L’ouverture de l’Arctique au trafic maritime // The opening of the Arctic to navigation

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la fonte de la glace dans l’Arctique va chambouler l’économie de cette partie du monde. De nouvelles ressources minérales seront accessibles et l’Océan Arctique dépourvu de glace ouvrira de nouvelles perspectives de navigation.
Confirmant cette prévision, un méthanier brise-glace, le Christophe de Margerie, a jeté l’ancre pour la première fois dans le port de Sabetta en Russie arctique pour tester une nouvelle route maritime qui pourrait ouvrir l’Océan Arctique et ses glaces aux navires transportant du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Cette route est attendue avec grande impatience par les compagnies pétrolières qui souhaitent tirer profit des ressources de l’Arctique mais rencontrent des obstacles pour acheminer le pétrole et le gaz depuis les zones éloignées et gelées vers les marchés mondiaux. Les écologistes craignent que cette navigation commerciale dans l’Arctique, rendue possible par le réchauffement climatique pendant une partie de l’année, permette d’exploiter une région qui a abrité jusqu’à maintenant une nature vierge.
Vladimir Poutine a félicité les membres de l’équipage du méthanier et les responsables des compagnies pétrolières réunis sur le pont du navire et a déclaré: « C’est un grand événement dans l’ouverture de l’Arctique ».
Le navire Christophe de Margerie, construit en Corée du Sud, sera utilisé pour transporter le gaz de l’usine russe de Yamal, située près du port de Sabetta. L’usine, qui devrait débuter sa production en octobre, est dirigée par la société russe Novatek et co-détenue par la compagnie pétrolière française Total, la compagnie chinoise CNPC et le Silk Road Fund. Le navire a été baptisé en mémoire de l’ancien patron de Total mort sur le tarmac de l’aéroport de Moscou en 2014 quand un chasse-neige a traversé la piste pendant que son jet privé décollait. [NDLR : Selon certaines sources, cette mort aurait été commanditée par la CIA].
Le consortium Yamal LNG (Liquefied Natural Gas) considère l’Asie comme le plus grand marché pour son gaz sur le long terme. Le transport vers la Chine au départ de Yamal devrait prendre environ 18 jours en utilisant la Route du Nord. C’est beaucoup plus court que l’itinéraire alternatif qui consiste à se diriger vers l’ouest dans l’Atlantique Nord, vers le sud dans la Méditerranée, puis par le canal de Suez jusqu’à l’océan Indien. Cela prend habituellement environ 32 jours. (voir carte ci-dessous).
Le but du voyage était de prouver que le port de Sabetta peut recevoir un pétrolier de cette classe. Les ressources énergétiques de l’Arctique offrent un énorme potentiel pour la Russie  qui est fortement tributaire des exportations de pétrole et de gaz. Beaucoup de ses champs de pétrole et de gaz en Sibérie vieillissent, ce qui l’oblige à chercher des zones plus éloignées pour y exploiter de nouvelles réserves.
Le Qatar est actuellement le premier producteur mondial de GNL, suivi de l’Australie, du Nigéria et de Trinité-et-Tobago. Une fois l’usine de Yamal à pleine capacité, la Russie produira près de 27 millions de tonnes de GNL annuellement, soit la quantité importée par la Chine chaque année.
Poutine a déclaré que les projets énergétiques russes dans l’Arctique étaient guidés par le principe selon lequel ils ne devraient pas nuire à l’environnement. Le Christophe de Margerie appartient à une classe de navires qui, selon ses concepteurs, peut fonctionner en toute sécurité dans les eaux prises par les glaces. Il est capable de se déplacer à travers des glaces d’une épaisseur de 2,10 mètres. Toutefois, le navire ne pourra emprunter la Route du Nord que de juillet à septembre chaque année, parce que la glace est trop épaisse le reste du temps.
Les écologistes disent que l’on connaît trop peu de choses sur l’impact de la nouvelle route de navigation sur l’environnement naturel de l’Arctique. Le responsable russe de la politique environnementale du pétrole et du gaz auprès du WWF a déclaré que des mesures étaient nécessaires pour prévenir le risque induit par le pétrole lourd provenant des moteurs des navires si une fuite se produisait en mer. De plus, il a déclaré que les navires pourraient perturber la vie d’animaux sauvages comme les morses et les baleines.
Source: The Siberian Times.

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As I put it several times, the melting of the Arctic is going to change the economy of that part of the world. New mineral resources will become accessible and an ice-free Arctic Ocean will open new navigation perspectives.

Confirming this forecast, an ice-breaking liquefied natural gas tanker docked for the first time at Russia’s Arctic port of Sabetta to test a new route that could open the ice-bound Arctic Ocean to ships carrying oil and liquefied gas. The route is eagerly anticipated by energy firms that want to develop resources in the Arctic but face obstacles in getting oil and gas from remote and freezing fields to world markets. Environmental activists fear commercial shipping in the Arctic, now possible because climate change has thinned the ice for part of the year, will allow exploitation of a region that up to now has been a pristine wilderness.

Vladimir Putin congratulated the crew and energy company officials gathered on the ship’s bridge, saying: « This is a big event in the opening up of the Arctic. »

The South Korean-built vessel Christophe de Margerie will be used to transport gas from Russia’s Yamal LNG plant, which is near the port. The project, scheduled to start production in October, is led by Russian firm Novatek and co-owned by France’s Total, and China’s CNPC and the Silk Road Fund. The ship is named after a former Total chief executive who died at a Moscow airport in 2014 when a snow-clearing tractor crossed the runway as his private jet was taking off.

The Yamal LNG consortium sees Asia as the biggest market for its gas in the long term. Shipments to China from Yamal should take about 18 days using the Northern Sea Route. By contrast the alternative route involves heading west into the North Atlantic, south into the Mediterranean, and then through the Suez Canal into the Indian Ocean. That would typically take about 32 days.

The aim of the voyage was to prove the port of Sabetta can receive a tanker of that class. The Arctic’s energy resources offer huge promise for Russia, heavily dependent on oil and gas exports. Many of its Siberian fields are growing old, forcing it to look to more remote areas for new reserves.

Qatar is currently the world’s top LNG producer, followed by Australia, Nigeria, and Trinidad and Tobago. After the Yamal plant reaches its full capacity, Russia will produce almost 27 million tonnes of LNG annually, equal to the amount imported by China per year.

Putin said Russia’s energy projects in the Arctic were guided by the principle that they should do no harm. The Christophe de Margerie belongs to a class of vessel which, ship designers say, can safely operate in icy waters. It is capable of moving through ice as thick as 2.1 metres. The ship will only be able to navigate the northern route from July to September each year, because the ice is too thick at other times.

Environmentalists say too little is known about the impact of the new route on the Arctic’s ecology. The Russian oil and gas environmental policy officer for international campaign group WWF, said measures were needed to mitigate the risk of heavy oil from the ship’s engines leaking into the sea. He said ships could disturb wildlife such as walruses and whales.

Source: The Siberian Times.

Route du Nord (en bleu) et route asiatique en rouge. Le gain de temps en empruntant la Route du Nord est considérable (Source : Wikimedia Commons)

 

Changement climatique: Passé et présent // Climate change: Past and Present

drapeau-anglaisPendant des milliers d’années, l’Homme a été exposé à des changements climatiques majeurs qui ont montré sa vulnérabilité. La dernière grande période de refroidissement il y a 12 000 ans a entraîné la disparition des mammouths et provoqué des migrations de populations vers différentes parties du monde, en quête de nourriture et de chaleur. Abraham et son peuple n’auraient peut-être pas quitté l’Egypte si le pays n’avait pas été en proie à la famine, à la peste ou à la surpopulation.
L’histoire de la Chine regorge de conflits entre les peuples nomades du Nord et les colons du Sud. Lorsque les prairies du nord étaient soumises à un temps froid ou à la sécheresse, les Huns, peuple nomade, envahissaient régulièrement les terres agricoles du Sud pour y trouver de la nourriture, ce qui a conduit à la construction de la Grande Muraille comme moyen de défense.
Une grande période de refroidissement au 17ème siècle a provoqué une «Crise Générale» avec guerres et catastrophes. Le «Petit Age Glaciaire» au milieu du 17ème siècle, a créé des conditions favorables à de grandes guerres et conflits en Europe, en Chine, en Inde et en Amérique latine. Dès la fin des années 1630 jusqu’au milieu des années 1660, il y a eu des guerres civiles et des révolutions en Europe, notamment la Guerre de Trente Ans (1618-48) qui a conduit à l’exécution de Charles 1er, avec les révoltes en Irlande, au Portugal, en Ukraine,  en Espagne et à Istanbul. En Chine, l’empire Ming est tombé aux mains des envahisseurs Mandchous.
Au 21ème siècle, la relation entre changement climatique et guerres a été mise en évidence par un rapport du Pentagone en 2003. Sa conclusion était que le changement climatique allait bientôt devenir un problème de sécurité nationale aux États-Unis. Une décennie plus tard, quatre années de sécheresse en Syrie ont provoqué la guerre civile dans ce pays. Le problème de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord est peut être responsable de la migration actuelle en Europe où le climat est plus froid et le niveau de vie plus élevé.
L’étude la plus complète sur les risques liés au changement climatique, commandée par le Royaume-Uni, la Chine et les autorités indiennes en 2015, a conclu que les risques du changement climatique ne sont pas linéaires, avec des vies humaines vulnérables à la chaleur, aux mauvaises récoltes, aux inondations, à la sécheresse et à la montée du niveau des océans. Toutes les études scientifiques s’attendent à une intensification du réchauffement climatique en raison de l’augmentation des émissions du carbone provenant de la combustion des combustibles fossiles, ainsi que la destruction de nos forêts naturelles et des récifs.
Plusieurs statistiques illustrent notre vulnérabilité. Seulement 2,5% de l’eau de la Terre est de l’eau douce. 30,1% de cette eau douce est souterraine (rivières, lacs et puits) ; le reste se trouve dans les glaciers ou les calottes polaires. La Chine et l’Inde rassemblent 37% de la population mondiale, mais seulement 11% des ressources en eau douce. Dans un scénario où les températures resteraient élevées, la probabilité de voir le système fluvial Tigre-Euphrate (qui approvisionne en eau la Turquie, la Syrie et l’Irak) souffrir de graves pénuries d’eau passe à près de 100% en 2070.
Il y a encore beaucoup de facteurs que nous ne maîtrisons pas en matière de changement climatique et de son impact sur la société humaine, mais il ressort de toutes les études que nous devons changer notre comportement en termes d’utilisation de l’eau et des ressources naturelles (forestières et marines) et réduire nos émissions de carbone afin de minimiser le risque de problèmes sévères.
Au 21ème siècle, la population mondiale atteindra plus de 10 milliards. Avec une plus grande consommation d’eau, de nourriture et d’énergie, il y aura forcément plus de conflits résultant de la surpopulation, des différends territoriaux, plus d’inflation et d’inégalités sociales. Malgré les progrès de la science, l’homme est encore extrêmement vulnérable aux caprices de la Nature. Il est urgent de s’attaquer au changement climatique dès maintenant.
Source : The Nation

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drapeau-anglaisFor thousands of years, man was vulnerable to major climate change. The last period of major cooling 12,000 years ago destroyed the mammoths and forced human migration to all parts of the world in search of food and warmth. Abraham and his people may not have moved out of Egypt if it was not due to famine, pestilence or over-population.

Chinese history is replete with conflicts between the Northern nomadic people and the Southern settlers. When the northern grassland was subject to cold weather or drought, the nomadic Huns would invade the southern farmers for food, causing them to build the Great Wall for defense.
A major period of global cooling in the 17th century caused a « Global Crisis » of war and catastrophe. The « Little Ice Age » in the middle of the 17th century created conditions for large wars and conflict in Europe, China, India and Latin America. Beginning in the late 1630s to mid 1660s, there were major civil wars and revolutions in Europe, notably the Thirty Years War (1618-48) that led to the execution of Charles I, with revolts in Ireland, Portugal, Ukraine, Spain and Istanbul. In China, the Ming empire fell to the invading Manchus.
In the 21st century, the relationship between climate change and war was highlighted by a 2003 US Pentagon report that concluded that climate change would soon become a US national security problem. A decade later, four years of drought in Syria led to the Syrian civil war. Water stress in the Middle East and North Africa may be responsible for the current migration into Europe, which has cooler climates and higher living standards.
The most comprehensive study on the risks from climate change, commissioned by the UK, China and Indian authorities in 2015, concluded that climate change risks are non-linear, with human lives vulnerable to heat stress, crop failure, flooding, drought and rise in sea-levels. All scientific evidence points towards more global warming due to increases in carbon emissions from burning fossil fuels and destroying our natural forests and reefs.
Some statistics illustrate our vulnerability. Only 2.5% of Earth’s water is freshwater, but 30.1% of freshwater is groundwater (rivers, lakes and wellwater), the rest being locked up in glaciers or polar ice-caps. China and India together have 37% of world population, but only 11% of freshwater resources. On a high temperature scenario, the probability of the Tigris-Euphrates river (providing water to Turkey, Syria and Iraq) suffering severe water shortage would rise to nearly 100% by 2070. .
There is still much that we do not understand about the science of climate change and its impact on human society. But there is a general conclusion that we need to change our behaviour in terms of use of water and natural resources (forest and marine) and carbon emissions in order to minimize our risks of severe stresses.
In the 2lst century, global population will rise to over 10 billion, so that with increased consumption per capita of water, food and energy, there will be more conflicts arising from over-crowding, territorial disputes and higher inflation and social inequality.
Despite advances in science, man is still extremely vulnerable to the whims of Nature. Climate change is something we need to act on now.

Source : The Nation.

Abraham

Le départ d’Abraham (Musée National Hongrois).

L’Antarctique sera-t-il victime du réchauffement climatique ? // Will Antarctica be a victim of global warming ?

drapeau-francaisIl s’est écoulé plus d’un siècle depuis que les explorateurs ont fièrement planté pour la première fois leurs drapeaux nationaux sur l’Antarctique. Pendant les décennies qui ont suivi, ce continent était censé être un sanctuaire scientifique, à l’abri des activités militaires et de l’exploitation minière. Aujourd’hui, de nombreux pays essayent d’affirmer leur emprise sur ce territoire. Ils attendent avec impatience le jour où les traités de protection expireront, tout en étant conscients des opportunités stratégiques et commerciales qui existent déjà à l’heure actuelle.
Certains des projets sont axés sur les ressources offertes par l’Antarctique, comme la vie marine abondante. Ainsi, la Chine et la Corée du Sud, qui possèdent des bases de haute technologie, développent la pêche du krill, tandis que la Russie a récemment contrecarré les efforts visant à créer l’un des plus grands sanctuaires océaniques du monde en Antarctique.
Certains scientifiques étudient le potentiel représenté par les icebergs qui contiennent les plus grandes réserves d’eau douce de la planète.
La Russie travaille sur des projets de recherche dans le domaine du GPS. Elle est en train d’étendre ses stations de surveillance Glonass, version russe du Global Positioning System américain. Au moins trois stations russes sont déjà opérationnelles en Antarctique, avec pour but de contester la suprématie des Américains dans ce domaine.
On connaît depuis longtemps la richesse minérale de l’Antarctique, que ce soit en pétrole ou en gaz naturel, et ceci sur le long terme. Le traité d’interdiction d’exploitation minière qui vise à protéger les réserves tant convoitées de minerai de fer, de charbon et de chrome, expire en 2048. Les chercheurs ont récemment découvert des gisements de kimberlite, ce qui laisse supposer l’existence de diamants. Les géologues estiment que l’Antarctique détient au moins 36 milliards de barils de pétrole et de gaz naturel.
Au-delà des traités de l’Antarctique, d’énormes obstacles empêchent actuellement l’exploitation de ces ressources, comme les icebergs qui dérivent et qui pourraient mettre en péril les plates-formes offshore. Ensuite, il y a l’éloignement de l’Antarctique et la rudesse de son climat, avec des températures hivernales qui oscillent autour de -50°C.
Cependant, les progrès technologiques pourraient rendre l’Antarctique beaucoup plus accessible dans les trois prochaines décennies. Avant même cette échéance, les scientifiques cherchent déjà à savoir dans quelle mesure le changement climatique pourrait modifier l’accès à certaines régions de l’Antarctique, avec le rétrécissement de la calotte glaciaire ou l’appauvrissement des populations de krill dans l’océan Austral. La demande en énergie, toujours très forte sur notre planète, pourrait faire naître des pressions pour renégocier les traités de l’Antarctique, ce qui autoriserait des exploitations à des fins commerciales bien avant l’expiration des interdictions.
La Chine est, de toute évidence, le pays avec les plus grandes prétentions en Antarctique. Elle a ouvert sa quatrième base l’année dernière et projette d’en construire une cinquième. Les autorités chinoises affirment officiellement que leur expansion dans l’Antarctique est axée sur la recherche scientifique, mais elles reconnaissent aussi que « la sécurité des ressources » (NDRL : autrement dit leur exploitation potentielle dans les prochaines années) joue un rôle important dans leur politique en Antarctique.
L’époque où la gestion de l’Antarctique était dominée par les souhaits et la volonté de sa protection par « les hommes blancs d’Europe, d’Australasie et les États d’Amérique du Nord » est bel et bien révolue.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.
http://www.adn.com/article/20151229/countries-rush-upper-hand-antarctica-0

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drapeau-anglaisMore than a century has passed since explorers raced to plant their flags on Antarctica, and for decades to come this continent is supposed to be protected as a scientific preserve, shielded from intrusions like military activities and mining. However, many countries are rushing to assert greater influence there, with an eye not just toward the day those protective treaties expire, but also for the strategic and commercial opportunities that exist right now.
Some of the ventures focus on the Antarctic resources, like abundant sea life. China and South Korea, both of which operate state-of-the-art bases here, are ramping up their fishing of krill, while Russia recently thwarted efforts to create one of the world’s largest ocean sanctuaries here.
Some scientists are examining the potential for harvesting icebergs from Antarctica, which is estimated to have the biggest reserves of fresh water on the planet. Nations are also pressing ahead with space research and satellite projects to expand their global navigation abilities.
For instance, Russia is expanding its monitoring stations for Glonass, its version of the Global Positioning System. At least three Russian stations are already operating in Antarctica, part of its effort to challenge the dominance of the American GPS.
Antarctica’s mineral, oil and gas wealth are a longer-term prize. The treaty banning mining here, shielding coveted reserves of iron ore, coal and chromium, expires in 2048. Researchers recently found kimberlite deposits hinting at the existence of diamonds. Geologists estimate that Antarctica holds at least 36 billion barrels of oil and natural gas.
Beyond the Antarctic treaties, huge obstacles persist to tapping these resources, like drifting icebergs that could imperil offshore platforms. Then there is Antarctica’s remoteness and the harshness of the climate with winter temperatures hovering around -50°C.
However, advances in technology might make Antarctica a lot more accessible three decades from now. And even before then, scientists are seeking to determine how climate change could start to reshape the access to some Antarctic regions, potentially destabilizing the continent’s ice sheet or depleting krill populations in the Southern Ocean. The demand for resources in an energy-hungry world could raise pressure to renegotiate Antarctica’s treaties, possibly allowing more commercial endeavours well before the prohibitions against them expire.
China has arguably the fastest-growing operations in Antarctica. It opened its fourth station last year and is pressing ahead with plans to build a fifth. Chinese officials say the expansion in Antarctica prioritizes scientific research, but they also acknowledge that concerns about “resource security” influence their moves.
The old days of the Antarctic being dominated by the interests and wishes of white men from European, Australasian and North American states is over.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.
http://www.adn.com/article/20151229/countries-rush-upper-hand-antarctica-0

Antarctique-bases

Les bases scientifiques en Antarctique

Basaltes lunaires // Lunar basalts

drapeau-francaisVous n’avez probablement jamais entendu parler du Lapin Jade ! Son nom appartient à un ancien mythe chinois qui explique qu’un lapin vit sur la Lune et sert d’animal de compagnie à la déesse lunaire Chang’e. Lapin Jade est aussi le nom donné à un véhicule d’exploration lunaire chinois, le premier à se déplacer à la surface de notre satellite depuis les missions américaines des années 1970.
Lapin Jade pèse 120 kg et dispose de 6 roues qui lui permettent de gravir des pentes jusqu’à 30 degrés et d’avancer à 200 mètres à l’heure. Il a à son bord une charge utile de haute technologie, avec un radar à pénétration de sol qui a effectué des mesures du sol et de la croûte lunaires. Lapin Jade est actuellement immobile sur la Lune.
Le robot a examiné une surface volcanique qui, jusqu’à maintenant, n’avait jamais été analysée de façon détaillée. Bien que les mesures prises lors des missions lunaires précédentes aient révélé la présence d’une vaste gamme de roches volcaniques sur la Lune, il avait été jusqu’à maintenant impossible de les échantillonner sur le terrain. En 2013, Lapin Jade a parcouru la surface de la Lune autour du cratère Zi Wei dans le bassin Imbrium et a pu effectuer des mesures.
Les premiers résultats montrent que cette région relativement jeune de notre satellite, qui s’est formée il y a près de trois milliards d’années, possède des caractéristiques minéralogiques uniques. On y trouve en particulier un nouveau type de roche basaltique qui n’a pas été échantillonné par les missions précédentes et n’a jamais été observé dans les météorites lunaires. Cette roche a une teneur « intermédiaire » en titane, comparée aux échantillons prélevés lors des missions Apollo et Luna qui révélaient des teneurs très faibles ou très élevées.
Le site d’alunissage qui a été choisi pour le robot lunaire est une coulée de lave relativement jeune située près d’un cratère où l’impact a fait remonter des matériaux juvéniles vers la surface. Ce sont les premières observations d’une région lunaire jamais explorée. Elles permettront probablement de faire avancer nos connaissances sur l’un des plus jeunes volcanismes de la Lune.
Source: Le Quotidien du Peuple.

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drapeau-anglaisYou’ve probably never heard of Jade Rabbit ! Its name derives from an ancient Chinese myth about a rabbit living on the Moon as the pet of the lunar goddess Chang’e. Jade Rabbit was also the name given to a Chinese lunar rover, the first wheeled vehicle to navigate the surface since the American missions of the 1970s.
The 120-kg and 6-wheel Jade Rabbit could climb slopes of up to 30 degrees and travel at 200 metres per hour. It carried a sophisticated payload, including ground-penetrating radar which gathered measurements of the lunar soil and crust. It is now immobile on the Moon.
The probe examined a volcanic surface that up to now had not been analysed in detail. Although measurements taken by previous lunar orbiters had suggested a range of volcanic rock types were present, until recently it had been impossible to sample them directly. In 2013, the Jade Rabbit was able to traverse the surface of the Moon around the Zi Wei crater in the Imbrium Basin and take measurements.
The first findings from the instruments show this relatively young region of the Moon, formed almost three billion years ago, has unique mineralogical characteristics. They suggest a new type of basaltic rock that has not been sampled by previous missions or observed in lunar meteorites. This rock has an « intermediate » amount of titanium versus the Apollo or Luna samples, which have either very high or very low amounts of the element
The site for the rover was specifically chosen to be on a relatively young lava flow and near a crater where the impact would have excavated fresh material onto the surface. These are pioneering observations of a region of the lunar landscape not previously explored, and help advance knowledge of some of the youngest volcanism on the Moon.
Source : People’s Daily.

Lunes 01

Lune 02

Echantillons recueillis par les Américains dans les années 1970 (Kennedy Space Center)

Photos: C. Grandpey