Un séisme bloque des randonneurs sur le Mont Rinjani (Indonésie) // An earthquake traps hikers on Mt Rinjani (Indonesia)

Un violent séisme de magnitude M 6,4 a secoué l’île indonésienne de Lombok à 6:47 (heure locale) le 29 juillet 2018. L’hypocentre était situé à une profondeur comprise entre 6,4 et 10 kilomètres, selon les sources. Le séisme a été suivi de plus de 60 répliques, dont un événement de M 5,7. Plusieurs glissements de terrain se sont produits pendant le séisme, bloquant les routes et coupant l’approvisionnement en électricité et en eau de certaines maisons. Le bilan provisoire est de 14 morts. Au moins 160 personnes ont été blessées et au moins 1 000 maisons ont été endommagées.
Le parc national du Mont Rinjani a été fermé en raison de glissements de terrain. Lundi matin, 560 randonneurs étaient encore pris au piège sur la montagne, incapables de descendre car les glissements de terrain provoqués par le séisme ont bloqué les sentiers. Une équipe de sauveteurs composée de militaires, de la police et d’équipes de secours, a été déposée par hélicoptère pour évacuer les randonneurs en détresse. Au total, 165 personnes participent à l’opération, tandis que deux hélicoptères ont été mis en service. Les randonneurs sont originaires de différents pays comme la Thaïlande, la France, les Pays-Bas et la Malaisie.
Dans le même temps, des centres d’hébergement ont été mis à la disposition des personnes affectées par le tremblement de terre.

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A powerful M 6.4 earthquake shook Indonesia’s Lombok 6:47 (local time) on July 29th, 2018. The hypocentre was located at a depth between 6.4 and 10 kilometres, according to the sources. The quake was followed by more than 60 aftershocks, with an event of  M 5.7. Several landslides occurred during the quake, blocking roads and cutting off electricity and water supply to some homes. At least 14 people have been killed and the death toll could still rise. More than 160 people have been injured and at least 1,000 homes have been damaged.

Mount Rinjani National Park has been closed due to landslides. On Monday morning, 560 hikers were reportedly still trapped on the mountain, unable to descend as landslides triggered by the earthquake have blocked trails. A joint team of rescuers consisting of the military, police, and search and rescue, was lowered to evacuate the trapped climbers. A total of 165 personnel are on the rescue, while two helicopters have been deployed. The hikers are of multiple nationalities, including Thailand, France, the Netherlands, and Malaysia.

Meanwhile, evacuation camps have been set up for people affected by the earthquake.

Image satellite dans l’infrarouge de l’île de Lombok avec le Mont Rinjani identifiable par son lac de cratère (Crédit photo : Wikipedia).

Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières informations // Latest news

7h00 (heure française): Le HVO indique que l’éruption se poursuit dans la Lower East Rift Zone du Kilauea. Des coulées actives sont encore observées dans les Leilani Estates, avec des entrées dans l’océan près du Makenzie State park. La fracture n° 22 continue à émettre de la lave qui se dirige vers le sud-est jusqu’à la côte où elle pénètre dans l’océan. Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 alimentent une coulée de lave bien canalisée qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée dans l’océan.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent une coulée de lave se dirige vers le nord-est et a coupé Kahukai Street le 25 mai dans l’après-midi avant de continuer lentement vers le nord-est. Tous les habitants encore présents dans les zones touchées par la lave doivent partir maintenant. Mohala Street n’est plus accessible en raison de la coulée qui a traversé Kahukai Street.
82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption dans Lower Puna depuis le 3 mai. La mise à jour inclut des maisons et d’autres structures et représente une augmentation significative par rapport aux 50 structures annoncées précédemment.
Une surface d’environ 9 kilomètres carrés a été recouverte par la lave dans Lower Puna depuis le début de l’éruption.
La Protection Civile indique qu’un séisme de magnitude M 4,4 a été enregistré dans la zone sommitale du Kilauea à 12h44 le 25 mai 2018.

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18 heures (heure française): Comme je l’ai écrit précédemment, 82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption du Kilauea depuis le 3 mai, tandis que 37 autres sont rendues inaccessibles par la lave.
La Protection Civile a donné plus de détails sur cet aspect de la situation à Lower Puna. Le nombre de structures détruites comprend à des résidences, des structures non habitées et des structures non autorisées. Le bilan s’appuie sur les données fiscales foncières fournies par l’ Office of Housing and Community Development qui gère le développement des zones habitées dans cette région de la Grande Ile. En raison de l’augmentation de l’activité volcanique à Lower Puna au cours de la semaine écoulée, la Protection Civile n’a pas pu recenser visuellement toutes les structures détruites et s’est donc abstenue de publier un chiffre définitif avant d’en avoir la confirmation officielle
Les 37 structures isolées sont actuellement intactes et ne sont pas nécessairement entourées de lave. Cependant, les routes d’accès ont été coupées par la lave et ces structures ne peuvent pas être atteintes par la route.
Les alizés qui soufflent du nord-est devraient se maintenir tout au long du week-end, ce qui évitera à une grande partie est de l’île de subir les émissions de SO2 et les assauts du vog ou brouillard volcanique. Cependant, le vent devrait faiblir au cours du week-end et s’orienter à l’ouest pendant la nuit. De plus, une zone de basse pression s’approche de l’ouest et pourrait faire virer le vent au sud-est, avec une concentration de vog près des fractures au début de la semaine prochaine, mais ces prévisions doivent être confirmées. En raison du vent plus faible, le vog et la cendre pourraient affecter les habitants et les gens qui se déplacent en voiture. La Protection Civile conseille aux habitants de se tenir prêts à quitter rapidement une zone touchée par les gaz. Les automobilistes doivent faire preuve d’une extrême prudence, car le vog peut nuire à la visibilité et la cendre volcanique peut provoquer des conditions de conduite difficiles. Des masques anti-poussière sont disponibles dans les centres de distribution prévus à cet effet. La Protection Civile rappelle que ces masques n’offrent aucune protection contre les gaz toxiques.
Le Parc National des Volcans d’Hawaii reste fermé. Cependant, il convient de noter que le nombre de visiteurs à Big Island ce mois-ci est en augmentation de 25 pour cent par rapport à mai 2017. Les navires de croisière qui avaient annulé plusieurs escales au cours des dernières semaines font de nouveau une halte à Kona. Hilo doit encore patienter.
Source: Protection Civile.

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20 heures (heure française): La dernière mise à jour du HVO, publiée le samedi 26 mai 2018, à 6h43 (heure locale) indique que l’éruption se poursuit dans la région des Leilani Estates et Lanipuna Gardens.
La fracture n° 22 continue à produire une coulée de la lave qui atteint l’océan.
Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 donnent naissance à un chenal de lave qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée océanique.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent un petit lac de lave perché et une coulée pahoehoe qui a progressé vers le nord-est et couvre la plus grande partie de la zone comprise entre Kaupili Street et Mohala Street. Le front de coulée, majoritairement composé de lave a’a, avance lentement vers Pohoiki Road. Il se trouve actuellement à environ 150 mètres de la route.
Une coulée pahoehoe est apparue vers 4 heures du matin le 26 mai sur le flanc ouest de la fracture n° 7 et elle alimente deux petites coulées qui se dirigent vers l’ouest. .
De vigoureuses projections ont été observées au niveau d’un cône sur la fracture n° 8, tandis que la fracture n° 17 fait entendre de bruyantes explosions de gaz.

[NDLR : L’énumération de ces différentes fractures peut sembler fastidieuse, mais il est très important de connaître la direction prise par la lave par rapport aux zones habitées. Je conseille de consulter régulièrement les cartes publiées par l’USGS pour mieux comprendre l’évolution de la situation].

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/maps_uploads/image-445.jpg

Les émissions de gaz volcaniques restent très élevées au niveau des fractures.
On a enregistré trois explosions dans l’Overlook Crater au sommet du Kilaura pendant les premières heures du 26 mai. Elles ont généré des nuages ​​de cendre qui ont atteint environ 3000 mètres d’altitude (le Kilauea culmine à 1247 mètres). De petites retombées sont probables dans les zones sous le vent.

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 7:00 a.m. (French time): HVO indicates that the eruption continues on the Lower East Rift Zone. Active flows are still observed in Leilani Estates and entering the ocean near Makenzie State Park. Fissure 22 continues to erupt lava that is flowing southeast to the coast where lava is entering the ocean. Fountains at Fissures 6 and 13 feed a channelised lava flow that also reaches the coast, making a second ocean entry.

Fissure 7 and 21 are feeding a lava flow that has advanced northeastward crossing Kahukai Street on May 25th in the afternoon and continuing to the northeast at a slow pace. Any residents remaining in the affected areas should evacuate now. Mohala Street is no longer accessible due to the flow that has crossed Kahukai Street.

Eighty-two structures have been destroyed by the Lower Puna eruption since May 3rd. The updated total includes homes and other structures, and is a significant increase from the estimated 50 destroyed structures reported previously.

About 9 square kilometres in lower Puna have been covered by lava since the start of the eruption.

The Civil Defense indicates that an M 4.4 earthquake was recorded in the summit area of Kilauea at 12:44 p.m. on May 25th, 2018.

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6 p.m. ( French time): As I put it before, a total of 82 structures were confirmed destroyed by the Kilauea eruption since May 3rd; while 37 additional structures are inaccessible due to lava.

The Civil Defense has given more details about this aspect of the situation in Lower Puna. The number of destroyed structures includes residences, non residences and unpermitted structures. The total is based on county real property tax data and the Office of Housing and Community Development. The total also is a sharp increase from the previous estimated number which was at 50. Because of increased volcanic activity in Lower Puna this week, Civil Defense could not easily visually confirm destroyed structures and thus refrained from releasing updated totals until a number could be confirmed.

The 37 isolated structures, meanwhile, are currently still intact and not necessarily surrounded by lava. However, roads providing access to the structures have been cut off by lava and cannot be reached by road.

The northeasterly trade winds are expected to hold throughout the weekend, sparing much of the east side of the island from SO2 emissions and vog. However, the winds are expected to slow over the weekend, with a more westerly direction during nighttime hours. Moreover, a low-pressure region approaching from the west might lead to winds shifting to the southeast and a potential pooling of vog near the fissures in the early part of next week, but this needs to be confirmed. Because of the weaker winds, vog and ash might impact residents and travellers. Civil Defense advises residents to be prepared to leave an affected area quickly and for drivers to travel with extreme caution because vog can impede visibility and ash can cause adverse driving conditions. Particulate masks are available for the general public at mask distribution centres Civil Defense warns that these masks offer no protection against toxic gases.

 Hawaii Volcanoes National Park remains closed. However, it should be noted that the number of visitors to Big Island this month so far is a 25 percent increase compared to May 2017. The cruise ships which cancelled several port calls on the Big Island during the past several weeks have resumed docking in Kona.

Source : Civil Defense.

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8 p.m. (French time): HVO’s latest update, released on Saturday, May 26th, 2018, at 6:43 a.m. (local time) indicates that the eruption continues in the area of Leilani Estates and Lanipuna Gardens.
Fissure n° 22 continues to erupt lava that is entering the ocean.

Fountains at Fissures n° 6 and n°13 feed lava into a channel that also reaches the coast, forming a second ocean entry.
Fissures n° 7 and n° 21 are feeding a perched lava pond and pahoehoe flow that has advanced northeastward covering most of the area between Kaupili and Mohala Streets. The flow front has become an a’a flow and is advancing slowly toward Pahoa Pohoiki Road. The flow front is currently about 150 metres from the road.

On the west side of Fissure n° 7, a perched pahoehoe flow broke out around 04:00 a.m. on May 26th and is feeding short flows to the west.

Vigorous spatter was observed from a cone on Fissure n° 8, while Fissure n° 17 was the source of multiple booming gas emissions.
Volcanic gas emissions remain very high from the fissure eruptions.
There were three explosions from the Overlook Crater in the early hours of May 26th. They produced ash clouds that reached about 3,000 metre above sea level. Light ashfall is likely in downwind locations.

Les fractures n° 6 (à gauche) et n° 13 (à droite) donnent naissance à des coulées qui se rejoignant pour ensuite aller se déverser dans l’océan (Crédit photo : USGS)

Prévention des séismes et tsunamis à la Martinique // Seismic and tsunami prevention in Martinique

Depuis que ce blog existe, je ne cesse de mettre l’accent sur l’importance que revêt l’EDUCATION des populations dans les contextes volcanique et sismique. Lors de mes conférences « Volcans et risques volcaniques », je donne l’exemple de la ville de Kagoshima, au pied du volcan japonais Sakurajima, où la population est régulièrement soumise à des exercices d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption majeure qui menacerait l’agglomération située à quelques encabliures de ce volcan particulièrement actif.

Le 14 mars 2018, le site web France-Antilles a diffusé un article avec le titre suivant: « Près de 35 000 Martiniquais mobilisés pour Caribe Wave 2018« . Il s’agissait d’un exercice grandeur nature d’alerte tsunami. Commencé le jeudi 15 mars 2018, il a regroupé une cinquantaine de pays et territoires de la Caraïbe, soit environ 200 000 personnes.

L’exercice se déroule de la manière suivante: Selon le scénario établi par le Groupement Intergouvernemental de Coordination / Système d’Alerte aux Tsunamis pour la CARaïbe, un séisme fictif va générer un tsunami dans la Caraïbe. Les côtes de la Martinique sont notamment touchées.

Organisé par le GIC/SATCAR depuis 2011, cet exercice permet de tester le système d’alerte montante vers les autorités publiques responsables de la gestion de crise ainsi que les procédures de diffusion de l’alerte descendante rapide vers la population. Ce dernier point est du ressort des services opérationnels, les mairies, les opérateurs et les médias.

En Martinique, 3 500 personnes, dont une vingtaine de communes et plus de 20 000 collégiens et lycéens se sont inscrits pour participer à l’exercice, via le site http://www.tsunamizone.org/francais/. Ces communes ont choisi soit de mettre en place une sensibilisation, soit de participer à un exercice d’évacuation. En 2018, une attention particulière a été portée sur les itinéraires d’évacuation et sur les 650 sites refuges identifiés.

Parallèlement à cette campagne de sensibilisation sur le terrain, les autorité locales, avec la caution du Préfet de la Martinique, ont distribué un dépliant intitulé « Alerte Tsunami » (voir ci-dessous) qui, graphiques à l’appui, explique ce qu’est un tsunami, comment reconnaître les trois signes naturels d’un tel phénomène et que faire en cas de danger ou d’alerte. Il est en particulier rappelé que « ces vagues ne sont pas surfables! »

Lorsque j’ai visité la ville de St Pierre, j’ai remarqué les nombreux panneaux apposés dans les rues et sur les ruines des monuments historiques, et indiquant les parcours à suivre en cas d’alerte tsunami. Semblables panneaux sont visibles dans d’autres localités côtières

Au cours de mon séjour aux Antilles, j’ai eu l’occasion de parler de cette démarche d’éducation de la population avec plusieurs personnes. Je pense qu’il faudrait aller encore plus loin, comme le font les Islandais. Dans ce pays, les autorités ont demandé aux habitants de la côte sud de l’île, menacée par des éruptions volcaniques et des crues glaciaires, de télécharger une application sur leurs smartphones. En cas de danger imminent, les habitants reçoivent instantanément un message d’alerte leur indiquant le comportement à adopter dans les délais les plus brefs. Il est fort à parier que ce progrès dans le domaine de la prévention sera bientôt adopté par les populations antillaises.

Le risque sismique est identifié depuis longtemps en Martinique. Depuis le 18ème siècle, l’île a subi plusieurs tremblements de terre importants. Le dernier en date, le 29 novembre 2007 avait une magnitude de M 7,4. Il a  été localisé au nord de la Martinique, à une profondeur de 152 km. Les dégâts furent modérés et d’ampleur inégale. A l’image du Centre de découverte des sciences de la Terre, certaines habitations de la Martinique bénéficient de mesures parasismiques.

S’agissant des tsunamis, au cours des trois derniers siècles, la Martinique et la Guadeloupe ont été frappées par plus d’une dizaine d’événements de ce type. Les plus récents ont été observés en mai 1901, décembre 1901, mars et avril 1902, le 6 mai 1902, le 30 août 1902 et le 24 juillet 1939. Cependant, tous n’ont pas été recensés et certaines surcotes marines ne furent jamais identifiées, faute de connaissances.

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Ever since I created this blog, I have kept focusing on the concept of EDUCATION of populations in volcanic and seismic contexts. During my conferences « Volcanoes and Volcanic Risks », I give the example of the city of Kagoshima, at the foot of the Japanese volcano Sakurajima, where the population regularly performs evacuation exercises in the event of a major eruption which would threaten the community located a short distance from this very active volcano.

On March 14th, 2018, the France-Antilles website published an article with the following title: « Nearly 35,000 Martiniquais mobilized for Caribe Wave 2018 ». This was a life-size tsunami warning exercise. Started on Thursday, March 15th, 2018, it brought together about fifty countries and territories of the Caribbean, about 200,000 people.

The exercise took place as follows: According to the scenario established by the Intergovernmental Coordination Group / Tsunami Warning System for CARIBBEAN, a fictitious earthquake generated a tsunami in the Caribbean. The coasts of Martinique were particularly affected.

Organized by the GIC / SATCAR since 2011, this exercise makes it possible to test the rising alert system towards the public authorities responsible for crisis management as well as the procedures for disseminating the rapid downward alert to the population. This last point is the responsibility of the operational departments, the mayors and the media.

In Martinique, 3,500 people, including some 20 municipalities and more than 20,000 middle and high school students have registered to participate in the exercise, via the site http://www.tsunamizone.org/english/. These municipalities chose either to set up an awareness campaign or to participate in an evacuation exercise. In 2018, special attention was paid to the evacuation routes and the 650 identified refuge sites.

In parallel with this awareness campaign on the field, the local authorities, with the guarantee of the Prefect of Martinique, have distributed leaflets entitled « Tsunami Alert » (see below) which, with graphics, explains what a tsunami is, how to recognize the three natural signs of such a phenomenon and what to do in case of danger. People are reminded that « these waves are not surfable! »

When I visited the city of St Pierre, I noticed the many signs posted in the streets and the ruins of historical monuments, and indicating the routes to follow in case of tsunami warning.

During my stay in the West Indies, I had the opportunity to talk about this process of education of the population. I pointed out  that the prevention has to go even further, as the Icelanders do. In this country, the authorities have asked residents of the south coast of the island, threatened by volcanic eruptions and glacial floods, to download an application on their smartphones. In case of imminent danger, the inhabitants receive an instant warning message indicating the behaviour to adopt as soon as possible. It is a safe bet that this progress in the field of prevention will soon be adopted by the West Indian populations.

The seismic risk has long been identified in Martinique. Since the 18th century, the island has suffered several earthquakes. The most recent, on November 29th, 2007 had a magnitude of M 7.4. It was located north of Martinique, at a depth of 152 km. The damage was moderate and uneven.

As for tsunamis, over the last three centuries, Martinique and Guadeloupe have been hit by more than a dozen events. The most recent ones were observed in May 1901, December 1901, March and April 1902, May 6, 1902, August 30, 1902 and July 24, 1939. However, not all were recorded and some increases in the sea level were never identified, due to a lack of knowledge.

Une brochure très pédagogique:

En cas d’alerte tsunami…

Eléments parasismiques au Centre de découverte des sciences de la Terre:

Photos: C. Grandpey

Le Grand Séisme de Ka’u (Hawaii) en 1868 // The great 1868 earthquake of Ka’u (Hawaii)

Aujourd’hui 2 avril 2018 marque le 150ème anniversaire du plus puissant séisme jamais enregistré à Hawaï au cours des deux derniers siècles. D’une magnitude estimée à M 7,9, ce séisme avait son épicentre près de Pahala dans le district de Ka’u. Connu sous le nom de Grand Séisme de Ka’u, il a atteint la même intensité que celui de San Francisco en 1906. Il a été ressenti jusque sur l’île de Kauai et a fait s’arrêter les horloges sur l’île d’Oahu. À Ka’u, où les secousses ont duré plusieurs minutes, la destruction fut presque totale. Les bâtiments et les murs construits en pierre ont été détruits jusqu’à Hilo. Les secousses ont provoqué des glissements de terrain depuis  Ka’u jusque sur la côte nord d’Hamakua et ont provoqué une petite éruption sur la zone de Rift Sud-Ouest du Kilauea. Une coulée de boue à Wood Valley, au nord de Pahala, a enseveli 31 Hawaïens. Un tsunami a fait déferler au moins huit vagues de plus de 6 mètres de hauteur pendant plusieurs heures. Elles ont causé des dégâts de South Point (Kalae) à Cape Kumukahi (Kapoho), détruit plus de 100 structures et tué 47 personnes. Si un tel événement se produisait aujourd’hui, le Grand Séisme de Ka’u serait l’un des plus puissants enregistrés ces dernières années à travers le monde. Comme l’île d’Hawaï était peu peuplée en 1868, les pertes humaines furent limitées.
À Hawaï, les séismes les plus destructeurs se produisent le long d’une faille en pente douce située entre la base des volcans et l’ancien fond océanique sur lequel ils reposent. Cette faille, située à une profondeur d’environ 11 km, est connue géologiquement sous le nom de faille de décollement (du mot français « décoller », qui signifie « se détacher de »).
Une grande partie de l’île d’Hawaii a été secouée par l’événement de 1868. Si l’on se réfère aux mesures effectuées lors du séisme de M 7 à Kalapana en 1975, également sur la faille de décollement, toute la partie de l’île située au sud et à l’est du sommet et des zones de rift du Mauna Loa s’est probablement déplacée vers la mer et s’est affaissée durant la séisme de 1868.
Le Grand Séisme de Ka’u du 2 avril faisait partie d’une crise volcanique de longue durée qui s’est déroulée pendant 16 jours. Le 27 mars, une éruption a commencé en douceur dans le Moku’aweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa. L’activité sismique a augmenté tout au long de la journée et, dans l’après-midi du 28 mars, un séisme de magnitude 7,0 s’est produit à Ka’u et a causé d’importants dégâts. Au cours des quatre jours suivants, des secousses presque continues ont été signalées à Ka’u et à Kona Sud. Les séismes se sont poursuivis à raison de 50 à 300 événements par jour – dont un événements de M 6,0 – jusqu’au 2 avril, date à laquelle le Grand Séisme de Ka’u s’est produit à 16 heures. Une violente réplique a eu lieu le 4 avril et des répliques de magnitude décroissante ont continué pendant plusieurs dizaines de jours.
Le Grand Séisme de Ka’u a débloqué la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa et le 7 avril 1868 une fissure éruptive s’est ouverte sur le volcan, juste au-dessus de la zone où se trouvent aujourd’hui la route 11 et à l’est des Hawaiian Ocean View Estates.
Bien que nous ne sachions pas à quelle fréquence des événements aussi puissants que le Grand Séisme de Ka’u peuvent se produire, nous savons qu’à Hawaii ce sont les volcans actifs qui gèrent les contraintes qui génèrent les plus grands séismes. Les risques liés au Mauna Loa comprennent donc des éruptions, mais aussi de puissants séismes le long de la faille de décollement de Ka’u et de Kona Sud, comme le confirme le séisme de M 6.9 enregistré près de Captain Cook en 1951. Pour cette raison, il est conseillé aux habitants de l’île d’Hawaii de se tenir prêts à faire face à des éruptions volcaniques, mais aussi à des séismes potentiellement destructeurs.
Source: USGS / HVO.

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Today April 2nd 2018 marks the 150th anniversary of the largest earthquake to strike Hawaii in the last two centuries. Estimated to be an M 7.9 event, this earthquake struck near Pahala in the Ka‘u District of the Island of Hawaii in 1868. Known as the great Ka’u earthquake, it had the same maximum intensity as the 1906 San Francisco earthquake. It was felt as far away as the island of Kauai and stopped clocks on Oahu. In Ka’u, where the shaking went on for several minutes, the destruction was nearly total. Stone buildings and walls were destroyed as far away as Hilo. The shaking caused landslides from Ka’u to Hawaii Island’s northern Hamakua coast and induced a small eruption on Kilauea Volcano’s Southwest Rift Zone. A mudslide in Wood Valley north of Pahala buried 31 Hawaiians. A tsunami, consisting of at least eight waves over several hours, was estimated to be more than 6 metres high in Ka’u. The waves caused damage from South Point to Cape Kumukahi (Kapoho), destroyed more than 100 structures, and took 47 lives. If it happened today, the great Ka’u earthquake would be one of the world’s strongest earthquakes of these past years. Because the Island of Hawaii was sparsely populated in 1868, the loss of lives was limited.

In Hawaii, the most destructive earthquakes occur along a gently sloping fault between the base of the volcanoes and the ancient ocean floor on which they are built. This fault, located at a depth of approximately 11 km, is known geologically as a décollement, from the French word “décoller,” which means “to detach from.”

A large part of the Island of Hawaii moved during the 1868 event. Based on measurements of how much the earth moved during Hawaii’s M 7.7 Kalapana earthquake in 1975, which also occurred on the décollement, the entire island south and east of Mauna Loa’s summit and rift zones probably moved seaward and subsided several metres during the great Ka’u earthquake of 1868.

The April 2nd great Ka’u earthquake was part of a larger volcanic crisis that unfolded over 16 days. On March 27th, an eruption quietly began in Moku’aweoweo, the caldera at the summit of Mauna Loa. Seismic activity increased through the day, and by the afternoon of March 28th, an M 7.0 earthquake occurred in Ka’u, which caused extensive damage. During the following four days, nearly continuous ground shaking was reported in Ka’u and South Kona. Earthquakes continued at rates of 50 to 300 events per day, including an M 6.0 each day, leading up to April 2nd, when the great Ka‘u earthquake occurred at 4 p.m. A severe aftershock occurred on April 4th, and aftershocks of decreasing magnitudes continued for several tens of days.

The great Ka’u earthquake unlocked Mauna Loa’s Southwest Rift Zone, and on April 7th, 1868, an eruptive fissure opened low on the mountain, just above today’s Highway 11 and east of Hawaiian Ocean View Estates.

Though we do not know how often events as large as the great Ka’u earthquake occur, we do know that, in Hawaii, active volcanoes drive the stresses that generate the largest earthquakes. Mauna Loa’s hazards, therefore, include eruptions, as well as large earthquakes along the décollement in Ka’u and South Kona, like the M 6.9 earthquake that occurred near Captain Cook in 1951. Because of this, Island of Hawai‘i residents are encouraged to be prepared for both volcanic eruptions and potentially damaging earthquakes.

Source: USGS / HVO.

Zone de rift dans le désert de Ka’u (Photo: C. Grandpey)