Islande : nouvelles de l’éruption // Iceland : news of the eruption

12 juillet 2023 – 07h00 (heure française) : Ce matin, l’une des webcams montre la bouche active sur la fissure éruptive. L’éruption, qui se déroule près de Litli-Hrútur sur la péninsule de Reykjanes, a perdu de l’intensité depuis son début le 10 juillet. Comme je l’ai écrit précédemment, cela est probablement dû à une diminution de la pression du magma et des gaz.
Malgré cette accalmie apparente, le Met Office islandais (IMO) déconseille fortement de s’approcher du site de l’éruption. La zone présente des dangers notamment des concentrations de gaz dangereuses, voire mortelles, dans les zones basses, et l’ouverture soudaine de nouvelles fissures éruptives à proximité des bouches actives. .
Les dernières données de l’IMO indiquent que le magma se déplace sous le mont Keilir, avec des déformations entre Litli-Hrútur et Keilir. Si de nouvelles bouches éruptives devaient s’ouvrir, ce serait très probablement à Litli-Hrútur. La sismicité sur la péninsule de Reykjanes est actuellement faible. Le tremor éruptif est stable à des valeurs moyennes.
La coulée de lave émis par l’éruption se dirige essentiellement vers le sud-est et dans une vallée peu profonde au sud de Litli-Hrútur. Selon l’IMO, plusieurs possibilités sont envisageables. La lave devrait bientôt remplir cette vallée et continuer à s’écouler vers le sud. Elle pourrait également se diriger vers le sud-est d’une petite crête en bordure de la vallée peu profonde. À partir de là, la lave pourrait prendre la direction du sud et contourner la crête. Si elle s’écoule vers le sud, il est probable qu’elle finira par entrer dans la Merardalir et recouvrira la coulée de 2022.

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Il y a beaucoup de monde sur le site de l’éruption. Le 11 juillet 2023 à 22h00, il y avait environ 400 voitures sur le parking près de la montagne Skála-Mælifell. Environ 3 000 personnes ont visité le site de l’éruption ce jour-là. Il est vrai que nous sommes en juillet et que la météo est bonne en ce moment dans le sud de l’Islande.
Comme je l’ai écrit précédemment, un nouveau sentier (différent de ceux vers les éruptions de 2021 et 2022), appelé Meradalaleið, ou. Meradalur Trail, a été ouvert vers le site de l’éruption . Les visiteurs doivent se garer sur Suðurstrandavegur, près de la montagne Skála-Mæifell, et marcher jusqu’à un point d’observation près de Vatnsfell. Le trajet est long d’environ 7 km (14 km aller-retour). Noter que la distance exacte varie entre 14 km et 20 km aller-retour selon les sites web. Pour plus d’informations sur les sentiers et les parkings, il suffit de cliquer sur ce lien:
https://www.visitreykjanes.is/en/volcano-eruption/eruption-information/hiking-and-parking

Source : médias islandais.

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18 heures : L’accès au site de l’éruption ne semble pas si facile que cela. Les secouristes ont dû venir en aide à plusieurs touristes près du site de l’éruption le 11 juillet au soir et aux premières heures du 12 juillet. Selon l’équipe de secours, le sauvetage des randonneurs piégés par la lave est « quasiment impossible ». On a recensé sept cas de blessures mineures ou de fatigue sur le site de l’éruption…
Comme indiqué ci-dessus, environ 3 000 personnes, plus ou moins bien préparées, se sont rendues sur le site le 11 juillet. La foule de visiteurs a commencé à se disperser vers 3 heures du matin le 12 juillet.
Les sauveteurs sont venus en aide à des touristes, comme ceux qui s’étaient éloignés du sentier balisé ou qui n’avaient pas réussi à atteindre le point de vue. Ils rappellent qu’il est dangereux de s’aventurer près de la lave. « La seule façon d’atteindre une personne en difficulté serait une évacuation par hélicoptère, ce qui n’est pas toujours possible. Les chances de sauver des personnes piégées par des coulées de lave sont minces, et tune personne qui tomberait dans la lave serait sure de mourir ».
Plusieurs touristes ont approché les équipes de secours et indiqué qu’ils avaient entendu des « coups » venant du sous-sol, semblables à des battements de cœur. Les sauveteurs pensent que la source de ces coups se trouve probablement à l’intérieur du champ de lave.

Ce soir, l’éruption semble stable sur les webcams avec une bouche modérément active sur la fissure éruptive. La sismicité est faible sur la péninsule de Reykjanes. Le tremor éruptif semble également stable. Personne ne sait comment l’éruption va évoluer. L’activité n’est pas très intense. Je n’ai pas l’intention de me rendre en Islande. Si c’était le cas, j’attendrais quelques jours pour m’assurer que l’activité éruptive ne va pas diminuer davantage….

Vue de la bouche active sur la fissure le 12 juillet 2023 au soir

La sismicité a bien diminué sur la péninsule de Reykjanes (Source : IMO)

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July 12th, 2023 – 07:00 am (French time) : This morning onre of the webcams shows the eruptive vent on the eruptive fissure. It is still quite active, but the intensity of the eruption near Litli-Hrútur on the Reykjanes Peninsula has seen a significant drop in intensity since its start on July 10th. As I put it before, this is likely due to a decrease in the release of magma and gases.

Despite this apparent lull, the Icelandic Met Office (IMO) strongly advises against approaching the eruption site. The area poses several risks, including the potential for dangerous and even lethal gas concentrations in low-lying areas, and the sudden opening of new eruption fissures near existing vents.

The latest IMO data indicates that magma is moving beneath Keilir Mountain, causing changes to the landscape between Litli-Hrútur and Keilir. If new eruption vents were to form, they would most likely appear at Litli-Hrútur. Seismicity on the Reykjanes Peninsula is currently low. The eruptive tremor is stable at medium values.

The lava flow is currently mostly directed to the southeast and into a shallow valley south of Litli-Hrútur. It is expected to fill this valley soon and continue flowing south. Lava may also potentially flow towards the southeast of a small ridge at the edge of the shallow valley. From there, the likely flow paths are towards the south and around the ridge. If the lava continues to flow southwards, it is expected to eventually flow into and over the 2022 Merardalir lava flow.

Visitors are constantly warned that conditions near the eruption fissures and lava field can change rapidly. The main hazards lie with the gases and the possibility of new fissures happening near the existing vents with little warning.

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There are a lot of people on the eruption site. On July 11th, 2023 at 10 :00 pm, there were approximately 400 cars in the parking lot near Skála-Mælifell mountain. Approximatley 3,000 people visited the eruption site on July 11th. We are in July and the weather is fine these days in southern island.

As I put it before, a new trail to the eruption site (differing from the trails to the previous two eruptions in the area), referred to as Meradalaleið, or. Meradalur Trail, has been opened. Visitors should park on Suðurstrandavegur, near Skála-Mæifell mountain, and hike to a viewing point near Vatnsfell. The hike is approximately 7 km long (14 km return). Reports of the exact distance of the trail vary between 14 km and 20 km return according to the websites. For more information on hiking trails and parking, click here :

https://www.visitreykjanes.is/en/volcano-eruption/eruption-information/hiking-and-parking

Source : Icelandic media.

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06:00 pm : Access to the eruption site does not seem that easy. Rescue workers had to assist several hikers near the eruption site on July 11th in the evening and into the early hours of July 12th.. According to the rescue team, rescuing hikers who become trapped in the lava is “a near impossibility.” There were seven instances of minor injuries or fatigue at the eruption site..

As mentioned above, an estimated 3,000 hikers, with varying levels of preparedness, trekked to the site on July 11th. The procession of hikers began to disperse at around 3:00am on July 12th..

The rescuers succeeded in assisting hikers, even those who strayed from the marked trail or failed to reach the viewpoint. They warn of the perils of venturing near the lava. “The only possible method would be an aerial evacuation, which isn’t always feasible. The chances of rescuing individuals trapped by fresh lava flows are slim, and anyone falling into the lava would perish.”

Several travellers approached the rescue teams, reporting sensations of a ‘knocking’ from beneath the ground, akin to a heartbeat. However, the rescuers believe the source of the knocking was probbly within the lava fields.

Tonight, the eruption looks stable on the webcams with one moderately active vent on the eruptive fissure. Seismicity is low on the Reykjanes Peninsula. The eruptive tremor looks stable too. Nobody knows haow the eruption will develop. Activity is not very intense. I do not intend to travel to Iceland. If i did, I would wait a few days and make sure eruptive activity is not declining any more….

Kilauea (Hawaii) : pas d’éruption et rappel des dangers // No eruption and a reminder of the dangers

Mauvaise nouvelle pour les touristes qui envisagent de se rendre à Hawaii pour assister à une éruption. L’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) confirme que le Kilauea n’est pas en éruption. L’éruption sommitale, dans le cratère de l’ Halema’uma’u, s’est officiellement arrêtée le 7 mars 2023. La lave ne coule plus sur le plancher du cratère. L’Observatoire avertit toutefois qu’une reprise de l’activité éruptive peut se produire dans un avenir proche, sans prévenir ou presque. La prévision volcanique ne permet pas d’en savoir plus sur le comportement du volcan. Aucun changement significatif n’a été observé le long des zones de rift. Les autres paramètres montrent qu’une éruption du Kilauea n’est pas à l’ordre du jour. On observe une faible déformation du sol et peu de sismicité sur le volcan. Les dernières mesures du SO2 on révélé environ 155 tonnes par jour le 21 mars 2023.

Une vidéo en direct du lac de lave inactif est accessible à l’adresse suivante :

 https://www.youtube.com/usgs/live.

Le HVO profite de cette période de calme sur le Kilauea pour rappeler aux visiteurs les dangers qu’ils peuvent rencontrer sur le volcan.
Les gaz volcaniques restent le principal risque car ils peuvent causer des problèmes dans les zones sous le vent. De grandes quantités de gaz – principalement de la vapeur d’eau (H2O), du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2) – sont émises en permanence pendant les éruptions du Kilauea. Lorsque le SO2 est émis au sommet, il réagit dans l’atmosphère pour créer une brume connue localement sous le nom de vog (contraction de volcanic smog) qui est observée dans les secteurs sous le vent. Le vog peut présenter un danger pour les habitants et les touristes : les gaz et pluies acides endommagent également les cultures et autres plantes, et affectent le bétail.
D’autres dangers sont dus aux cheveux de Pelé en provenance des fontaines de lave qui tombent dans les zones sous le vent , sans oublier la poussière du sol jusqu’à à plusieurs centaines de mètres de la fissure ou de la bouche éruptive.
D’autres dangers sont également présents autour de la caldeira du Kilauea en raison de l’instabilité des parois du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Il y a des fissures au sol et un risque de chutes de pierres. C’est pour cela que la zone est strictement interdite au public depuis début 2008.
Source : USGS/HVO.

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Bad news for tourists who are planning to go to Hawaii to see an eruption. The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) confirms that Kilauea is not erupting. The summit eruption, within Halemaʻumaʻu crater, officially paused on March 7th, 2023. Lava is no longer flowing on the crater floor. The Observatory warns that resumption of eruptive activity may occur in the near future with little or no warning. Volcanic prediction does not allow to know more about the behaviour of the volcano. No significant changes have been observed along the volcano’s rift zones.  The other parameters show that Kilauea is not ready for an eruption. Low rates of ground deformation and modest rates of seismicity continue across the volcano. The last SO2 emission rate of approximately 155 tonnes per day was measured on March 21st, 2023.

A live-stream video of the inactive western lava lake area is available at :

 https://www.youtube.com/usgs/live.

HVO takes advantage of this inactivity to remind visitors of the hazards they may encounter on the volcano.

High levels of volcanic gas are the primary hazard of concern, as this hazard can have far-reaching effects downwind. Large amounts of volcanic gas – primarily water vapor (H2O), carbon dioxide (CO2), and sulfur dioxide (SO2) – are continuously released during eruptions of Kilauea. As SO2 is released from the summit, it reacts in the atmosphere to create the visible haze known as vog (volcanic smog) that has been observed downwind of the volcano. Vog may become dangerous to residents and visitors, acid gas and rain also damage agricultural crops and other plants, and affects livestock.
Additional hazards include Pele’s hair from lava fountains that fall downwind, and dust from the ground within a few hundred meters from the erupting fissure and vent.
Other significant hazards also remain around the Kilauea caldera because of Halemaʻumaʻu crater wall instability, ground cracking, and rockfalls that can be enhanced by earthquakes. It is the reason why the area has been closed to the public since early 2008.

Source : USGS / HVO.

Le Kilauea au début de l’année 2023

Le dégel du permafrost de roche dans les Alpes (2ème partie) // The thawing of rock permafrost in the Alps (part 2)

Pour étudier le comportement du permafrost de roche, des capteurs de température ont d’abord été placés à l’Aiguille du Midi en 2005. A l’époque, les scientifiques passaient leurs journées à effectuer trois forages de 10 m de profondeur dans la paroi granitique. Aujourd’hui, les données de ces nombreux capteurs montrent de quelle manière le permafrost profond est affecté par la hausse des températures. Les mesures révèlent que les changements les plus destructeurs dans le permafrost se produisent généralement à six mètres ou plus sous la surface de la roche, là où les vagues de chaleur estivales font monter la température entre -2°C et 0°C.
Le dégel du permafrost peut entraîner le détachement d’un grand volume de roche de plusieurs façons. Le plus souvent, c’est l’eau accumulée dans une fissure existante qui crée une pression hydrostatique suffisamment forte pour élargir ou briser la fissure. Dans d’autres endroits, le permafrost peut être le seul élément qui maintient deux couches de roche collées l’une contre l’autre.
Les scientifiques tentent maintenant de mieux comprendre les processus physiques qui gèrent les effondrements de parois rocheuses. Par exemple, ils essayent de savoir quelle quantité d’eau pénètre dans la roche et d’où elle vient. Pour voir quelle quantité d’eau provient de la fonte de la neige, les scientifiques teignent les différentes accumulations de neige avec des couleurs fluorescentes. Ensuite, ils utilisent différentes méthodes pour connaître le temps mis par l’eau pour traverser la roche. Si elle est très ancienne, cela peut indiquer que c’est un vieux permafrost qui est en train de dégeler.
Dans les Alpes suisses, des chercheurs collectent des données sur le permafrost à partir d’un autre laboratoire de terrain : le Cervin et ses 4 478 m d’altitude. Alertés par les chutes de pierres survenues après la canicule de 2003, les scientifiques suisses ont commencé à mettre en place un réseau de capteurs sans fil en 2006. La tâche était plus difficile que sur l’Aiguille du Midi car il n’y a pas de téléphérique pour atteindre le sommet du Cervin. Au cours des 10 années suivantes, ils ont malgré tout réussi à mettre en place un réseau de 17 types de capteurs différents qui ont permis de collecter plus de 154 millions de points de données. Installé autour des emplacements de chutes de pierres les plus fréquents, le réseau comprend des capteurs de température, des caméras, des « fissuromètres » qui mesurent l’élargissement des fissures, des inclinomètres, des capteurs GPS et des capteurs sismiques qui permettent de mesurer la formation et la fonte de la glace dans les fractures profondes à l’intérieur de la roche.
Ces mesures sur le terrain et le travail en laboratoire permettent d’élaborer des modèles informatiques pour essayer de prévoir le comportement du permafrost de roche avec la hausse des températures. Les chercheurs espèrent que cela leur permettra d’identifier les endroits les plus dangereux dans d’autres chaînes de montagnes, à des altitudes similaires.
Toutefois, ce travail prendra probablement une vingtaine d’années et il faudra beaucoup plus de données avant que de tels modèles puissent être assez fiables pour prévoir d’importantes chutes de pierres. Ces données contribueront à rendre l’escalade plus sûre sur le Cervin. Le 22 juillet 2019, deux alpinistes – un guide de haute montagne et son client – sont décédés après être tombés d’une paroi. Au moment du drame, les deux hommes se déplaçaient, encordés, à une altitude d’environ 4300 mètres.
Certaines découvertes contribuent déjà à assurer la sécurité des alpinistes. Par exemple, on sait que les chutes de pierres les plus fréquentes dans les faces nord des Alpes se produisent à une altitude plus basse et avec une fréquence plus élevée que sur les faces sud. Grâce au réseau de capteurs, les scientifiques ont identifié le moment le moins dangereux de la journée pour traverser le couloir du Goûter en été – de 9h à 10h – même si les randonneurs doivent vérifier les conditions avant d’entreprendre l’ascension du Mont Blanc.

Selon les scientifiques, le problème du permafrost dans les Alpes est beaucoup plus large et ne se limite pas aux simples parois rocheuses. Dans les Alpes françaises, il existe 947 infrastructure telles que des refuges de montagne ou des téléphériques dans les stations de ski qui sont sous la menace du dégel du permafrost. En conséquence, assurer la sécurité des Alpes et des nombreuses personnes qui les visitent sera un défi de plus en plus grand dans les prochaines années.
Source : La BBC.

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In order to study the behaviour of rock permafrost, temperature sensors were first placed at Aiguille du Midi in 2005. Back then, the scientists spent days drilling three 10m-deep boreholes in the granite wall. Now, data from numerous types of sensors is providing a clearer view of how this deep permafrost is affected by rising temperatures. The readings reveal that the most destructive changes to the permafrost are usually happening six or more meters beneath the rock surface as summer heatwaves cause the temperature there to rise to between -2°C and 0°C.

There are a few ways in which the thawing of ice can cause the detachment of a large volume of rock. Most commonly, water accumulated in an existing fracture can build hydrostatic pressure strong enough to widen or break the crack. In other places, the permafrost may be the only thing keeping two rock layers glued together.

Scientists are now trying to learn more about the physical processes involved in rockface collapses. For instance, they want to know how much water is going into rock and where it is coming from. To see what amount of the water is coming from the snow melt, scientists are dyeing the different snow packs with fluorescent colours. Next, cientists apply different methods to find out how much time the water they are collecting has spent in the rock. If it is very old, then it might indicate that ancient permafrost is now melting.

In the Swiss Alps, reserachers collect data from another remarkable permafrost field laboratory : the 4,478m-high Matterhorn. Motivated by rockfalls that occurred after the 2003 heatwave, Swiss scientists started setting up a wireless sensor network in 2006. The task was more difficult than on the French Aiguille du Midi because there is no cable car that leads to the top of Matterhorn. Over the following 10 years, however, they managed to build a network comprised of 17 different sensor types, which have allowed to gather more than 154 million data points. Built around the worst of the rockfall locations, the network includes temperature sensors, cameras, « crackmeters » that measure the widening of the fractures, inclinometers, GPS sensors and seismic sensors that help them measure the formation and melting of ice in fractures deep within the rock.

All these field measurements and laboratory experiments are contributing to computer models to help predict the behaviour of the mountain permafrost in rising temperatures. Researchers hope it will allow them to identify the most dangerous locations in any mountain range at similar altitudes.

But it could take another 20 years, and a lot more data, until such models could be good enough to forecast large rockfalls. This data would help make rock climbing safer on the Matterhorn. On July 22nd, 2019, two climbers – a mountain guide and his client – died after falling from a rock. At the time of the tragedy, the two men were moving, roped, at an altitude of about 4300 meters.

Meanwhile, some of the findings are already directly helping to keep mountaineers safe. For example, it’s known that the most frequent rockfalls in the north faces in the Alps occur at a lower elevation and with higher frequency than on the south faces. Thanks to the sensor network, scientists have identified the least dangerous time of the day for crossing the Goûter couloir in summer – from 9am to 10am – although climbers are still encouraged to check conditions before setting off.

Scientists warn that the problem about permafrost is much wider. In the French Alps, there are 947 elements of infrastructure located in the permafrost regions, from mountain huts to ski resort cable cars. Some of them were already affected by thawing. As a consequence, ensuring safety of the Alps and the many people who visit them will only be a growing challenge.

Source : The BBC.

En Suisse, le Cervin est une zone à risques pour les alpinistes (Photo: C. Grandpey)

Pour une meilleure sécurité sur la plage de Reynisfjara (Islande) // For a better safety at Reynisfjara Beach (Iceland)

Comme de nombreux touristes européens visitent l’Islande, j’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur les dangers de la plage de Reynisfjara dans le sud de l’île. Au cours des derniers mois, plusieurs accidents se sont produits, impliquant des visiteurs imprudents qui n’ont pas prêté attention aux mises en garde affichées à l’entrée de la plage.
J’ai expliqué dans plusieurs articles que de puissantes vagues et des lames de fond peuvent mettre les touristes en danger. Au début de l’été 2022, cinq d’entre eux avaient perdu la vie sur la plage de Reynisfjara depuis 2013.

Face à ces drames, une réunion de concertation a eu lieu parmi les autorités compétentes l’été dernier afin de mieux assurer la sécurité des visiteurs. A l’issue de la réunion, il a été décidé l’installation d’une signalisation d’information sur la plage. En plus des panneaux existants, une chaîne de 300 mètres de long a été tendue le long du parking afin de guider les visiteurs le long d’un chemin les obligeant à passer devant les panneaux. Des caméras ont été installées sur un mât sur le point haut de la plage. elles enverront en direct des images de la plage aux autorités policières de Selfoss.
Le nouvel ensemble de panneaux rédigés en trois langues vise à rendre l’information accessible et intéressante. On peut y lire ce qui est autorisé sur la plage, plutôt que de souligner ce qui est interdit. On remarque en particulier :
1) un panneau lumineux qui relaie les informations fournies par le système islandais de prévision des vagues;
2) trois grands panneaux informatifs dont l’un met en évidence les dangers du ressac;
3) six panneaux de signalisation ont également été installés.
A noter également que la plage de Reynisfjara ne sera jamais fermée au public. La plage sera divisée en zones, qui serviront à guider les visiteurs en fonction des conditions : un feu jaune clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone jaune, et un feu rouge clignotant indique que les visiteurs ne doivent pas entrer dans la zone rouge, la plus proche du rivage. Les visiteurs sont invités à rester sur la partie haute de la plage où ils seront en sécurité pour admirer le paysage.
Aucun secouriste ne sera présent, au moins pour le moment. Cependant, il se pourrait que les secouristes fassent partie de la prochaine étape et soient présents les jours où les conditions de mer seront mauvaises avec le feu clignotant rouge. Afin de financer de telles mesures, les propriétaires fonciers percevraient une redevance; autrement dit, la plage deviendrait payante.
Les autorités islandaises espèrent que les nouvelles mesures de sécurité permettront aux visiteurs de la plage d’être davantage conscients des dangers et de se comporter en conséquence. Malgré tout, des panneaux, aussi bien conçus soient-ils, n’empêcheront personne de s’aventurer trop près des vagues. Leur seul but est de maintenir la plupart des visiteurs dans une zone sûre.
Source : médias d’information islandais.

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As many Europezn tourists are visiting Iceland, I have drawn attention several times to the dangers at Reynisfjara beach in southern Iceland. In the past months, sevral accidents happened, involving careless visitors who did not pay attention to the warnings posted at the beach entrance.

I have explained in several posts that the waves can creep quickly upon travellers and put them at risk. As of last summer, five travellers had died on Reynisfjara beach since 2013. In response to these tragedies, a consultation team was established last summer in order to better ensure the safety of visitors. The consultation team recommended the installation of informatory signage on the beach, which has now been installed. In addition to the signs, a 300-metre-long chain has been strung along the parking lot, guiding visitors along a path and past the signs. Cameras, which have been installed on a mast on the beach ridge, will also stream live video from the beach to the police authorities in Selfoss.

A set of signs is aiming to make the information accessible and interesting, explaining what can be done in the area, as opposed to simply highlighting what is prohibited :

1) One illuminated sign which relays information from the Icelandic wave-prediction system;

2) three big informatory signs, one of which highlights the dangers of the undertow; and

3) six guiding signs have been installed.

It should also be noted that the Reynisfjara beach will never be closed to the public. Instead, the beach will be divided into zones, which will serve to guide visitors based on conditions: a flashing yellow light indicates that visitors should not enter the yellow zone, and a flashing red light indicates that visitors should not enter the red zone (i.e. not past the illuminated sign). Visitors are encouraged to stay on the beach ridge, which affords a safe view of the beautiful scenery.

No lifeguards will be employed at this time. However, they might prove a logical next step during those days when conditions are labelled ‘red.’ In order to finance such measures, landowners would need to collect fees from visitors.

Lastly, the parties affiliated with the consultation team hope that the new safety measures will mean that visitors to the beach will become more mindful of hazards and behave accordingly. Signs, no matter how well designed, will not stop anyone from venturing near the tide; they are, however, useful in keeping most visitors within a safe zone.

Source: Icelandic news media.

Vagues traitresses sur la plage de Reynisfjara (Photo: C. Grandpey)

Des panneaux montraient déjà le danger (Photo: C. Grandpey)

Nouveaux panneaux et feux de signalisation (Source: Iceland Tourist Board)