Le changement climatique dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis // Climate change in the U.S. presidential campaign

drapeau-francaisLe 8 mars 2016, j’ai écrit une note sur le changement climatique et les statistiques alarmantes concernant les émissions de CO2, la fonte de la banquise et des glaciers, ainsi que l’élévation du niveau des océans. Avec l’élection présidentielle en Novembre, le changement climatique est entré dans la campagne, ce qui n’était pas le cas pendant la course à la présidence de 2012 pendant laquelle la question du changement climatique fut largement occultée. Barack Obama et son adversaire républicain, Mitt Romney, n’ont presque jamais abordé ce sujet, et il n’est pas apparu, non plus, au cours des débats qui ont opposé les deux hommes. Ils ont préféré parler de l’augmentation de la production de pétrole et de gaz plutôt que la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En 2016, Hillary Clinton a mis le changement climatique au cœur de sa campagne et le sujet prend une importance jamais vue auparavant dans une élection présidentielle américaine.
Dans ses discours, Madame Clinton met régulièrement l’accent sur son plan de lutte contre le réchauffement climatique, et son mari, l’ancien président Bill Clinton, s’est félicité lors de la convention démocrate de voir que le réchauffement climatique était au centre de la politique étrangère envisagée par son épouse si elle est élue. Le sénateur Bernie Sanders, principal rival de Hillary Clinton dans les primaires, a abordé la question avec force, en disant que « cette élection tourne autour du changement climatique. » La plate-forme du parti prévoit l’instauration d’une taxe carbone. Hillary Clinton a fixé des objectifs ambitieux pour la production d’énergie à partir de sources renouvelables, y compris l’installation de cinq cents millions de panneaux solaires d’ici 2020.

Donald Trump, l’adversaire de Hillary Clinton à l’élection de Novembre, s’oppose fermement à toute politique en matière de changement climatique. Il est persuadé que le changement climatique n’est pas causé par l’homme et qualifie cette théorie de « canular ». La plate-forme républicaine considère la politique sur le changement climatique comme  « le triomphe de l’extrémisme sur le bon sens. » Bien que quelques Républicains aient approuvé les décisions du Président Obama en matière de politique énergétique, la plupart d’entre eux  restent fermement opposés à la politique sur le changement climatique défendue par Obama. En particulier, ils s’élèvent contre une série de mesures de l’Environmental Protection Agency visant à réduire les émissions polluantes des centrales au charbon. Selon les Républicains, si ces mesures étaient adoptées, elles entraîneraient la fermeture de centaines de ces centrales.
Par ailleurs, Donald Trump a promis d’annuler les lois relatives au changement climatique votées par l’administration Obama. Il a appelé à plus de forages de combustibles fossiles et moins de réglementations environnementales. Il a dit qu’il « annulerait » l’accord conclu l’année dernière en France – lors de la COP 21 – qui engage presque tous les pays à prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique.

Le fossé entre les deux parties sur la question du changement climatique est très profond, et il divise les deux camps comme il ne l’a jamais fait depuis qu’il est entré dans le monde politique. Cela est d’autant plus remarquable que, lors de l’élection de 2008, les positions des Démocrates et des Républicains sur le changement climatique étaient presque identiques.

Un sondage de l’institut Gallup réalisé en mars 2016 a révélé que 65% des Américains pensaient que le changement climatique était causé par l’activité humaine, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2015. Le sondage a révélé que 38% des Républicains croyaient la même chose, soit une augmentation de 4 points par rapport à l’année précédente. Le sondage a également révélé que 76% des Américains âgés de 18 à 29 ans admettaient que l’activité humaine est à l’origine du changement climatique.
Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les différents contacts que j’ai eu pendant l’été 2015 dans le nord-ouest des Etats-Unis ont montré que la plupart des Américains ne croyaient pas à la responsabilité humaine dans le changement climatique et le réchauffement planétaire. Les gens que ai rencontrés étaient convaincus – et, de toute évidence, conditionnés par leur gouvernement – que le phénomène était dû à un cycle naturel et rien d’autre. Espérons que le sondage Gallup est fiable et que les Américains sont en train de prendre conscience de l’influence de l’activité humaine sur la situation climatique actuelle.

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drapeau-anglaisOn March 8th 2016, I wrote a post about climate change and the alarming statistics about CO2 emissions, the melting of sea ice and glaciers or the rising level of the oceans. With the presidential election in November, climate change has entered the presidential campaign, a new event compared with the 2012 race for president when the issue of climate change was nearly invisible. President Barack Obama and his Republican opponent, Mitt Romney, almost never spoke about it, and it did not come up during their debates. There was far more talk of ramping up oil and gas production than cutting greenhouse gas emissions.

In 2016, as Hillary Clinton thrusts climate change to the heart of her campaign, the issue is taking on a prominence it has never before had in a presidential general election.

In speeches, Clinton regularly highlights her plan to combat global warming, and her husband, former President Bill Clinton, praised her at the Democratic National Convention for putting it at « the centre » of her foreign policy. Senator Bernie Sanders, her main rival in the primaries, spoke of the issue forcefully, saying that « this election is about climate change. » The party platform calls for a tax on carbon pollution. Hillary Clinton has set ambitious goals for producing energy from renewable sources, including by installing a half-billion solar panels by 2020.

Clinton’s opponent in the November election, Donald Trump, has gone further than any other Republican presidential nominee in opposing climate change policy. He often mocks the established science of human-caused climate change and dismisses it as a hoax. The Republican platform calls climate change policy « the triumph of extremism over common sense. » Although a few Republicans approved President Obama’s decisions about the energy policy, most of them remain strongly opposed to Obama’s climate change policies, specifically a set of Environmental Protection Agency regulations aimed at curbing planet-warming emissions from coal-fired power plants. If enacted, those rules could shut down hundreds of such plants.

Trump has vowed to rescind Obama’s climate change rules, and he has called for more fossil fuel drilling and fewer environmental regulations. He has said he would « cancel » the accord reached last year in France that commits nearly every nation to taking action to curb climate change.

The divide between the two parties over the issue is the widest it has been in the decades since it emerged as a public policy matter. That is all the more remarkable given that during the 2008 election, the Democratic and Republican positions on climate change were almost identical.

A Gallup poll in March 2016 found that 65% of Americans believed that climate change was caused by human activity, an increase of 10 points from a year earlier. The poll found that 38% of Republicans believed the same thing, an increase of 4 points from a year earlier. The poll also found that 76% of Americans ages 18 to 29 accepted that human activity is behind climate change.

As I put it several times, the different contacts I had during the summer 2015 in north-western U.S. revealed that most American people do not believe in the human responsibility for climate change and global warming. The people I met were convinced – obviously conditioned by their government – that the phenomenon was caused by a natural cycle and nothing else. Let’s hope the Gallup poll is right and that Americans are getting aware of the influence of human activities on the current climate situation.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.files.wordpress.com/2016/07/gr-blog-09.jpg?w=863

Les théories politiques s’affrontent…et la banquise continue de fondre !

(Photo: C. Grandpey)

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Une réflexion au sujet de « Le changement climatique dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis // Climate change in the U.S. presidential campaign »

  1. Bonjour Claude,
    Si l’on persiste à penser que la démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple, alors point de démocratie sur terre. Gouverner par ses croyances fluctuantes, le peuple déteste le pouvoir au point de le donner volontiers à des gouvernants, et eux le délègue sans vergogne à des possédants, qui s’en remettent bien rapidement à des financiers qui servent leurs intérêts. Ayant le dernier mot, je crois bien que ces financiers sont les vrais décisionnaires. Economie, géopolitique, organisation et rouages de fonctionnement des sociétés leur reviennent. C’est tout de même ce que l’on constate dans tous les domaines et s’agissant du réchauffement climatique, il n’y a aucune raison pour qu’il n’en soit pas de même. On à beau faire ou dire, si le monde financier ne trouve pas intérêt dans cette affaire, la glace continuera à fondre. A présent, et je vous rejoins totalement, même s’ils décidaient de refaire du fric avec la glace, cela ne serait plus possible avant longtemps. Le passage par la catastrophe me semble donc inévitable, et dans ces conditions presque souhaité par eux même, comme possible émergence de profits, à l’instar des reconstructions qui ont suivi les guerres.
    Pendant tout cet été torride, les vacanciers ont navigués sans limite avec leur auto à plein régime d’autoroute, nos 80 000 vols par jour ont continué de fréquenter les cieux légèrement embrumés (voir la réfraction de la lumière solaire), le charbon a brulé bon train pour alimenter nos clim, et probablement en congé, nos scientifiques ont cessé de nous alerter. Seul le volcanique Claude Grandpey à poursuivi sa généreuse mission d’information, et je crois qu’il faudrait bien l’en félicité ou du moins l’en remercier chaleureusement.
    Avec ou sans espoir, la vie continue, merci Claude de nous accompagner.
    Amitié
    Pierre Chabat

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