Eruption du Semeru (Indonésie): le bilan s’alourdit // Semeru eruption : the death toll increases

11 heures : Le bilan de l’éruption du Semeru s’alourdit; il est passé à 34 morts le 7 décembre 2021, selon l’agence nationale de gestion des catastrophes. 34 personnes sont mortes et 17 autres sont portées disparues. Près de 3 700 personnes ont été évacuées de la zone affectée par les coulées pyroclastiques.
L’opération de sauvetage est à la fois difficile et dangereuse. Il y a eu encore trois petites éruptions le 7 décembre, avec des panaches de cendres d’une hauteur d’environ un kilomètre. La tâche des sauveteurs est rendue plus difficile par l’instabilité des cendres volcaniques qui sont froides en surface mais encore très chaudes en profondeur.
Le gouvernement indonésien envisage de reloger les populations vivant dans des zones jugées dangereuses. Cela signifie qu’environ 2 000 maisons sont concernées.
Source : Médias d’information indonésiens.

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11:00 am : The death toll of the Mt Semeru eruption rose to 34 on December 7th, according to the national disaster agency. 34 people died and 17 are missing. Almost 3,700 persons have been evacuated from the affected area.

The rescue operation is both difficult and dangerous.There were three small eruptions on December 7th each spewing ash around a kilometre into the sky. The task for rescuers was made more difficult by the instability of the volcanic debris which are cold outside but still very hot inside.

The Indonesuian governement is thinking of relocating the opeople living in areas believed to be dangerous. This means around 2,000 houses are concerned.

Source: Indonesian news media.

Photo: C. Grandpey

Dernières nouvelles du Semeru (Indonésie) // Latest news of the Semeru eruption (Indonesia)

8 heures :Aucune nouvelle coulée pyroclastique ni lahar n’ont été observés depuis l’éruption meurtrière du Semeru le 5 décembre. Le dernier bilan fait état de 14 morts*. Les sauveteurs sont toujours à la recherche de neuf habitants du village de Curah Kobokan, mais leurs efforts ont été temporairement suspendus dimanche après-midi par crainte de nouvelles avalanches de matériaux en raison de fortes pluies. Samedi, un torrent de boue avait détruit le pont principal reliant Lumajang et Malang, ainsi qu’un pont plus petit.
Les sauveteurs doivent être très prudents car le dôme sommital du Semeru pourrait encore s’effondrer et provoquer une nouvelle coulée pyroclastique. Selon les volcanologues locaux, ce sont les fortes pluies des derniers jours qui ont contribué au déclenchement des coulées pyroclastiques et des lahars meurtriers.
Comme je l’ai écrit précédemment, plus de 1 300 villageois se sont rassemblés dans des hébergements temporaires après l’éruption, mais beaucoup d’autres n’ont pas tenu compte des mises en garde officielles et ont choisi de rester chez eux, affirmant qu’ils devaient s’occuper de leur bétail et protéger leurs biens.
Le président indonésien a chargé ses ministres, les responsables militaires et la structure en charge de la gestion des catastrophes de coordonner les secours et l’aide humanitaire. Le gouvernement s’est engagé à déplacer les villageois les plus durement touchés vers des endroits plus sûrs au cours des six prochains mois et à fournir 500 000 roupies (34,50 $) de compensation par mois à chaque famille en attendant la construction de nouvelles maisons.
Une cellule psychologique a été mise en place auprès des enfants touchés par l’éruption, tandis que des centaines de colis contenant du riz, des couvertures, des vêtements et d’autres produits de première nécessité ont été envoyés dans la région.

* Selon certaines sources le 6 décembre au matin, il y aurait 15 morts et 27 disparus. Près de 3000 maisons et 38 écoles auraient été endommagées.
Source : Médias d’information locaux et internationaux.

Comme d’habitude après de telles catastrophes, certains journaux ou magazines envoient leurs photographes-reporters dans la région pour prendre des « photos extraordinaires » de l’événement. Ce genre de curiosité morbide ou de voyeurisme ne fait pas partie de ma philosophie. Comme pour l’éruption du Cumbre Vieja, je ne publierai pas de photos des villages détruits.

Les 14 morts du Semeru s’ajoutent à la cinquantaine de randonneurs surpris par une explosion soudaine du Mt Ontake (Japon) et à la trentaine de touristes tués par une colère subite de White Island (Nouvelle Zélande), sans oublier les 400 victimes officiellement recensées lors de la dernière éruption du Fuego (Guatemala). Elle avait vu l’INSIVUMEH et la CONRED se rejeter brillamment la responsabilité du désastre…. On le sait: la prévision éruptive sur les volcans gris fait encore partie du rêve.

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17 heures : Selon les médias indonésiens, le Semeru a encore vomi de la cendre le 6 décembre, entravant la recherche de survivants. Des images aériennes montrent l’étendue du désastre causé par l’éruption du week-end. On peut voir des rues entières recouvertes de cendre et de boue qui ont également englouti de nombreuses maisons et des véhicules, y compris des camions.
Les cendres et la boue ont pollué les cours d’eau autour du Semeru, les transformant en torrents de boue gris foncé. La pluie est prévue dans la région, ce qui pourrait entraver encore davantage les opérations de secours et augmenter le risque de lahars.
La tâche des sauveteurs est devenue plus difficile car les matériaux volcaniques ont commencé à durcir. Les secouristes disent qu’il est très probable que des corps qui n’ont pas été retrouvés soient enterrés sous la couche de boue. Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas s’approcher à moins de cinq kilomètres du cratère du Semeru car l’air est très pollué et pourrait affecter les personnes vulnérables. Les cendres du Semeru se sont répandues jusqu’à quatre kilomètres de distance après l’éruption.
Le bureau d’une entreprise d’extraction de sable dans le village de Kampung Renteng a été totalement englouti sous la cendre, avec 15 personnes dont on a plus de nouvelles. Un seul ouvrier a été secouru; il est maintenant à l’hôpital et souffre de brûlures.
Selon plusieurs agences de presse, le nombre de morts est passé à 22 et 27 personnes sont toujours portées disparues.
Le Semeru est l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie. La dernière éruption majeure a eu lieu en décembre 2020. Elle a obligé des milliers de personnes à fuir et détruit plusieurs villages. .
Source : The Jakarta Post.

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8:00 am : No new pyroclastic flows nor lahars have been observed sinc the deadly eruption of December 5th that killed 14 villagers at the latest toll*. Rescuers are still searching for nine residents of Curah Kobokan village but their efforts were temporary suspended on Sunday afternoon because of fears that hot ash and debris could tumble down from the crater due to heavy rains. On Saturday, a torrent of mud destroyed the main bridge connecting Lumajang and the neighboring district of Malang, as well as a smaller bridge.

Rescuers need to be very cautious as Mt SEmeru’s summit dome could still further collapse, causing another pyroclastic flow. According to local volcanologists, the heavy rains of the past days contributed to triggering the deadly pyroclastic flows and lahars.

As I put it before, more than 1,300 villagers crowded into emergency shelters after the eruption, but many others defied official warnings and chose to remain in their homes, saying they had to tend to their livestock and protect their property.

The Indonesian President has instructed his Cabinet ministers and disaster and military officials to coordinate the response. The government pledged to relocate residents from hardest-hit villages to safer places in the next six months and to provide 500,000 rupiah ($34.50) per month in compensation for each family while waiting for new houses.

A trauma healing team to work with children affected by the eruption has been dispatched, while hundreds of aid packages including rice, blankets and clothes and other basic necessities have been sent to the area.

* According to some sources on December 6th, 15 villagers died and 27 are reported missing. Nearly 3 000 houses and 38 schools were damaged.

Source: Local and international news media.

As usual after such disasters, some newspapers or magazines send their photographers to the area to take « staggering photos » of the event. This kind of morbid curiosity or voyeurism is not part of my philosophy. As for the Cumbre Vieja eruption, I will not release photos of the destroyed villages.

The 14 dead are added to the fifty or so hikers surprised by a sudden explosion of Mt Ontake (Japan) and to the thirty or so tourists killed by a sudden eruption of White Iceland (New Zealand), not to mention the 400 officially recorded victims. during the last eruption of Fuego (Guatemala). INSIVUMEH and CONRED brilliantly rejected rach other the responsibility for the disaster …. Eruptive prediction on grey volcanoes is still a dream.

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5:00 pm : According to Indonesian news media, Mount Semeru spewed more ash on December 6th, hampering the search for survivors. Aerial images show the extent of the devastation caused by the the weekend eruption. One can see entire streets filled with grey volcanic ash and mud, which had swallowed many homes and vehicles, including whole trucks.
The ash and mud have polluted the waterways around Mt. Semeru, turning them into streams of dark grey sludge. Rain is forecast for the area, which could further hinder rescue work and increase the risk of lahars.
The rescuers’ task is made more difficult as the volcanic debris have started to harden. They say it is very likely bodies that have not been found are buried under the hot mudflow. Officials have advised locals not to travel within five kilometers of Semeru’s crater, as the nearby air is highly polluted and could affect vulnerable groups. Ash from Semeru travelled up to four kilometers away after the eruption.

A sand mine company’s office in Kampung Renteng village was buried, trapping 15 people and there is no news from them. Only one operator was rescued, he is now at the hospital with burns.

According to several news agencies, the death toll has risen to 22 and 27 persons are still missing.

Mt Semeru’s is one of Indonesia’s most dangerous volcanoes. The last major eruption was in December 2020. It forced thousands to flee and wrecked villages. .
Source: The Jakarta Post.

Photo: C. Grandpey

Eruption du Semeru (Indonésie) : le bilan s’alourdit // The death toll increases

Selon les autorités locales, au moins 13 personnes ont été tuées par l’éruption du Semeru le 4 décembre 2021. 7 autres sont portées disparues. 57 villageois ont été blessés, la plupart souffrant de brûlures; 16 sont en condition critique.
Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivront aujourd’hui. Huit ouvriers dans une mine de sable qui avaient été piégés sur la pente du volcan ont pu être évacués avec succès samedi soir.
Des pluies torrentielles ont déclenché des lahars qui ont rasé les maisons du village de Curah Kobokan. Au moins six villages ont été touchés par l’éruption et plus de 900 personnes sont allées se réfugier dans les villages voisins. Les matériaux émis par le volcan ont également détruit plusieurs ponts et bloqué l’accès à certaines zones, entravant les efforts d’évacuation.
Les photos montrent des maisons et des bâtiments publics couverts de cendres et de débris volcaniques. La qualité de l’air dans les zones touchées est considérée comme extrêmement nocive pour la santé humaine.
Les autorités locales ont mis en place une zone de sécurité de 5 km autour du cratère. Toutefois, comme souvent pendant les éruptions en Indonésie, de nombreux villageois ont bravé la mise en garde officielle et sont restés dans leurs maisons pour s’occuper du bétail et protéger leurs biens.
Sources : Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), The Jakarta Globe.

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Rappelons que l’éruption du Semeru a pris tout le monde par surprise. Aucun signal sismique particulier n’annonçait cet épisode éruptif. Les volcanologues locaux pensent que l’éruption a une origine phréatique suite aux pluies intenses qui se sont abattues ces derniers jours sur le volcan.

En regardant le bilan de l’éruption explosive du Semeru (Indonésie) et celui de l’éruption strombolienne du Cumbre Vieja (La Palma) où une seule victime indirectement liée à l’éruption est à déplorer, on se rend parfaitement compte de la différence entre les volcans gris et les volcans rouges. Prévision quasiment nulle sur les uns, un peu meilleure sur les autres, même si les scientifiques espagnols sont incapables de dire comment va se dérouler la suite des événements à La Palma.

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According to local authorities, at least 13 people were killed by yestreday’s eruption of Mt Semeru. 7 others are reported missing. 57 villagers were injured, mostly suffering from burns; 16 are in a critical condition.

The search and rescue operations continues today. Eight sand miners trapped by lava on the slope of the volcano were successfully evacuated on late Saturday.

Torrential rain turned debris into lahars that flattened homes in the village of Curah Kobokan. At least six villages were affected by the eruption, prompting more than 900 people to take refuge in nearby villages. Volcanic debris also destroyed several bridges and blocked access to some areas, hampering the evacuation efforts.

Photos showed homes and public facilities covered with ashes and volcanic debris. The air pollution level in affected areas is classified as extremely harmful to human health.

Local authorities have declared a restricted zone within 5 kilometers from the crater. However, like during most eruptions in Indonesia, many villagers defied official warnings and chose to remain in their homes, saying they had to tend to their livestock and protect their property,

Sources: National Disaster Mitigation Agency (BNPB), The Jakarta Globe.

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The Semeru eruption caught everyone by surprise. No significant seismic signal announced this eruptive episode. Local volcanologists believe that the eruption had a phreatic origin following the intense rains that fell in recent days on the volcano.
Looking at the death toll of the explosive eruption of Semeru (Indonesia) and that of the Strombolian eruption of Cumbre Vieja (La Palma) where only one victim indirectly linked to the eruption was reported, we realize perfectly the difference between grey and red volcanoes. Zero eruptive prediction for the ones, a little better for the others, even if Spanish scientists are unable to say how events will unfold in the coming days at La Palma.

Photo: C. Grandpey

Prévision éruptive : où en est-on ?

L’actualité volcanique a été particulièrement riche ces dernières semaines, avec quatre éruptions quasi simultanées sur la péninsule de Reykjanes en Islande, sur l’Etna  en Sicile, sur le Piton de la Fournaise à la Réunion et sur La Soufrière de St Vincent. Comment les scientifiques ont-ils appréhendé ces éruptions qui, pour le moment, n’ont fait aucune victime ? Il est vrai que trois d’entre elles sont effusives, avec un risque relativement faible pour la population. Il faut garder à l’esprit que la prévision éruptive ne revêt réellement de l’importance lorsque des populations sont menacées et qu’il s’agit de définir une stratégie pour les protéger.

Après beaucoup de questions et de tergiversations parmi les scientifiques islandais pour savoir si la sismicité enregistrée sur la péninsule de Reykjanes était due à la présence d’un dyke, et ensuite si le dyke allait donner naissance à une éruption, la lave a enfin percé la surface à 18h45 (heure locale) le 19 mars 2021. La zone de l’éruption, la Geldingadalur se situait loin des zones habitées et il a été relativement facile pour les autorités islandaises de gérer cet événement.

Un très grand nombre d’Islandais sont venus assister au spectacle. Plusieurs sentiers d’accès ont été mis en place au fur et à mesure de l’évolution des coulées de lave. Au bout de quelques jours, les scientifiques ont eu la surprise de voir de nouvelles bouches apparaître le long de la fracture éruptive, mais leur activité ne posait pas le moindre problème. Seuls les gaz auraient pu incommoder les personnes présentes, Il leur a été conseillé de veiller à avoir le vent dans le dos pour éviter tout désagrément. Contrairement au Piton de la Fournaise, « chaleur et toxicité des gaz »  n’ont tué personne en Islande. On a juste recensé quelques blessures (entorses, foulures, etc.) sans gravité.

Très peu de visiteurs étrangers ont pu observer l’éruption jusqu’à présent à cause des interdictions de circuler en vigueur dans de nombreux pays, mais aussi à cause des restrictions d’accès imposées par les autorités islandaises.

Au final, on peut dire que, s’agissant de l’éruption en cours,  la prévision éruptive n’a, pour le moment, qu’une importance très relative en Islande.

Crédit photo : http://www.ruv.is

Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) nous offre, lui aussi, une éruption effusive depuis le 9 avril 2021. Comme à l’accoutumée, elle se déroule dans l’Enclos Fouqué et aucune population n’est menacée. Là aussi, le prévision éruptive n’a qu’une importance relative. Il en irait différemment si la lave décidait de sortir de l’Enclos et menaçait des maisons, comme cela s’est déjà produit par le passé. Malgré tout, avec une éruption effusive comme celle-ci ou celle en Islande, le risque humain est quasiment nul. On l’a vu en 2018 avec l’éruption du Kilauea (Hawaii) qui a détruit plusieurs centaines de structures, sans faire de victimes.

L’OVPF fournit quotidiennement des informations  qui permettent de bien suivre le déroulement des événements. Deux randonneurs ont perdu la vie ces derniers jours, mais ils se trouvaient dans l’Enclos dont l’accès était interdit. La cause exacte de leur décès reste à déterminer.

Source : OVPF

Après une période calme, l’Etna (Sicile) semble vouloir reprendre du service. Une activité strombolienne anime à nouveau le Cratère SE. Allons-nous assister à une nouvelle série de « paroxysmes » ? L’INGV explique qu’il n’a pas la réponse. Tant que cette activité éruptive restera concentrée dans la zone sommitale du volcan, il s’agira juste d’un beau spectacle pour les yeux. Nous sommes particulièrement gâtés par les webcams dont certaines proposent de superbes images en streaming. La situation serait plus inquiétante si des coulées de lave menaçaient des bourgades sur les flancs du volcan, comme ce fut le cas pour Zafferana Etnea au cours de l’éruption de 1991-1994. Là encore, les dégâts seraient matériels et, sauf imprudence, aucune vie humaine ne serait en jeu.

La cendre volcanique est le seul problème pour la population qui est contrainte à manier le balai au moment des paroxysmes. C’est aussi un problème pour les agriculteurs car les plantations n’apprécient guère les dépôts de cendre. En fonction de la direction du vent, l’aéroport de Catane est parfois contraint d’arrêter ses activités mais, répétons le, des vies humaines ne sont pas menacées directement par une éruption de l’Etna, donc la prévision prend, là aussi, une importance relative.

Il en va différemment lorsqu’il s’agit d’un volcan explosif situé dans une zone de subduction, comme La Soufrière à St Vincent-et-les-Grenadines. Cela faisait plusieurs semaines que les scientifiques s’inquiétaient car on observait la croissance d’un dôme de lave dans le cratère du volcan, juste à côté de celui laissé par l’éruption de 1979. Personne ne savait comment ce dôme allait évoluer. Allait-il cesser de croître sans autre conséquence ? Allait-il continuer sa croissance et déborder du cratère en déclenchant des coulées pyroclastiques ? Allait-il exploser ? Personne n’avait la réponse. On savait que l’une de ces hypothèses était probablement la bonne, mais laquelle ? Prévision éruptive nulle !

Le 8 avril 2021, les scientifiques de l’Université des Antilles (UWI) en charge de la surveillance du volcan ont observé une très forte intensification de la sismicité. Ils ont alerté les autorités et il a été décidé – en appliquant le principe de précaution – d’évacuer la population dans la zone nord de l’île, celle qui était le plus sous la menace du volcan. La décision était la bonne car le 9 avril, un très volumineux panache de cendre s’échappait du cratère, avec des très importantes retombées de cendre.

On peut dire que les scientifiques de l’UWI ont eu beaucoup de chance car l’éruption aurait pu débuter plus rapidement et différemment, dès le 8 avril, avec des coulées pyroclastiques. La situation aurait alors pris une autre tournure au niveau humain. Par bonheur, les coulées pyroclastiques se sont produites plusieurs jours plus tard , et uniquement sue le versant ouest de La Soufrière.

Les dégâts causés par la cendre sont immenses et il faudra très longtemps pour que St Vincent retrouve une situation acceptable. Heureusement, l’aide internationale et celle des autres îles de la Caraïbe permettent d’amortir le choc.

Cela fait plusieurs jours que le volcan s’est calmé, mais l’UWI prévient que des sursauts d’activité restent possibles et demande à la population de rester très vigilante.

Quelque 13 000 personnes ont été déplacées par l’éruption. Environ  6 200 vivent dans des abris temporaires et doivent faire face aux problèmes habituels de promiscuité et de santé, en sachant que l’épidémie de Covid-19 n’arrange pas les choses.

On peut donc dire que, pour le moment – contrairement à l’éruption de 1902 et ses 1600 victimes – l’éruption de La Soufrière se passe sans perte humaine, en dépit des difficultés de la prévision éruptive sur ce type de volcan. Le principe de précaution a été mis en œuvre et c’est une sage décision.

Source : UWI