A quoi servent les COP ? À pas grand-chose ! // What are COPs for? Not much!

En lisant début septembre 2023 un article sur la pollution en Indonésie, j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas dans la gestion du réchauffement climatique sur notre planète. Si cette gestion était correcte, les Conférences des Parties (COP) prendraient des mesures CONTRAIGNANTES obligeant les pays à contrôler et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, les COP de prennent jamais de telles décisions. On en reste au stade des recommandations. Je pense que les participants aux COP ne regardent jamais la courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Elles n’ont jamais été aussi élevées (418,51 ppm en ce moment) et la courbe est parallèle à la hausse des températures dans le monde.
Les pays asiatiques comptent parmi les principaux pollueurs de la planète. La pollution en Indonésie était si forte ces derniers jours que le gouvernement a décidé de réduire de moitié la production d’une importante centrale au charbon près de la capitale Jakarta..
Cette réduction est intervenue une semaine avant que l’Indonésie accueille les dirigeants de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de hauts responsables des États-Unis, du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud pour des colloques abordant une série de problèmes régionaux.
Jakarta (30 millions d’habitants) est arrivée en tête du classement mondial de la pollution en août 2023, alors qu’un épais nuage de smog toxique avait envahi la ville et menaçait de peser sur les réunions de l’ASEAN. Il est évident que cette mesure concernant la centrale au charbon a été prise par le gouvernement pour se donner bonne conscience, rien d’autre.
La centrale, située à la pointe ouest de l’île de Java, produira désormais 1 800 mégawatts. Cependant, les responsables indonésiens n’ont pas précisé combien de temps durera sa mise en veille, ni s’il s’agira d’une mesure permanente, ce qui est fort improbable.
L’Indonésie s’est engagée à cesser de construire de nouvelles centrales au charbon à partir de 2023 et à devenir neutre en carbone d’ici 2050. Cependant, malgré le tollé des écologistes, la centrale au charbon de Suralaya, sur l’île de Java, est toujours en cours d’agrandissement et devrait accueillir 10 unités supplémentaires. .
Alors que les critiques du public se multiplient concernant la détérioration de la qualité de l’air, l’Indonésie a réagi en sanctionnant 11 entreprises industrielles qui ne respectaient pas les normes en vigueur, et a ordonné à la moitié de ses fonctionnaires de faire du télétravail
Le gouvernement a imputé cette hausse de la pollution aux conditions météorologiques et aux émissions des véhicules, mais certains ministres ont récemment reconnu que les centrales électriques au charbon et les usines autour de la capitale étaient également responsables.
Si la planète avait une politique de réduction des gaz à effet de serre digne de ce nom, les participants aux coûteuses COP auraient déjà pris des mesures contraignantes fixant les niveaux de ces gaz pour chaque pays. Or, ils ne l’ont jamais fait. Certains pays, comme la France, font des efforts en ce sens, mais ces mesures semblent dérisoires au vu de l’ampleur de la pollution de l’atmosphère en Chine, en Inde ou en Indonésie.
Quand je vois que la COP 28 aura lieu à Abou Dhabi, chez les producteurs de pétrole du Moyen-Orient, en novembre-décembre 2023, j’ai de gros doutes sur les résultats de cette conférence qui, comme les précédentes risque d’accoucher d’une souris ! Cela me rappelle la COP 24 dans le bassin houiller polonais de Silésie…. !

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Reading in early September an article about pollution in Indonesia, I concluded there was something wrong about the management of global warming on our planet. If this management was correct, the Conferences of the Parties (COP) would take BINDING measures to force the countries to control and reduce their greenhouse gas emissions, which they never do. I think the participants in the COPs never have a look at the Keeling Curve which shows CO2 concentrations in the atmosphere. They have never been so high (418.51 ppm) and the curve is parallel with the rise of global temperatures.

Asian counnties are among the major polluters of our planet. Pollution in Indonesia was so strong in recent days that the government decided to reduce by a half the output at a major coal-fired power plant near the capital Jakarta.

The reduction came a week before Indonesia hosted leaders from the Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) and top officials from the United States, Japan, China and South Korea for summits tackling a spate of regional issues.

Jakarta (pop.30 million) topped global pollution rankings several times in August 2023, as a toxic smog crisis threatened to overshadow the meetings. It is obvious the measure was taken by the government to clear its conscience, nothing else.

The coal-fired plant, on the western tip of Indonesia’s Java, will now operate to produce 1,800 megawatts. However, Indonesian officials did not confirm how long the power cut would be maintained or if it was a permanent move, which is quite unlikely.

Indonesia has pledged to stop building new coal-fired power plants from 2023 and to be carbon neutral by 2050. However, despite an outcry from environmental activists, the Suralaya coal plant on Java island is still being expanded to host 10 units within the plant’s complex.

As public criticism has mounted over worsening air quality, Indonesia has responded by sanctioning 11 industrial firms for failing to meet operational standards and ordered half its civil servants to work from home.

The government blamed weather patterns and vehicle emissions for the spike but some ministers have recently acknowledged coal-fired power plants and factories around the capital were also responsible.

If the global policy to reduce greenhouse gases was correct, the participants in the costly COPs would already have taken binding measures fixing greenhouse gas levels for each country. Some nations like France are making efforts to do so, but they are up to nothing compared what is happening in China, India or Indonesia.

When I see that COP 28 will take place in Abou Dhabi in November-December 2023, I have great doubts about the results ! It reminds me of COP 24 in the Polish coalfield of Silesia….

 Evolution sur une année des concentrations de CO2 dans l’atmosphère (Courbe de Keeling / NOAA)

Le Groenland hier, la Terre demain // Yesterday’s Greenland, tomorrow’s Earth

On sait depuis longtemps qu’il y a environ 400 000 ans, une grande partie du Groenland était dépourvue de glace. La toundra baignait dans la lumière du soleil sur les hautes terres du nord-ouest de l’île. On sait aussi qu’une forêt d’épicéas, bourdonnant d’insectes, couvrait la partie sud du Groenland. Le niveau de la mer dans le monde était alors beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, entre 6 et 12 mètres au-dessus du niveau actuel. Des terres qui abritent aujourd’hui des centaines de millions de personnes étaient sous l’eau.
Les scientifiques savaient depuis un certain temps que la calotte glaciaire du Groenland avait pratiquement disparu à un moment donné au cours du dernier million d’années, mais ils ne savaient pas précisément quand. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science, des scientifiques des universités du Vermont et de l’Utah ont déterminé cette date en analysant des carottes de sol gelé extraites d’une section d’un kilomètre d’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland.
L’histoire commence en juillet 1966 quand des scientifiques américains et des ingénieurs de l’armée américaine ont réussi, au bout de 6 années d’efforts, à forer la calotte glaciaire du Groenland. Le forage a eu lieu à Camp Century, une base militaire dans le nord-ouest du pays, dotée d’une série de tunnels creusés dans la calotte glaciaire. Le site de forage se trouvait à 220 km de la côte et reposait sur 1370 mètres de glace. Une fois atteint le soubassement rocheux, l’équipe a continué à forer 3,60 mètres supplémentaires.
En 1969, le travail d’un géophysicien sur la carotte de glace de Camp Century a montré pour la première fois que le climat de la Terre avait radicalement changé au cours des 125 000 dernières années. Des périodes glaciaires froides prolongées avaient alterné avec des périodes interglaciaires chaudes, avec fonte de la glace et hausse du niveau de la mer, et inondations de zones côtières dans le monde entier.
Pendant près de 30 ans, les scientifiques ont prêté peu d’attention aux 3,60 mètres de sol gelé de Camp Century. Une étude avait analysé les galets dans la carotte pour comprendre le substrat rocheux sous la calotte glaciaire. Une autre avait montré que le sol gelé conservait la preuve d’une époque plus chaude qu’aujourd’hui. Toutefois, sans aucun moyen de dater ces matériaux, peu de gens ont prêté attention à ces études.

Dans les années 1990, la carotte de sol gelé prélevée à Camp Century a disparu.
Il y a quelques années, des scientifiques danois l’ont retrouvée au fond d’un congélateur de Copenhague. Ils ont alors formé une équipe internationale pour analyser cette archive climatique unique.

Dans la partie supérieure de l’échantillon, les chercheurs ont trouvé des plantes fossilisées parfaitement préservées, preuve irréfutable que la terre en dessous de Camp Century, avait été libre de glace à une certaine époque, mais on ne savait pas quand.
Avec des échantillons prélevés au centre de la carotte de sédiments et analysés dans l’obscurité afin que le matériau conserve une mémoire précise de sa dernière exposition au soleil, les observations ont révélé que la calotte glaciaire couvrant le nord-ouest du Groenland – elle fait près de 1,6 km d’épaisseur aujourd’hui – avait disparu pendant la période chaude connue des climatologues sous le nom de Marine Isotope Stage 11, ou MIS 11, il y a entre 424 000 et 374 000 ans.
Pour déterminer plus précisément quand la calotte glaciaire avait fondu, l’un des chercheurs a utilisé la datation par luminescence. Au fil du temps, les minéraux accumulent de l’énergie lorsque des éléments radioactifs comme l’uranium, le thorium et le potassium se désintègrent et libèrent des radiations. Plus le sédiment est enfoui longtemps, plus le rayonnement s’accumule sous forme d’électrons piégés. Dans le laboratoire, les instruments mesurent de minuscules particules d’énergie, libérés sous forme de lumière par ces minéraux. Ce signal peut être utilisé pour calculer combien de temps les grains ont été enterrés puisque la dernière exposition au soleil aurait libéré l’énergie piégée.
Les modèles de calotte glaciaire obtenus grâce à ces expériences montrent que la calotte glaciaire du Groenland a probablement rétréci considérablement à cette époque. Au minimum, les scientifiques pensent que la bordure de glace s’est retirée de dizaines à centaines de kilomètres autour d’une grande partie de l’île au cours de cette période. L’eau de fonte a fait s’élever le niveau de la mer dans le monde d’au moins 1,50 mètre et peut-être même 6 mètres par rapport à aujourd’hui.

L’ancien sol gelé sous la calotte glaciaire du Groenland donne de bonnes indications sur les problèmes qui nous attendent. Pendant l’interglaciaire MIS 11, la Terre était chaude et les calottes glaciaires se limitaient aux hautes latitudes, un peu comme aujourd’hui. Le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est resté entre 265 et 280 parties par million (ppm) pendant environ 30 000 ans. Le MIS 11 a duré plus longtemps que la plupart des interglaciaires en raison de l’impact de la forme de l’orbite terrestre autour du soleil et son effet sur le rayonnement solaire atteignant l’Arctique. Au cours de ces 30 millénaires, le niveau de dioxyde de carbone a provoqué un réchauffement suffisant pour faire fondre une grande partie de la glace du Groenland.
Aujourd’hui, notre atmosphère contient 1,5 fois plus de dioxyde de carbone qu’au MIS 11, soit environ 420 parties par million, une concentration qui augmente chaque année. Le dioxyde de carbone emprisonne la chaleur et réchauffe la planète. Une trop grande quantité dans l’atmosphère augmente la température globale, comme on peut le constater actuellement.
Au cours de la dernière décennie, alors que les émissions de gaz à effet de serre continuaient d’augmenter, nous avons connu les huit années les plus chaudes jamais enregistrées. Juillet 2023 a vu la semaine la plus chaude jamais enregistrée. Une telle chaleur fait fondre les calottes glaciaires et réduit l’albédo, la faculté de la glace à réfléchir la lumière du soleil.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, même si nous arrêtions soudainement de brûler des combustibles fossiles, le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère resterait élevé pendant des siècles, voire des millénaires. En effet, il faut beaucoup de temps au dioxyde de carbone pour être absorbé par les sols, les plantes, l’océan et les roches. Nous créons des conditions propices à une très longue période de chaleur, tout comme lors du MIS 11.
Nos efforts pour réduire les émissions de carbone et séquestrer le carbone qui est déjà dans l’atmosphère augmenteront les chances de survie d’une plus grande partie de la glace du Groenland. Si nous ne faisons pas ces efforts, nous serons confrontés à un monde qui pourrait ressembler beaucoup au MIS 11, ou même être plus extrême : une Terre chaude, des calottes glaciaires qui disparaissent, le niveau de la mer qui monte et des vagues qui viennent déferler sur Miami, Mumbai et Venise.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités,

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It has been known for quite a long time that about 400,000 years ago, large parts of Greenland were ice-free. The tundra basked in the Sun’s rays on the island’s northwest highlands. Evidence suggests that a forest of spruce trees, buzzing with insects, covered the southern part of Greenland. Global sea level was much higher then, between 6 and 12 meters above today’s levels. Around the world, land that today is home to hundreds of millions of people was under water.

Scientists have known for some time that the Greenland ice sheet had mostly disappeared at some point in the past million years, but not precisely when. In a new study in the journal Science, scientists from the Vermont and Utah universities determined the date, using frozen soil extracted from beneath a one kilometer-thick section of the Greenland ice sheet.

In July 1966, American scientists and U.S. Army engineers completed a six-year effort to drill through the Greenland ice sheet. The drilling took place at Camp Century, a military base in the northwestern part of the country, made up of a series of tunnels dug into the Greenland ice sheet. The drill site was 220 km from the coast and underlain by 1370 meters of ice. Once they reached the bottom of the ice, the team kept drilling 3.6 more meters into the frozen, rocky soil below.

In 1969, a geophysicist’s analysis of the ice core from Camp Century revealed for the first time the details of how Earth’s climate had changed dramatically over the last 125,000 years. Extended cold glacial periods when the ice expanded quickly gave way to warm interglacial periods when the ice melted and sea level rose, flooding coastal areas around the world.

For nearly 30 years, scientists paid little attention to the 3.6 meters of frozen soil from Camp Century. One study analyzed the pebbles to understand the bedrock beneath the ice sheet. Another suggested that the frozen soil preserved evidence of a time warmer than today. But with no way to date the material, few people paid attention to these studies. By the 1990s, the frozen soil core had vanished.

Several years ago, Danish scientists found the lost soil buried deep in a Copenhagen freezer, and they formed an international team to analyze this unique frozen climate archive. In the uppermost sample, they found perfectly preserved fossil plants, proof positive that the land far below Camp Century had been ice-free some time in the past, but when?

Using samples cut from the center of the sediment core and analyzed in the dark so that the material retained an accurate memory of its last exposure to sunlight, observations revealed that the ice sheet covering northwest Greenland – nearly 1.6 km thick today – vanished during the extended natural warm period known to climate scientists as Marine Isotope Stage 11, or MIS 11, between 424,000 and 374,000 years ago.

To determine more precisely when the ice sheet melted away, one of the researchers used a technique known as luminescence dating. Over time, minerals accumulate energy as radioactive elements like uranium, thorium, and potassium decay and release radiation. The longer the sediment is buried, the more radiation accumulates as trapped electrons. In the lab, specialized instruments measure tiny bits of energy, released as light from those minerals. That signal can be used to calculate how long the grains were buried, since the last exposure to sunlight would have released the trapped energy.

The ice sheet models obtained through the experiments show that Greenland’s ice sheet must have shrunk significantly then. At minimum, the edge of the ice retreated tens to hundreds of kilometers around much of the island during that period. Water from that melting ice raised global sea level at least 1.50 meters and perhaps as much as 6 meters compared to today.

The ancient frozen soil from beneath Greenland’s ice sheet warns of trouble ahead. During the MIS 11 interglacial, Earth was warm and ice sheets were restricted to the high latitudes, a lot like today. Carbon dioxide levels in the atmosphere remained between 265 and 280 parts per million for about 30,000 years. MIS 11 lasted longer than most interglacials because of the impact of the shape of Earth’s orbit around the sun on solar radiation reaching the Arctic. Over these 30 millennia, that level of carbon dioxide triggered enough warming to melt much of the Greenland’s ice.

Today, our atmosphere contains 1.5 times more carbon dioxide than it did at MIS 11, around 420 parts per million, a concentration that has risen each year. Carbon dioxide traps heat, warming the planet. Too much of it in the atmosphere raises the global temperature, as the world is seeing now.

Over the past decade, as greenhouse gas emissions continued to rise, humans experienced the eight warmest years on record. July 2023 saw the hottest week on record, based on preliminary data. Such heat melts ice sheets, and the loss of ice further warms the planet as dark rock soaks up sunlight that bright white ice and snow once reflected.

As I put it in previous posts, even if everyone stopped burning fossil fuels tomorrow, carbon dioxide levels in the atmosphere would remain elevated for hundreds and even thousands of years. Indeed, it takes a long time for carbon dioxide to move into soils, plants, the ocean and rocks. We are creating conditions conducive to a very long period of warmth, just like MIS 11.

Everything we can do to reduce carbon emissions and sequester carbon that is already in the atmosphere will increase the chances that more of Greenland’s ice survives. The alternative is a world that could look a lot like MIS 11, or even more extreme: a warm Earth, shrinking ice sheets, rising sea level, and waves rolling over Miami, Mumbai and Venice.

Source : The Conversation, Yahoo News,

 

Evolution des concentrations de CO2, avec leur accélération au cours des dernières décennies.

La calotte glaciaire du Groenland réussira-t-elle à survivre aux assauts du réchauffement climatique ? (Photo : C. Grandpey)

Nouvelle approche des volcans basaltiques // New approach to basaltic volcanoes

Une nouvelle étude publiée le 7 août 2023 dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences (PNAS) apporte une nouvelle lumière sur l’éruption des volcans basaltiques comme le Kilauea et le Mauna Loa à Hawaii.
Selon les auteurs de l’étude, les volcans situés à l’intérieur des plaques tectoniques n’entrent pas en éruption comme les scientifiques le pensaient jusqu’à présent. Les chercheurs expliquent que le magma à l’intérieur de ces volcans est propulsé vers la surface par le dioxyde de carbone, et non par l’eau, comme on le pensait généralement. Ce magma provient également de réservoirs beaucoup plus profondes qu’on ne l’avait estimé; il prend naissance dans le manteau terrestre à des profondeurs de 20 à 30 kilomètres, et non dans la croûte externe, à 7 à 13 km de profondeur.
Selon l’un des auteurs de l’étude, « cela change complètement le paradigme de la façon dont ces éruptions se produisent. En effet, dans tous les modèles volcaniques c’est l’eau qui est considérée comme principal moteur des éruptions, mais l’eau n’a pas grand-chose à voir avec ces volcans. C’est le dioxyde de carbone qui fait remonter le magma des profondeurs. »
Les chercheurs avaient déjà imaginé que le CO2 pourrait alimenter ce type d’éruption, après avoir remarqué que les éruptions extrêmement explosives n’ont pas toujours les plus fortes concentrations d’eau dans la lave. La nouvelle étude confirme cette théorie.
Cette nouvelle approche concerne des volcans basaltiques qui se trouvent à l’intérieur, plutôt qu’en bordure, des plaques tectoniques. Les volcans basaltiques émettent une lave qui a une viscosité inférieure à celle des autres volcans; elles donc plus fluide et se déplace plus rapidement. Ces volcans peuvent être très explosifs lorsqu’ils entrent en éruption, surtout si la lave est relativement froide et remonte rapidement à la surface, entraînant la formation de cristaux qui sont ensuite projetés.
Parmi les volcans basaltiques, on peut citer le Kilauea et le Mauna Loa à Hawaï, ou encore le Pico do Fogo dans l’archipel du Cap Vert dans l’océan Atlantique. Ce volcan est au cœur de la dernière étude. Il est très actif, avec 30 éruptions connues depuis le 15ème siècle. La dernière éruption a commencé le 23 novembre 2014 et s’est terminée le 8 février 2015, avec des coulées de lave qui ont recouvert plus de 4 kilomètres carrés de terres, ainsi que deux villages. (voir la description de l’éruption sur ce blog)
Les chercheurs ont analysé la composition de minuscules poches de lave en fusion emprisonnées dans les coulées du Fogo et ont découvert qu’elles contenaient de grandes quantités de CO2 qui avait été cristallisé à une pression correspondant à une profondeur de 20 à 30 km. Cela signifie que le magma provenait de l’intérieur du manteau et non de la croûte. Les résultats des analyses indiquent que les bulles de CO2 font remonter le magma des profondeurs du manteau.
L’auteur principal de l’étude explique que « sur le Fogo, c’est très certainement le dioxyde de carbone qui fait remonter rapidement le magma, et cela joue probablement un rôle important dans son comportement explosif. Le magma a une viscosité extrêmement faible ».
La découverte mise en évidence par cette étude pourrait permettre de réduire les risques générés par ces éruptions.
Vous trouverez l’étude à cette adresse :
https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2302093120

Source : Live Science via Yahoo Actualités.

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A new study published on August 7th, 2023 in the Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) brings a new approach to the eruption of basaltic volcanoes like Kilauea and Mauna Loa in Hawaii.

According to the authors oof the study, volcanoes that sit within tectonic plates don’t erupt how scientists thought they did. They explain that magma within these volcanoes is propelled up and out of the ground by carbon dioxide, not by water, as was previously thought. This magma also shoots up from much deeper reserves than previously estimated, originating in Earth’s mantle at depths of 20 to 30 kilometers, rather than in the outer crust, 7 to 13 km deep.

A co-author of the research says that « this completely changes the paradigm of how these eruptions happen, All volcanic models have been dominated by water as the main eruption driver, but water has little to do with these volcanoes. It’s carbon dioxide that brings this magma from the deep Earth. »

Researchers had already suggested that CO2 may fuel this type of eruption, tipped off by the finding that extremely explosive eruptions don’t always have the highest concentrations of water in the lava, but the new study finally confirms this theory.

The discovery relates to basaltic volcanoes that sit within tectonic plates rather than on their edges. Basaltic volcanoes spew lava that has a lower viscosity than other volcanoes, meaning it is more fluid and travels faster. These volcanoes can be highly explosive when they erupt, especially if the lava is relatively cool and whooshes up to the surface rapidly, leading to the formation of crystals that are then flung across the landscape.

Examples of basaltic volcanoes include Kilauea and Mauna Loa in Hawaii, as well as Pico do Fogo in the Cabo Verde archipelago in the Atlantic Ocean, which is at the heart of the latest study. Pico do Fogo is a very active volcano, with 30 known eruptions since records began in the 15th century. The last eruption began on November 23rd, 2014 and came to an end on February 8th, 2015, with lava flows covering more than 4 square kilometers of land and two villages. (see the description of the eruption on this blog)

The researchers analyzed the composition of tiny pockets of molten lava trapped in rocks on Fogo and found that they contained high amounts of CO2 that had been crystallized at a pressure consistent with a depth of 20 to 30 km. This implied that the magma had risen from within the mantle rather than from the crust. The results of the analyses indicate that CO2 bubbles drive magma up from deep within the mantle.

The lead author of the study explains that « at Fogo the magma must be driven up fast by the carbon dioxide and this likely plays a significant role in its explosive behaviour. The magma has extremely low viscosity. »

The discovery could help mitigate the danger posed by these eruptions.

You will find the study at this address :

https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2302093120

Source : Live Science via Yahoo News.

Image satellite de l’éruption du Fogo en 2014 (Source : NASA)

La NASA montre le CO2 dans l’atmosphère ! // NASA shows CO2 in the atmosphere !

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique que nous connaissons à l’heure actuelle. Cependant, son augmentation dans l’atmosphère serait encore plus rapide sans les puits de carbone terrestres et océaniques qui absorbent ensemble environ la moitié des émissions anthropiques chaque année. Les techniques de modélisation informatique du Global Modeling and Assimilation Office de la NASA ont permis aux scientifiques de faire apparaître les sources et les puits de CO2 et de mieux comprendre d’où vient le carbone et où il va.
Les vidéos réalisées par la NASA ont été mises en ligne en juin 2023. Elles ont été créées à partir des données relatives aux émissions de dioxyde de carbone en 2021. Elles ont l’aspect de tourbillons sur toute la planète et montrent l’évolution de ces émissions entre le début et la fin de l’année 2021.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

On s’attardera sur les 3 animations proposées par la NASA.

La première animation montre le CO2 entré dans l’atmosphère terrestre au cours de l’année 2021. Il est réparti entre les quatre principaux contributeurs : les combustibles fossiles en orange, la biomasse en rouge, les écosystèmes terrestres en vert et l’océan en bleu. Les points à la surface montrent comment le dioxyde de carbone atmosphérique est absorbé par les écosystèmes terrestres (en vert) et les océans (en bleu). Bien que les terres et les océans soient des puits de carbone, certains endroits peuvent être des sources à différents moments.
L’animation met en évidence l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Les plantes absorbent du CO2 par photosynthèse pendant leur saison de croissance, mais libèrent une grande partie de ce carbone pendant les mois d’hiver. Parmi les caractéristiques intéressantes, on notera les émissions de combustibles fossiles provenant du corridor urbain nord-est qui s’étend de Washington D.C. à Boston aux États-Unis. L’oscillation rapide au-dessus de la forêt amazonienne montre l’absorption du carbone par les plantes pendant la journée, lorsque le soleil brille, et sa libération pendant la nuit.

La deuxième animation met en évidence les sources et les puits de CO2 en Asie et en Australie. On remarquera en particulier les émissions de combustibles fossiles de la Chine, qui ont contribué à l’augmentation de la charge atmosphérique de CO2 au cours de l’année 2021. En revanche, l’absorption par la biosphère terrestre est visible en Australie pendant la majeure partie de l’année car les émissions et la densité de population y sont beaucoup plus faibles. À la fin de l’animation, les émissions de combustibles fossiles, qui sont libérées, principalement dans l’hémisphère nord, se mélangent vers le sud et obscurcissent l’Australie.

La troisième animation met en évidence l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Les émissions de combustibles fossiles en Europe sont visibles, de même que le rouge qui représente les émissions provenant des incendies en Afrique centrale. Les feux représentent une source de CO2 dans l’atmosphère bien moins importante que les émissions de combustibles fossiles, mais ils sont significatifs car ils peuvent altérer la capacité d’un écosystème à séquestrer le carbone par la suite. Les scientifiques surveillent attentivement la manière dont les émissions de CO2 dues aux incendies sont modifiées par le réchauffement climatique qui allonge la saison des incendies et les rend plus sévères dans de nombreuses régions.

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Carbon dioxide (CO2) is the most prevalent greenhouse gas driving global climate change. However, its increase in the atmosphere would be even more rapid without land and ocean carbon sinks, which collectively absorb about half of human emissions every year. Advanced computer modeling techniques in NASA’s Global Modeling and Assimilation Office allow scientists to disentangle the influences of sources and sinks and to better understand where carbon is coming from and going to.

The videos of the swirling emissions were released in June 2023. They are recreated from 2021 carbon dioxide emissions data. They’re shown as swirls all over the planet and how those emissions progressed from the beginning of 2021 to the end of that calendar year.

https://svs.gsfc.nasa.gov/5110

Let’s have a look at the 3 visualizations suggested by NANA.

The first visualization shows the CO2 being added to Earth’s atmosphere over the course of the year 2021, split into four major contributors: fossil fuels in orange, burning biomass in red, land ecosystems in green, and the ocean in blue. The dots on the surface also show how atmospheric carbon dioxide is also being absorbed by land ecosystems in green and the ocean in blue. Though the land and oceans are each carbon sinks in a global sense, individual locations can be sources at different times.

For example, in this view highlighting North America and South America, during the growing season plants absorb CO2 through photosynthesis, but release much of this carbon through respiration during winter months. Some interesting features include fossil fuel emissions from the northeastern urban corridor that extends from Washington D.C. to Boston in the United States. The fast oscillation over the Amazon rainforest shows the impact of plants absorbing carbon while the sun is shining and then releasing it during nighttime hours.

The second visualization highlights CO2 sources and sinks over Asia and Australia. The most notable feature is fossil fuel emissions from China, which contribute to the increasing atmospheric burden of CO2 over the course of 2021. In contrast, drawdown from the land biosphere is visible over Australia for much of the year because emissions and population density are much lower. By the end of the animation, fossil fuel emissions which are released predominantly in the Northern Hemisphere are mixing southward obscuring Australia.

The third visualization highlights Europe, the Middle East, and Africa. European fossil fuel emissions are visible as is red representing emissions from fires over central Africa. Fires represent a much smaller source of CO2 to the atmosphere than fossil fuel emissions, but are significant because they can alter the ability of an ecosystem to sequester carbon in the future. Scientists are carefully monitoring how CO2 emissions from fires are altered by climate change, which is bringing longer and more severe fire seasons to many areas.