Réchauffement climatique : Allons nous jouer aux apprentis sorciers ? // Global warming : Are we going to play the sorcerer’s apprentices?

drapeau-francaisAlors que le réchauffement climatique continue son bonhomme de chemin et semble être incontrôlable, certains commencent à imaginer des moyens pour faire face à cette situation. Dans nos montagnes, on a déjà trouvé la technique pour produire de la neige artificielle, également baptisée « neige de culture » pour ne pas froisser ses détracteurs. A plus grande échelle, certains chercheurs s’évertuent à trouver des solutions qui permettraient de refroidir le climat. La plupart des groupes écologistes sont résolument opposés à de telles expériences et ils exigent un moratoire mondial sur ces initiatives.
L’un des projets consisterait à réfléchir la lumière du soleil vers l’espace dans le but de refroidir la planète. Il suffirait d’ensemencer la stratosphère avec des particules de dioxyde de soufre comme cela s’est produit naturellement au moment de l’éruption du Pinatubo qui a injecté des millions de tonnes de SO2 dans la stratosphère en 1992. Cet événement naturel a abaissé la température moyenne de la Terre d’environ 0,7°C pendant plusieurs mois.
Une autre proposition concerne des navires spécialement conçus pour pulvériser de l’eau de mer dans l’air afin que les particules de sel blanchissent les nuages à basse altitude au-dessus de la mer, augmentant ainsi leur pouvoir réfléchissant.
Au cours de la COP22 de Marrakech en novembre 2016, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont exprimé leur frustration devant l’opposition des écologistes aux tentatives de refroidissement du climat. Ils ont évoqué une expérience dans laquelle les scientifiques pourraient essayer de faire blanchir, sur une zone relativement réduite, les nuages au-dessus de l’Arctique afin de voir si on pourrait inverser le processus de fonte rapide de la glace de mer pendant l’été. Lors de cette même conférence, un chercheur britannique a comparé le rapide réchauffement du climat dans les années à venir à la seconde guerre mondiale. Il a fait remarquer que «l’urgence de gagner la guerre contre Hitler était telle que des choses ont été réalisées, comme le débarquement en Normandie, sans se soucier de l’opinion publique. Parfois, l’urgence est telle que nous devons effectuer des recherches, et vite.»  Il a ajouté qu’il n’était pas favorable à la manipulation, mais à la recherche.
En 2011, les protestations des militants écologistes ont permis d’annuler l’expérience SPICE (Stratospheric Particle Injection for Climate Enginieering) dans laquelle les chercheurs prévoyaient de hisser un tuyau d’un kilomètre de hauteur à l’aide de ballons pour pulvériser de la vapeur d’eau. Le but était simplement de voir si l’expérience serait couronnée de succès.
Jusqu’à présent, le gouvernement des États-Unis ne s’est pas opposé à la recherche de solutions artificielles pour refroidir le climat, mais cela pourrait changer. Alors que le président Obama quitte ses fonctions, le Global Change Research Program (USGCRP), programme de recherches sur le changement climatique aux Etats-Unis, vient de publier ses projets pour la période 2012-2021, avec une mise à jour triennale qui entrouvre la porte pour de telles recherches.
Bien que les manipulations climatiques ne puissent se substituer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’adaptation au changement climatique actuel, certains types d’interventions pourraient un jour être utilisés pour gérer les changements climatiques. D’autres pays ou le secteur privé pourraient décider un jour de mener de telles expériences, indépendamment du gouvernement des États-Unis. Le prochain programme de recherche sur le changement climatique aux Etats Unis pourrait laisser supposer que le gouvernement fédéral ignorera ceux qui sont contre les manipulations climatiques et favorisera les recherches dans ce domaine!
Source: Reason magazine.

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drapeau-anglaisWhile global warming is going on and seems to be uncontrollable, some researchers are beginning to imagine ways to cope with this situation. In our mountains, we have already found the technique to produce artificial snow. On a larger scale, some scientists are striving to find solutions that would cool the climate. Most environmental activist groups are resolutely opposed to such experiments and they ask for a global moratorium.

One of the projects would consist in reflecting sunlight back into space as way to cool the planet. In one proposal the stratosphere would be seeded with reflective sulphur dioxide particles. Reference is made to the eruption of Mt. Pinatubo that injected millions of tons of SO2 into the stratosphere in 1992. It functioned as a natural experiment that lowered global average temperature by around 0.7°C for several months.

Another proposal is to have specially designed ships spray seawater into the air so that salt particles functioning as cloud nuclei can whiten, and thus make more reflective, low-level maritime clouds.

At the Marrakech United Nations climate change conference (COP 22) in November, Cambridge University researchers expressed their frustration with environmentalist obstructionism with regard to geoengineering experiments to test the feasibility of cooling the climate. They discussed one possible experiment in which maritime cloud whitening might be tried at a relatively small scale at the edge of the Arctic sea ice to see if it could reverse the recent steep decline in Arctic summer sea ice. During this same conference, a British researcher analogized a future period of especially rapid warming to World War II noting that « the urgency of winning the war against Hitler was such that things were done, like the Normandy landing, without thinking too much whether people agreed. Sometimes the urgency is such that we need to do the research, and fast. » He added that he was not pro-geoengineering, but pro-research.

Protests from Green activists in 2011 managed to cancel the SPICE experiment (Stratospheric Particle Injection for Climate Enginieering) in which researchers would hoist a hose using balloons a kilometer into the air to spray water vapour. The goal was merely to see if such a pipeline would work.

Up to now, the U.S. government has not sanctioned research on an emergency backup cooling system. That may change. As President Obama is departing, U.S. Global Change Research Program (USGCRP) has just issued its National Global Change Research Plan 2012–2021: A Triennial Update that opens the door a tiny crack to such research.

While climate intervention cannot substitute for reducing greenhouse gas emissions and adapting to the climate change that occurs, some types of deliberative climate intervention may someday be used in managing climate change. Other countries or the private sector may decide some day to conduct intervention experiments independently from the U.S. Government. The next National Global Change Research Plan may indicate that the federal government will ignore anti-geoengineering activists and also now become pro-research!  .

Source: Reason magazine.

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Des solutions pour ralentir la fonte de la glace de mer? (Photo: C. Grandpey)

Températures en hausse, peu de pluie, peu de neige… // Rising temperatures, little rain and snow…

drapeau-francaisEn attendant ceux de l’Organisation Météorologique Mondiale, les derniers chiffres officiels publiés par le service Copernicus de Surveillance du Changement Climatique de l’Union Européenne confirment que 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et elle dépassera 2015 comme année la plus chaude depuis le début des mesures fiables au 19ème siècle.
L’Arctique a été la région où la hausse des températures a été la plus forte, alors que de nombreuses autres régions du globe, y compris en Afrique et en Asie, ont également connu une chaleur inhabituelle. A noter tout de même que de petites parties des continents ainsi qu’une grande partie de l’Antarctique ont enregistré des températures plus basses que la normale.
Les températures de surface à l’échelle de la planète en 2016 ont été en moyenne de 14,8°C, soit 1,3°C au-dessus de celles qui ont précédé la révolution industrielle et l’utilisation des combustibles fossiles.
Les températures de 2016 ont battu le record de 2015 de près de 0,2°C, une hausse favorisée par l’accumulation de gaz à effet de serre et par le phénomène naturel El Niño dans l’Océan Pacifique qui a insufflé  de la chaleur dans l’atmosphère. Pour le seul mois de février 2016, les températures étaient de 1,5°C au-dessus de l’époque préindustrielle.
Source: Copernicus.

Ces chiffres sont publiés à un moment où la température de l’air en France est inférieure à la normale depuis quelques jours. On entend déjà certaines personnes remettre en question le réchauffement planétaire. Ces personnes doivent garder à l’esprit que le changement climatique prend en compte les températures sur le long terme et pas seulement sur une semaine ! Les services météorologiques français prévoient des températures plus élevées, au-dessus de la normale saisonnière, pour les prochains jours, avec très peu de neige naturelle sur la plupart de nos massifs, ce qui est très dommageable pour les glaciers. Un autre facteur inquiétant est la sécheresse actuelle dans notre pays. Il n’a pratiquement pas plu dans de nombreuses régions depuis l’été 2016. Si aucune précipitation n’est enregistrée au cours des prochains mois d’hiver et de printemps, le pays devra faire face à un été difficile !

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Waiting for those of the World Meteorological Organization, the latest official figures released by the European Union’s Copernicus Climate Change Service (C3S) do confirm that 2016 was the hottest year on record and will exceed 2015 as the warmest since reliable records began in the 19th century.

The Arctic was the region showing the sharpest rise in temperatures, while many other areas of the globe, including parts of Africa and Asia, also suffered unusual heat. Small parts of all continents, plus much of Antarctica, were cooler than normal.

Global surface temperatures in 2016 averaged 14.8 degrees Celsius, or 1.3°C higher than is estimated before the Industrial Revolution ushered in wide use of fossil fuels.

Temperatures last year broke the 2015 record by almost 0.2°C, boosted by a build-up of greenhouse gases in the atmosphere and by a natural El Niño weather event in the Pacific Ocean, which releases heat to the atmosphere. In February 2016 alone, temperatures were 1.5°C above estimated pre-industrial times.

Source: Copernicus.

These figures are released at a time when air temperatures in France have been below normal for a few days. We can already hear some people questioning global warming. These persons should keep in mind that climate change takes into account temperatures over the long term. The French Weather Service predicts warmer, above average temperatures for the coming weeks, with very little natural snow on most of our mountains, which is very negative for the glaciers. Another worrying factor is the current drought in our country. It has hardly rained in many regions since the summer 2016. If no rainfall occurs in the coming winter and spring months, the country will have to face a difficult summer!

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 Anomalie des températures de surface pour 2016, par rapport à celles de la période 1981-2010. (Source : Copernicus).

L’année 2017 moins chaude que 2016 ?// Will 2017 be less hot than 2016 ?

drapeau-francaisNous ne sommes pas en mesure de prévoir le temps une semaine à l’avance, mais certaines structures météorologiques font déjà des prévisions sur les tendances globales pour 2017.
Ainsi, selon le British Met Office, la température à l’échelle de la planète devrait diminuer quelque peu en 2017, après les nouveaux records de chaleur enregistrés cette année. Il faut rappeler qu’en 2016, le réchauffement climatique d’origine humaine a été légèrement amplifié par le phénomène El Niño dans l’océan Pacifique. El Niño apparaît toutes les quelques années et peut perturber le temps dans le monde entier. Après l’influence d’El Niño sur le climat en 1998, il a fallu attendre 2005 pour avoir une année avec les mêmes records de chaleur.
Se référant à de nouvelles données informatiques, le British Met Office indique que l’année prochaine ne battra probablement pas des records, mais sera encore une année très chaude. Il serait faux d’interpréter cette baisse des températures, provoquée par la disparition d’El Niño, comme un signe de la fin du réchauffement climatique.
Le Met Office prévoit que 2017 sera probablement la troisième année la plus chaude depuis que des relevés de température ont commencé au milieu du 19ème siècle, derrière 2016 et 2015. Parmi les signes de réchauffement, il y a la glace de mer qui a atteint son niveau le plus bas de tous les temps, que ce soit dans l’océan Arctique et autour de l’Antarctique, selon les données diffusées à la mi-décembre par le National Snow and Ice Data Center aux États-Unis.
Selon le Met Office, la température moyenne sur Terre pour 2017 devrait se situer à environ 0,75 degrés Celsius au-dessus de la moyenne de 14°C pour la période 1961-1990. 2016 dépasse actuellement cette moyenne de 0,86°C, en sachant que El Niño représente environ 0,2°C du réchauffement, ce qui est beaucoup moins que l’excès de chaleur généré par les gaz à effet de serre.
De son côté, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), basée à Genève, a déclaré que 2016 était en passe d’être l’année la plus chaude jamais enregistrée, devant 2015. L’OMM affirme que l’accumulation des gaz à effet de serre d’origine anthropique dans l’atmosphère est à l’origine des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et de l’élévation du niveau de la mer d’environ 20 cm au cours du dernier siècle.

Source : Presse britannique.

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drapeau-anglaisWe are not able to predict the weather one week in advance, but some meteorological structures are already making predictions about global tendencies for 2017.

According to the British Met Office, world temperatures are likely to somewhat decline in 2017, after this year’s new records of heat. One should remember that in 2016, man-made global warming was slightly boosted by a natural El Niño event in the Pacific Ocean. El Niño happens every few years and can disrupt the weather worldwide. After a powerful El Niño in 1998, it took until 2005 for a year to match that year’s record heat.

Referring to new computer data, the British Met Office indicates that next year is not likely to be a record but will still be a very warm year. It would be wrong to interpret the expected 2017 dip, prompted by the end of El Niño, as a sign of an end of global warming.

The Met Office has projected that 2017 is likely to be the third warmest year since records began in the mid-19th century, behind 2016 and 2015. Among signs of warming, sea ice in both the Arctic Ocean and around Antarctica is at record lows, according to mid-December data by the U.S. National Snow and Ice Data Center.

According to the Met Office, global average temperatures for 2017 are expected be about 0.75 degree Celsius above the long-term 1961-1990 average of 14°C. 2016 is so far 0.86°C above average, with El Niño accounting for about 0.2°C of the warming, far less than the extra heat from human-generated greenhouse gases.

Separately, the Geneva-based World Meteorological Organization (WMO) said 2016 was on track to be the warmest on record, ahead of 2015. The WMO says the build-up of human-created greenhouse gases in the atmosphere is causing ever more harmful heat waves, droughts, floods and a rise in global sea levels of about 20 cm in the past century.

Source: British news media.

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Même si les températures baissent quelque peu en 2017, la glace de mer continuera à diminuer et les glaciers continueront à reculer.

(Photos: C. Grandpey)

Neige et glace du Groenland // Snow and ice in Greenland

drapeau-francaisCette année encore, nous n’aurons pas de Noël blanc et aucune chute de neige digne de ce nom n’est prévue en France d’ici 2017. Pour compenser, voici quelques photos aériennes du Groenland et de la Mer de Beaufort que j’ai prises en septembre 2016 en me rendant en Alaska. Comme l’ensemble de l’Arctique, le Groenland est en train de fondre et il se pourrait bien que ces images de neige et de glace soient bientôt de lointains souvenirs.

Joyeux Noël!

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drapeau-anglaisThis year again, we will not have a white Christmas and no significant snowfall is expected in France by 2017. To compensate, here are some aerial photos of Greenland and the Beaufort Sea that I took in September 2016 while flying to Alaska. Like the Arctic as a whole, Greenland is melting and these images of snow and ice might soon become distant memories.

Merry Christmas!

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Photos: C. Grandpey