Alaska: Une catastrophe glaciaire (1) // A glacial disaster (1)

drapeau-francaisJe viens de passer trois semaines en Alaska. Laissant les volcans momentanément de côté, je me suis attardé sur la situation des glaciers. J’avais pris des photos au cours de mes trois séjours précédents et il m’a donc été facile d’établir des comparaisons. J’ai déjà montré le recul spectaculaire du Columbia Glacier qui vient vêler dans le Prince William Sound. Mes propres photos, étayées par les images satellitaires de la NASA constituaient une partie de l’exposition que j’ai présentée au Festival de Montier-en-Der en novembre 2015.

Au cours du mois de septembre 2016, j’ai été surpris de constater avec quelle vitesse les glaciers remontaient dans les zones sommitales des montagnes de l’Alaska. Beaucoup d’entre eux auront disparu avant la fin de notre décennie. En particulier, je n’ai pas reconnu les langues glaciaires qui descendaient il n’y a pas si longtemps des sommets le long du Thomson Pass que la route escalade avant d’atteindre Haines.

S’agissant des glaciers plus imposants qui viennent vomir des icebergs dans les fjords, la situation est tout aussi inquiétante. Beaucoup n’atteignent plus la mer. Le Sawyer Glacier vient terminer sa course en deux branches dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau, la capitale de l’Alaska. Le capitaine du petit bateau qui m’a conduit devant le glacier m’a expliqué que, si la branche ouest du glacier semblait être assez stable, son homologue sud reculait à vue d’oeil. Selon lui, elle s’est raccourcie de « trois huitièmes de mile » – soit six cents mètres – en trois mois entre juin et septembre 2016.

Le glacier Beloit à côté de Whittier est sur le point de ne plus vêler. On aperçoit la roche qui constitue son soubassement et il est fort à parier que dans très peu de temps le front n’aura plus la force d’atteindre la mer.

La fonte des glaciers aura à court terme des conséquences sur la faune. Je connais une charmante rivière d’une trentaine de kilomètres de long dans le sud de l’Alaska qui prend sa source dans la montagne grâce à la fonte d’un glacier. Elle traverse ensuite un superbe lac quelques kilomètres après sa source, puis poursuit sa route en direction d’un fjord dans lequel elle vient se jeter. Jusqu’à très récemment, cette rivière regorgeait de saumons qui faisaient le bonheur des ours et des pygargues à tête blanche. Quand je me suis rendu auprès de ce cours d’eau en septembre 2016, j’ai tout de suite remarqué que la situation n’était plus la même. Suite à la fonte accélérée du glacier qui l’alimente, le débit de la rivière avait nettement baissé. L’eau n’étant plus aussi abondante, les saumons étaient aux abonnés absents et je ne les ai plus vu sauter au cours de leur remontée comme ils le faisaient précédemment. Suite  au manque de saumons, les ours se faisaient rares. Je n’ai observé que trois d’entre eux qui, astucieusement, s’étaient postés sur un poste de comptage de poissons pour trouver leur pitance. Au train où vont les choses, je pense que cette rivière va devenir rapidement un lit de galets où se faufileront quelques filets d’eau. Triste fin de vie!

Comme je l’ai écrit précédemment, les Américains ne se sentent pas vraiment responsables du réchauffement climatique. Ils semblent avoir été conditionnés (par leur gouvernement ?) à l’idée que le changement climatique est un processus naturel et seulement cela. Deux scientifiques avec lesquels j’avais rendez-vous m’ont confirmé cette impression et expliqué leurs difficultés à faire admettre la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement global de notre planète.

Vous trouverez ci-dessous une première série de clichés montrant le triste état des glaciers sommitaux.

Ensuite, je présenterai une suite de photos montrant des glaciers qui n’ont plus la force d’atteindre l’océan.

Une troisième série montrera les glaciers qui, comme le Sawyer ou le Blackstone, viennent encore vêler (autrement dit, produire des icebergs). C’est un spectacle magnifique et impressionnant quand des effondrements se produisent sur le front du glacier. Il faut se dépêcher d’en profiter car le show glaciaire risque fort de ne pas être éternel.

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drapeau-anglaisI have just spent three weeks in Alaska. Leaving aside momentarily the world of volcanoes, I dwelt on the situation of glaciers. I had taken photos during my three previous visits and it was therefore easy to draw comparisons. I have already shown the dramatic retreat of Columbia Glacier which calves in Prince William Sound. My own photos, supported by satellite images from NASA, were a part of the exhibition that I presented at the Festival of Montier-en-Der in November 2015.
In September 2016, I was surprised to see how fast the glaciers were retreating in the summit areas of the mountains of Alaska. Many of them will be gone before the end of the decade. In particular, I did not recognize the glacial tongues that used to come down the summits along the Thomson Pass before reaching Haines.
Regarding the largest glaciers that produce icebergs in the fjords, the situation is equally worrying. Many of them no longer reach the sea. Sawyer Glacier ends up in two branches in Tracy Arm, southeast of Juneau, the capital of Alaska. The captain of the small boat that brought me to the glacier explained me that if the western branch of the glacier seemed to be fairly stable, its southern counterpart is visibly shrinking. He told me it had shortened by « three-eighths of a mile » – or six hundred meters – in the three months between June and September 2016.
Beloit glacier near Whittier is about to stop calving. One can see the rock that forms its base and it is likely that in a very short time the front of the glacier will not have the strength to reach the sea.
Melting glaciers will have short-term consequences for wildlife. I know a lovely river about thirty kilometers long in the south of Alaska, which has its source in the mountains through the melting of a glacier. It then crosses a beautiful lake a few kilometers after its source, and then moves on towards a fjord. Until very recently, the river was full of salmon that were the delight of bears and bald eagles. When I visited the river in September 2016, I immediately noticed that the situation was not the same. Due to the accelerated melting of the glacier that feeds the river, its flow had dropped significantly. Since water is not as plentiful, the salmon were no longer there and I did not see them jump during their ascent, as they did previously. Due to the lack of salmon, the bears were scarce. I observed only three of them, cleverly posted on a fish counting station to find their food. The way things are going, I think this river will quickly become a pebble bed with a few rivulets. The sad end of a life!
As I wrote earlier, Americans do not really feel responsible for global warming. They seem to have been conditioned (by their government?) to the idea that climate change is a natural process, nothing else. Two scientists I met have confirmed this impression and explained their difficulties to make people accept the responsibility of human activities in global warming.

Here is a first series of photos showing the sad situation of the summit glaciers.
Then I will present a series of photos showing glaciers that no longer have the strength to reach the ocean.
A third series will show the tidal glaciers, such as Blackstone and Sawyer, that are still calving (ie producing icebergs). This is a beautiful and impressive sight, especially when collapses occur on the glacier front. You need to hurry to enjoy it because the ice show may well not be eternal.

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Photos: C. Grandpey

 

Nicolas Sarkozy et le changement climatique // Nicolas Sarkozy and climate change

drapeau-francaisAprès Claude Allègre, voici Nicolas Sarkozy !  S’exprimant devant des chefs d’entreprise, l’ancien chef de l’état a souhaité mettre l’accent sur la question du «choc démographique», éclipsée selon lui par les sujets climatiques. Il a renouvelé ses doutes quant à l’importance du réchauffement climatique et à la responsabilité humaine dans ce processus. «On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement», a estimé Nicolas Sarkozy. Ces déclarations font écho à des positions climatosceptiques déjà développées le 3 mai 2016, à l’occasion d’une «journée de travail sur l’environnement». Il déclarait alors : «La terre a une ancienneté de 4 milliards d’années. Des changements climatiques, la terre en a connu d’immenses. Il n’y a encore pas si longtemps, il y a 3 ou 4 millions d’années, il y a eu une période de glaciations immenses qui faisait que l’on allait à pied de l’Alaska jusqu’à l’Écosse (…) Ça a aussi permis la colonisation de la planète pas les êtres humains (…) Le changement climatique, le monde, la planète en a connu quantité», avait-il minimisé. Avant de convenir: «Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’en occuper».

Signataire de la charte environnementale de Nicolas Hulot et initiateur du Grenelle de l’environnement à partir de 2007, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois assumé des positions controversées sur les questions relatives à l’écologie depuis son retour sur le devant de la scène politique. Il s’est notamment déclaré en faveur de l’exploitation du gaz de schiste, contre le principe de précaution, et pour le maintien de l’activité nucléaire à Fessenheim. «On a peur de quoi? D’un tsunami sur le Rhin?», avait-il ironisé devant les salariés de la centrale, en référence à Fukushima.

Source : Le Figaro.

De retour d’Alaska où le réchauffement climatique fait fondre les glaciers à une vitesse vertigineuse, je suis furieux quand je lis les déclarations de Nicolas Sarkozy. Elles rejoignent celles de Donald Trump – candidat républicain à l’élection présidentielle du mois de novembre – qui a déclaré d’emblée qu’il refuserait de mettre en pratique les promesses de la COP 21 de Paris.

A l’inverse de ces deux personnages, le Président Obama a eu le courage de se rendre en Alaska et de reconnaître que le réchauffement climatique n’était pas une illusion. «Le changement climatique perturbe déjà notre agriculture et nos écosystèmes, nos alimentations en eau et en nourriture, notre énergie et nos infrastructures ». Il a approuvé les conclusions de la COP 21 visant à protéger notre planète « pendant qu’il est encore temps ». Au cours de son voyage dans la Dernière Frontière, il a annoncé des mesures à l’attention des populations qui vont devoir quitter les côtes de l’Alaska à cause le la montée des eaux.

Au lieu de regarder la pointe de ses chaussures, Nicolas Sarkozy ferait bien d’aller jeter un coup d’œil aux glaciers alpins qui sont en passe de connaître le même sort que leurs homologues d’Alaska. Au train où vont les choses, les stations de sports d’hiver ont du souci à se faire, car les canons à neige ne suffiront bientôt plus à fournir l’or blanc. Pour terminer, je conseille à l’ancien président de jeter un coup d’œil à la courbe de Keeling qui montre l’évolution des émissions de CO2 dans l’atmosphère. A moins que son intelligence soit défaillante, je pense qu’il comprendra assez vite l’urgence de la situation !

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drapeau-anglaisAfter Claude Allègre, here is Nicolas Sarkozy! Speaking to business leaders, the former head of the state wished to focus on the issue of the « demographic crisis », which, in his opinion, has been eclipsed by climate issues. He reiterated his doubts about the importance of climate change and human responsibility in this process. « There was a climate conference. Much is said about climate change, it is very interesting but climate has changed over the past 4.5 billion years. Man is not the only one responsible for this change, »said Nicolas Sarkozy. These statements echo his positions already developed in May 3, 2016, during a « workday on the environment. » He said: « The Earth is 4 billion years old and has already gone through enormous climate changes. Not so long ago, 3 or 4 million years ago, there was a period of massive glaciation that allaowed to walk from Alaska to Scotland ( …) It also allowed the colonization of the planet by human beings (…) The world, the planet have experienced a lot of climate changes. » He however concluded saying:: « It does not mean that we should not take care. »
A signatory of Nicolas Hulot’s environmental charter and the initiator of the 2007 Grenelle Environment, Nicolas Sarkozy has repeatedly taken controversial positions on issues related to ecology since his return to the front of the political stage. He particularly expressed support for shale gas, against the precautionary principle, and for the maintenance of nuclear activity at Fessenheim. « What are we afraid of? A tsunami on the Rhine? « he had joked before employees of the plant, in reference to Fukushima.
Source: Le Figaro.

Back from Alaska where global warming melts the glaciers at breakneck speed, I was furious when I read Nicolas Sarkozy’s statements. They closely resemble those of Donald Trump – the Republican candidate in the November presidential election – who declared from the outset that he would refuse to implement the promises of the Paris COP 21.
Unlike these two persons, President Obama had the courage to go to Alaska and admit that climate change was not an illusion. « Climate change is already disrupting our agriculture and our ecosystems, our supplies of water and food, energy and infrastructure. » He endorsed the conclusions of the COP 21 to protect our planet « if we start now. » During his trip to the Last Frontier, he announced measures to the attention of the people who will have to leave the coast of Alaska because the rising ocean water.
Instead of looking at the tips of his shoes, Nicolas Sarkozy had better take a look at the alpine glaciers that are poised to suffer the same fate as their Alaskan counterparts. The way things are going, the ski resorts have the need to worry because the snow guns will soon no longer enough to provide white gold. In conclusion, I advise the former president to take a look at the Keeling curve that shows the evolution of CO2 emissions into the atmosphere. Unless his intelligence is faulty, I think he will quickly understand the urgency of the situation!

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La Mer de Glace, preuve irréfutable du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)

Le changement climatique dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis // Climate change in the U.S. presidential campaign

drapeau-francaisLe 8 mars 2016, j’ai écrit une note sur le changement climatique et les statistiques alarmantes concernant les émissions de CO2, la fonte de la banquise et des glaciers, ainsi que l’élévation du niveau des océans. Avec l’élection présidentielle en Novembre, le changement climatique est entré dans la campagne, ce qui n’était pas le cas pendant la course à la présidence de 2012 pendant laquelle la question du changement climatique fut largement occultée. Barack Obama et son adversaire républicain, Mitt Romney, n’ont presque jamais abordé ce sujet, et il n’est pas apparu, non plus, au cours des débats qui ont opposé les deux hommes. Ils ont préféré parler de l’augmentation de la production de pétrole et de gaz plutôt que la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En 2016, Hillary Clinton a mis le changement climatique au cœur de sa campagne et le sujet prend une importance jamais vue auparavant dans une élection présidentielle américaine.
Dans ses discours, Madame Clinton met régulièrement l’accent sur son plan de lutte contre le réchauffement climatique, et son mari, l’ancien président Bill Clinton, s’est félicité lors de la convention démocrate de voir que le réchauffement climatique était au centre de la politique étrangère envisagée par son épouse si elle est élue. Le sénateur Bernie Sanders, principal rival de Hillary Clinton dans les primaires, a abordé la question avec force, en disant que « cette élection tourne autour du changement climatique. » La plate-forme du parti prévoit l’instauration d’une taxe carbone. Hillary Clinton a fixé des objectifs ambitieux pour la production d’énergie à partir de sources renouvelables, y compris l’installation de cinq cents millions de panneaux solaires d’ici 2020.

Donald Trump, l’adversaire de Hillary Clinton à l’élection de Novembre, s’oppose fermement à toute politique en matière de changement climatique. Il est persuadé que le changement climatique n’est pas causé par l’homme et qualifie cette théorie de « canular ». La plate-forme républicaine considère la politique sur le changement climatique comme  « le triomphe de l’extrémisme sur le bon sens. » Bien que quelques Républicains aient approuvé les décisions du Président Obama en matière de politique énergétique, la plupart d’entre eux  restent fermement opposés à la politique sur le changement climatique défendue par Obama. En particulier, ils s’élèvent contre une série de mesures de l’Environmental Protection Agency visant à réduire les émissions polluantes des centrales au charbon. Selon les Républicains, si ces mesures étaient adoptées, elles entraîneraient la fermeture de centaines de ces centrales.
Par ailleurs, Donald Trump a promis d’annuler les lois relatives au changement climatique votées par l’administration Obama. Il a appelé à plus de forages de combustibles fossiles et moins de réglementations environnementales. Il a dit qu’il « annulerait » l’accord conclu l’année dernière en France – lors de la COP 21 – qui engage presque tous les pays à prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique.

Le fossé entre les deux parties sur la question du changement climatique est très profond, et il divise les deux camps comme il ne l’a jamais fait depuis qu’il est entré dans le monde politique. Cela est d’autant plus remarquable que, lors de l’élection de 2008, les positions des Démocrates et des Républicains sur le changement climatique étaient presque identiques.

Un sondage de l’institut Gallup réalisé en mars 2016 a révélé que 65% des Américains pensaient que le changement climatique était causé par l’activité humaine, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2015. Le sondage a révélé que 38% des Républicains croyaient la même chose, soit une augmentation de 4 points par rapport à l’année précédente. Le sondage a également révélé que 76% des Américains âgés de 18 à 29 ans admettaient que l’activité humaine est à l’origine du changement climatique.
Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les différents contacts que j’ai eu pendant l’été 2015 dans le nord-ouest des Etats-Unis ont montré que la plupart des Américains ne croyaient pas à la responsabilité humaine dans le changement climatique et le réchauffement planétaire. Les gens que ai rencontrés étaient convaincus – et, de toute évidence, conditionnés par leur gouvernement – que le phénomène était dû à un cycle naturel et rien d’autre. Espérons que le sondage Gallup est fiable et que les Américains sont en train de prendre conscience de l’influence de l’activité humaine sur la situation climatique actuelle.

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drapeau-anglaisOn March 8th 2016, I wrote a post about climate change and the alarming statistics about CO2 emissions, the melting of sea ice and glaciers or the rising level of the oceans. With the presidential election in November, climate change has entered the presidential campaign, a new event compared with the 2012 race for president when the issue of climate change was nearly invisible. President Barack Obama and his Republican opponent, Mitt Romney, almost never spoke about it, and it did not come up during their debates. There was far more talk of ramping up oil and gas production than cutting greenhouse gas emissions.

In 2016, as Hillary Clinton thrusts climate change to the heart of her campaign, the issue is taking on a prominence it has never before had in a presidential general election.

In speeches, Clinton regularly highlights her plan to combat global warming, and her husband, former President Bill Clinton, praised her at the Democratic National Convention for putting it at « the centre » of her foreign policy. Senator Bernie Sanders, her main rival in the primaries, spoke of the issue forcefully, saying that « this election is about climate change. » The party platform calls for a tax on carbon pollution. Hillary Clinton has set ambitious goals for producing energy from renewable sources, including by installing a half-billion solar panels by 2020.

Clinton’s opponent in the November election, Donald Trump, has gone further than any other Republican presidential nominee in opposing climate change policy. He often mocks the established science of human-caused climate change and dismisses it as a hoax. The Republican platform calls climate change policy « the triumph of extremism over common sense. » Although a few Republicans approved President Obama’s decisions about the energy policy, most of them remain strongly opposed to Obama’s climate change policies, specifically a set of Environmental Protection Agency regulations aimed at curbing planet-warming emissions from coal-fired power plants. If enacted, those rules could shut down hundreds of such plants.

Trump has vowed to rescind Obama’s climate change rules, and he has called for more fossil fuel drilling and fewer environmental regulations. He has said he would « cancel » the accord reached last year in France that commits nearly every nation to taking action to curb climate change.

The divide between the two parties over the issue is the widest it has been in the decades since it emerged as a public policy matter. That is all the more remarkable given that during the 2008 election, the Democratic and Republican positions on climate change were almost identical.

A Gallup poll in March 2016 found that 65% of Americans believed that climate change was caused by human activity, an increase of 10 points from a year earlier. The poll found that 38% of Republicans believed the same thing, an increase of 4 points from a year earlier. The poll also found that 76% of Americans ages 18 to 29 accepted that human activity is behind climate change.

As I put it several times, the different contacts I had during the summer 2015 in north-western U.S. revealed that most American people do not believe in the human responsibility for climate change and global warming. The people I met were convinced – obviously conditioned by their government – that the phenomenon was caused by a natural cycle and nothing else. Let’s hope the Gallup poll is right and that Americans are getting aware of the influence of human activities on the current climate situation.

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Les théories politiques s’affrontent…et la banquise continue de fondre !

(Photo: C. Grandpey)

Le changement climatique et les poissons de l’Arctique // Climate change and Arctic fish

drapeau-francaisSelon un nouveau rapport publié par l’USGS et le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) – organisme en charge de la gestion des océans aux Etats-Unis –, les populations de poissons arctiques évoluent parallèlement à la diminution de la glace dans les hautes latitudes. La morue du Pacifique, le colin d’Alaska (ou goberge de l’Alaska) et certains types de saumons ont été observés dans de nouvelles zones des eaux arctiques des Etats-Unis, et les requins dormeurs du Pacifique ont maintenant élu domicile dans cette région.
Au total, 109 espèces de poissons ont été identifiées dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, et 20 nouvelles espèces ont été recensées. 63 autres espèces ont modifié leur territoire par rapport aux statistiques précédentes.
Bien que le saumon, la morue du Pacifique et la goberge soient importants pour les pêcheurs commerciaux de l’Alaska, la majeure partie de la pêche dans les eaux arctiques de cet Etat est pratiquée à des fins de subsistance. Il n’y a pas de pêche commerciale dans les eaux arctiques des Etats-Unis. Le Conseil de Gestion des Pêches du Pacifique Nord a approuvé en 2009 un plan qui interdit la pêche commerciale dans l’Arctique jusqu’à nouvel ordre.
Le nouveau rapport de l’USGS et du BOEM synthétise les résultats de plus d’une décennie d’études sur les poissons dans les eaux américaines au nord du détroit de Béring, région où le réchauffement climatique a été très sensible et où la surface occupée par la glace d’été et d’automne a diminué.
Les poissons dans les mers des Tchouktches et de Beaufort ne sont pas aussi variés et abondants que dans la mer de Béring où l’on trouve plus de 400 espèces. Cependant, des signes indiquent que certains types de poissons migrent vers les eaux plus septentrionales. La plupart des espèces de poissons des Tchouktches et de Beaufort sont à l’extrémité inférieure de la chaîne alimentaire ; ils vivent à grande profondeur et en petit nombre. Toutefois, on observe aujourd’hui que des poissons de moindre profondeur comme les requins et les saumons ont fait leur apparition dans plus d’endroits, probablement à cause du changement climatique.
Le fait que les requins dormeurs du Pacifique aient fait leur apparition au nord du détroit de Béring est significatif. La première observation d’un spécimen dans la région des Tchouktches a eu lieu en 1998, quand un requin mort a été découvert à Point Hope. A l’époque, la plupart des gens ont cru qu’il était mort ailleurs et avait été transporté au nord par les courants. Cependant, des analyses effectuées avec des scientifiques russes et norvégiens ont conduit à la conclusion qu’il s’agissait probablement d’un spécimen autochtone. Il est aujourd’hui admis que les requins dormeurs du Pacifique – qui peuvent atteindre plus de 6 mètres de long – vivent dans les eaux arctiques des Etats-Unis, même si leur nombre reste relativement faible. .
Les saumons se rencontrent dans les eaux arctiques, même à Point Barrow au nord, mais jusqu’à présent, la présence de tacons n’a pas été signalée.
Les poissons figurant dans le dernier recensement comprennent certaines espèces encore mal connues. Parmi elles, la lycode arctique, un petit poisson censé vivre dans les eaux boueuses au large du Groenland, et d’autres espèces que l’on rencontre habituellement entre la Mer d’Okhotsk et la Colombie-Britannique, ou dans les eaux du Pacifique, entre la Mer du Japon et la Californie du Nord.
Pour le moment, la morue arctique reste largement majoritaire dans les mers de Beaufort et des Tchouktches où elle représente une importante source de nourriture, riche en graisses, pour les oiseaux et les mammifères marins. La morue arctique dépend de la glace de mer; elle se nourrit et se développe sous la glace de surface. Avec le changement des conditions climatiques, une espèce de morue différente, à croissance plus rapide – la morue boréale – devrait peupler rapidement les eaux les plus nordiques et finir par évincer la morue arctique. La morue boréale se rencontre déjà dans certaines eaux arctiques, mais c’est dans les eaux du Golfe de l’Alaska que l’espèce est la plus abondante. Des recherches effectuées par la NOAA montrent que les eaux arctiques avec de moins en moins de glace, et donc de plus en plus chaudes, accueilleront de plus en plus de morues boréales et de moins en moins de morues arctiques.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new report released by the U.S. Geological Survey and U.S. Bureau of Ocean Energy Management, Arctic fish populations are changing in the same time as ice is dwindling. Pacific cod, walleye pollock and some types of salmon have been found in more areas of U.S. Arctic waters and sleeper sharks are now established there.

In all, 109 species of marine fishes have been identified in the Chukchi and Beaufort seas, and 20 are new to the list. Another 63 species have changed their ranges from what was previously documented.

Though salmon, Pacific cod and pollock are important to Alaska commercial fishermen, most fishing in Alaska’s Arctic marine waters is for subsistence purposes. There is no commercial fishing in U.S. Arctic waters. The North Pacific Fishery Management Council in 2009 approved a plan that bars Arctic commercial harvests for the foreseeable future.

The new report synthesizes findings of more than a decade’s worth of fish surveys in U.S. marine waters north of the Bering Strait, where climate warming has been pronounced and where summer and autumn ice has dwindled.

Chukchi and Beaufort fish are not nearly as diverse and plentiful as those in the rich Bering Sea, where more than 400 species are found. However, signs indicate that some types of fish are swimming to more northern waters. Most Chukchi and Beaufort fish species are on the very low end of the food chain, dwelling deep and in low densities. But now higher-level fish like sharks and salmon are showing up in more places, probably a consequence of climate change.

The fact that Pacific sleeper sharks are beginning to show up north of the Bering Strait is significant. The first definitive record of a Pacific sleeper shark in the Chukchi was in 1998, when a dead one was found at Point Hope. By that time, most people believed that it had died somewhere else and had been carried north by the currents. However, work with Russian and Norwegian scientists led to the conclusion that it was probably a more local specimen. Now it is understood that Pacific sleeper sharks – which can grow to more than 6 metres long – live in the U.S. Arctic, though they are still relatively uncommon there.

Salmon have been found in Arctic waters, even as far north as Point Barrow, but so far there is no sign of juveniles growing there.

Newly documented fish include some fairly obscure species. Among them are the pale eelpout, a small fish known to live in muddy waters off Greenland and other species usually found from the Sea of Okhotsk to British Columbia, or in the Pacific waters from the Sea of Japan to Northern California.

For now, Arctic cod remains dominant in the Beaufort and Chukchi, and an important, high-fat food source for birds and marine mammals. Arctic cod are dependent on sea ice; they feed and grow beneath the surface ice.  But as conditions change, a different and faster-growing cod species – the saffron cod – is expected to expand north and crowd out Arctic cod. Saffron cod are already found in some Arctic waters but are much more plentiful in the Gulf of Alaska. Research by the NOAA suggests that increasingly ice-free and warmer Arctic waters will become more hospitable to saffron cod, and less hospitable to Arctic cod.

Source : Alaska Dispatch News.

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Mer de Beaufort et Mer des Tchouktches (Source : Wikipedia)