquant sur ce lien:

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=137550

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drapeau-anglaisA series of shallow are shaking the tip of the Biga Peninsula in Western Turkey this month. The sequence includes four events above M 5 that seriously damaged more than 350 buildings. The quakes are occurring at the intersection of the Kestanbol Fault and the Edremit Fault Zone. The strongest quake so far was M 5.4 on February 6th, 2017at a depth of 6 km. It was preceded by an M 5.2 event. The same area was hit by an M 5.3 quake on February 7th and M 5.0 on February 12th. All quakes occurred at depths between 6 and 10 km. Since January 1st, the region has seen a total of 1 096 earthquakes, according to data provided by the EMSC.

As a result of the most damaging earthquakes, the Turkish Government has built a small village from container houses for those who needed shelter and asked residents not to enter any building before official building assessment.

The last large earthquake on the Edremit fault was an M 6.7 event in 1944. Therefore, a similar quake in the future would not be surprising. Thus, seismicity around the Edremit fault should be closely monitored.

The area is one of the most active geothermal regions in Turkey, with some water temperatures reaching 174 ºC.  It has been noticed that seismic swarms generally occur in geothermal areas where faults are lubricated by hot water, making them easier to slip.

Source: The Watchers.

https://watchers.news/2017/02/12/earthquake-swarm-western-turkey/

Turkey is a country which is often shaken by earthquakes. This is due to the presence of several active faults. The most famous is the North-Anatolian fault which crosses Turkey from east to west, from Iran to Thrace. Although it is not generally considered to be a transforming fault like the San Andreas fault in California, it results from the movement of the lithospheric plates, notably the Arabic plate which penetrates into the Eurasian plate while opening the Red Sea. As a result, southern and northern Turkey slide along this fracture at an average velocity of about 2.5 cm per year. The movements occur suddenly, with displacements up to 3 metres in less than a minute in the Izmit region where the earthquake of 17 August 1999 reached a magnitude of  M 7.4. The seismicity of the North-Anatolian fault has migrated from east to west over decades.

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According to the mayor of Ankara, the current earthquakes in Turkey might well be caused by « a foreign hand »! You’ll get more details by clicking on this link:

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=137550

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Les failles de la Turquie occidentale et les impacts sismiques actuels.

(Source: tremblor.net)

Katla (Islande): Pas d’éruption à court terme // No eruption in the short term

drapeau-francaisL’Office Météorologique Islandais (IMO) a indiqué qu’un important séisme d’une magnitude de M 4.2 avait été enregistré à faible profondeur au centre de la caldeira du Katla le 26 janvier 2017. Il a été suivi d’un autre événement de M 3.0 et une série de petits séismes (voir carte ci-dessous).

Immédiatement après cette annonce, plusieurs articles de presse ont affirmé qu’une éruption allait avoir lieu. Bien que les séismes aient été assez intenses, un paramètre n’a jamais été mentionné dans les articles: leur profondeur! L’IMO a indiqué sur son site Internet que le premier événement – et le plus significatif – avait une profondeur de 0,1 km, alors que le suivant était localisé à une profondeur de 0,0 km! En outre, aucune augmentation du tremor éruptif n’a été enregistrée, ce qui signifie qu’il n’y a pas eu d’ascension du magma. Cela montre que cette sismicité était trop superficielle pour être d’origine volcano-tectonique. Elle a probablement été provoquée par des réajustements à l’intérieur du glacier ou par une activité hydrothermale, comme cela se produit parfois sur les volcans islandais.
Les derniers séismes ont fait suite à une hausse d’activité au cours des jours précédents. Les 23 et 24 janvier, on a enregistré plusieurs séismes superficiels (M 3 et M 3,3 et M 3,1 respectivement) qui ont fait suite à un autre essaim au début du mois de janvier. Aucune nouvelle sismicité significative n’a toutefois été observée au cours des derniers jours.
À la fin du mois de septembre 2016, un essaim sismique intense s’est produit sous le volcan avec plusieurs événements de M 3 ou plus. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune. Cependant, cette sismicité a été de courte durée et s’est maintenue à des niveaux peu élevés.
Le Katla est étroitement surveillé car une vingtaine d’éruptions ont été observées entre 930 et 1918, avec des intervalles de 13 à 95 ans. Leur indice d’explosivité volcanique (VEI) se situait en général entre 4 et 6 (sur une échelle de 0 à 8). Certains volcanologues islandais affirment que le Katla est «en retard» sur son schéma éruptif. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, dire qu’un volcan est « en retard » a peu de sens car la notion de cycle éruptif n’a jamais été définitivement prouvée
Quoi qu’il en soit, une éruption de Katla pourrait constituer une menace pour la population en raison des risques d’inondations glaciaires (jökulhlaups) et de l’émission de nuages de cendre. Il faudrait s’attendre à des perturbations du trafic aérien comme en 2010 au moment du réveil de l’Eyjafjallajökull.

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drapeau-anglaisThe Icelandic Met Office (IMO) reported a strong and shallow M 4.2 earthquake in the centre of the Katla caldeira on January 26th, 2017. It was followed by another M 3.0 event and a series of smaller earthquakes (see map below).

Immediately after, there were several articles in the newspapers affirming that an eruption was about to take place. Although the quakes were quite intense, one parameter was never mentioned in the news: their depths! IMO indicated on its website that the first and stronger event was 0.1 km deep while second quake was at a depth of 0.0 km! Besides, no increase in the eruptive tremor was recorded, which meant there was no magma ascent. This proved that this seismicity was too shallow to be volcano-tectonic. It was probably caused by some readjustments within the glacier or by some hydrothermal activity, as this occasionally happens on Icelandic volcanoes.

The last quakes followed a period of increased activity in the previous days. On January 23rd and 24th, the volcano registered several shallow earthquakes (M 3 and M 3.3, and M 3.1 respectively), following another swarm at the beginning of January. However, no new significant seismicity has been observed in the last days.

At the end of September 2016, an intense seismic swarm occurred under the volcano with several M 3 or above earthquakes. The Aviation Colour Code was raised to Yellow. However, this seismicity was short-lived and remained at shallow levels. .

Katla volcano is closely monitored as 20 eruptions or so have been documented between 930 and 1918, at intervals of 13 to 95 years. Their Volcanic Explosivity Index was mostly between 4 and 6 (on a scale of 0 to 8). Some local volcanologists affirm that Katla is “overdue” for an eruption. As I put it before, I think that saying that a volcano is “overdue” has little sense as eruptive cycles have never been definitely proved

Anyway, a Katla eruption could pose a threat to the population due to glacial flooding (jökulhlaups) and significant ash generation. One might expect air traffic disruptions like in 2010 when Eyjafjallajökull erupted.

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Source: Icelandic Met Office.

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Le Myrdalsjökull dissimule le Katla sous sa calotte glaciaire (Google map).

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Vue du Myrdalsjökull (Photo: C. Grandpey)

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Sismicité sur le Myrdalsjökull le 30 janvier au matin: Situation très calme.